‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 187 sur 227 · CHAPITRE XÏItf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÏItf

54 cinquante ans ; elle en avait huit lorsqu'on l'avait arrêtée allant au prêche avec sa mère, et la punition durait encore. »

Mais ce qui fit vibrer le plus fortement la corde sensible du cœur de l'homme de guerre , fut le récit des malheurs de Gabrielle Guingues. L'un de ses fils avait été tué à la bataille de Fontenoy, gagnée en Flandre par Maurice de Saxe en 1745 ; l'aîné de ses petits-fils avait encore succombé pendant la guerre de Sept-Ans, commencée en 1756, et, malgré cette double rançon de sang qu'elle avait payée à sa patrie , elle était encore captive. Le spectacle déchirant qui frappa les yeux du prince et les plaintes qui retentirent à ses oreilles firent cesser son hésitation ; il brisa de ses mains les fers de toutes ces femmes malheureuses et les rendit à la liberté. Lorsque, à cause de cet acte qui dépassait ses pouvoirs, on le menaça de la perte de son commandement , il répondit avec un noble courage : « Le roi est maître de m'ôter la place qu'il m'a confiée, et non pas de m'empêcher d'en remplir les devoirs selon ma conscience et mon honneur. »

Dès ce moment les Eglises commencèrent à jouir d'un véritable repos. Trois nouveaux proposants , Jean Gachon , Simon Lombard et Louis Valentin , furent admis par le synode au nombre des pasteurs de la province ; et le colloque de Nîmes, considérant que Paul Vincent avait été attaché à l'église de Vauvert, nomma Jean-Paul Rabaut-Saint-Etienne pour le remplacer.

i36 HtSTOIBE DE L^fiGLISB RtFOUÊE DE NIMES. «

Page 1