CHAPITRE YI
>^ tentiellement , avec humilité et selon l'avis d'autrui, les genoux à terre en pleine compagnie, d'avoir offensé Dieu par ses parjures et par autres moyens, les particularisant, pour, après la confession par lui faite , user de grâce envers lui , autant qu'il serait possible, i»
Celte peine disciplinaire paraissant trop rigoureuse au pasteur d'Orange , il ne voulut pas s'y soumettre et fit défaut, de telle sorte que le synode, par l'influence qu'exercèrent sur lui les députés de Nimes, se sépara sans avoir statué sur cette désobéissance. A cette nouvelle, le consistoire de Montpellier en éprouva un mécontentement si vif, qu'il écrivit à celui de Nimes, à la date du 31 août, pour lui demander une conférence , dans le plus court délai, sur cet objet. Elle eut lieu le 9 septembre. Payan , pasteur de Montpellier, fut introduit dans l'assemblée extraordinaire du consistoire vieux et nouveau qui, après l'avoir entendu, décida que le corps qu'il représentait était libre d'accepter la délibéralion du synode de Sauve ou de la récuser, comme il lui semblerait bon; mais que, quant à ce qui la concernait, elle s'en tiendrait aux délibérations précédentes prises dans son sein , qui étaient de ne porter aucune plainte contre un homme qui avait été l'un des pasteurs les plus éclairés de son Eglise ; que seulement il serait requis par elle d'accepter le blâme qu'avait prononcé contre sa conduite le synode de Sauve. A la suite de cette détermination, Payan demanda si le consistoire dont il était le représentant , ne pourrait pas informer ou taire informer dans la ville de Nimes sur le par-
\0i HISTOIRE DE L^ÊGLISB REFORMÉE DE NIMES.
jure et les autres accusations portées contre de *59 Serres , pour en faire usage en cas de besoin , surtout pour soutenir l'appel que sa compagnie voulait interjeter au synode national. 11 lui fut répondu qu'aucune information de cette nature ne pourrait avoir lieu sans Tordre positif de ce synode.
Ce refus n'empêcha pas le consistoire de Montpellier de faire suivre à cette procédure sa marche légale; sur son appel le synode national de Montauban (1) en fut saisi. De Serres, dans l'intention sans doute de disposer favorablement en sa faveur les dix-huit membres qui le composaient, avait demandé d'avance et par écrit, que quelques doctes personnages fussent chargés de revoir le Recueil des livres des anciens docteurs , qu'il avait fait pour • prouver que la religion réformée est ancienne et catholique, et celle du papisme nouvelle et particulière. Le synode décida que, pour que cet examen pût avoir lieu , l'auteur en ferait faire trois copies , l'une pour le bas Languedoc , l'autre pour la Saintonge, la dernière pour Genève.
Vint ensuite le jugement de l'appel de la décision du synode de Sauve, interjeté par le consistoire de Montpellier. Celui de Nîmes avait envoyé Jean Chalas, l'un de ses membres les plus instruits, avec mission de défendre l'accusé; il le fit av«c éloquence , mais sans succès , puisque , par délibération de l'assemblée, « la province du bas Languedoc fut chargée d'avertir Jean de Serres et
(1) Ce fut le treizième ; il se réunit , du 23 au 28 juin 1594 , sous la présidence de Michel Béraud.