CHAPITRE III
geois et Nicolas Talard , notaire royal, de la part de la religion réformée, pour pourvoira la pacification des troubles et des séditions qui par ci-après pourraient arriver entre les habitants de ladite ville de Montpellier, à cause de la religion.»
Il nous serait bien agréable de donner ici la suite de cet acte important ; malheureusement une page arrachée au manuscrit de Serre, qui nous en fournit le commencement, ne nous le permet pas. Les recherches que nous avons faites dans les minutes du notaire Hilaire, ont été sans résultat, quoique ces minutes soient intactes. L'absence de cette pièce s'explique par celte circonstance que les actes ecclésiastiques n'étaient pas portés sur la collection des actes civils. Il est ex- * trémement probable que la pièce dont nous ne possédons qu'une partie se trouve aux archives de l'Intendance, au milieu d'une infinité d'actes notariés qui n'ont jamais été classés. Pour l'y découvrir, il faudrait se livrer à des recherches dont il serait difficile d'indiquer le terme.
Au reste , si nous ne possédons pas l'acte lui-même dans toute son intégrité , nous en avons une bonne analyse ; la voici :
«En présence de moi , dict notaire soussigné et présents les témoins, les sus-nommés auraient sommé et requis les dicts ecclésiastiques leur bailler les temples tant de Nolre-Dame-des-Tables que de Saint-Paul et Saint-Matthieu; lesquels ecclésiastiques, pour éviter les inconvénients susdits , leur ont déclaré qu'ils n'en-
fiO LIVRE PREMIER
tendaient les troubler ni empêcher; ainsi ont consenti et consentent tant que besoin sera, qu'ils puissent prêcher es dicts temples de Notre-Dame-des-Tables , de Saint Paul et Saint-Matthieu ; et ce sous le bon vouloir du Roy et de tous autres qu'il appartiendra, tant d'un parti que de l'antre. De quoi les dictes parties ont requis à moi notaire et témoins en recevoir acte pour leur servir en temps et lieu. Fait au dict Montpellier, dans la maison du dictDemanso et assistance de Maître Guillaume Fabre , Mathurin Belèze et César Porte, demeurant au dict Montpellier, et de moi Pierre Ililaire, notaire royal du dict Montpellier, soussigné. »
Serre, qui mentionne cet accord avec indignation, le fait précéder des paroles que voici : « Par lâcheté et condescendance exécrable, le chapitre de Saint- Pierre eut si peu de conduite , qu'ayant nommé deux députés de leur corps qui s'assemblèrent avec ceux des huguenots , le 22 novembre , ils passèrent un contrat, infâme dont je veux bien donner connaissance au lecteur, pour lui taire connaître le peu de fermeté des chanoines. Le voici donc tel qu'il est, qui fera dresser les cheveux à tous les bons catholiques et autres gens de bon sens qui liront ceci.» C'est cet acte dont nous avons transcrit le préambule et dont nous venons de donner une analyse empruntée au même manuscrit.
En vertu de l'arrangement qui venait d'intervenir, les protestants prirent possession des églises qui leur étaient concédées , et ce fut alors que les consuls et