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clameurs scandaleuses, prit le parti, avec le conseil de M. de Fénélon , de soumettre sa manière d’oraison et tous ses écrits à l'oracle de l’église de France, le grand évêque de Meaux
Ce prélat accepta la commission, et la dame lui remit tous ses ouvrages, imprimés et manuscrits. On peut juger quel fut l'étonnement de Bossuet, quand surtout en lisant la vie de cette femme, composée par elle-même, il y trouva les rêveries que nous avons citées, Il ne douta pas un moment qu'elle ne fût dans l'illusion la plus pitoyable. Dans les conférences qu’elle eut ensuite avec lui, elle confessa qu'il étoit contraire à sa mamière d'eraison de rien demander à Dieu : sur quoi il lui défendit de s'approcher des sacrements; mais elle marqua tant d'humilité et de soumission, que cette défense n'eut pas son effet.
Cependant elle demanda que M. de Noailles, alors évêque de Châlons, en grande réputation de piété, et M. Tronson, supérieur géaéral de Saint-Sulpice , fussent associés à M. de Meaux pour la décision des points sur lesquels on l’accusoit d'erreur. Madame de Maintenon leur fit encore joindre M. de Fénélon. Les amis de madame Guyon lui avoient apparemment fait entendre, depuis qu'elle avoit choisi M. de Meaux pour juge, qu'il éloit de la prudence de ne pas s’en rapporter uniquement, eu cette matière, à un prélat qui s’étoit déclaré plus d'une fois en pleine Sorbonne contre le pur amour, qu'il traitoit de chimère, persuadé qu'il entre de l'intérêt propre dans tous les actes du cœur humain. M. de Meaux lui-même, dès les premières conférences qui, pour ce nouvel examen, se tinrent à Issy -rès de Paris, avoua qu'il connoissoit peu les ouvrages des mystiques, les circonstances l'ayant toujours tourné vers le dogme et la controverse; c'est pourquoi il pria M. de Fénélon, très-versé dans ce genre d'étude, d'en faire des extraits, et de les communiquer à la commission. Le pieux abbé le fit volontiers, non pour défendre les écrits de madame Guyon, dont il ne prisoit que la piété personnelle, mais par zèle pour la vraie spiritualité, à laquelle il craignoit que l'on ne donnût atteinte.
Les examinateurs posèrent d'abord les principes propres à éclaircir la matière, à faire discerner la vraie spiritualité de la
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e M. de DE L'ÉGLISE. (AN 1694.) 209
es écrits fausse, et à préserver des illusions qui sont à craindre dans la Meaux pratique de la vie contemplative ; ils examinèrent ensuite les tous ses écrits de l'accusée, où ils trouvèrent sans doute bien des choses | fut l'é- F à reprendre : mais elle satisfit à toutes les plaintes, par des de cette explications catholiques des passages même les plus répréhenries que sibles, et surtout par une candeur et une soumission qui ne e ne fût laissoit pas douter de sa foi sincère. Ils prononcèrent donc qu'elle que si elle avoit péché dans les termes, elle étoit irréprochable \ sa ma- dans sa croyance, et bien éloignée surtout des abominations lui dé- 14 reprochées à Molinos et à ses disciples. Ils voulurent ensuite qua tant réduire toutes ces matières abstraites et difficiles, à quelques pas son | articles précis qui pussent confondre l'erreur, sans porter préjudice aux vrais principes de la vie contemplative ; mais ce ne évêque fut pas sans beaucoup de peine et de contestation, tant sur le "onson, 1 fond des choses que sur la manière de les énoncer, qu'ils par- \ M. de vinrent enfin à les dresser au nombre de trente-quatre. Lccusoit À Ils portent en substance, que tout fidèle, en tout état, est > M. de obligé de retenir l'exercice des vertus théologales, et d'en pro- »mment À duire des actes : d’avoir la foi explicite des vérités principales 1x pour | du christianisme ; de vouloir et de demander expressément év-unis son salut éternel, la rémission de ses péchés, la grâce de n’en aré plus | plas commettre, la force contre les tentations, la persévérance ‘il trai- | dans le bien, et l'avancement dans les voies de la perfection, re dans qui peut toujours croître ; qu'il n’est jamais permis d’être in-
e, dès M différent pour le salut, ni pour ce qui y a rapport; que les ‘se tènre 14 actes ci-dessus mentionnés ne dérogent point à la plus haute es ou- perfection, et que pour les produire, il n’est pas besoin d’attourné | 4 tendre une inspiration particulière, la foi jointe au secours or- \ M. de dinaire de la grâce suffisant pour cela ; que dans l’oraison la ire des plus sublime, ces actes sont à la vérité compris dans la charité, mais en tant qu elle anime toutes les vertus, qu’elle en facilite indamé l'exercice, et non qu'elle les rende inutiles ; que les réflexions ais par sur soi-même, sur les opérations intérieures, sur les dons du ue l’on ciel, et sur l'usage qu'on en fait, ayant été pratiquées par les apôtres et les plus grands saints, doivent l'être par tous les chrétiens même les plus parfaits ; que les mortifications extérieures conviennent de même aux fidèles, à quelque état de perfection qu'ils soient parvenus, o que souvent encore elles 12. 1+
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