CHAPITRE VI
'S^* Jean-Pierre Puséra de venir rendre compte des deniers qu'ils avaient collectés pour les affaires publiques, et de porter le reliquat de ce qu'ils devaient, deux mois après la signification qui leur en serait faite, devant les six ministres et les six anciens, ou autres experts en matière de comptes, que le synode du bas Languedoc députerait. Faute de ce faire, de Serres serait suspendu de son ministère, Puséra des sacrements, et tous les deux assignés au synode national prochain. » ^
Cette assignation eut effectivement lieu parce que les prescriptions de l'assemblée ne furent point remplies. Ce synode se réunit à Saumur (1) ; de Serres y assista comme député du Dauphiné et de la Provence; il fit d'abord une réclamation fondée, en observant qu'il lui avait été impossible de faire trois copies de son Harmonie ou Recueil des livres des anciens docteurs ^ comme le lui avait prescrit le synode précédent ; aussi fut-il autorisé à faire imprimer son ouvrage , après l'avoir communiqué seulement aux pasteurs et aux députés de la province où l'impression aurait lieu. Après cçla il fut le premier à formuler de vives plaintes contre ce même synode, qui l'avait assigné pour rendre des comptes qui n'étaient pas de la compétence des assemblées religieuses , car les deniers dont il s'agissait étaient non ecclésiastiques mais royaux ; il fit accepter cette opinion par la compagnie , qui
(1) Ce fut le quatorzième ; il tint ses séances du 3 au 16 juin 1596, ayant pour modérateur Dominique de Losses dit de La Touche.
décida en conséquence que, puisque de Serres |IS94 n'avait pas fait paraître les quittances nécessaires pour la reddition de ses comptes, il en ferait la production dans le terme qu'il lui serait prescrit par le commissaire que le roi avait nommé.
Ce terme ne fut point fixé; car, comme on le lit dans YHistoire universelle d'Agripa d'Aiibîgné (1), de Serres, ne trouvant pas assez d'avantages et d'agrandissement pour la satisfaction de son orgueil et de ses intérêts matériels dans la religion protestante, l'abjura pour embrasser la religion catholique ; Dom Vaissette nous apprend (2) quelle fut sa récompense : il fut nommé historiographe du roi , et , en cette qualité , il travailla à un ouvrage contenant la description du Languedoc, avec un recueil de tout ce qu'il y a de curieux dans le pays, mais qui n'a pas été publié. Il n'en est pas de même de son Commentaire sur le livre de VEcclésiaste, qui se trouve dans toutes les grandes bibliothèques.
Nous 'reprenons l'ordre chronologique de notre récit , que la convenance de compléter les documents qui concernent Jean de Serres nous a fait abandonner , et nous remontons au mois de septembre 159i , époque de cette déviation.
Le 22 de ce mois eut lieu la consécration de
(1) Liv. IV, chap. XI, et liv. V, chap. II.