‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 52 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

194 de prier publiquement pour la conservation du roi y qui, malgré ses faiblesses coupables, n'en était pas moins regardé comme le père de son peuple , au bonheur duquel il travailla toute sa vie.

Cette conservation était en péril, puisque le mardi 27 décembre , un jeune homme , âgé de dix-neuf ans, nommé Jean Châtel, fils d'un marchand de drap de Paris, se glissa auprès de lui au moment où il donnait audience , au Louvre, et le frappa à la bouche d'un coup de couteau qui lui brisa une dent. Les protestants de Nîmes apprirent les détails de ce tragique événement par une lettre que le roi lui-même écrivit au duc de Ventadour, établi lieutenant général dans le Languedoc eu l'absence du duc de Montmorency , et qui leur fut officiellement communiquée , avec prière de se réunir dans le temple pour rendre en commun des actions de grâces à Dieu, de ce qu'il avait permis que le couteau homicide de l'assassin ne fit au roi qu'une légère blessure. Comme les aveux de ce meurtrier inculpèrent les jésuites, ses maîtres, et révélèrent un fanatisme qui ne se démentit point dans les atroces douleurs de la torture et du supplice des parricides , le parlement poursuivit Tordre tout entier et condamna ses membres à Texil , f comme perturbateurs de la jeunesse et du repos public, ennemis du roi et de l'Etat (1). »

Cette année-là , malgré tous les mouvements que se donnèrent les trois corps réunis pour obtenir à Nimes la chambre mi-partie , elle fut établie à

(1) Arrêt du 29 décembre 159i. Edit du 7 janvier 1595.

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Castres , et ce fut dans cette ville que se jugèrent 4î dans la suite toutes les affaires litigieuses entre les protestants et les catholiques.

En 1595, le consistoire se trouva plongé dans u un tel embarras pécuniaire , qu'il fut obligé de faire un emprunt pour payer les émoluments des pasteurs, et que, le 26 janvier, le temple ayant besoin de blanchir , cette appropriation ne put se faire que parce qu'un gipier , nommé Jacques Says , s'engagea à l'entreprendre et à la finir en six semaines , en fournissant tout ce qui était nécessaire , à condition qu'il lui serait permis d'aller de maison en maison demander ce qu'on voudrait librement lui donner pour payer ses fournitures et son salaire. De plus, de Fonfroide fut prié d'avancer cinq livres pour l'achat de deux grands plats ' d'étain en forme de bassins , destinés à contenir le pain de la sainte cène. Enfin, la reconstruction de l'hôpital, décidée en 1592, étant finie , on ne put confectionner les lits nécessaires à son ameublement qu'en faisant une collecte à domicile.

Le premier symptôme désastreux de l'influence que devait exercer à Nîmes l'abjuration récente de Henri IV, se manifesta par la révolte contre l'Eglise d'un gentilhomme nommé Guillaume de Reboul. Quelques actes peu délicats le firent appeler au consistoire , où , par suite d'une vanité excessive , il fit une opposition si ardente et si peu éclairée ,

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