‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 92 sur 178 · PP · texte numérisé non relu

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DE L'ÉGLISE. (AN 1694.) 211 désir sincère d'être éclairée par un si grand maître. Sitôi qu'on lui eut présenté. jugement des commissaires, elle le signa sans faire la moindre objection. Elle signa , sans plus de difficultés, les censures que M. de Châlons et M. de Meaux firent de ses livres; elle fit même son acte de soumission, sous la dictée de celui-ci : tout ce qu’elle se permit d'y ajouter, fut

u’ellen’avoit jamais eu intention de rien avancer de contraire à l'esprit de l'Eglise catholique, protestant qu’elle lui avoit toujours été et qu'elle lui seroit toujours soumise.

Sur des dispositions aussi édifiantes, M. de Meaux lui donna une attestation, par laquelle il »*suroit qu’elle n'éloit impliquée en aucune manière dans les abominations du molinosisme, et qu'il étoit pleinement satisfait de sa conduite. La supérieure et les religieuses de la Visitation de Meaux lui donnèrent encore un certificat, portant que loin d'avoir causé aucun trouble dans leur maison, elle les avoit extrêmement édifiées par sa conduite et ses entretiens, où l'on avoit remarqué beaucoup de patience et de mortification , de douceur et d'humilité, de simplicité même, et la plus haute estime pour tout ce qui est de la foi,

Munie de pareils témoignages, après de pareilles épreuves, madame Guyon ne prévoyoit pas qu’elle dût essuyer de nouveaux orages : mais sa soumission à la voix des pasteurs ne lui avoitrien moins que concilié bien des gens de secte et de cabale, qui désiroient et avoient peut-être espéré d'elle tout autre chose. Une docilité si exemplaire confondoit trop leur opiniätreté, pour ne pas leur déplaire ; et les alarmes de la cour au sujet du nouveau quiétisme, faisoient une diversion qui leur étoit trop favorable, pour ne pas chercher à la perpétuer, Quoi qu’il en soit, à peine madame Guyon eut-elle quitté sa retraite de Meaux, dans la résolution de vivre également retirée partoutailleurs, qu'on l’accusa de recommencer à dogmatiser; et sur cette acousation, onse saisit encore de sa personne (1695). Cette nouvelle détention n'eut pas plus de suite que les autres. On lui permit de se retirer à Blois; mais avant son départ, M. de Noailles, qui venoit de passer de l'évêché de Chälons à l'archevêché de Paris, exigea d'elle un nouvel acte de sonmis-

sion. Elle le donna sans difficulté, et y protect: qu'elle n'avoit

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