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41o (AN 312.) HISTOIRE
la rendirent peut-être plus avantageuse aux hérétiques qu'utile a l'Eglise contre les païens. Le style seul annonce la patrie de l’auteur. On y retrouve toute la dureté africaine, une diction pleine d'âpreté, d’inégalités, et quelquefois peu latine. Te] encore, dans un autre genre, que les écrivains nouvellement convertis, Arnobe qui connoissoit le paganisme à fond, pour l'avoir long-temps professé, l'attaque avec beaucoup plus de succès qu'il n’établit les dogmes contraires.
Hiéroclès, vers le même temps , au moins sous l'empire des derniers persécuteurs, dont il étoit le ministre dans le gouvernement d'Egypte, attaqua, par ses écrits artificieux, comme par ses violences , la vérité de la doctrine chrétienne. Il osa même intituler Philalètes, c'est-à-dire , amis de la vérité, les deux livres qu'il publia à ce sujet. Mais ses travaux devinrent infiniment plus utiles que nuisibles à la religion de Jésus- Christ, en fournissant aux âges postérieurs un témoignage irréprochable de la croyance antique des chrétiens sur la divinité de leur instituteur. Il s'efforçoit dans son ouvrage de faire voir des contradictions continuxlles dans l’Ecriture sainte, et d'élever les prétendus miracles d’Apollone de Thyane audessus de ceux du Sauveur. Toutefois, disoit-il ensuite, nous re tenons pas pour un dieu celui qui a fait de si grandes choses , mais pour un homme favorisé des dieux ; au lieu que les chrétiens, pour quelques miracles, soutiennent que Jésus est Dieu. Ainsi constatoit-il la foi la plus ancienne des serviteurs de Jésus-Christ sur la personne adorable de cet Homme- Dieu; et en même temps la réalité de ses œuvres merveilleuses, qu'il ravaloit de tout son pouvoir, mais sans oser les nier.
Le philosophe Porphyre né près de Tyr, dans le bourg de Batanée, porta au christianisme des attaques d'autant plus dangereuses, qu'il en étoit apostat, comme on le croit, avec beaucoup plus de fondement encore que pour Hiéroclès. L'historien Socrate dit formellement que le savant platonicien de Batanée avoit embrassé la religion chrétienne, mais qu'il la quitta pour avoir été maltraité en Palestine par quelques chrétiens de Césarée. Porphyreétoit d'une érudition immense, même par rapport à nos livres saints , qu'il avoit tous lus avec attention , d'ailleurs naturellement éloquent, et formé par les
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DE L'EGLISE, (AN 312.) gr plus grands maîtres. Il fit de tous ces talents l'usage le plus artificieux, dans les quinze livres qu'il publia contre le christianisme. S’il y rebattitles oropos populaires , en rendant nos pères responsables de tous les fléaux publics, il enchérit d'ailleurs sur les plus subtils adversaires du christianisme. I] s’étudia principalement, ainsi qu'Hiéroclès, à chercher des contradictions dans l’Ecriture. Néanmoins il trouva les prophéties de Daniel trop précises et trop conformes aux événements, pour les expliquer autrement que nos interprètes. Pour éluder des oracles si pressants et si lumineux, il ne lui resta point d'autre moyen que d'en nier l'authenticité et l'antiquité, contre le témoignage si concluant de la synagogue, et conséquemment contre toutes les règles de la critique et du jugement. C'est pour cette raison que Théodoret, comparant Porphyre au faux prophète Balaam, dit que le Seigneur avoit tourné la langue de ce faux sage contre lui-même.
On lui répondit de son vivant avec force : mais la réponse faite par saint Méthode, qui mourut martyr sous Dioclétien, avec celles de plusieurs autres apologistes de la religion, a été perdue par la suite, ainsi que l'ouvrage même dePorphyre. Il suffisoit aux vues de la Providence, que l'Eglise eût été attaquée en toutes les manières , avant le moment où elle touchoit à sa pleine délivrance.
Ce n’étoit que par politique que Maxence avoit pour un temps paru favorable à cette Eglise Quand il se crut suffisamment fortifié par la défaite d'Alexandre, qui de lieutenant du préfet du prétoire avoit osé se faire empereur en Afrique, il ne ménagea plus rien; et le naturel du digne f': de Maximien se déploya tout entier, Il se rendit surtout odieux aux Romains par ses exactions et ses cruautés : un assassinat ne lui coûtoit rien , quand il s'agissoit de s'emparer d'une possession qu’il ne pouvait avair autrement, (n ne peut dire combien il fit périr de grands, des plus illustres, pour de pareilles fins. Il avoit dans les gardes prétoriennes une multitude de scélérats, ::: jours pêts à ces exécutions. Plusieurs fois il leur fit faire mainbasse sur le peuple romain, à qui elles faisoient horreur, et qui se vit traité, dans ses propres murs, parles défenseurs naturels de la patrie, plus cruellement que par ses ennemis les plus
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