PROPOS LEA
DE L'ÉGLISE. (AN 250.) 295 Dèce, l'an 250, après quatorzeans depontificat. Cette périlleuse dignité fut près d’un an et demi sans être remplie, et le clergé de Rome, pendant l'intervalle, prit soin de cette Eglise. On peut inférer de là, quelle fut la rigueur de cette septième perséeution. Saint Cyprien dit qu'on employa des inventions si cruelles, qu’elles passoient la sphère de la méchanceté humaine, et qu'on ne pouvoit les attribuer qu'à la suggestion des puissances infernales. Tout violents qu'étoient les supplices, on trouvoit encore le moyen de les faire durer long-temps. On se proposoit moins d’ôter la vie aux accusés, que de lasser leur patience et de leur ravir le trésor de la foi.
L'Eternel avoit ses vues en déchaînant ainsi l'ennemi de son Christ. Ce n étoit point assez pour ce Fils bien-aimé, qu'une épouse ou une église douée des vertus communes ; il la lui falloit exempte de toute foiblesse, très-pure et très-sainte, sans difformités et sans taches. Or, les membres de eette église sembloient diminuer de vigueur dans leur accroissement, et les fidèles, en se multipliant, avoient déjà beaucoup relèché de la régularité et de la ferveur primitive. Un grand nombre, selon saint Cyprien , avoit entièrement oublié ce qui se prati-
‘ quoit sous la conduite des apôtres. Ils s'appliquoient à aug-
menter leurs bienstemporelsavec une ardeur toute profane. Ils ne faisoient qu'une estime médiocre des richesses de l'âmeet des œuvres de miséricorde. On commençoit même à trouver peu de saints parmi les prêtres et les évêques , quiauroient tous dû l'être sans exception. Plusieurs d'entr'eux, négligeant leur devoir le plus facile etle plus essentiel, couroientavec une inquiétude oiseusede provinceen province, au lieu de cultiver la terre où ils devoient résider, et où la moisson étoit abondante. Pour les simples fidèles , le luxe et la corruption les gagnoïent généralement. Les hommes prenoient de leur figure le mêmesoin queles femmes. Lesmembres de Jésus-Christ sedéshonoroient eux-mêmes en s’alliant avec lespaïens. Ils n’avoient plus d'horreur des propos honteux et profanes, des jurements, des imprécations, du parjure. Ils se scandalisoient les uns les autres, s'insultoient ou se témoignoient du mépris et de l’aversion, exerçoient des haines publiques et interminables. Le Seigneur voulant donc faire le discernement de ses vrais serviteurs et de ceux qui ne
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