‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 2 sur 227 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Préludes de la Réforme évangélique.

)33 Ce fut en Tannée 4533 , que les premières lueurs de la Réforme évangélique , perçant les épaisses ténèbres qui avaient obscurci jusqu'alors l'Eglise de Jésus-Christ , éclairèrent la ville de Nîmes, et la préparèrent à devenir le siège le plus formidable et le plus redouté du protestantisme français/

La première voix qui s'éleva dans son enceinte pour annoncer la doctrine du salut selon l'Evangile, fut celle d'un religieux augustin, dont le nom n'a pas été conservé , qui , en prêchant le carême ,

rendit les âmes attentives à leur état de misère ^^3^ morale et les adressa à Jésus-Christ, comme au seul médiateur qui , par son intercession et par ses mérites , pouvait leur faire trouver grâce devant le tribunal de la justice rigoureuse de Dieu.

A cause de cette prédication si nouvelle dans l'Eglise romaine , il fut accusé de luthéranisme et enfermé par ordre du parlement de Toulouse dans le château royal. Le conseil de la ville prit cependant sa défense , et par sa délibération du jour de Pâques, déclara que loin que ce moine fût hérétique , il avait au contraire nourri le peuple d'une bonne doctrine évangélique. Mais pour ne pas devenir suspect lui-même aux yeux du parlement par cette déclaration , il décida, dans sa séance du 7 avril, qu'après avoir obtenu un monitoire de l'official de l'évéque , on le ferait fulminer contre ceux qui seraient accusés d'hérésie , et qui par cela même seraient tenus de se justifier par purgation canonique (4). Il fit plus, car il adressa une requête à Michel Briçonnet , qui administrait le diocèse depuis 1545 , mais qui demeurait au Vigan, pour l'inviter à venir prendre possession de son siège épiscopal, et à nommer un homme de bien , pour prêcher tous les dimanches au peuple et le détourner du penchant qu'il avait d'embrasser le luthéranisme. Déjà, en effet, tous les esprits s'occupaient de controverse , parce que les écrits de Luther, portés aux foires de Lyon et descendant le Rhône, avaient pénétré dans toutes les

(1) Arcli. de Thôtel de ville. Reg. du seizième siècle, P> 246.

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