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260 (an 217.) HISTOIRE
de pontife coloroit tout. IL en remplissoit les fonctions avee tant de grâce, surtout en dansant au son des instruments , qui accompagnoient les sacrifices, qu'on accouroit en foule des villes voisines pour l'admirer. Les soldats y venoïent par troupes nombreuses, du camp qui étoit près de la ville.
Son aïeule sema adroïtement le bruit qu'il étoit fils de Ca-
. racalla, et ne négligea rien pour inspirer au gros de l’armée, * dégoûté de Macrin, le désir de le voir remplacé par un maître
aussi aimable que le jeune pontife. Elle lia enfin la partie avec les principaux officiers, sortit de la ville à l'entrée de la nuit, etse rendit au camp avectoute sa famille. L'habile princesse avoit revêtu Héliogabale d'un habit souvent porté par Caracalla, et facile à reconnoître. Il fut reçu de toutes les troupes avec acclamation, et sur-le-champ proclamé empereur. Mésa fit des largesses avec les trésors qu'elle avoit amassés sous les règnes précédents : les garnisons de toutes les villes circonvoisines accoururent pour les partager. Ainsi l’armée d'Emèse se trouva très-forte, et en état de combattre avec succés pour son nouveau maître, s’il en étoit besoin. Mais loin de faire aucune opposition, les autres armées désertèrent aussitôt le parti de Macrin, qui fut pris ettué, après avoir régné quatorze mois. On ne fut pas long-temps à reconnoître que le nouvel empereur eût été plus propre à demeurer le prêtre d’unereligion voluptueuse, qu'à devenir le maître des Romains. En très-peu de temps, il se rendit encore plus méprisable que son prédécesseur, et par des infamies plus honteuses, et par des extravagances plus multipliées. Il fit transférer dans la capitale de l'empire le dieu du temple d'Emèse qui n’étoit autre chose qu’un gros caillou noir, qu'il disoit tombé du ciel. A cette informe et ridicule divinité, il prétendit néanmoins subordonner tous Îles autres cultes. Dans ce dessein , il fit apporter la grande déesse de Carthage , nommée Céleste, et la plaça à un rang subalterne dans le temple qu'il dédia sur le mont Palatin, au caillou de Syrie : il vouloit de même y placer Cybèle, réputée la mère des dieux, le feu de Vesta, le Palladium; y joindre par une alliance monstrueuse le culte des chrétiens et celui des Juifs, et déjà il s’abstenoit de la chair de porc, après s'être fait circoncire. Toutefois, à travers ces petitesses de