‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 97 sur 159 · AIDER TI AIT · texte numérisé non relu

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298 (An 213.) HISTÔIRE

excommunier, et qu’on Îles traita de toutes parts en hérétiques décidés. Ce pontife mourut peu après, l'an 218 de Jésus-

Christ. Il avoit occupé le saint Siége dix-sept ans.et il eut pour successeur Calixte, qui le tint cinq ans.

Sous ce pontificat, fleurit Jule-Africain, chrétien des plus doctes de son siècle, originaire de Libye, selon Suidas, et natif de Nicopolis en Palestine, c'est-à-dire, de l’ancienne Emmaüs, dont les Romains, après la ruine de Jérusalem, avoient fait une ville au lieu d’une simple bourgade, et à laquelle ils avoient donné un nouveau nom, en mémoire de leurs victoires sur les Juifs. Il composa un ouvrage chronologique en cinq livres, pour prouver contre les païens l'antiquité de la vraie religion, et c'est le premier auteur de chronologie que l’on compte parmi les chrétiens. Cet ouvrage célèbre n'est pas venu jusqu'à nous, au moins sous le nom de son auteur. Scaliger a publié une chronologie d'Eustbe, plus ample que la commune, et l'a donnée pour une première partie de l'ouvrage d'Eusèbe sur les temps, dont ce que nous appelons la Chronique est la seconde. Il ajoute que tout ce

: qu'ily a de bon dans la chronique comme dans la chronologie

d'Eustbe, est de cet ancien auteur. Jule adressa encore une lettre au chrétien Aristide, pour concilier les diversités apparentes des deux généalogies de Jésus-Christ, selon saint Matthieu et selon saint Luc; et il y dissipa entièrement ces difficultés , au jugement d'Eusèbe. Il ne laissoit pas d'en trouver dans quelques parties des Livres saints. Origène, qu'il révéroit extraordinairement, ayant cité dans une conférence l’histoire de Susanne, par où finitle livre de Daniel, Jule-Africain dissimula sagement pendant toute la conférence; mais il écrivit ensuite à Origène, pour lui marquer sa pensée, avec toutes ses preuves. La principale étoit que ce trait édifiant ne se trouvait point dans les exemplaires juifs. À quoi Origène répondit que ces sortes d’omissions ne tomboient pas sur le seul fait de Susanne, mais sur beaucoup d’autres, soit dans le livre de Daniel, soit dans le reste de l'ancien Testament; tandis qu'ils se lisaient dans les cxemplaires grecs de toutes les églises de Jésus-Christ; et que les Juifs avoient fait ces suppressions, pour effacer la mémoire des faits qui leur étoient les

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DE L'ÉGLISE. (AN 213.) 259 plus honteux; tels que l'infamie des vieillards juges en Israël, et calomniateurs d'une femme chaste qu'ils n'avoient pu suborner ; tels encore que la mort de plusieurs prophètes qu'ils avoient indignement proscrits. Il ajoute que la différence de nos exemplaires à ceux des Juifs vient de ce que les nôtres ont été pris sur des originaux plus complets, et antérieurs à des copies tronquées dans la suite. Les écritsde Jule-Africain sont fort exaltés par les anciens docteurs. Saint Jérôme en particulier les loue comme également remplis de l’érudition du siècle, desrichesses de la philosophie, et de la science divine des Ecritures.

L'empereur Caracalla, après avoir donné aux fidèles la temps de respirer, termina sa vieet son empire par une mort violente, le 8 Avril217. Macrin, l’un des deux préfets du prétoire, ayant découvert qu'il y avoit tout à risquer pour lui de la part de ce maître cruel et fantasque, résolut de le prévenir. Il Je fit assassiner par un centurion, dans un bois où il avoit mis pied à terre pour un besoin naturel. Après deux jours de trouble et de murmure, l’auteur de l'attentat réussit à se faire proclamer empereur ; mais il s’abandonna lui-même àla mollesse, à la crapule et à l'incurie qui en est la suite. Au lieu d'aller à Rome, il resta plongé à Antioche dans les voluptés asiatiques, qui le rendirent méprisable aux troupes. Il se fit ensuite détester par une sévérité à contre temps, qu'il ne savoit pas soutenir. Une femme entreprenante et d'un génie plus qu'ordinaire, Mésa, sœur de la dernière impératrice, crut voir le moment de venger la mort de son neveu Caracalla, et plus encore de se vengeret de s'élever elle-même. Macrin qui la craignoit, l'avoit reléguée à Emèse, lieu de sa naissance, et elle y avoit mené un de ses petits-fils, prince âgé seulement de quatorze ans, mais d'une taille au-dessus de son âge, et d'une figure qu’on ne pouvoit envisager sans s'intéresser à son sort. Les habitants d'Emèse le firent d'ahord np de leur temple, dédié au soleil sous le nom d'Elaga-

ale, c'est-à-dire, dieu des montagnes; d'où vient à ce jeune

pre appelé jusque-là Bassien, le nom d'Hélingabale, On

ui donna, non sans dessein, un habit de pourpre brodé d'or,

avec une couronne tout élincelante de pierreries. Sa qualité

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