‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 33 sur 253 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de recevoir; Je suis bien serviteur du roi, dit-il, mais non pas son bourreau ' . 11 prit seulement la précaution de faire enfermer les principaux protestants qui étaient demeurés à Montpellier. Tout resta ainsi dans le calme jusqu'au 8 septembre. Ce jour-là, un second courrier de la cour arriva; il était porteur d'un édit dans lequel le meurtre de l'amiral était avoué : il avait été frappé, non pour cause de religion, mais comme le chef d'une conspiration découverte contre l'État et la personne du Roi. C'était se raviser un peu tard. Au reste , l'édit garantissait la sûreté des protestants, mais leur interdisait les assemblées.

Le Bas-Languedoc resta tranquille pendant toute la suite du mois de septembre; mais le massacre de deux cents protestants à Toulouse -, au commencement d'octobre, indigna ceux du Rouergue et des Cévennes, qui recommencèrent les hostilités. Dampville eut ordre de rentrer dans sa province , pour y rétablir le calme et y faire respecter l'autorité du Roi. Les Étals assemblés à Montpellier lui votèrent de l'argent, et il assiégea Sommières, qui ne se rendit qu'après une longue et valeureuse résistance. Il conclutensuite, avec les protestants, une trêve qui fut successivement prorogée jusqu'à la mi-novembre.

1 Serre.

2 Pour tout ce qui regarde Toulouse, voir le livre «le M. F. de Portai : Les descendants des Albigeois eldes Huguenots. Cet ouvrage se distingue par des recherches puisées aux bonnes sources et

. un jugement 1res- sûr.

gO LIVRE PREMIER

La fin de cette trêve approchait , lorsqu'on vit arriver Jacques de Crussol, qui avait été si longtemps à la tête des protestants et qui n'avait échappé au massacre de la Saint-Barthélémy que par l'influence de son frère Antoine ; celui-ci était mort, et Jacques lui avait succédé comme premier duc d'Uzès. 11 s'était en même temps rangé a. la religion de la cour. Celte fois , il venait en Languedoc non pour défendre les protestants, mais pour servir les catholiques.

Indignés de cette conduite , les huguenots descendirent des Cévennes et allèrent dans le diocèse d'Agde s'emparer de Florensac et de Pomérols, qui appartenaient à Crussol. Il fut convenu que Florensac et Pomérols seraient rendus et la trêve fut continuée , non par le fait de Dampville seul, mais avec le concours de Crussol. Cette aide donnée à Dampville pouvait lui faire présager sa disgrâce.

La défiance que la cour manifestait au maréchal le poussait vers les protestants.

Il voulut se les rendre favorables, et le 1er mars 1574 il nomma consuls Jean des Urcières, seigneur de Castelnau , dont la femme Marguerite de Fizes était protestante , Bernardin de Venero, Jean Vidal , Guillaume Pothion et Jean Gulet. La courtoisie ne porta sans doute que sur le premier nom , rien ne nous annonçant que les autres fussent fort sympathiques aux protestants.

Il est certain que le roi prononça la déchéance du maréchal comme gouverneur du Languedoc ; mais

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