‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 90 sur 227 · CHAPITRE Xlf · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlf

4643 voulant manifester aux réformés une certaine bienveillance, publia en son nom une déclaration, à la date du 8 juillet, portant confirmation des édits qui les concernaient. Ceux de Nîmes , en particulier, reçurent une lettre du roi dans laquelle ils étaient exhortés à maintenir entre eux et les catholiques une sincère union et une complète concorde , et à travailler réciproquement à leur conservation , comme à leur sûreté personnelle, sous l'obéissance des lois, promettant de les rendre les objets de sa protection spéciale. Un conseil de ville général et extraordinaire fut convoqué pour en entendre la lecture , après laquelle tous les membres présents jurèrent fidélité au prince que la providence venait de leur donner.

4644 Toutefois les faits ne tardèrent pas à démentir les paroles, puisque, dès le 5 février i6M , les jésuites , par arrêt de la cour , furent mis en pleine jouissance du collège des Arts , « avec ses dépendances, revenus, privilèges et exemptions, » et, de plus , autorisés , non-seulement à y exercer toutes les fonctions conformes à leur institut, mais encore à faire remplir par des régents de leur ordre les places occupées par des protestants à mesure qu'elles viendraient à vaquer. De cette manière il ne resta plus à ces derniers que les chaires des cours publics (4).

L'opinion populaire éclata en murmures , avec tant de force, contre l'èvêque Cohon, l'instigateur

(1 ) C'était ceux de théologie , de langues hébraïque et grecque , de pliilosoplïie , de rhétoriiiue et de malhéroatiques.

soi HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMÉE DE NIMES.

(le cette mesure arbitraire , et Tabreuva de tant ^^^ d'amertume , qu'il se vit contraint pour son repos de permuter son siège épiscopal avec celui de Dol en Bretagne, occupé par Hector Ouvrier, qui, avec l'autorisation du cardinal Mazarin, vint se faire installer à Nîmes, le 2 du mois de mai suivant. Il y trouva les esprits tellement irrités les uns contre les autres , qu'il jugea prudent , pour éviter tout désordre, de faire accompagner la procession de la Fête- Dieu par le prévôt et ses archers, tant il craignait l'éclat d'un scandale , qui serait probablement arrivé sans cette précaution.

Le départ de Cohon coïncida avec la seconde procédure ecclésiastique qui fut intentée contre Philippe Codur, devant le synode provincial de Montpellier. — Depuis plus de cinq ans il avait abandonné le ministère et était sorti de la province pour éviter par ce moyen le jugement de ses fautes, lorsque, à l'occasion d'une diatribe qu'il avait fait imprimer sans autorisation, le synode d'Uzès, qui l'avait assigné et devant lequel il avait refusé de comparaître, renvoya cette affaire à celui de Montpellier qui devait s'assembler le 26 novembre. Cette assemblée , après être remontée à l'origine des accusations (1), après avoir surtout examiné sa conduite depuis cette époque et entendu la lecture du libelle qui avait fait renvoyer sa cause devant lui , le déclara convaincu de fausse doctrine, de désertion de sa charge et d'une obstinée désobéissance envers ses supérieurs , le jugeant par cela même in-

(1) Elle datait du 1 7 mai 1639.

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