‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 53 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

^ qu'il fut suspendu de la participation à la sainte cène , ce qui entraînait son excommunication , s'il ue venait à résipiscence. Au lieu de le faire , il se laissa entraîner par son irritation et devint catholique. Ce qui l'avait le plus vivement blessé, ce n'était pas tant d'avoir été exclu des sacrements que de l'avoir été par un corps dont les membres lui étaient inférieurs dans l'échelle sociale, puisque , à son dire , c ils n'étaient que des marchands , juges' des consciences et des âmes, d Aussi les attaqua-t-il publiquement, dans une série de pamphlets inspirés par la haine la plus profonde. Le premier qu'il publia était intitulé : Les salmonées du sieur de Reboul contre le ministre de Nîmes et ceux du Languedoc, Ce ministre était Jean de Falguerolles , qu'il regardait comme le principal auteur de son excommunication ; voilà pourquoi le synode de la province, qui s'occupa de cette publication diffamatoire, le chargea du soin d'y répondre , après avoir consulté ses collègues de Chambrun et Moynier sur le fonds et sur la forme de son travail. — Daniel Chamier, pasteur à Hontélimart , prit aussi part à cette polémique par un livre qu'il publia sous le titre de Lettres jésuitiques , dans lequel il appela de Reboul un apostat y ce qui donna à ce dernier l'occasion de riposter par un écrit violent , dans lequel il disait t que si quelqu'un était coupable d'apostasie, c'étaient les pasteurs protestants eux-mêmes (1). »

(i) Guillaume de Rehoul, après son apostisic , fut nommé secrétaire in maréchal de Bouillon ; il abusa de sa confiance , fut poursuivi juri-

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Ce premier débat de controTerse fixa la sérieuse ^ attention du quatorzième synode national, tenu à Saumur le 5 juin 1596, sous la présidence de La Touche , ainsi que celle des assemblées politiques des protestants, tenues successivement à Loudun, à Vendôme et à Châtellerault , parce qu'elle précéda l'apparition des jésuites à Nimes. Leur exQ, prononcé deux ans auparavant, s'adoucit tellement par les soins et la protection du pape Clément YIII qui travaillait à leur rappel , que cette année-là ils purent jeter à Nimes les bases préliminaires d'un établissement qui ne devait pas tarder à devenir définitif. Ils s'y conduisirent d'abord avec une extrême pnidence , vivant dans la retraite , n'y possédant qu'une toute petite maison occupée par deux religieux et un domestique. Quoique leur principale occupation fût d'instruire la jeunesse , ils ne purent y vaquer de longtemps, à cause de l'extrême répugnance qu'ils inspiraient à la population tout entière. Aussi se livrérent-ils unique-

dîqaemeot , se sauva d*abord à Avignon, ensuite à Rome, où il trouva un protecteur dans le cardinal Baronius. Là , parce qu*on ne voulut pas récompenser sa conversion et ses pamphlets par des bénéûces consid^ râbles qu*il demanda sur un ton peu propre à les lui foire accorder, 0 lança contre le pape Paul V des invectives aussi violentes que celles qu*il avait précédemment dirigées contre les pasteurs de Nimes. Le consistoire de cette dernière ville Tavàit excommunié ; la cour de Rome lui fit trancher la tête le 25 septembre 1611 , et • son corps, dit Le Duchat, fiit exposé au bout du pont de ^aint-Ânge, où il avait imaginé de faire placer les cadavres de ses ennemis les ministres du Languedoc. » {Hist. lit. de Nîmes y par Michel Nicolas, t. 1, p. 2i0. — Le Duchat , Remarques sur la confession de Sancij, liv. II , chap. 6, p. 370.)

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