AVERTISSEMENT IX
pas tous notre propriété. M. Eugène Des Hours-Farel a bien voulu nous ouvrir les rayons de sa bibliothèque d'homme de goût et de connaisseur, qu'il étend chaque jour avec beaucoup d'intelligence. M. le pasteur Hugues (d'Anduze) nous a aussi prêté des livres rares, qu'il nous aurait peut-être été impossible de trouver ailleurs.
Notre plus forte dette de reconnaissance ne serait pas acquittée, si nous ne nommions M. le professeur Germain, de la Faculté des lettres ; lui aussi a mis ses livres à notre disposition, et de plus il nous a souvent indiqué des documents dont nous n'aurions pas soupçonné l'existence, si, avec une obligeance parfaite, il ne nous avait fait profiter des connaissances exceptionnelles de sa profonde érudition.
Malgré toutes ces ressources et tous ces secours , nous ne nous faisons pas illusion sur la nature de notre œuvre. Elle est de celles qui ont besoin d'être perfectionnées par le temps. Nous avons ouvert la voie, d'autres l'élargiront et la redresseront après nous.
Faut-il dire maintenant avec quelles impressions nous sortons de ce travail. Les longues souffrances de nos itères, et les nombreuses horreurs que nous avons eu à raconter, ne nous ont point aigri. Elles se sont présentéesà nous comme les conséquences tristement
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logiques d'un Eaux système, el mm comme les nmséquenos6 froidemenl calculées d'une malice, invétérée. Pour le catholique convaincu, le protestant qui réclame b liberté de conscience est oc que serait, dans une monarchie, le citoyen qui proclamerait la république; c'esi-à-dire, un perturbateur , un révolu* tionnaire qui trouble l'ordre du pays, et qu'il faut offrir en holocauste pour le salut de tous.
Aux yeux du catholique, l'Évangile s'est uni pour toujours à une forme invariable ; il a même fait alliance avec un pouvoir humain ou temporel, et cette union est indissoluble: qui s'attaque à ce gouvernement, s'attaque à Jésus-Christ ; on ne peut pas plus les séparer que le corps el l'âme, C'est là ce qui explique cette opiniâtreté dans la persécution, et cette absence de repentir après des atrocités révoltantes. La conséquence naturelle du catholicisme, c'est l'inquisition.
Que cette forme d'Église se maintienne en se réclamant de l'Évangile , — qui demande avant tout la conversion du cœur et met la miséricorde, c'est-à-dire l'amour, au-dessus du sacrifice ou de la cérémonie, — c'est ce que nous ne comprenons nullement. Mais, de jour en jour, l'expérience des siècles fait mieux ressortir l'excellence des enseignements du Sauveur; on comprend aujourd'hui que, pour régénérer les individus cl transformer les sociétés, il faut que le