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CHAPITRE VII

Laplace , Maupeau et Formy se retirèrent à Saint- Jean-de-Védas.

Les protestants portèrent plainte à leur tour , et les doléances de ceux de Montpellier arrivant à Paris avec celles de beaucoup d'autres lieux, furent favorablement accueillies. Le roi envoya des commissaires aux provinces pour surveiller l'exécution de ledit. Belot, maître des requêtes, et Mole, conseiller au parlement de Paris, furent chargés de visiter le Languedoc. Les ministres retirés à Saint-Jean-de-Védas reçurent l'autorisation de retourner à Montpellier. Dans un intérêt de paix et pour ne pas entretenir des sentiments hostiles, ces commissaires supprimèrent une procession que les catholiques faisaient le 17 juillet, en mémoire de leur rentrée de 1568. Ils refusèrent également d'autoriser une confrérie de pénitents dont la création était toute récente. Pour assurer l'exécution de ces mesures, M. Mole passa tout l'été à Montpellier.

Le 13 octobre, peu de temps avant que M. de Joyeuse vînt tenir les États de la province , les deux compagnies en garnison dans la ville eurent ordre d'en sortir.

Le vent qui soufflait de la cour était visiblement favorable aux protestants , mais cette faveur n'était qu'un calcul. Les déférences qu'on avait pour l'amiral devaient éloigner la défiance ; on entourait de Heurs le poignard dont on voulait le frapper.

Quoi qu'il en soit, ces faveurs calulées et perfides

tournèrent momentanément au profit des protestants ! M iDtpellier. On nomma gouverneur le seigneur Jean des Urcières, probablement parentdeceiuiquiles avait gratifiés d'une terre pour leurs inhumations, et quelque temps après, Pompone de Bellièvre, président du parlement de Grenoble, fut appelé à l'intendance de. la justice. Ces deux hommes de bien, voyant que la paix était compromise et qu'un nuage de haines s'amassait, prirent, pour l'empêcher d'éclater, le parti d'éloigner de la ville les principaux chefs des deux partis.

Montpellier fut préservé des désastres de la Saint- Barthélémy, par les circonstances que voici : Le sang des réformés devait couler dans la France entière, et des ordres avaient été donnés à cet effet. On le sait , Simon Fizes, baron de Sauve et secrétaire d'État, était chargé d'expédier les dépêches dans tout le royaume. Comme il était du pays, il donna secrètement l'ordre au courrier (Buslée) d'avertir le seigneur des Urcières, son beau -frère. Des Urcières en fit part au baron de la Mousson, qui envoya les ministres Payan et Formyà Mauguio , avec les principaux du consistoire. Lorsque Joyeuse reçut le paquet de la cour , les personnes les plus exposées se trouvaient en sûreté.

Dampville étant à Chantilly, Joyeuse commandait seul à Montpellier, et la manière dont il se conduisit dans cette circonstance lui mérite une place à côté du vicomte d'Orthe , car il déclara ouvertement qu'il n'exécuterait pas les ordres sanguinaires qu'il venait

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