‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 201 sur 227 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

1798 A son arrivée il se joignit à son collègue pour demander au consistoire qu'il décidât qu'aucun enfant ne pourrait plus être baptisé, ni aucun mariage béni, autre part que dans le temple. Cela fut délibéré, en effet; mais, à cause du refroidissement complet de la piété et des coutumes anarchiques que le peuple avait contractées dans les clubs, les pasteurs se virent forcés, pour éviter de plus grands abus, de continuer à se rendre dans les maisons particulières pour célébrer ces deux cérémonies.

1799 Le consulat succéda au directoire exécutif le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), et la conclusion de la paix, entre la France, TAutriche et l'Empire, fut signée à Lunéville, le 9 janvier

4804 1801 ; les membres de l'Eglise furent convoqués à cette occasion pour entonner en chœur un Te Deum solennel. Le préfet du département et les magistrats civils et judiciaires vinrent, par leur présence, donner un caractère officiel à celte cérémonie, qui servit à réveiller tellement le zèle que le jour de Pâques suivant le temple se trouva trop petit pour contenir les auditeurs qui se présentèrent à ses portes pour y entrer, he consistoire, encouragé par cette circonstance réjouissante , conçut le dessein de convoquer les chefs de famille pour les consulter sur la convenance et l'opportunité qu'il y avait à se procurer un second édifice.

Mais un événement douloureux et inattendu vint jeter un voile de deuil sur l'Eglise tout entière; l'un de ses pasteurs, David Roux, fut saisi d'une maladie violente, et mourut le 29 germinal an IX.

462 HISTOIRE DE l'ÉGLISE RtFOBMÉE DE NIMES.

Jacques Olivier-Desmont fut nommé à sa place et commença son ministère le i^r janvier 1802. Ce cligne serviteur de Jésus-Christ, qui, après avoir desservi avec distinction l'Eglise de Bordeaux, avait échappé , en se cachant, aux poursuites et à l'échafaud, se mit aussitôt en relation avec Chabaud-^ Latour, nommé tribun du peuple, pour obtenir, par son intermédiaire , l'ancien local de la Calade , où était situé le temple démoli en 1685, dont les murs et une partie de l'édifice subsistaient encore, pour y en construire un autre ; mais cette démar^ che n'obtint aucun résultat, par la raison qu'un plan de restauration générale des églises avait été formé à la suite du concordat signé entre le premier consul et le légat du pape. Il s'exécuta par la publication de la loi du 18 germinal an X (7 avril 1802).

Cette loi de justice fut reçue avec une précieuse faveur par les protestants, parce qu'ils y trouvèrent une reconnaissance légale, incontestable, et le gage officiel d'une égalité parfaite avec les catholiques romains.

Le consistoire de Nîmes, jaloux de faire jouir son Eglise des faveurs successives que le Corps législatif lui accordait, fit fondre une cloche du poids de quinze quintaux pour la placer sur le faîte de la façade du temple de la rue du Grand-Couvent, avec cette inscription : a ô Sion ! ton Dieu est

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