‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 134 sur 159 · ES · texte numérisé non relu

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406 (An 311.) HISTOIRE même quelques ménagements à l'égard des chrétiens, et parut se fonder pour cela sur le dernier édit de Galère; et s’il ne le fit pas publier solennellement, au moins ordonna-t-il à ses officiers de mettre fin aux vexations exercées contre les adorateurs d’un seul Dieu. Alors les prisons et les mines furent ouvertes aux confesseurs dans toute l'étendue de l'Orient. Sur chaque route, on en rencontroit une multitude qui retournoient chez eux en chantant des hymnes et des cantiques. On avoit crevé un œil à la plupart, et brûlé la jointure d’un pied; mais ils bénissoient le Seigneur avec d'autant plus de joie, qu'ils portoient dans leurs propres corps des signes plus expressifs du témoignage qu'ils lui avoient rendu. Toutefois Maximin revint bientét à son antipathie naturelle contre la vraie religion. On prétend même que ses ministres pénétrant mal ie fond de sa pensée, avoient pris trop à la lettre des ordres arrachés au respect humain. Quelle que fût son inconséquence ou sa politique, on recommença par défendre les assemblées chrétiennes, sous des prétextes détournés. Pour mieux colorer ses variations, Maximin fit sourdement agir dans les villes principales, pour en attirer des députés, avec commission de solliciter la démolition des églises, et même le bannissement des fidèles. On fit courir des libelles remplis de blasphèmes contre Jésus- Christ et son Evangile. On les revêtit des formes, en apparence les plus authentiques et les plus capables de leur donner du crédit, On les répandit dans les écoles pour les faire apprendre par , cœur aux enfants. Quand on eut ainsi diffamé les serviteurs du Très-Haut, on annonça, dans les nouvelles publiques, que le gouvernement ne pouvait se dispenser de délivrer de gens si détestables, tout au moins les villes qui le demandoient, et qui témoignoient du zèle pour l'ancienne religion de l'empire, Outre la peine du bannissement, on condamna de nouveau les fidèles à être mutilés, c’est-à-dire, que le tyran, sans leur ôter la vie, aimoit beaucoup mieux les priver, soit d’une main, soit d'un pied , soit du nez et des yeux, pourles abandonner ensuite à l'indigence et à toutes les misères inséparables de leur état. Cependant on en mit plusieurs à mort.

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PE L'EGLISE. (Ax 34) 4o7 raconte. queeette illustre vierge, la première personne de sun sexe à Alexandrie, par la naissance, par la fortune, par la beauté, par l'esprit même et les savantes connoissances , étoit éperdument aimée de l'empereur; que Maximin ayant vainement employé les sollieitations les plus passionnées et les plus basses, son amour s'étoit converti en un dépit furieux et sanguinaire. Mais tout ce qu'il y a de certain sur Catherine, comme sur Dorothée que les mêmes auteurs confondent avec elle, c'est l'éclat des talents, ainsi que des vertus et du martyre. :

Dans la ville d’Antinoüs en Egypte, on condamna au feu un saint moine Apollone, qui fut préservé de ses atteintes par un miracle éclatant. Cette merveille convertit le juge avec plusieurs spectateurs. Ils furent tous conduits au préfet de la province, qui Les fit tous jeter dans la mer.

Dans le même temps saint Pierre, évêque d'Alexandrie, mourut enfin pour la foi qu'il avoit défendue toute sa vie: Maximin le fit arrêter sans aucun prétexte, au moment qu'on s y attendoit le moins, et voulut qu’incontinent on lui tranchât la tête, Quelque édifiant qu'eût été tout le cours de son épiscopat, le pieux pasteur, au renouvellement de Ja persécution, avoit redoublé sa ferveur et sa sainte activité pour le bien de son église.

Ila composé plusieurs ouvrages, vantés pour leur profondeur lumineuse, et pour la tendre piété qu'ils respiroient : mais il ne nous en reste qu’une épître canonique sur les pénitences des chrétiens tombés dans l'apostasie, et qui devoient être plus ou moins longues, à raison du degré de volonté qu'on inféroit des circonstances mêmes de la chute. Cette épître blâme fortement ceux qui se livroient eux-mêmes; et la faute de ceux qui tomboient, après s'être ainsi livrés, est punie beaucoup plus sévèrement que celle des autres apostats. Cette lettre nous apprend aussi que dès lors, suivant una coutume encore plus ancienne, on observoit le jeûne du mercredi et du vendredi; celui-ci à cause de la passion du Sauveur, l’autre à cause du complot des Juifs contre cet Homme- Dieu , et qu'en mémoire de la résurrection, le dimanche se passoit dans une sainte joie, sans qu'on fléchit lo genou.

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Théodore, Hésychiuset Pacôme, évêques de diverses églises, remportèrent la palmedu martyre avec un grand nombre de simples fidèles, dans le même temps et dans la même province. Mais après la mort du saint évêque de la capitale, son église fut si violemment agitée, qu'elle demeura une année entière sans pasteur. Alors saint Antoine, après plus de vingt ans de retraite, où toute son ambition avoit étéde se faire oublier des hommes, vola ausecoursdela foi. Long-temps on l’ayoit exhorté sans succès, à ne pas laisser ainsi la lumière suus le boisseau. Il avoit fallu user de violence, et presque enfoncer sa porte, pour lui faire admettre les troupes nombreuses de fervents disciples qui venoientse ranger sous sa conduite. Il ne sortit qu'à regret de sa douce retraite, pour aller fonder sur les rives désertes du Nil ce peuple admirable de solitaires, qui n'eut d'autre langage que celui des saints cantiques, et point d'autre loi que la perfection del'Evangile. Mais quand il sut le péril que couroit l'Eglise, il ne fit aucune difficulté de rentrer dans le tumulte le plus orageux du monde. On le voyoit sans cesse visiter les confesseurs dans les prisons d'Alexandrie, dans les mines et dans tous les lieux où on les tenoit rentermés. Il les encourageoit devant les tribunaux, les accompagnoit à travers la foule des gardes et du peuple, jusqu’à l'endroit des exécutions. Mais quelque désir qu'il eût du martyre, il ne voulut pas se livrer lui-même. 1i ne jugea pas néanmoins qu’il dût déférer à la défense faite alors aux solitaires de paroître dans les auditoires, et de séjourner dans les villes. Un jour il se présenta au premier magistrat, comme celui-ci passoit avec tout son corlége : mais on n'osa mettre la main sur un homme si vénérable et si cher à la multitude. Dieu le réservoit pour l'institution parfaite d’une autre sorte de martyre ; et il alla rejoindre ces victimes volontaires dela mortification chrétienne , aussitôt qu'il vit le feu de la persécution amorti,.

À Nicomédie, souffrit saint Lucien, natif de Samosate et prêtre de l’église d’Antioche. Quoique toutes les inventions de la cruauté parussent épuisées, les sinistres de Maximin ne laissèrent pas de trouver un suppiice tout nouveau pour cet illustre confesseur , qui eut le courage de faire hautement une

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