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DE L'ÉGLISE. (AN 186.) 229 Les guerres civiles continuérent au loin durant plusieurs années, sans que les chrétiens y prissent part. Sévère leur rendit justice, et les traita favorablement dans les commencements de son règne. Il se souvenoit encore qu'un certain Evode , de sa connoissance avoit été guéri par un chrétien, avec del’huile consacrée. L'empereur considéroit d'ailleursune multitude de personnes du premier rang, de l’un et l'autre sexe, qui avoient embrassé le christianisme; et souvent il se rendit lui-même le défenseur des chrétiens auprès du peuple mutiné. Victor, qui avoit succédé au pape Eleuthère, compté pour le douzième évêque de Rome par saint Irénée , occupoit tranquillement la chaire de saint Pierre. Son pontificat, commencé dès l'an 177, dura plus de seize ans. Les chrétiens comptoient alors parmi eux une foule de grands hommes. Sérapion , évéque d'Antioche, se distingua par ses écrits, surtout par un traité contre le faux évangile de saint Pierre. Il en avoit eu un exemplaire des hérétiques docit5, qui soutenoient, suivant l'étymologie de leur nom, que le mystère de l'incarnation ne ‘étoit accompli qu’en apparence. Cet évangile ne contenoit cependant presque rien qui ne fût conforme à la pure doctrine du Sauveur; mais c'étoit moins pour ce qu'il avoit de répréhensible, que Sérapion s attachoit à le décrier, que parce qu'il n’avoit pas été transmis par une tradition légitime, ou
r une approbation générale et constante des églises.
Dans le même temps florissoit saint Pantène, philosophe de grande réputation, natif de Sicile, et sorti de l’école stoïcienne. On lui confia le gouvernement de la célèbre académie de la doctrine chrétienne, établie dès le temps ile saint Marc dans l’église d'Alexandrie. Son zèle égaloit ses lumières ; il alla prêcher la foi bien avant dans la Grande Asie, et jusque dans les Indes. Ainsi acquit-il la qualité d’évangéliste, qu'on donnoit alors aux généreux ouvriers qui s’employoient, sur les traces des apôtres, à la propagation de l'Evangile chez les nations étrangères. On dit que Pantène trouva dans l'Inde quelques fidèles, avec l’évangile de saint Matthieu en hébreu , que l’apôtre saint Barthélemi y avoit porté. Il ranima la foi des anciens chrétiens, en fit de nouveaux, iaissa aux nn5 et aux autres de solides instructions, et tout ce qui étoit propre
à les faire persévérer. Après quoi il reprit la route d'Alexandrie, où il continua d’instruire ceux qui vouloient venir l’entendre chez lui ; l’école publique ayant été remise, à son dé-
Ë part pour les missions , entre les mains de Clément, l’un des
iÿ illustres disciples qu'il forma en grand nombre.
ù On croit celui-ci originaire d'Alexandrie même, dont il
ns porte le surnom, mais né à Athènes. Il s’étoit rendu fort
1 habile dans les belles-lettres et dans la philosophie, spéciale- ; 3 ment dans celle de Platon. Les vérités qu'il y découvrit ne fl
purent le fixer. il voulut connoître le christianisme, et il l'embrassa sans balancer , dès qu'il fut instruit. Alors il s'efforça de se rendre aussi profond dans les divines Ecritures ct dans les traditions apostoliques, qu'il l'étoit dans les autres sciences. Il voyagea beaucoup, pour se procurer l'avantage d'entendre les hommes renommés par leur science et leur vertu. Fallût-il aller de Grèce en Italie, d'Italie en Orient, et jusis) que dans l’Assyrie, pour s’entretenir avec un ancien de queljé que réputation ; rien un'arrêta jamais son zèle et son respect A pour ces illustres dépositaires de l'enseignemeut primitif. 1 Aussi, en expliquant ce texte des Proverbes : Un homme qui aime la sagesse, réjouira son père; il dit en termes exprès il que le sage a voulu décrire une âme qui cherche et qui révère la bienheureuse tradition. Il fut ordonné prêtre, et chargé, ! avant la mort de saint Pantène, comme on l’a vu , du soin de l'école d'Alexandrie, directement instituée pour l'instruction We des catéchumènes, mais qui ne se bornoit point à cet objet. 4! Saint Alexandre, qui devint évêque de Jérusalem, et mourut ‘1 martyr, fut un de ses disciples , ainsi qu'Origène, maître à son tour de tant de docteurs.
à! Clément composa beaucoup d'ouvrages, dont il nous reste 4h l'exhortation aux gentils, le Pédagogue, les Stromates, et un , petit traité sur les qualités du riche qui veut assurer son salut. “| L'exhortation aux gentils fait parfaitement sentir le foible de l'idolâtrie, l'extravagance de ses principes, et l'horreur des 4 conséquences pratiques qui en résultent nécessairement. Cet ouvrage est écrit avec une élégance recherchée , mais accomil inodée au goût des lecteurs, que le fond des choses ne pouvoit flatter. C'est dans cette vue, que l'auteur y rassemble une
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