‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 50 sur 178 · D PR · texte numérisé non relu

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On se disputoit les cimetières et les fondations de charité ; on s'aigrissoit, on s'insulloit réciproquement. Les huguenots; dans les campagnes où ils n’avoient point de prêches, aflectoient, dans le désœuvrement des jours de fêtes , de troubler l'office divin par des attroupements autour des églises , et par des chants profanes. Les catholiques indignés sortoient quelquefois du lieu saint pour donner la chasse à ces perturbateurs, et quand les huguenots faisoient leurs prêches, ils manquoient rarement d’user de représailles.

» Quoique le roi sût assez que les huguenots n’avoient pour titres primordiaux de leurs priviléges, que l'injustice et la violence; quoique les nouvelles contraventions aux ordonnances lui parussent une raison suffisante pour les priver de l'existence légale qu'ils avoient envahie les armes à la main, Sa Majesté néanmoins voulut encore consulter avant de prendre un dernier parti. Elle eut des conférences sur cette affaire avec les personnes les plus instruites et les mieux intentionnées du royaume; et dans un conseil de conscience particulier, où furent admis deux théologiens et deux jurisconsulles, il fut décidé deux choses : la premiére, que le roi, pour toutes sortes de raisons, pouvoit révoquer l'édit de Henri IV, dont les huguenols prétendoientse couvrir comme d’un bouclier sacré; la seconde que si Sa Majesté le pouvoit licitement, elle le devoit à la religion et au bien de ses peuples. Le roi, de plus en plus confirmé par cette réponse, laissa mürir encore son projet pendant plus d’un an, employant ce temps à concerter l'exécution par les moyens les plus doux. Lorsque Sa Majesté proposa dans le conseil de prendre une dernière résolution sur ceite affaire, monseigneur, d'après un mémoire anonyme qui lui avoit été adressé la veille, représenta qu'il y avoit apparence que les huguenots s’attendoient à ce qu'onleur préparoit; qu'il y auroit peut-être à craindre qu'ils ne prissent les armes, comptant sur la protection des princes de leur religion; et que supposé qu'ils n'osassent le faire, un grand nombre sorliroit du royaumc; ce qui nuiroit au commerce et à l'agriculture, et par-là même affoibliroit l’état.

» Le roi répondit qu’il avoit tout prévu depuis long-temps, el pourvu à tout; que rien au monde ne lui seroit plus doulou=

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