‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 169 sur 253 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

rait l'amende serait celui dont faisait partie la maison du sieur Souchon. L'affaire dut donc se terminer par une expertise.

Que devint le femme de Dortial? que devint son fils Jacques? Jeune encore et très-maladif, il fut réclamé par sa mère, qui avait été élargie en novembre, après trois mois de captivité. Il n'avait été l'objet d'aucune condamnation , et il aurait dû êlre élargi au mois d'août, immédiatement après le jugement de sa mère; mais il était encore retenu en novembre, comme cela résulte d'une requête que Magdeleine Chausson adresse à l'intendant à ce sujet. Pour quel motif Jacques Dortial, acquitté, n'était-il pas mis en liberté?

Une lettre de M. de Saint-Florentin à M. de Bernage nous l'apprendra.

« A Versailles, le iG avril 1745.

» Il est toujours fort avantageux, Monsieur, d'avoir pu disposer le nommé Dortial fils à se faire instruire; et je ne peux qu'approuver les mesures que vous avez prises à ce sujet avec M. l'évoque de Nimes. Le zèle de M. Dubousquet est bien louable , et il est juste de le seconder en prenant sur le fonds des amendes les 8 livres qui sont nécessaires par mois , pour faire le supplément de ce qu'il donne pour la pension de ce nouveau converti.

» Je suis toujours parfaitement, Monsieur, votre trèshumble et très-obéissant serviteur.

» Saint-Florentin. »

Dans un état du 1 6 décembre 1 743, des pensions et gratifications annuelles assignées sur le produit des amendes, le nom de Jacques Dortial se trouve accompagné de cette note : «C'est le fils d'un prédicant de ce nom qui a été exécuté à Nimes. Cette gratification (96 livres) lui a été accordée pour le supplément de sa subsistance chez un maître d'école, à [Montpellier, où il a été mis pour être élevé dans la religion catholique.» On lit à la marge : < On ne lui a jamais rien payé, il n'a resté que huit jours à Montpellier. » Nous perdons ici la trace de Jacques Dortial ; nos pièces ne nous permettent pas de le suivre plus loin.

Le second acte de sévérité dont nous avons à parler, s'accomplit dans les Cévennes. On savait que les assemblées étaient fréquentes dans les arrondissements d'Aulas et d'Aumessas, mais on ne parvenait pas à les surprendre. A force de démarches , il put être établi qu'une de ces assemblées avait été tenue le 29 mai 1 742 , et l'on ne manqua pas de condamner immédiatement les non-catholiques des arrondissements d'Aulas et d'Aumessas à 800 livres d'amende et aux frais de la procédure. Cette procédure est assez étrange et assez compliquée pour que nous devions en faire connaître toutes les circonstances ; on les trouvera aux Pièces justificatives. Contentons-nous de dire ici qu'un certain nombre de religionnaires furent condamnés comme convaincus d'avoir assisté à cette réunion , les hommes aux galères, et les femmes à la détention dans la tour de Constance.

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