‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 9 sur 227 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

S^* tion. Baduel m développa les principes dans plusieurs ouvrages de littérature latine qu'il publia successivement, surtout dans une lettre d'exhortation qu'il adressa à son fils Paul , sur : « le véritable héritage que les chrétiens doivent laisser à leurs enfants. » Et Bigot n'observant plus les pratiques que l'Eglise romaine prescrit concernant l'abstinence de la viande les vendredis et samedis , fut reconnu à son tour comme fauteur des idées nouvelles. Dès ce moment l'évêque Briçonnet, se conformant à l'édit rendu à Fontainebleau le 1er juin de l'année précédente , qui enjoignait à tous les ecclésiastiques de révéler les faits d'hérésie à eux connus , dénonça les deux professeurs aux officiers royaux , qui condamnèrent Baduel au bannissement , après avoir prononcé la confiscation de ses biens. Il se retira à Genève, où il mourut en 1561. Il ne leur fut pas aussi facile de se débarrasser de Bigot, par la raison que les consuls avaient passé avec lui un engagement écrit pour quinze ans. Mais on lui suscita un procès qu'il fut obligé d'aller soutenir auprès du parlement de Toulouse (1).

1542 Ce parlement commença à cette époque à déployer cette sévérité implacable qui l'a rendu si tristement célèbre dans les annales de la jurisprudence ; neuf habitants de Beaucaire parurent les premiers à la barre de son tribunal, et à la suite d'une procédure , dont la minute est dans nos mains, deux d'entre eux , Antoine Armendes et

(1) Ménard, t. IV, p. 182, 193, 198.

8 HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMÉE DE MIMES.

Antoine Sabattier, reconnus coupaUbles d'hérésie ^^^* furent condamnés à être brûlés vifs ; deux autres, Matthieu Castagnier et Jacques Caladon , à faire amende honorable en chemise, tête et pieds nus, à genoux devant l'église paroissiale , portant chacun un fagot de bois sur les épaules avec une torche allumée en leurs mains. Les cinq derniers qui s'étaient évadés de la prison iurent brûlés en effigie.

Ce corps judiciaire ne fit, au reste, en rendant 1543 ces arrêts, que se conformer à la volonté du roi, qui était que : « sans perdre heure ni temps , on poursuivît rhérésie jusqu'à ce que le fonds et la racine de cette peste fussent exterminés et abolis (1). » Aussi le parlement d'Aix , docile à cette voix de rigueur , prononça-t-il un arrêt de proscription contre les Vaudois , qui étaient venus du j Piémont s'établir en Provence. Mérindol aurait ; été rasé et rendu inhabitable , si le cardinal Sadolet, savant philosophe et poète latin qui était alors évêque de Carpentras, n'avait intercédé en faveur de ses habitants. Ils ne furent cependant pas laissés longtemps en repos, car les calomnies qu'on répandit contre eux , portèrent le roi , malgré le pardon qu'il leur avait accordé , à ordonner , le 1er janvier 1545, à Jean Mesnier, baron d'Oppède , 1545 l'exécution de l'arrêt barbare, sous le prétexte que ces hérétiques avaient désobéi en refusant de rentrer dans le giron de l'Eglise catholique. Il fut promptement obéi , et ce premier président, qui

(1) Lettres patentes du 30 août 1542.

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