‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 12 sur 227 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

1558 A celte époque , les trois frères Châlillon , neveux du connétable Anne de Montmorency, dont Taîné , du nom de Coligny , était amiral , le puîné , Dandelot, était colonel-général de Tinfanterie française , et le troisième , de Châtillon , était cardinal , se déclarèrent hautement en faveur du nouveau

1559 culte; ils furent imités en 1559 par deux princes du sang, Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et Louis de Bourbon , prince de Condé. Aussi les protestants de Paris, qui s'assemblaient depuis quelque temps , soit dans la maison de M. de La Perrière , soit dans une autre de la rue Saint- Jacques, en face du collège du Plessis, profitèrent-ils de l'appui qu'ils trouvèrent dans ces notabilités nobiliaires pour convoquer le premier synode national des Eglises réformées de France. Il se réunit du 25 au 28 mai , sous la présidence du pasteur François Morel , sieur de CoUonges , dans la maison d'un religionnaire nommé Le Vicomte , « qui retirait coutumièrement , dit Théodore de Bèze (1) , les allants et venants de la religion , et principalement ceux qui arrivaient de Genève et d'Allemagne. » Ce fut ce corps qui rédigea une profession de foi en quarante articles, qui porte le nom de Confession gallicane^ ainsi qu'une discipline qui pouvait être modifiée par les assemblées synodales subséquentes.

Lorsque Henri II eut connaissance du résultat de cette assemblée , tenue sans autorisation , pour tirer vengeance de cette audace, il donna dans le

(1) Hist eedés., t. I , p. 145.

mois de juin un édit à Escouan, qu'il fit vérifier 4559 par les sept parlements alors existants, portant peine de mort contre tous les calvinistes , avec défense aux juges d'en diminuer la rigueur et d'en éluder l'application. Sa mort mit bientôt un terme à son ressentiment inexorable. Blessé à l'œil dans une joute par la lance de Gabriel de Montgommery, il succomba aux suites de sa blessure, après un règne de douze ans, pendant lesquels il avait abandonné la direction des affaires au connétable de Montmorency et aux deux frères François et Charles de Guise , les ennemis les plus cruels de la Réforme.

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