CHAPITRE- XIII 1G
nous mentionnerons seulement que le roi prit position à la métairie de ce même Améric qui défendait la ville avec tant d'énergie et de courage, et que les défenses furent dirigées par Dargencourt. La ville ne fut point prise. La levée du siège eut lieu en vertu d'un traité de paix que préparèrent ensemble Lesdiguières et Rohan. Ce traité, accepté d'un commun accord par le roi et les députés de toutes les Églises de France , fut signé au camp de Montpellier, le 19 octobre 1622. Le lendemain, 1200 hommes en très-bonne tenue sortirent de la ville et furent escortés jusqu'à Montferrier, par le sieur de la Curée. Ils rentrèrent dans les Cévennes, d'où ils étaient descendus pour aider leurs frères de Montpellier. Le siège avait commencé le 3 août.
Par ce traité, l'observation de l'Édit de Nantes est garantie et l'exercice de la religion catholique rétabli dans tous les lieux du royaume où il a été interrompu, comme aussi celui delà religion prétendue réformée sera célébré aux lieux où elle était établie suivant l'édit, déclarations ou concessions. Les fortifications nouvelles des villes et places tenues par les réformés devront disparaître , mais les anciennes seront conservées. Pour garantir ces démolitions, il sera donné des otages. 11 est permis aux réformés d'avoir des assemblées, consistoires , colloques ou synodes pour pures affaires ecclésiastiques; mais toutes les assemblées où l'on s'occuperait de politique, quel que soit le nom qu'elles portent, assemblées générales , cercles, synodes, leur sont expressément interdites. Les prisonniers de part
et d'autre doivent être mis en liberté. Chacun recouvrera les biens ou emplois dont il aura été dépouillé pendant les troubles. Il y aura des commissaires des deux religions pour veiller à l'exécution du présent édit.
Un des articles secrets portait qu'à l'égard de la ville de Montpellier, le duc de Montmorency en nommerait les consuls , dont la moitié serait catholique et l'autre moitié réformée. Par un brevet particulier, le roi promettait qu'il n'y aurait à Montpellier ni garnison ni citadelle , que la ville demeurerait à la charge des consuls, et qu'il n'y serait rien innové. Par d'autres brevets, La Rochelle et Montauban conservaient leurs fortifications dans leur intégrité. Nimes, Castres, Uzès et Milhau ne devaient les démolir qu'à demi.
Le gouverneur de Montpellier, sieur de Calonges, s'était présenté devant le roi pour demander humblement la paix, avec les députés de la ville, des Cévennes, de Nimes et d'Uzès , et avait parlé au nom de toutes les Églises de France et même de la souveraineté du Béarn. Nous ne pouvons dire quels étaient ses pouvoirs à ce sujet. Il est certain que toutes acceptèrent cette paix. Le fougueux et valeureux Améric avait fait sa soumission avec les autres consuls.
A son entrée à Montpellier, Louis XIII ne trouva pas une église où il pût aller faire sa prière: toutes avaient été démolies. Il ne manqua pas de personnes pour l'engager à s'emparer du grand temple des protestants. Il y avait , disait-on , des raisons suffisantes de les en