CHAPITRE I
1558 A cette époque , les trois frères Châtiilon , neveux du connétable Anne de Montmorency, dont Faîne , du nom de Coligny , était amiral , le puîné , Dandelot, était colonel-général de Tinfanterie française, et le troisième, de Châtiilon, était cardinal, se déclarèrent hautement en faveur du nouveau
4559 culte; ils furent imités en 1559 par deux princes du sang, Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et Louis de Bourbon , prince de Condé. Aussi les protestants de Paris, qui s'assemblaient depuis quelque temps , soit dans la maison de M. de La Ferrière , soit dans une autre de la rue Saint- Jacques, en face du collège du Plessis, profitèrent-ils de Tappui qu'ils trouvèrent dans ces notabilités nobiliaires pour convoquer le premier synode national des Eglises réformées de France. Il se réunit du 25 au 28 mai , sous la présidence du pasteur François Morel , sieur de CoUonges , dans la maisan d'un religionnaire nommé Le Vicomte , « qui retirait coutumièrement , dit Théodore de Bèze (1) , les allants et venants de la religion , et principalement ceux qui arrivaient de Genève et d'Allemagne. » Ce fut ce corps qui rédigea une profession de foi en quarante articles, qui porte le nom de Confession gallicane, ainsi qu'une discipline qui pouvait être modifiée par les assemblées synodales subséquentes.
Lorsque Henri II eut connaissance du résultat de cette assemblée , tenue sans autorisation , pour tirer vengeance de cette audace, il donna dans le
(i) Hist, eeclés», t. I , p. 145.
se faire un nom célèbre dans les sciences philoso- ^^^^ phiques. Marguerite de Valois, reine de Navarre, Tavait fait nommer professeur de l'université de Paris; il quitta cette. place éminente, par suite de son attachement pour sa ville natale; il y arriva le 12 juillet 1540, où sa réputation scientifique, littéraire et oratoire, attira un grand concours d'étudiants (i).
L'année suivante , il associa à ses travaux aca- i544 démiques , Guillaume Bigot , comme professeur de philosophie. Cet homme érudit avait d'abord étudié la médecine à Laval , ville d'où il était originaire ; il avait ensuite suivi Guillaume du Bellay en Allemagne , lorsque François I^r l'y avait envoyé auprès des princes protestants, qui avaient formé la Ligue connue sous le nom de Smalkalden, afin de traiter avec eux en leur promettant sa protection et des subsides. Bigot, avec la protection de ce seigneur, avait obtenu une chaire dans l'université de Tubingue ; mais quelques différends qui s'étaient élevés entre lui et ses collègues-, au sujet du système philosophique de Mélanchton , l'avaient obligé d'aller à Bâle en 1536 , d'où il revint en France. Budé aurait voulu le retenir à Paris, mais il aima mieux venir à Nîmes en 1541 pour partager avec Baduel le rectorat du collège des Arts» Ils vécurent dans l'accord le plus parfait, et les écoliers les honorèrent à l'égal l'un de l'autre. Mais aucun d'eux ne resta étranger au développement progressif que prit en France la Réforma-
(1) Hist, de Nîmes, par Ménard , t. IV, p. 150.