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DE L'EGLISE, (AN 189.) 231 foule de traits des poëtes , qui paroïitroicnt déplacés sans cela, parce qu'ils y sont et trop longs et trop multipliés. Dans son Pédagogue, titre peu noble en notre langue, mais tout diftérent en grec, il fait un abrégé de toute la morale chrétienne, à l'usage des commençants. Aussi dit-il dans les Stromates, que le Pédagogue ne contient que les premiers éléments de la doctrine chrétienne. Ce titre de Stromates , qui veut dire tissu d'images ou de représentations, et proprement tapisseries, donne seul l’idée de l'ouvrage. C’est un tissu de traits de religion, que le pieux docteur avoit rassemblés pour son usage particulier, pour la consolation de sa vieillesse, quand les ressources de l'étude et des conférences viendroient à lui manquer. C’est pourquoi on l'y voit souvent passer d’une matière à l'autre, sans beaucoup d'ordre. Mais cet esprit fécond et naturellement orné, y répand de toute part ét comme sans dessein, une diversité de traits et d'images, qui captivent l'attention et en compensent le désordre avec avantage. S'il y a des endroits obscurs, ce n’est qu'une obscurité étudiée, selon la maxime de ces premiers siècles, pour ne point exposer nos mystères à la dérision des lecteurs profanes. Aussi n'est-ce que par comparaison avec le fonds et la manière sublime des Stromates , que saint Clément regarde son Pédagogue re une instruction pour des élèves. Il s'efforce de donner la ph. haute idée de la perfection du christianisme , dans la peintu qu'il fait du véritable gnostique, au sixième livre, où il reve dique cette qualification que les hérétiques s'approprioient , en se donnant pour des hommes bien plus avantagés des dons célestes que les orthodoxes. Ce sage, dit-il avec une sublimité qui est plus dans les choses que dans les mots, ce sage ne paroît plus sujet aux passions, si ce n’est à celles qui sont nécessaires pour le soutien de la vie. Il domine celles qui peuvent troubler l’âme, comme la colère et la crainte, et n’est pas même gouverné par celles qui paroissent bonnes, telles que la hardiesse et la joie. Son esprit ne s’abandonne jamais à la tristesse, et jouit d’une égalité presque inaltérable, persuadé que tout ce qui est digne de J'intéresser va bien. Il ne se livre point aux excès de haine ou de ressentiment, parce qu'il aime Dieu et ne hait nulle de ses créatures. Il ne porte envie à personne,
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