‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 54 sur 227 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

5W ment à des disputes de controverse , et celui d'entre eux qui se distingua le plus dans ce genre de polémique, fut le père Cotton, qui devint dans la suite le guide spirituel des deux rois Henri IV et Louis XIII.

En présence d'adversaires plus redoutés que redoutables encore , les protestants sentirent l'urgence qu'il y avait de renouveler les études de l'université. — Ils en donnèrent dans ce but la direction à Julius Pacius, de Bériga, en Italie, homme déjà connu dans la république des lettres par son éloquence et son savoir , puisqu'il avait mis en renom l'université de Sedan, et qui se trouvait alors à Genève , où les troubles suscités par la guerre civile l'avaient forcé de se retirer. Il fut donc nommé recteur et professeur de philosophie, science sur laquelle il avait publié plusieurs traités.

M7 En 4597, quatre ans après l'abjuration de Henri IV, les espérances qu'on avait fait concevoir aux protestants, au sujet de cet acte de haute politique, étaient déjà détruites. On leur avait dit , en effet, pour les rassurer, qu'il n'y aurait de changé que le dehors , mais que par cela même le roi aurait plus de commodité pour les faire jouir des marques de son affection, et même pour arriver à la réformation de l'Eglise; ils l'avaient cru. Mais ils connurent bientôt , par ce qui se passait dans presque toutes les provinces , où des prédicateurs, restes impurs de la Ligue , provoquaient le peuple, sous prétexte de piété et de religion , à la révolte ouverte contre les édits, que la mauvaise volonté des ligueurs était la même à leur égard , puisqu'ils

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travaillaient sourdement à leur ruine. En de telles 46' occurrences , sentant plus que jamais le besoin qu'ils avaient, pour servir Dieu selon leur conscience, de chambres de justice auxquelles ils pussent se fier, et de places fortes pour les mettre à Tabri des violences dont les maux qu'ils avaient soufferts depuis trente-cinq ans et qu'ils souffraient encore les menaçaient pour l'avenir, ils rédigèrent, dans ce but, une requête dans laquelle ils énumérèrent les injustices qui leur étaient faites en plusieurs endroits du royaume , et cela d'une manière si détaillée qu'elle remplit près de soixante pages dans les mémoires de la Ligue (4). Elle renfermait en particulier des plaintes au sujet des interminables lenteurs apportées par le gouvernement à la publication de l'édit qui leur avait été promis et que leurs instances renouvelées à Mantes , à Saint-Germain , à Lyon , à La Fère , à Monceau et à Rouen , n'avaient pas encore pu leur faire obtenir. « Opposez donc, sire! disait la supplique en terminant, et votre bonne volonté et votre autorité à nos maux,. Portez votre conseil à nous donner quelque assurance; accoutumez votre royaume à nous souffrir au moins, s'il ne nous veut aimer. Et pour cela nous demandons à Votre Majesté un édit qui nous fasse jouir de ce qui est commun à tous vos sujets, c'est-à-dire beaucoup moins que ce que vous avez accordé à vos transportés ennemis, à vos rebelles ligueurs; un édit qui ne vous contraigne point à distribuer vos Etats que

(1) T. V, p. 428 à 486. Edit. d^Amsterdara , 1788.

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