‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 51 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

9t tre ceux qui partageaient son hérésie (4). Le duc de Mayenne , trompé par Philippe II , qui , avec Tappui du t)ape , agissait secrètement pour faire abolir la loi salique , afin d'obtenir la nomination de rinfante Isabelle, sa fille, au trône de France, publiait une déclaration dans laquelle il disait : « que si le roi de Navarre avait voulu consentir à se faire instruire, il aurait trouvé les catholiques disposés à lui rendre obéissance après la mort de son oncle le cardinal-roi de Bourbon; mais que puisqu'il avait persévéré dans ses erreurs, la Ligue ne pouvait le recommander sans violer l'antique coutume, gardée depuis Clovis , de ne faire monter sur le trône qu'un prince catholique (2). » Le parlement de Paris , justement effrayé des intrigues du parti espagnol , déclarait qu'il n'avait jamais eu et qu'il n'avait encore d'autre intention que de maintenir la religion catholique , apostolique et romaine dans l'Etat, sous la protection d'un roi très-chrétien, catholique et français (3).

En présence de tant d'obstacles , Henri , qui , dans les rapides alternatives de dangers et de débauches au milieu desquelles sa vie s'était écoulée depuis la Saint-Barthélémy , n'avait guère eu le temps d'étudier sa religion , de se pénétrer de ses dogmes et de ses préceptes , crut le moment venu de rentrer dans le giron de l'Eglise romaine.

M3 Ce fut le 25 juillet 1593 que cet habile et bril-

(1) Bre& du 28 mars et du 2 juin 1591.

(2) Déclaration du 2 décembre 1592.

(3) Arrêt du 28 juin 1593.

110 HISTOIRE DE l'ÉGUSB BÊFORHÉE DE NIMES.

lant monarque , qui semblait devoir , comme ^S Constantin , asseoir la Réformation sur le trône, en fit au contraire , après les conférences- de Surènè et à la suite de l'instruction qu'il avait reçue à Mantes par les ecclésiastiques ligueurs attachés à son parti , une abjuration publique dans l'église de Saint-Denis , entre les mains de l'archevêque de Bourges. Dès ce moment, il put se faire sacrer à Chartres, le dimanche 27 février 1594, et prendre 18 possession de Paris le 22 mars suivant.

Si cette abjuration , qui de tous les dangers que la Réformation courut en France fut peut-être le plus grand , occasionna dans la masse de la nation un contentement assez général, parce qu'elle avait besoin de repos , elle jeta une sérieuse alarme dans le sein des Eglises. Un synode fut convoqué à Nimes, le 11 mai, dans le but d'aviser aux conséquences que ce grave événement allait entraîner pour leur affaiblissement. L'assemblée ne se dissimula pas, en effet, qu'une multitude de grands et de nobles , soit par politique , soit par intérêt, par peur, par suite des passions les plus cupides et les plus basses, marcheraient inévitablement sur les traces du roi. Mais elle sut se résigner à ces inconvénients inévitables et éprouva le besoin de s'unir en prières pour demander au Seigneur de faire, par sa grâce, que si son Eglise diminuait en nombre elle s'accrût du moins en fidélité. Le treizième synode national, tenu à Montauban le 13 du mois suivant , sous la présidence de Michel Béraud, éprouva les mêmes sujets de crainte; mais en même temps il fit injonction aux pasteurs

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