CHAPITRE III
Villemagne , Villeneuve , Fabrègues , Gigean , Frontignan , Lunel , Béziers , Mauguio. Cette assemblée nomma un syndicat pour demander des temples et faire dolëance aux prochains États qui devaient se tenir à Béziers le 20 du courant. Les édifices dont les rcligionnaires s'étaient emparés suffisaient à la population tout entière, tant qu'il n'y avait qu'une seule religion à Montpellier. Maintenant que la plus grande partie de ses habitants s'est prononcée pour un autre culte, plusieurs de ces édifices se trouvent sans emploi. N'y a-t-il pas lieu, n'est-il pas juste d'en affecter quelques-uns au cuite nouveau? Les édifices appartiennent aux fidèles et non pas à la religion. Quand les cultes anciens sont abandonnés, les édifices doivent passer au culte nouveau.
Les vœux du colloque de. Montpellier ne purent pas être portés devant les États, attendu que le 19, veille de leur réunion, M. de Joyeuse fit publier à Montpellier un nouvel édil par lequel le roi ordonnait que vingtquatre heures après sa publication, les églises seraient rendues. Il fallait même , ce qui indiquerait que les ravages étaient moindres qu'on ne se plaît à le dire, les remettre dans leur premier état. L'édit défendait aux deux partis de se servir d'épithètes injurieuses et proscrivait les mots de huguenot et de papiste.
Les religionnaires se soumirent immédiatement aux ordres du roi et se remirent à prêcher à l'École-Mage et dans des maisons particulières. Ils avaient été disposés à celte obéissance par une lettre que Pierre
î,X LIVRE PREMIER
Viret écrivit de Nirnes à ses bons seigneurs et honorés frères des Églises de Languedoc assemblés au colloque de Montpellier. Cette lettre nous a été conservée par Th. de Rèze; elle est telle qu'on pouvait l'attendre d'un homme de paix et d'un fidèle ministre de Jésus- Christ.
L'obéissance des religionnaires pour les ordres de leur souverain ne les empêchait pas de revendiquer, par des voies pacifiques, ce qu'ils regardaient comme un droit. En effet, le 22 novembre, trois jours après la notification du décret, ils nommèrent une commission composée de six membres, qui fut chargée de s'aboucher avec les chanoines et de procéder au partage des églises, que les catholiques n'avaient plus besoin de posséder en si grand nombre. Nous prenons les noms des membres présents, dans le préambule même de l'acte. Voici ce préambule :
«Le 22 novembre 1561. Assemblés vénérables et égrèges personnes Messieurs Maîtres Léonard Agulhon, prévôt; Jacques Demanso, archidiacre de Valence ; Jean Lebas , aumônier; Pierre Manny, Vincent de Rocheblave et Pierre Sollier, chanoines en ladite cathédrale de Saint-Pierre de Montpellier, commis et députés par le chapitre de ladite ville, d'une part; Et nobles et honorables personnes Messieurs Maîtres de Saint-Ravy, commissaire du Roy et général en la Cour des aides; Guillaume Rondelet, docteur-régent en l'université de Médecine; Bertrand Manny, seigneur de la Tour; François Maigret, Pierre de Maupeau , bour-