‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 93 sur 178 · À CE · texte numérisé non relu

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(AN 1695.) HISTOIRE jamais prétendu insinuer aucune des erreurs que ses écrits contenoient; qu'elle n’avoit pas même conçu que personne se mit jamais ce mauvais sens dans l'esprit.

On ne sauroit donc révoquer en doute l'innocence de cette femme singulière, ni plus soupçonner l'intégrité de sa foi, que la droiture etla pureté de son cœur. Telle fut en effet l’idée que s'en formèrent messieurs de Paris et de Meaux. Ces prélats, quiavoient lu et relu les manuscrits où elle se dit la femme enceinte de l'Apocalypse, l'épouse préférée à la mère, la fondatrice d’une église nouvelle, n’ont vuen tout cela qu'un fanatisme d'imagination et un flux de galimathias , sans nulle intention d'enseigner l'erreur. Est-il donc surprenant qu'elle ait gagné l'estime de ceux qui lui connoissoient bien d’autres qualités véritablement estimables ? On verra néanmoins par la suite faire un crime à M. de Cambrai d'un sentiment aussi digne de sa générosité que de sa candeur.

Madame Guyon, touchant laquelle il est temps de finir, nese contente point d’avoir rendu témoignage à sa foi dans le cours de ses tribulations; plusieurs années après, elle le renouvela dans un temps où il n’importoit plus à la tranquillité de ses jours, où elle n’envisageoit que le juste juge devant qui elle ahcit paroître. Sur le point de mourir, elle mit à la tête de son testament sa profession de foi , conçue dans les termes suivanis :

« Je proteste que je meurs fille de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, que je n'ai jamais voulu m'écarter de ses sentiments; que depuis que j'ai eu l'usage parfait dela raison, je n'ai pas été un moment sans être prête, au moins de volonté, à répandre pour elle jusqu'à la dernière goutte de mon sang, comme je l'ai constamment protesté en toute rencontre, comme je l'ai déclaré et signé autant de fois que j'ai eu occasion : ayant toujours et en tout temps soumis mes écrits et mes livres à la sainte Eglise ma mère, pour laquelle j'ai, et toujours j'ai eu et aurai, avec la grâce de Dieu, un attachement inviolable et une obéissance aveugle; n'ayant et ne voulant admettre aucun sentiment que les siens, et condamuant sans restriction tout ce qu'elle condamne, ainsi que je l’ai toujours fait. Je dois à la vérité, et pour ma justification, de protester, avec serment, qu'on a rendu de faux témoignages contre inoi,

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