‹ Histoire de l'église St-Germain d'AmiensChapitre 1 sur 3 · TO HEW YORK PUBLIC LIBRARY · texte numérisé non relu

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A8TOR. LENOIC AND

TiLDEfi FûUM Dations!

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De km» les mmumenU religieux reoferaiés daot Tm- GMOte de la ville d' Ameos à la fin du dernier siëele » le plus remarquable, sans eontredit, fui toujeura Vadoiirable basilique connue dans le monde sous le nom de Notre-Dame d^Amiens. Autour de ce chef-d'œuvre de l'art du xiu* siècle viennent se grouper, comme des enfants autour de leiur oière , un grand nombre d*aiilre» meminmita également conaaGrés au service divin ^ mais d'une aroUtecture moins ridie, moins élégaAle\ et d'un style beau60im> plus simple que celui dont tant de plumes sa<* vantes nous ont dé^it les merveilles.

Un grapd nombre remontaient à des époques plus ou

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moins éloignées, à peine en reste-il qaelques-ans. Presque tous ont été démolis, vendus, ou affectés à des services publics. Au milieu de tant de ruines il en est un cependant qui , depuis longtemps, s'était fait distinguer par la régularité de son style, l'élégance de son architecture , et que communément on se plaisait à regarder comme ce que nous avions de mieux après notre belle cathédrale. Heureusement , grâce à la destination plus que profane qui lui fut donnée durant la période révolutionnaire , l'église St.-Germain a échappé au marteau des démolisseurs. Rendu au culte en 1802 , ce joli vaisseau de style flamboyant a été classé en 1841 au nombre des mciauspients historiques du département, et mjs ainsi à l'abri du vandalisme. Si, sous le rapport de l'art, ce monument est digne de tout notre intérêt, disons aussi que, au point de vue historique, ses archives méritent d'être compulsées. Il y existe sans doute des lacunes considérables , mais ce qui nous reste n'est pas indigne de l'attention de l'historien ; et, quand on les a parcourues , on regrette plus vivement ce que le temps a détruit, et ce qui n'est point parvenu jusqu'à nous.

f t. Orislite de l'ÉffUse St-Qermaiii. — Son ëreetion en paroi00e*

L'église de St.-Germain ne remonte pas plus haut que le commencement du xV" siècle. Tous les détails de sott^ architecture en portent le véritable cachet, et ses archives> nras apprennent qu'elle ne fut pas achevée de sutte i et que ce ne fut qu'à la fin de ce même siècle que trois maisons furent achetées pour la rallonger , construire

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le chœur e( la terminer telle que nous la voyons aujourd'hui. On tomberait cependant dans une grave efreursi, ne se reportant qu'à cette époque, on pensait qu'il n'existait pas d'église St.-Germain dans des siècles pkis éloignés , et si , comme Font prétendu quelques auteurs , on soutenait que St.-Germain d*Éc08se n'a pas toujours été celui dont elle a porté le nom. Son origine est aussi ancienne que celle de la commune d'Amiens» elle monument de la foi de nos pères se rattache à celui dé leur liberté.

Après la prise du château connu dans Thistoire sous le nom deCastitlon, après la démolition de ce dernier rempart de la tyrannie des comtes , une ère nouvelle commençait à s'ouvrir , Tordre renaissait de toutes parts, 6t chacun songeait à réparer les malheurs d'un long siège ; mais une pensée générale dominait tontes les autres : une grande partie des églises avaient été détruites , et tout en en déplorant la perte, on voulait trouver les moyens de les rétablir. Selon l'usage du temps, on crut ne pouvoir mieux faire , pour se procurer les fonds nécessaires , que de promener la chasse de St.-Firmin dans les bourgs et les villages du diocèse. Tout le monde sait que c'était un des moyens les plus efficaces alors pour recueillir les aumônes suffisantes. Barthélémy l'avait employé après les malheurs arrivés en la ville de Laon ; les reliques des saints avaient été portées jusqu'en Angleterre , et on avait ainsi obtenu de quoi construire la principale église de son siège. Les hommages qu'on rendait alors aux saints, la vénération dont on entourait leurs reliques étaient tels que , dans toutes les contrées où elles étaient portées avec solennité,

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cbicuo s'empressait de veoir déposer son offrande edtre les mmm des prêtres, persuadé que c était uft moyeu ^ d'obtenir leur protection et lenr appui auprès dé Dieu.

Les habitants d'Amiens avaient toujours eu oonOance dans les reUques de saint Firmin; tous le r^ardaiMt comme leur yéritable défenseur, et dans les temps mal* heureux cpài venaient de s'écouler, combien de fois n*avaient-41s pas vu Geoffroy aller sur le tombeau de Fif mjn implorer la miséricorde divine pour son peuple. Enguerrand de Boves , après la démolition de la toor, s'était empressé de convertir en église la prison où l'apôtre du diocèse avait été renfermé et dans laquelle il avait souffert le martyre. Celte dévotion , fiindée sur la reconnaissance, était loin de s'affaiblir, lorsque, peu de temps après , arriva à l'une des portes de la ville un fait regardé alors comme uu nouveau £^e de la prédilection de Firmin pour les habitants de cette cité. Le peuple entier en avait été témoin , et Geoffroy n'avait pas laissé échapper l'oceamon de lui rappeler que c'était à Firmin qu'il était redevable de sa liberté. Sa voix éloquente et persuasive qui , si souvent, avait électrisé les âmes, avait alors ranimé la foi dans les coeurs, et dea aumônes considérables avaient été aussitôt déposées à ses pieds. L'histoire nous apprend qu'en cette circonstanoe ces offrandes furent tellement abondantes que, non«seule* ment elles suffirent à la reconstruction des églises , maïs encore qu'il y en eut assez pour faire faire une chasse d'une grande richesse , en remplacement de celle qui avait été faite jadis par saint Salve.

Le fils de l'ancien commandant du château dans les

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fr

dMnaioiélî duquel ce miracle avait été opéré, vovluten perpéUAr la mémoire, et fit élever aussitôt , sur le lieu même , iiM église qui , depuis , a toujours porté le nom du premier évèque de ce diocèse. Mais cette fondatiou i>*était pa8:ie seul monument que la piété de cette famille* dAt faire construire en Thonneur des saints dont elle avait jentendtt préconiser la puissance. Le temps n'était pas éloigqé où elle voudrait encore mettre les habitants de la ville dAmféns d'une manière plus spéciale sous leur protection', :et peu dannées devaient s*écouler entre la fon-

\daiion des deux églises dont nous venons de parler et

/celle dont nous avons à retracer l'histoire. *«^*'^- Depttfs longtemps, on avait entendu parler des mer-

' veilles opérées au tombeau d'un autre apôtre qui, * jadis, traversant les mers, était venu apporter les lu- '\ .mières dé l'Évangile dans un pays voisin. Guy, l'hé-* ritier des châtelains^ et Mathilde sa femme , issue de la maison de Boves , possédaient dans les vastes domainesde ces deux maisons réunies un petit village sur les bords de la rivière de Bretizelle, aujourd'hui la Bresle. C'est là que saint Germain d'Ecosse , en évangélifiant les peuples , était venu verser son sang pour celui dont il annonçait la doctrine ; c'est là que , pendant quelque temps , son corps avait été confié à la terre pour devenir ensuite l'objet de ta vénération des fidèles (4). Jamais , dit-on , les malheureux n*avaient en vain imploré ^ puissance; aussi ce village n'était-il plus connu

(1) s. Germain cTÉcosse a reçu la couronne du martyre le 2 mai 480. n ayaifi^été baptisé par S. Germain cTAuxerre. — Lenaii^ de TiLLEMONT , Mémoires pour servir à rHtst. ecclés., t. xv, p. 28 ,2* éd.

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que 80«s le nom de celui qui y opérait taot de m^i^bM^ et qu'il perle encore aujourd'hui (1). v4"V: '

Selon là (radilion, saint Germain , avant df^* mourir,/ avait obtenu de Dieu la grâce d'exaucer les vœuk'dé. tous» ceux qui s'adresseraient à lui. I^s miracles qu'iKsiVail faitd pendant sa vie, ceux qui, journellement, s'c^iérafént à ' son tombeau, forlifiaient celle opinion dans fespriit.des. .^ populations. Aussi voit-on que son nom était deveto^céh : \ lèbre, non-seulement en France , mais encore dfl^s tou» ' les pays quil avait parcourus. En Normandie 4tVerses .. <^ ; églises avaient été bâties en son honneur , plusieurs yikv .. lages portaient son nom; et, au commencemjint.du xu* 1^ siècle, la chapelle où son corps avait été dép^^étiiii^e*:^^ V venue un des pèlerinages les plus fréquentésvdû toiike9 * les provinces voisines. 'i^ : . '

De tels faits engagèrent Guy et Malhiide sa témdièà . /-: élever dans la ville d'Ami^is une église en l'hoiineur de */ saint Germain d'Ecosse et à donner ce nouveau protecteur : • '^ aux habitants. Ils voulurent qu'elle fût bâtie daûs-leurs . domaines , non loin des murs de l'ancien châtean et près de l'endroit rà fut élevé le monument qui devj^t traiMH^I i mettre aux générations futures Tépoque de l'affranchissement de la cité. Pour assurer son existence, ils dotèreiM; cette chapelle de la propriété et de la dtme d'uri champ ^ qui , depuis , a toujours porté le nom de celui & qui cette église avait été dédiée. . • •

Cette église n'était dans le principe qu'une simptoehin ; ,*

(1) S.-Germain-sur-Bresle , petit village de 218 habitants.,. situé à! un *myriamètre environ d'Aumale , sur la route de Paris à Eui^'est fi)*exi». . ' teémité du département de la Somme. — Voyez note A. ■ • -

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pelle , un oratoire constroil pour la dévotion des habitants ; mais elle était destinée à servir bientôt de fondation à Tune des plus célèbres abbayes de cette ville.

On était en effet arrivé au temps où Tami , Témule de saint Bernard, devait venir changer les déserts de la forêt de Coucy en une nouvelle Thébaïde. Frappé sur le chemin de Freden comme autrefois TapAlre des nations sur celui de Damas , le fils du comte de Guinnep s*était relevé en adorant la main du Dieu qui Favait terrassé , pour devenir un de ses apAlres les plus fervents. Issu du sang des empereurs , Norbert , après avoir renoncé aux vains plaisirs des cours , avait vendu les immenses domaines que lui avaient laissés ses ancêtres » et en avait distribué le prix aux pauvres. Echangeant les riches vêtements qu'il portait contre une soutane de peau d*agneau, n^ayant qu'une corde pour ceinture , les pieds nus , il parcourait ainsi les pays témoins de sa jeunesse et de ses plaisirs , prêchant partout la pénitence et la réforme des mœurs. Â peine entré dans la carrière apostolique , Il avait eu le courage d'attaquer les dérèglements des chanoines de Sanlen , sa patrie , et aussitôt on Tavait représenté comme un novateur, un hypocrite qui cachait de mauvais desseins (1). Ces calomnies , dictÀBs par la ven-

(1) Ce qae saint Nori»ert éprouya en cette occasion, n*était que le prélude de ce qui Pattendût sur le siège de Magdebourg. Etant archevêque de cette ville , il voulut réformer le clergé et on attenta plusieurs fois à sa vie. H eut le même sort que tons ceux qui , à diverses époques , ont voulu porter la réforme daiM les mœurs corrompues et ramener le clergé et les moines à la régularité dont ils n^auraient jamais dû s^écarter. — On peut rappeler ici pour exemple ce qui arriva 4 saint Geoffroy, à saint Charles Borromée, à Tabbé de Rancè et antres*

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geance^ n'avaient point ralenti son zèle ; déjà rÂllemagne avait retenti du bruit de ses prédications ; en France sa voix avait tonné dans plusieurs provinces sur les désordre» du siècle; enfin, dans tous les pays qu'il avait visités, sa vie simple et austère avait attiré Tadmiration des peuples.

L'évéquede Laon qui, comme celui d*Âmiens^ avait si souvent gémi sur la corruption de son clergé et qui , comme Geoffroy, avait tant de fois essayé de ramener ses prêtres à des habitudes plus régulières , ne laissa pas échapper la nouvelle occasion que le Ciel allait lui procurer pour frapper un dernier coup. Norbert , dont on connaissait le zèle et le caractère , devait passer par Laon pour se rendre à Reims , lorsque Barthélémy rengagea à tenter d'établir la réforme chez les chanoines de St.- Martin ; il y consentit^ mais en vain : ses efforts ne furent point couronnés de succès. C'est alors que , voyant l'état désespéré de ce diocèse, et après s'être concerté avec l'évèque , cet homme apostolique prit le parti de se retirer dans un des lieux les plus déserts de la forêt de Goucy , avec quelques-uns des compagnons qui le suivaient partout, et de jeter en cet endroit solitaire les fondements d'un ordre religieux qui , sous sa direction, devait rétablir en peu de temps les mœurs antiques et la discipline sévère des premiers siècles de l'église. Bientôt à sa voix accoururent des hommes distingués par leur savoir et par le rang élevé qu'ils occupaient dans le monde. Les uns sortis des écoles de Laon , les autres appartenant aux principales maisons de la province , s'empressèrent de venir partager ses travaux et s'humilier sous la règle austère qu'il avait rédigée.

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En foodant cet établissement , Norbert avait sans doute pour but de mettre un terme au relâchement déplorable dans lequel était tombé le clergé , et c*est pour cela qu*il Yoolut joindre la vie pénitente et austère à la profession canoniale. En agissant ainsi il allait donner à son ordre la prééminence sur la profession monastique , en vertu du caractère clérical qui y était uni (1). Mais là ne se bornaient pas les vues de ce saint personnage ; une pensée plus vaste avait dicté sa résolution : il voulait travailler à l'instruction des peuples, à leur sanctiGcation. Pour parvenir à ce résultat il sentait la nécessité de former des pasteurs capables de les instruire et de les édiGer par leurs exemples. Ce n*était en effet que par ce moyen qu'il pou-* vait parvenir à dissiper les ténèbres dans lesquels la génération d'alors était enveloppée, et à faire connatireà ceux qui allaient être chargés de cette mission, les devoirs sacrés qu'ils auraient à remplir. Son attente ne fut pas trompée; à peine eut-on entendu parler de cet ordre nouveau qu'on le vit se répandre dans tous les diocèses avec une rapidité telle qu'en moins de trente ans oik comptait déjà plus de cent abbayes (2).

(1) Abélard , contemporain de saint Norbert, se moqaa de cette prétention et accusa Norbert d*abuser les peuples par de feintes résurrections de morts , etc. ; d'avoir eu la vanité d'instituer une nouvelle espèce de chanoines, etc. ; mais Clément VUI jugea cet ordre beaucoup plus avantageusement. L'objet de son établissement était, selon ce souverûn pontife , de fournir aux peuples des pasteurs ccq[)ables de les instruire. Denisabt , V. Prémontré.

(3) Clément Y regardait l'ordre des Prémontrés comme méritant une estime particulière des souverains pontifes et la confiance des peuples. Par un effet de cette persuasion, il lui accord^ différents privilèges

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Les persécuUoas que Geoffroy avait eu à sou&*ir, les etfbrls<]u*il avait faits pour parvenir à la réforme de son diocèse , enfin tous les événements accomplis sous son épiscopat n'avaient paséchappé à la mémoire de Guy. Élevé pour ainsi-dire sous les yeux de ce saint évèque » qui avait été lié d'une amitié si étroite avec son père , l'héritier des châtelains voulut exécuter ce que Geoffroy aurait fait luimême et ce qu'il n'avait pu exécuter pendant sa vie ; pour cela il s'empressa de doter la ville d'Amiens d'un établissement qui promettait de si grands avantages pour l'avenir. Guy fit donc venir plusieurs religieux de cet ordre et leur donna pour dotation première la terre de Marcelcave, les églises d'Outrebois, de St.-Firmin-au- Val , de St.-Germain , avec la dtme et le champ qui portait ce nom , etc. (1).

par une bulle du 8 octobre 1310, et singulièrement , i" aux abbés, prieurs et supérieurs de Tordre , de donner Tinstitution à ceux de ses membres nommés à des cures de Tordre, lorsque les ordinaires refuseraient de la leur donner ; 2^ il décida que les cures appartenant à Tordre ne pourraient être impétrées , même à Rome, par des séculiers; a* que, cependant, lorsque Tordre le trouverait à propos pour le bien public ou par nécessité , par exemple pro defectu regularium , il pourrait nommer à ces cures des ecclésiastiques séculiers , sans qvL^en ce cas la possession pût cbanger et en prescrire Tétat, etc.

Cette bulle et les privilèges qu^elle contient, ont été confirmés par une autre du pape Jean XXTU de Tannée 1412 (dans laquelle elle a été transcrite) ; les rois Louis ZI, Charles VIII, Louis JTV et Louis XV les ont autorisées par différentes lettres patentes. ^ Ibid,

(i) L*époque de Tarrivée des Prémontrés à Amiens , et par conséquent la fondation de Tabbaye de St.-Jean, se trouvent indiquées dans le vers suivants :

Ànno miUmio cetUeno Ms duodeno, Ambiawi» primo fundaiur Mndidm ordo^

hk Moiul«i. •— Antiq. ifàmMm.

Bustaolie » le premier prieur coniiii , eut pour résîdeMi pendant quelques aimées le prieuré de St.-FirmiD*au*Val» peu distant de celui de St.-Oermain; mais» en 1180, Gérard de Picquigny, les comtes de Ponlbieu , de Boves , el les principales maisons de la contrée s*empressèrent d'augmenter les donations faites par Guy et sa femme.

Une charte de 1131 contient rénumération des biens donnés dans le principe par le chfttelain et de tous ceux qui y ont élé ajoutés peu d*années après. Emanée de 6ua«rin , éTèque d*Amiens , cette pièce devient pour nous un titre précieux qui nous apprend, ainsi que je Fai dit plus haut y que Féglise St.*6ermain existait plusieurs années avant Tintroduetion des religieux de St.-Norbert dans la ville d* Amiens , el que sa fondation a suivi de près la mort de Geoffroy , si même elle n'a eu lieu pendant sa vie, et rétablissement de la commune. Cet acte nous apprend encore les noms des personnes qui , les premières , en ont été les administrateurs. Le nom que ce monument, berceau de Tabbaye de St.-Iean , portait à son origine n'est plus désormais un problème ; appuyé sur la charte de 1131, comme sur toutes celles qui l'ont suivie, nous savons que le nom sous lequel cette église est aujourd'hui connue, a été le même dans tous les temps, à son origine comme depuis ; et qu'ainsi disparaît cette tradition erronée qui a fait penser à quelques auteurs que le nom de St.-Blaise lui avait été donné jusqu'en 1526. Si j'examine ce qui a pu donner lieu à une erreur aussi manifeste , je trouve que longtemps avant cette dernière époque il a existé dans cette église une confrérie connue sous le nom de St.-Blalse , qui même a duré jusqu'à ia fin du dernier

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tiède , et qu'un graod coooours de peuple a^til lieu en rhonneur de ce saint dans l'église St.-Germain. Or il n'y a rien d'étonnant que le nom du saint qu'on venait prier au mois de février, ail remplacé dans l'esprit des pèlerins celui de l'apôtre à qui l'église était dédiée et où reposident ses reliques. Il serait facile de citer un grand nombre d'exemples de semblables méprises ; au surplus , qu'il en soit ainsi ou non » toujours est-il que cette tradition ne peut se soutenir en face d'un acte aussi authentique que la charte de 1131 , dont le texte entier se trouve dans le eartulaire de l'abbaye de St.-Jean.

Depuis répoque où l'église St-6ermain fut donnée aux enfants de saint Norbert , elle fut régie par l'abbé comme tous les biens de l'abbaye. Gomme elle était peu éloignée du chef-lieu de cet ordre > un des religieux était chargé d'aller y célébrer le service divin. C'était une annexe de St.-Firmin-au-Val , et celui qui la déser-r vait n'était point considéré comme titulaire , mais bien comme simple obédiencier, administrateur comptable et révocable à volonté. L'abbé en touchait donc les revenus, et comme exempt de la juridiclion de l'ordinaire , il n'avait aucun compte à rendre de la direction des affaires spirituelles et temporelles. Cet état de choses dura jusqu'en 1198. C'est en cette année seulement que, conformément au concile de Latran de 1179, le légat du Saint-Siège ordonna à Odon de Crécy , abbé com^ mendalaire de ce monastère, de faire desservir les églises paroissiales qui en dépendaient par trois ou quatre religieux, à la condition que dans ce nombre il y en aurait W qui serait particulièrement chargé de la direction des

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âmes , et 4|ui déptitdraH de l'évèqoe pour loirt ce qui regarderait le spirilnel , qiKoiqite restant toujours soumis à l'abbé pour Tadmintstration du temporel. L'évèque Thibault souscrivit à cet accommodement » et une charte spéciale de Guillaume , archevêque de Reims , confirma celte même année la transaction faite entre févèqiM et l'abbé de St-Jean. Cet acte mus apprend que tout en reconnaissant le patronage et le pouvoir de ce dernier sur le temporel, Tévèque s'était réservé le droit de donner le visa à la nomination des curés faite par l'abbé (1).

C'est donc à dater de Tannée 1198 que l'église St- Germain, desservie de tout temps par des chanoines rér guliers» a craimencé d'être placée sous la direction de révêque d'Amiens, mais il est à remarquer qu'avant d'entrer en fonctions, le religieux désigné par l'abbé pour m être le curé, était^ obligé de prêter entre les mains de l'évêque un serment de soumission , d'obéissance , par lequel il prenait l'engagement formel de résider dans la paroisse , d'administrer les biens de l'égHse avec fidélité, de ne jamais les aliéner ni hypothéquer , et dans le cas contraire d'en assumer sur lui toute la responsabilité (2). En 1217 , le pape Honorius confirma et sanctionna les actes émanés de son légat, comme aussi ceux des évêques de Reims et d'Amiens (3). Cette sanction ne comprenait pas seulement les actes relatifs à toutes les églises paroissiales dépendantes de l'abbaye de St-Jean, elle s'éten-

(1) Note B.

(2)No^C.

(3) Note D.

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dail enoere à ceux qui éUieol ptrUwHèremant dertiaés à régler la manière dont serait desservie Téglise St-6er-* main. Déjà, peu de mois auparavant, ce même pape avait fait donner plusieurs bulles relatives à cette église (i). La première Tavaiiété an sujet de plaintes contre Tabbé de St-Jean , qui , disait-on, ne choisissait pas arec assez de soins les religieux qu'il nommait à cette cure, et quelquefois aussi désignait des hommes peu propres à reflftplir ces fonctions. La seconde portait que désor* mais cette église et ses dépendances appartiendraient à la mense commune , c*est-*à-dire que la propriété n'appartiendrait plus exclusivement au chef du monastke, mais bien aux religieux et à Tabbé, d'où nous tirons la conséquence qu'avant 1S17 ce dernier seul arait le droit 4'en disposer (2)*

Par ces divers règlements, cette cnre venait de recevez me institution définitive, mais un an s'était à peine écoulé qu'en 1218 Téglise St-6ermain devint la proie des flammes. Fut-elle rétablie immédiatement? ou bien laissatH)n passer un certain nombre d'années avant de la reconstruire ? C'est un fait sur lequel on ne trouve aucun renseignement. Généralement on pense qu'elle fut assez longtemps à être relevée de ses cendres , mais la liste des curés d'Amiens dressée d'après les registres de leur congrégation (3), ne nous fournit aucun renseignement

(1) V. Gartulaire de Fabbaye de St-Jean d'Amiens.

(S) Le droit de visite était payé à Tévéque par Tabbaye. Le 18 juin 1408, le prieur du couvent était assigné par Tévèque d* Amiens h Teffet de lui payer 10 sous qui lui sont dus pour la Visitation qu'il fit en V église St'Germain, Archives de la fabrique.

(8) Voyez note E.

avant 1880. C'est alors seulemenl qu'on y voit cette coie occupée par Guillaume de Ribemont ; et, comme on ne dit pas que ce religieux en ait pris possession cette année, mais seulement que des actes constatent son existence à cette époque , en prenant ce document pour base , il y aurait lieu de présumer que cette église n'aurait été reconstruite que dans la seconde moitié du ziii* sièela. Cependant il serait peu croyable que Tdbbaye de St-Jean, propriétaire et du fonds et du revenu annuel» eût laissé écouler un espace de temps aussi considérable que celui d'un demi siècle, sans penser à la reconstruction de cette église , surtout lorsque l'abbaye avait à sa disposition les matériaux nécessaires. Si je consulte les archives du département, je vois en effet dans les titres de l'abbaye de St-Jean qu'outre les biens immenses qu'elle possédait à cette époque , en 1219 , c'est-à-dire dans l'année qui suit l'incendie , Enguerrand de Picquigny conflrma la donation faite par Raoul de Breilly , de toutes les pierres qu'elle voudrait extraire pour son usage dans la carrière de Belmetz. Il serait donc plus juste d'admettre que la liste des curés avant 1S80 a été perdue, et que cette église n'a pas été reconstruite aussi tard que plusieurs auteurs l'ont pensé.

S •• Enipliftcenient de l'IS^liA^* *- Circonseriptton de 1»

Avant de parler de la reconstruction , des restaurations diverses de ce monument depuis le xv* siècle , et des changements et des améliorations qu'on y a faits depuis son établissement primitif , je pense qu'il u'est pas sans

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htérèl de jeter un coup d'œil rétrospectif sur Vemplacernent même où il fut élevé, et sur les lieux qui forment encore aujourd'hui la circonscription de cette paroisse.

En me reportant à la charte de 1131 , dont j'ai déjà parlé, il me parait incontestable que par ces mots altare et campum sancti Germani cum decimà, le fondateur de Tabbaye de St-Jean a voulu donner à ce monastère trois choses: !• Mtare, l'église avec son produit; 2* Campum, la propriété entière du champ sur lequel elle était bàiie ; ^""Deeima, la dîxme qu'il percevrait sur toute cette surface. Or cette église n'ayant jamais été changé de place depuis Tépoque de sa fondation, il est constant que le terrain qui l'entoure aujourd'hui et forme la circonscription de sa paroisse , est le même champ , et la même portion du domaine donnée par le châtelain à l'abbaye de St-Jean. Une seule difficulté pourrait peut-être s'élever relativement à son étendue, à ses limites, mais elle me paraîtrait peu sérieuse , car les limites de ce champ se retrouvent dans l'ancienne circonscription de la paroisse (1) , comme celle de l'ancien château dans la paroisse de St-Firmin-en-Gastillon , de même que dans la paroisse de St-Firmin-au-Val se trouve encore l'emplacement de l'ancienne porte de la ville avec ses dépendances (2). Gela n'a rien d'étonnant, il en est des

(i) Nous ferons remarquer à Tappui de cette opinion que la plupart des divisions diocésaines de la France représentaient encore assez fidèlement sous Louis ZVI , les divisions civiles de la Gaule au temps des Romains. GuéRARD , Index géogfaph. de César. — Walckenaer , Géographie ancienne des Gaules.

(a) n faut toutefois avoir égard aux modifications que la construction de k ville et le percement dei rues ont pu introduire avec le temps.

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paroisses comme des villages. Qu'étaient en effet ces derniers dans le principe » si ce D*est des populations agglomérées sur un même point , soit autour d*un chàteau-fort^ soit autour d'un monastère , dans le voisinage desquels des populations éparses venaient se réunir pour en obtenir appui et protection ? En échange de l'asile qui leur était accordé» ces malheureux aliénaient leur liberté, consentaient à défricher des terres incultes, à les cultiver, et s'engageaient à payer les divers tributs qui leur étaient inaposés. Si telle a été Torigine de la plupart de nos villages, nous pouvons dire aussi que telle a été l'origine des paroisses. Près d'une ferme, au milieu des riches domaines d'une antique abbaye, s'élevait toujours une église, qui d'abord n'était que la chapelle de la ferme ; les religieux y célébraiept le service divio , et les domestiques y assistaient les dimanches et les fêtes. Plus tard on permit aux prieurs d'administrer les sacrements à ceux qui de^ meuratent dans ces fermes , et enfin on étendit ^e droit sur toutes les personnes qui étaient venues s'établir dans les environs , parce que la plupart travaillant à l'exploitation de ces domaines» en étaient en quelque façon comme les domestiques. C'est ainsi que peu à peu on vit, sur toute la surface de la France, les chapelles^ des fermes devenir des églises paroissiales et par la suite des litres perpétuels de bénéfice.

Une des conditions requises pour qu'une église filt regardée comme paroisse , a été , dans tous les temps , qu'elle eût un terrain circonscrit et limité , or l'église St-Germain s'est trouvée dans ces conditions dès le principe. D'après la charte de 1131 , nous avons vu qu'elle

avait, longtemps avant d^ètre érigée en parcriase, iim circonscription et des limites fixes. C'était l'étendae du champ sur lequel elle était bâtie, et les bornes de ce champ. Le ressort de cette paroisse s'étendait autrefois depuis la rue du BeiTrol jusqu'à la hauteur de la jriace du Petit-Quay, et depuis la place Maubert environ jusqu'au Marché-aux-Herbes , ce qui donne à peu près à ce terrain une étendue de 310 mèlres de longueur sur 210 de largeur. Cette circonscription remonte à la plus haute antiquité ; il est à penser, et tout me porte à croire qu elle nous indique la superficie et les limites véritables du champ sur lequel elle a été bAtie , en y comprenant toutefois une partie considérable du grand marché.

A l'appui de ce sentiment je puis invoquer le témoi« gnage de l'histoire locale , car , en parcourant les antiquités du chanoine de La Morliëre, je vois qu'en 1391 , lors de l'incendie de la grande boucherie , les religieux de Sl-Jean ont fait valoir leurs droits sur le terrain où étaient les maisons consumées par le fou. Je vois en outre qu'en 1405 une transaction a eu lieu entre les mêmes religieux et le corps de ville , reiativemenl à ce terrain qui devait rester vague pour l'embellissement du marché. « La grande boucherie , dit cet auteur , qui avoit esté » longtemps sur le marché commençant au coing de la » rue du Beffroy, fut entièrement bruslée, avec les mai- » sons des bouchers là auprès , ponrquoy du congé du » Roi on la transféra au lieu où elle est à présent , jadis v> nommé les Vieils Meseaux. b

Il est bon de remarquer encore que par la transaction de 1405 , Guillaume de Montonvillers , abbé de St-Jean ,

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obtinlda corps de ville divers droits (parmi tesqoels on remarque celot.de nettoyer les fodsés du marais entre Si-Maurice et Longpré) en échange de Tabandon qu'il fit de quelques places demeurées vides après Tincendie des boucheries, au coin en faisant le touquet de la rue de la Poterie , à présent dite du Beffroy , sur le grand marché.

Ce n'est donc point sans fondement que nous pensom retrouver dans Tancienne circonscription de la paroisse Si-Germain, retendue et les limites du champ dont parle la charte de 1131.

Si nous examinons maintenant avec attention la position du terrain dont il est question , et que nous regardons comme une dépendance de Tancien château au commencement du xii* siècle , il sera impossible de ne pas reconnaître dans le champ Si-Germain le lieu dont parlent les historiens , qu'ils qualifient de voite esplanade qui se trouvait jadis dans les environs de la rue des Vergeaux ^ cl où Mérovée fut» dit*on, porté sur le pavois. Pour en acquérir la conviction, il suffit, selon nous, de réfléchir à la signiGcation du mot Campus.

Campus signifie bien , il est vrai , une plaine cultivée ou susceptible de Tètre , mais on l'emploie plus spéeiale<* ment pour indiquer une vaste plaine , une grande place ^ soit à la ville » soit à la campagne , à la différence du mot Ager, qui a un sens beaucoup plus restreint, et ne s'applique qu'à un champ , une terre labourable ou susceptible de l'être. C'est ainsi qu'on se sert du mot 6'ampus pour designer le Champ de Mars où se réunissait le peuple romain, le lieu où se tenaient les états, les assemblées de la nation. Or tout le monde sait que ce

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ebàieaa , qui fut pendant si longtemps regardé comme imprenable » el dont le siège dura plus de deux années^ avait été bâti par les Romains pour contenir le peuple et assurer la levée des impôts. On sait de plus que les empereurs y faisaient leur résidence , et qu*après avoir appartenu aux comtes, il passa définitivement avec toutes ses dépendances entre les mains du cliâtelain. Si nous nous reportons maintenant à Tépoque de la fondartion de réglise Sl-Gérmain , qui^ comme nous Tavons tu, a suivi de très près la démolition du château , nous ne pourrons nous empêcher de reconnaître qu'une place a dû exister devant ce château et que, par suite de cet événement , la place qui dépendait de cette tour avait perdu toute son importance, toute son utilité. Le châtelain n'avait plus aucun intérêt à la conserver dans son état primitif» et 11 a dû songer à en tirer un produit ; la dixme qu'il y établit» le prouve suffisamment. Or quoi de plus naturel qu'il en attribuât les fruits à Téglise qu'il faisait construire en l'honneur de St-Germain d'Ecosse» et qu'il les employât à la dotation de l'abbaye de St-Jean. C'est donc avec raison que le rédacteur de Tacte de 1131 s'est servi du mot Campus » voulant exprimer ainsi d'une manière plus spéciale et plus claire ce qu'était » à l'époque de la donation , el ce qu'avait été antérieurement» le terrain qui en faisait l'objet.

Une fois ces faits reconnus constants » que de nobles souvenirs viennent ici se retracer à notre mémoire ; aux pieds de ce château et sur le lieu même où se trouve aujourd'hui la paroisse St-Germain , j'aperçois les Césars , ces dominateurs du monde , rassembler leurs cohortes

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— in -

el passer en revue leurs légions ; ici , Claude , marohant à la conquête des Bretons, porte des lois contre les Druides et leur culte barbare ; Yespasien visite un peuple fidèle ; Ântonin , Marc-Aurèle en embellissant notre cité» la rendent une des plus florissantes de la seconde Belgique, et en sont regardés comme les fondateurs (1). Là Probus vient s*opposer à l'irruption, aux courses incessantes des barbares , il transporte la vigne dans nos climats et nous en permet la culture ; Constance-Chlore amène attachés à son char les Bataves , ses ennemis vaincus ; Constantin dispute l'empire à Maxence ; Valentinien remet entre les mains de son. fils les destinées de Rome ; et Gratien reçoit avec la couronne le titre d'Auguste , au son des fanfares , aux acclamations unanimes du peuple et de l'armée toute entière. Plus tard je vois encore dans ce lieu les habitants d'Amiens réunis , s'affranchir de la domination romaine; le peuple en armes s'y rassemble pour s'occuper des grands intérêts de l'État; il fonde la monarchie en portant sur un bouclier et promenant autour du camp celui qu'il choisit pour son chef , et dont le nom doit immortaliser la première race de nos rois (2). Qui de nous , enfin , pourrait avoir oublié que, pendant deux années, cette même place , ce même terrain a été

(1) Civitateni quam Antonius Plus cum filio Aurelio condiditj et Somonabrinam ab adjacente flumine appellavit. Gratianus imperator stto dominio mancipatam, mutato nomine, Ambianis , ab ambitu fluminum facit vocàri, — Sigebert, Chron. ann, 382.

(2) Qodion, après la bataille de Hem en Artois, vint, en 445, établir son empire à Amiens ; il fixa sa résidence en cette ville et y mourut. Mérovée fut choisi pour lui succéder, et porté sur le pavois. Childéric continua aussi d*y habiter. — BIézerâi.

arrosé du sang de nos frères , lorsque , soutenus par Geoffroy» hommes, femmes, enfants et vieillards venaient à Tenvie chercher la mort aux pieds de ce formidable château , pour parvenir à la conquête de notre liberté.

]*ai dit en commençant que Torigioe de Téglise St- Germain se rattachait à rétablissement de la commune d'Amiens, et cela me paraît démontré; maintenant j*ajou* terai que la constitution de cette paroisse a été la suite de rémancipation de la cité et je le prouve en peu de mots.

Affranchis de la domination des comtes, les habitants ne tardèrent pas à sentir les bienfaits du régime nouveau qu'ils venaient d'établir ; la ville avait été constituée m commune , et l'industrie , le commerce et les arts prirent bientôt un nouvel essor. Attirés par les franchises dont jouissait la cité, des étrangers nombreux, jaloux d*y participer, vinrent y fixer leurs demeures; des manu-» factures inconnues jusqu'alors s'élevèrent dans son enceinte , et la ville d'Amiens reprenant le rang distingué qu'elle avait jadis occupé dans les Gaules , redevint par son commerce et ses relations extérieures l'une des plus florissantes du royaume. A mesure que des établissement» nouveaux se formaient , la population toujours croissante foisait sentir le besoin d'augmenter le nombre des habitations , et d'utiliser les terrains qui y étaient propres. A l'exemple de tous les ordres religieux , les Prémontrés s'empressèrent de favoriser ce mouvement, ils concédèrent le droit de bâtir sur le champ qui leur avait été donné, et sur la place de l'ancien château s'éleva bientôt un quartier nouveau. C'est ainsi qu'à la fin du xii* siècle une nouvelle ville s'était formée autour de Féglise Si-

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Germain, et que ce moDumenl de la foi do dernier des châtelains en était déjà constitué la paroisse.

S a« État de PÉffllM St-C»eniifiln au uv« «ilècle. — Sa reconuitmctiaii mm ikw«.

Ainsi que je l'ai dit plus haut , le commencement du XIII* siècle avait vu la flamme dévorer la chapelle élevée par les soins du fondateur de Tabbaye de St-Jean , et les rdigieux la faire renaître de ses cendres. A cette ^oque l'église suffisait aux besoins de ce quartier^ mais plus tard il n'en fut plus ainsi. L'église resta encore dans cet état peudant tout le iiV* siècle » soit que pendant ce temps les guerres continuelles que la France avait à sou. tenir contre l'Angleterre aient exclusivement préoccupé les esprits » soit que par suite des invasions et de tous les malheurs qu'elles traînent toujours après elles , l'abbaye et ses administrateurs aient manqué de ressources pour l'agrandir, toujours esi-il qu'on ne pensa à lui donner une plus grande dimension que dans la première moitié du xv* siècle, et que le projet n'en fut réalisé qu'à la lin du xvi% ainsi que nous le verrons plus tard.

On trouve peu de renseignements sur l'église St* Germain et sur son administration pendant le xiv* siècle» cependant il existe dans les archives de cette paroisse des documents sur cette époque qui sont loin d'être dénués d*intérél, je veax parler des anciens titres des maisons «ohetées au xv* siècle pour le rallongement de l'édifice ; ces titres sont d'autant plus précieux pour son histoire qu'ils nous dépeignent de la manière la plus certaine la

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physionomie du terrain el du monument au xiv* siècle , conséquemment avant l'^existence de celui que nous admirons aujourd'hui.

Celte église , tournée vers l'Orient » avait son entrée par la rue que nous connaissons sous le nom de Basse rue St-Germain, elle était située entre deux autres rues, Tune dite de Coquerel, Tautre des Mailles. La première avait porté le nom de Goquerel depuis son origine ; mais , au commencement du xv* siècle , lorsqu'on s'occupa de la construction de Téglise , on lui donna le nom de St-Germain qu'elle porte encore. La seconde n'existe plus depuis rétablissement de l'église actuelle, d'abord on en supprima une partie en construisant la nef, et le surplus en édifiant le chœur, enfin le terrain qu'elle occupait a été entièrement compris dans la largeur de l'église.

La longueur de ce monument au xiv* siècle se trouve fixée d'une manière certaine par un acte de 1487. Je lis en effet dans le titre constitutif des logettes adossées contre l'église actuelle , qu't/ est concédé une portion de terre amortie contenant cinquante^dnq pieds environ, étant entre les cinq piliers de l'ouvrage neuf de l'église St-Germain , à prendre depuis le viel ouvrage , jusqu'à une maison qui fait le coin de la rue qui mène derrière l'église. Gomme on sait que la première partie de ce monument fut construite sur le terrain occupé par l'ancien , en jetant les yeux sur cet édifice^ il est facile de voir que ce qu'on appelle le viel ouvrage, se terminait à peu près aux marches du chœur , et que l'ancienne église avait au xiv* siècle envi'ron 22 mètres de longueur. Sa largeur comprenait , avec le bas-c6té sur la rue St-6ermain , la presque totalité de

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la nef , ear il est à remarquer que le bas-cAté Nord oe fîit coDstruU que longtemps après.

Dans la rue des Mailles , qui longeait cette église au Nord , se trouvaient contre les murailles , le presbytère , le cimetière , ainsi que quelques maisons achetées et démolles vers 1415. Le terrain qu'ils occupaient et celui de la portion de rue où ils étaient placés , furent employés à Tagrandissement du nouveau monument. C'est alors que k rue des Mailles fut fermée, ainsi que nous le dit le Père Daire , mais non dans toute son étendue ; on y arrivait encore parla rue de la Poterie, cela était nécessaire pour aller au presbytère. Cet état de choses a duré jusqu'à Vépoque où de nouvelles constructions nécessitèrent le changement de la demeure du curé , alors seulement le presbytère fut transporté près de l'abside , et une porte d'entrée Ait établie dans la rue de la Poterie.

Dans la seconde moitié du xv* siècle, on pensa à rallonger et à finir l'église en construisant un chœur. C'est pour cela qu'en li52 Pierre Estocquart et les priutcipaux paroissiens achetèrent tout l'emplacement compris entre la rue St-Germain et la rue des Mailles , et depuis l'église jusqu'à la rue du Four de la Poterie. Ce terrain contenait plusieurs maisons et jardins ; la principale avait son entrée par la rue St-Germain , elle faisait le coin de la rue qui mène derrière l'église , on arrivait dans les entres par la rue du Four de la Poterie. Des titres anciens, de 1362, 1364, etc., en indiquent les tenants et les aboutissants, et foot connaître en outre les noms des propriétaires auxquels ces maisons ont appartenu , do même que l'usage auquel ce terrain était alors destiné.

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Deax cyrographes de 1S62 nous appreonent que « U » derrain jour de juin, Beaves de Samers, fiUe de MalUeu 1» Samers , a recognu par devant les maieur et écheviiis , » avoir livré heritaulment et à toujours, moyennant » 10 livres parisis de cens ou rente annuelle , à Ricart » le Toillier, bourgeois d* Amiens, une masure avec » toutes les appendances et appartenances dicelle, ainsi » qu'elle se comporte et estend de tout côté , en laquelle » le four qu'on dit de St-Germain , soûlait estre assis en » le parois tenant à l'église St-Germain , d'une part , et 9 fait le touquet de la rue qui va de la dite poterie , en » la rue des Merderons et aboute par derrière à le mai- » son du presbytère de le dite église »

Dans une autre pièce relative à la même maison, je vois, en 1364, une semblable désignation à laquelle on ajoute : la ruelle susdite conduit à la rue des Merderons et Qu pont de la Coque ; or il est bon de mentionner ici que le pont ainsi dénommé au xiv* siècle , est le même qui porte aujourd'hui le nom de Pont-Troué (1).

(1) Suivant ropinion de Daire , ce nom de Pont-Troué serait celui d^une famille. Je ne nie pas ce fait; cependant, si f en crois certains renseignements donnés par des personnes fort Âgées, il me semble quMl pourrait en être autrement H m*a été afiBrmé qu^anciennement 86 trouvaient sur ce pont des lieux d^aisance pubUcs, ce qui aurait ptt donner lieu à la dénomination de pont troué; ce fait est loin de me paraître invraisemblable, surtout en me reportant à Fordonnance de réohevinage, relative à rétablissement d^une halle aux cuirs, en i54B , et où il est dit qu'il y avait en cet endroit des ckambrcf secrettes, QwÂ-^ qu'il en soit, il ne peut être révoqué en doute qu'au xiv* siècle le pont dont il est ici question se nommait le pont de la Coque. Cette kidioation , dans un acte de cette époque , prouve évidemment Fanti-^ quité de ce pont, et le nom qui lui avait été donné nous apprend anaii

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Dans on cyrographe du 1** juillet 13<4» je vois: « Rtoarl le Foredtier, dit le Toillier, bourgeois d'Amiens» » céder à «eus par devant les maieur et escbevins » à 9> Jehan BoucHes , boulanger , et à Jehanne » sa femme , I) une maison que le dist livreur avait en la rue de la » Poterie, tenant à une maison qui est au dist livreur » de ce tenement, et tout à en comble d*one part» et » fait le touquet de la ruellette qui va de la dite Poterie » sur Teau des Merderons , et aboute par derrière à la )» maison du presbytère. r> On ajoute dans cet acte : a Ne y> porront les dits preneurs ni leurs hoirs et ayant cause, «> d'eux ni de la dicte maison livrée faire ne faire faire, » ne asseoir en le dicte maison ou en le cours d'icelle » aucun édifice» en manière que le dicte église Si-* » Germain soit acconrchie » ni endommagée» en aucune » manière » et pour cette condition que en la dicte mai* » son livrée, ou en le court d'icelle sera fait un riez par » lequel la dicte maison appartenant au dit livreur» )> qui tient à Téglise » ara son cours et esseau tout autour v> dlcelle en allant à le dicte ruellette. »

Enfin dans des actes de 1405 » li#6 » 1407» je vois

<Eii'il avût été établi Jadis en cet endroit un passage sur la rivière» avant «Berne rétablissement du pont. Sans entrer dans le domaine des étymologistes» ne peut-on pas dire en effet que par le inot 'Coque qui vient •de Concha et qui» suivant Ménage et Rocquefort, était autrefois employé pour signifier un bateau , on a voulu rappeler qu'avant d'établir un pont en cet endroit on y avait placé un bac ou bateau pour Tutilité des babitantâ, et pour leur ÊEtcUiter les moyens d'arriver à Téglise et à 3a Poterie. Or cela n'aurait rien qui pût nous surprendre, si nous voulons bien foire attention & l'état comme à la situation de la ville à cette époque.

qn'il existait sur le même emplacement deux autres maisons appartenant à la famille Aucoste » d*AbbeYiile, et données par elle à cens à un nommé Miquiel Acateblê, qoe nous trouvons parmi les bienfaiteurs de cette église ; ces maisons sont désignées» tenant ensemble et séant en la rue de la Poterie , tenant d*un c6lé à régHse St-Germain, d'autre à la ruelle des Mailles, et aboute par derrière à la maison du presbytère dicelle église.

Afln de faire mieux connatlre la physionomie du terrain de Tancienne église , je puis ajouter encore aux actes que je viens de citer un dernier renseignement que je trouve dans un inventaire de 1641 , où je lis qu'outre les maisons décrites ci-dessus il existait encore un petit court, fowr^ chelle etétable, appartenant à la fabrique et qui allait depuis un j>a«/e/ jusqu'au presbytère, auquel il y avait un huys perdu qui faisait issue sur la ruellelte appelée Pour de la poterie ; ce petit court était loué à un nommé Deslaviers, pâtissier, qui avait une maison y attenante.

De toutes ces pièces résulte bien évidemment la preuve que le terrain dont il s'agit était couvert de maisons et que toutes elles tenaient à l'église et au presbytère ; mais ce n'est pas là le seul renseignement qu'elles nous fournissent , il en est encore un autre qu'il importe de constater ici pour l'bistoire de notre cité. Le premier titre dont j'ai parlé nous apprend en effet que, contre l'église St-Germaio,^ il existait , au xiii* et au xiv* siècle, un four à poterie (1) et que c'était là que se fabriquaient à cette époque tous ces vases , toutes ces poteries du moyen-âge

(1) Des Lettres de TOfficial d'Amiens , à la date du !•' octobre i^S9y nous apprennent le nom du propriétaire de ce four. — Note F.

que nous reoueiUoBs avec tant de soins et qui altireiil Fattention des amateurs de Fantiquilé et des arts. Pendait longtemps on a cherché à fi^voir en quel lieo les fiibriqoes de cette espèce avaient été placées. Diverses découvertes ont fait penser que sous la domination romaine il en avait existé près du bastion de Lon^i^ueville. De nombreux débris de poteries rouges trouvés à St.-Maurice , sur lesquels se voyaient des bas-reliefs, ont fait penser que dans ce faubourg avait autrefois existé une fabrique de poterie, à répoque où les Romains étaient maîtres de nos contrées. Jusqu*à présent on n'avait rien trouvé qui indiquât la trace des fabriques de ce genre au moyen-âge ; le titre dont je parle nous fait connaître d'une manière positive le lieu où elles étaient situées. La place où était construit le four une fois connue , il est facile de déterminer celle des ateliers , des fosses dans lesquelles on déposait et préparaît les matières propres à ce genre d'industrie, et je la trouve en face du four, c'est-à-dire sur le terrain compris entre l'église St.-6ermain et le Beffroy. Nous avons vu plus haut que , suivant La Morlière^ la rue du Beffroy avait porté précédemment le nom de rue de la Poterie ; or, en rapprochant de cette indication l'acte de 1362 , qui fixe d'une manière incontestable la position du four, il est évident que les ateliers ont dû nécessairement être placés à l'endroit que je désigne. A la proximité du four vient encore se joindre l'usage constant de vendre la poterie en cet endroit. Il n'est personne de nous qui ne se rappelle avoir vu, pendant longues années, étaler et vendre de la poterie autour du Beffroy, et particulièrement du cAté de la rue des Chaudronniers ; cet usage qui , malgré les ré-

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glenmts de police, s^est constamiiettt perpétaé, vieat donc allestor encore que c*élait dans ce lira que se yen* daient autrefois les marchandises de celle eapice , près de Tendroil où elles étaient fabriquées.

Tel était , à la fin du ii¥* siècle , Télat du terrain sur lequel Téglise St. -Germain a été construite.

Dans la première partie du xv* siècle on a*éiait contenté d'utiliser remplacement de Tancienne église, en yconn prenant une partie de la rue des Mailles. On s*éAait arrêté à peu près à la hauteur du transept ; mais lorsque les maisons dont j*ai parlé eurent été achetées et dépiolie» , des constructions nouvelles vinrent bientôt s*unir aux anciennes. Le choDur 8*éleva ; peu de temps après le bascôté nord vint compléter l'édifice , et c'est alors que la rue des Mailles, supprimée dans toute sa longueur, fut entièrement comprise dans l'église. Par suite de cette construction , le presbytère dont le terrain était aussi devenu nécessaire, fut transféré près de Tabside et eut son entrée dans la rue du Four de la Poterie. La largeur du monument actuel prise à la hauteur du diCBur, donne une idée exacte du terrain acheté et employé pour la réédification de Téglise. On tomberait dans une grare erreur si Ton prenait pour base la largeur de la nef , car ladMférence qui existe entre ces deux parties de l'ég^se viral de la nécessité où l'on fut plus tard de donner «ne dimension plus vaste à cette dernière partie.

Si je consulte les lettres d'amortissement accordées par Louis ÎI, je vois qu'en 1470 la paroisse St.-6ermain était une des grandes paroisses de la ville , que sa poputalion égalait celle des autres et que Tagrandissemenl de

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ceiie ég^se éUit d'autont plus urgeat qu'en un jour mh lenael le peuple pouvait à peine y tenir tout entier. Si oa veut bien se ra{H[ieler en outre qu'à cette époque les chœurs des églises étaient spécialement consacrés aux prêtres , qo'il était expressément défendu aux laies d'y entrer» on concevra facilement que la construction du chœur et des deux bas^6lés ne pouvait sufiGire aux fidèles et qu'il y avait nécessité de donner encore à la nef une plus grande dimension. Aussi voyons-nous que , si on ne put agrandir la nef à cette époque, faute de terrain , on ne renonça point à ce projet, et qu'il fut effectué aussitôt que cela fut possible. La nef était en effet l'emplacement destiné aux laïcs dans les temples. C'était là que , du haut du jubé ou d'une chaire placée dans son enceinte , la parole de Dieu était annoncée au peuple. Dans presque toutes les églises des couvents et principalement dans celles des religieux mendiants, il se trouvait même en face de la chaire une espèce d'enfoncement formant bas^coté , qui se terminait à la hauteur du chœur et qui portait le nom à' auditoire. Les archives nous apprennent l'époque à laquelle la nef reçut enfin une dimension plus grande et définitive. Nous y voyons que cela n'eut lieu que longtemps après l'élé** ^ vation du chœur. Dans les titres de fondations» on trouve un acte de 1B30 par lequel Glaire Dupont et Marie De^ lattre» sa belle-sœur, donnent à l'élise une maison ayant son entrée dans la rue des Merderons et tenant de l'autre bout à l'église. L'acte porte que cette donation est faite pour fociliter l'agrandissement de l'église. Dans la même liasse il existe des pièces qui viennent démontrer que la volonté des donatrices a reçu son exécution et

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que le court de celte maison a été effectivement employé à celte fin. En 1559 je trouve encore un acte indiquant que les marg4iilliers ont acheté une maison voisine de celle dont il vient d'être parlé, pour augmenter et élargir la fabrique , c*est-à-dire la nef. Ce n*est donc qu'en 1559» après Tacquisilion de cette maison , que la nef a été entièrement teroHuée. Le mot fabrique , employé dans Tacte de 1559» désigne d'une manière toute spéciale la partie de régUse qu'on voulut élargir alors , et il est évident que c'est celle où le peuple se rassemblait et dans laquelle les adminislraleurs de la fabrique exerçaient leurs fonctions. C'était en effet dans la nef qu'était placé le banc d'œuvre, et c'était sur ce banc que les reliques étaient exposées > les collectes faites , et que le pain bénit était découpé pour être dislribué au peuple. Ces titres nous indiquent donc de la manière la plus certaine que l'église St.-Germain , commencée dans la première partie du xv* siècle , n'a été terminée et mise en l'état où nous la voyons aujourd'hui que vers 1560 , c'est-à-dire plus d'un siècle après. J'ai dit que la reprise des travaux pour la construction du choBur n'avait eu lieu que vers la fin du xv* siècle > et nous sommes heureux de pouvoir ici en fixer la date pré* cise. Les lettres d'amortissement accordées par le roi Louis XI sont bien, il est vrai, datées de 1470, mais il est à remarquer qu'elles ne furent pas enregistrées tout de suite par le corps de ville. Cette formalité n'eut lieu que le 1~ avril 1478, après le remboursement total des cens et rentes constitués sur les maisons dont l'acquisition avait été faite. Le contraire a été cependant avancé par certains auteurs^ mais les lettres de 1478 viennent re«

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pousser leur assertion. En exaninaut leur contenu, on Yoit que le Corps de ville , avant de laisser commencer les constructions , avait exigé qu*il fût constitué à son profit et à titre d'indemnité, une rente annuelle de quarante sols , et que les margujlliers consentirent ce même jour à lui abandonner celte somme à prendre en premier sur un cens de soixante-six ^ols neuf deniers mailles , au paiem^t duquel était affûtée une maison rue des Yergeaux appartenant à Téglise et provenant d'une fondation faite par Jeanne de Beaupigné. Il reste donc constant que les travaux dont il s'agit n'ont pu être commencés plus tôt qu'en avril 1478, et nullement en 1477, ainsi qu'on l'a prétendu.

Si je consulte les historiens de la cité, je vois que le corps de'ville a contribué à l'agrandissement de l'église St.-Germaitt en donnant des matériaux provenant des an* ciennes fortifications. Mon intention n'est point de chercher à mettre ici les auteurs en défaut ni de contredire leur assertion assez peu importante d'ailleurs , mais il me sera permis d'examiner jusqu'à quel point elle est fondée pour connaître la part que le Corps de ville a effectivement prise à l'établissement de ce monument.

Par l'acte du 1*' avril 1478 il est bien constant que la permission de bâtir n'a été accordée qu'à dater de ce jour. On y voit bien qu'en octobre précédent des pourparlers avaient eu lieu entre les échevins et les marguilliers sur la fixation du chiffre de l'indemnité réclamée parla ville, mais on y remarque aussi que cette dernière ne voulut faire aucun abandon des prétentions qu'elle avait émises, et que cette indemnité fut définitivement

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réglée et payée le 1^ avril. Ceci posé, il est naturel de penser que , si des matériaux ont été donnés » ils n'ont pu rétre qu'après la permission de bfttir, et non dans Tannée qui l'a précédée ; or, c'est précisément le SI avril que nous voyons les paroissiens demander au Corps de Tille les pierres provenant d'une ancienne tonr, et le Corps répondre à leur demande par un refas , en ajoutant que ces pierres seraient employées aux ouvrages de la ville. Dira-t-on que dans l'espace de temps écoulé entre le 1^ et le il de ce mois, une concession avait été faite; cela ne parailrait pas vraisemblable ; deux décisions aussi con* tradictoires n'auraient pu être rendues dans l'espace de vingt jours. L'assertion avancée me paratt donc peu exacte, et si le Corps de ville a contribué en quelque chose à l'édification de l'église St.-Germain , on ne peut admettre que les matériaux nécessaires ont été fournis par lui. le crois qu'il est plus vrai de dire que la ville n'y a pas con^ tribué , et que , si ce monument , comme on n'en peut douter, a été fondé par la foi du dernier des ch&telains , le temple que nous possédons est dû tout entier à la piété et à la générosité des habitants de cette paroisse.

K 4. liOi^ttes.

L'établissement des petites loges ou logettes que nous voyons encore aujourd'hui adossées contre l'église St.- Germain remonte à l'époque de la construction de ce mo^ nument. Personne n'ignore qu'au xiv* et au xv* siècle il était d'usage général d'élever ainsi des boutiques contre les temples. Les murs , les parvis de nos églises étaient obstrués par des bâtiments de cette espèce ; les monuments

civils n'en étaient pas exempts, et on peut encore voir sur les murs du Beffroy les traces des échoppes qui n*ont été démolies que depuis le commencement de ce siècle. Quelque désir que nous ayons aujourd'hui de voir disperattre ces constructions ignobles qui portent un si grand préjudice à tous les édifices contre lesquels Ils sont adossés , nous ne pouvons cependant méconnaître qu'à l'é» poque où elles ont été élevées, elles étaient en harmonie avec la plupart des habilalions ; qu'un but utile les a fait établir ; enfin que la conduite de nos pères a été en cela conforme à un usage qui remonte à la plus haute antiquité et qui , depuis longtemps , a été admis parmi nous.

Il est à croire que de semblables constructions ont ejkislé tant contre l'église incendiée en 1218 que contre celle qui lui a succédé et qui fut démolie au commencement du XV* siècle. L'usage général , joint à la dévotion des peuples, doit le faire penser, car il n'existe aucun document positif à cet égard.

Le titre le plus ancien qui nous soit resté pour fixer l'année de ces constructions, est un acte de 1487. Il n'est relatif qu'à l'établissement des quatre dernières , mais de son contexte résulte la preuve que toutes les autres existaient déjà , même celle qui fait le coin de la rue du Four de la Poterie. Celte dernière, la seule qui fut construite en maçonnerie et élevée en même temps que l'église , est teneurs désignée dans les titres sous le nom de maison; il est probable qu'elle avait été destinée à loger quelqu'un de ses officiers. Les autres n'étaient primitivement que de simples logettes en planches adaptées entre deux piliers et ne s'attachant en rien aux murailles de l'église. Gela

résulte des registres de réchovinage d*Ainiens , où l*oa Toit qu'en 1486 le Corps de ville accorde à Michel Letùurt, Jehan Alain , et autres marguUliers de cette parraisse, la permission de faire faire quatre loges ou petits édifices honnestes , pour mettre et asseoir dans quatre creux ^ estant es pilliers du neuf ouvrage de machonnerie qui se faisoit en icelle église, répondant sur la rue que on dit de St. "Germain, en atteindant la terre de l* église aussi anant que portaient les dits pilliers sur la dite rue , pour les dites loges louer au profit i icelle église.

En 1487, les marguilliers pensant qu1l serait plus avantageux pour la fabrique de se créer un revenu net que de rester chargée des réparations d'entretien de ces petits bâtiments, décidèrent qu'il y avait lieu de les donner à celui qui voudrait en faire l'acquisition, de même que le terrain sur lequel ils étaient établis. L'adjudication publique eut lieu le pénultième jour d'octobre, et le tout fut adjugé à un nommé François Lequieh^

Dans cet acte , qui est un bail à cens passé devant Jehan Crétu et Jacques Dallé ^ auditeurs royaux , on lit : ce Le r* pénultième jour d'octobre 1487, après trois publi- » cations successives faites les trois dimanches précédents » en l'église St.-Germain , il a été mis aux enchères et » adjugé après l'extinction de la chandelle à François » Lequien , marchand à Amiens , certaine portion de terre » estant entre les cinq pilliers du neuf ouvrage d'icelle » église , au devant de la maison de la Brize canne , à » prendre depuis l'anchien ouvrage jusqu'à une maison 1» appartenant à Desforges ^ cordier^ faisant le coin d'une » petite ruelle qui mène derrière le cancbel de ta dite

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» égUse , icelle portion de terre amortie , portant ein«- )» quante-cinq pieds de long environ , à la charge par » François Lequien de payer héritaulement et à toujours x> cinquante sols de cens ou rente , aux trois termes ordi- » naires de celte ville , et d'amaser le dit terrain. »

En bons et sages administrateurs» les marguilliers cherchaient à tirer parti d'un terrain qu'ils pouvaient utiliser, mais ils étaient loin de vouloir nuire en quoi que ce soit aux murailles de Tédifice contre lequel les nouveaux bâtiments allaient être adossés ; [aussi ne manquèrent-ils pas d'indiquer dans l'acte que ces logettes ne pourraient point être élevées au-delà des verrières ; qu'elles ne devaient point être accrochées aux murailles par des barres de fer ; qu'il était défendu d*y faire aucune excavation et que , dans le cas où elles tomberaient en ruines , on serait obligé de les rétablir.

« François Lequien^ ses hoirs ou ayant cause seront » tenus de construire lesdits édiffices en bon et soufflsant » estât , sans les démolir, mesme ne porront pratiquer en » eulx loges dedans la muraille d'icelle église , ne y faire » dommage , ne faire enti*er plus haults édiffices que ceulx » que y sont à présent , et qui puisant empêcher les i> verrières et vues d'icelle église, auxquelles maisons et » tenements le dit preneur ne ses hoirs ou ayant cause ne » porront raM>ncher qu'elles ne soient en bon et soufflsant » estât, etc., etc. n

Sur les dix logettes qui existaient à cette époque et qui subsistent encore aujourd'hui , Téglise s'en était réservé deux dont elle a constamment conservé la propriété jusqu'à la révélation , et qu'elle louait à son choix. En 1618

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elles tombèrent en ruines et la fabrique en concéda le terrain par bail à cens à Jacques Postol et à sa femme , à la charge par eux de reconstruire les deux logeltes et de les entretenir. Elles étalent situées devant la Coupe dar, c'est-à-dire devant la maison qui fait le coin de la rue du Ghapeau-de-Yiolettes. Le cens stipulé dans Tacte passé devant Bazin , notaire , était de 40 sols par an pendant la vie de Poslel et de sa femme ; mais, après leur décès, ta propriété de ces deux logettes devait revenir à la fabrique, ycelles préalablement refectionnées par Postel, sa femme et leurs successeurs. C'est ainsi que la fabrique en a joui jusqu'à la fln du xviii* siècle et que le prix s*en est élevé successivement à son profit. En 1641 ces deux logettes étaient louées 18 liv. 10 sols; en 1791 Tune rapportait annuellement 15 liv.» Tautre 24, et aujourd'hui les nouveaux propriétaires les louent 75 fr. chacune.

Les huit autres avaient toutes été aliénées par des baux à cens à différentes époques ; aussi voyons-nous qu'en 1642, lorsque Adrien Perdu voulut faire renouveler les titres de chacun des locataires , il fut établi que celle qui tenait aux deux loges apparienant à Téglise devait un cens de 36 sols ; que les deux placées entre le portail et le terrain cédé à François Lequien devaient un cens de 38 sols; enfin que la dernière, bâtie en pierres et par cela même considérée comme maison , faisant le coin de la rue de la Poterie , devait un cens de 3 liv, ou 60 sols parisis. En vain on croirait que ces boutiques étaient destinées à la vente d'objets de dévotion ; elles étaient toutes occupées au contraire par des personnes qui exerçaient les professions ordinaires de la vie, telles que des

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taiHeurs, des cordiers , des serruriers , des épingliers , des drapiers , des chaussetiers , ei cela parce que, comme je le disais plus haut , elles étaient en harmonie avec la plupart des boutiques des marchands de cette ville.

Il eût été à désirer qu'on renouvelât plus souvent ce qui avait été fail en 1642 par Adrien Perdu, c'est-à-dire qu'à des époques fixes on eût fait passer aux locataires des reconnaissances de titres ; que les redevauces eussent été constamment perçues avec exactitude; enfln qu'on eût empêché de commettre des usurpations. Malheureusement il n'en fut point ainsi, et de 1643 à 1746 on ne s'en occupa guères. A cette dernière époque cependant on comprit la faute des administrations qui s étaient succédé dans cet intervalle de temps. On s'aperçut du mal qu'elles avaient produit et on s'efforça de le réparer. Des recherches furent faites, les comptes furent compulsés , et non seulement on trouva qu'il était dû des arrérages considérables , mais encore que les loges appartenant à la fabrique étaient souvent restées sans être louées. Pour mettre un terme à ce triste état de choses , on obligea le marguillier en charge à répondre personnellement du loyer de ces deux loges ; des procédures furent entamées contre les détenteurs; et, par sentences obtenues au Bailliage , on les força de passer des titres nouveaux , de payer vingt-neuf années d'arrérages; un nommé Pierre Delattre fut mAme condamné à combler une cave qu'il s'était permis de creuser sous la logette placée en face de la rue des Doubles-Chaises. Alors seulement on s'était souvenu de 1487, mais il était trop tard; des empiétements avaient été commis, et il n'était plus possible de les faire

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eesser ; si od eût agi autrement et plus I6t , nous n'aurions pas encore aujourd'hui à regretter de voir que , dans le nombre de ces petites maisons , les unes ont été exhaussées au delà des limites prescrites , que d'autres ne se soutiennent qu'au moyen des barres en fer scellées dans les murs , qu'ici des toits pendants existent sur les Terrières , que là le jour ne peut pénétrer dans l'intérieur du temple , que partout enfin un préjudice notable est porté aux murailles contre lesquelles ces logettes sont adossées, par l'humidité qu'elles y entretiennent.

Passés en des mains étrangères par suite de la vente des biens des églises , ces b&timents ne sont plus d'aucune utilité pour la fabrique depuis Tan II ; elles sont au contraire des propriétés évidemment nuisibles au monument, que tous les amis des arts voudraient voir disparaître. Si pendant longtemps les tentatives faites auprès de l'administration pour les démolir ont été vaines , si pendant longues années l'intérêt particulier l'a constamment emporté sur l'intérêt général , espérons qu'un jour viendra où nos administrateurs , se conformant aux vœux si souvent exprimés par le Comité des arts et des monuments , sentiront enfin la nécessité de les supprimer (1).

% ft. Presbytère.

La façade de Téglise qui est tournée vers le nord est aujourd'hui longée par le presbytère et une sacristie coiujh truite à la fin du dernier siècle ; mais au xV" elle Tétait par la rue des Mailles , qui allait de la rue basse St.-

(1) Le Conseil municipal, dans sa séance du 4 novembre 1S54, a voté les fonds nécessaires pour la suppression de ces logettes , dont le terrain fut entièrement déblayé en 1866.

Germain à celle du Four delà Poterie. Contre ses murailles se trouvait le prieuré ou rhabitalion du religieux qui la desservait , ensuite le cimetière. Par suite de l'agrandissement donné à ce monument » le presbytère , le cimetière» la rue même ne tardèrent pas à en faire partie, et, depuis cette époque , Téglise n'a plus eu d'autres aboutissants que les maisons bâties de Tautre côté de la rue des Mailles. — Conformément à Tusage de placer les cimetières et les presbytères auprès des églises , la demeure du curé fut transférée près de Tabside , avec une porte d'entrée sur la rue du Four de la Poterie , et c'est pour cela que , dans plusieurs titres du xvi* siècle , cette rue porte le nom de rttelle du Curé. Le cimetière fut établi contre le bas-côlé du chœur. Le presbytère eut une porte de communication dans réglise, derrière Tautel, du côté de l'évangile, et une fenêtre fut percée pour la commodité du curé à l'exirémité du bas-côté , où est la chapelle de St.-Nicolas. Cet état de choses ne fut pas de longue durée , car 60 ans à peine s'étaient écoulés que des réparations énormes firent penser à la reconstruction du presbytère.

Nous étions arrivés en 15o9 et la fabrique sentait le besoin d'agrandir son cimetière , elle avait acheté pour cela une maison située près du grand portail et qui portait pour enseigne le Plat dargent; cette maison qui avait appartenu à la famille de Saisseval , appartenait alors à un marchand de cette ville , nommé Jean Pingre , dont les descendants ont plus tard obtenu des lettres de noblesse sous Henri tV f comme la récompense du dévouement que Henri Pingre , l'un d'eux , n'avait cessé de loamfester à ce prince, et notamment pour avoir « en

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1594 , contribué puissamment à cbasser le duc d*Âumaie de la ville d'Amiens qui tenait pour la ligue, et à faire rentrer cette cité sous Tobéissance de son roi.

La proximité de celte maison de l'église , la nécessité de se procurer une sacristie , ou plutôt, selon Texpression du temps, une trésorerie, pour y déposer les vases sacrés, les ornements et autres objels précieux , firent penser qu'il serait plus avantageux de destiner remplacement du presbytère à une trésorerie et de reporter la demeure du curé sur une partie du terrain de la maison dont on venait de faire l'acquisition , de faire une porte d'entrée sur la rue Basse-St-Germain , enfln de consacrer le reste du terrain à l'agrandissemenl du cimetière.

Ces dispositions adoptées , on s'empressa de fermer les portes et les fenêtres qui avaient été ouvertes podr rulilité du curé, tant sur Téglise que sur ta rue du Four-de-la- Poterie, et on s'occupa de la construction du nouveau presbytère, mais à peine ailait-on commencer les travaux que la mort du curé Fournier vint paralyser les bonnes intentions des habitants, et qu'un procès entre la fabrique et les héritiers en suspendit l'exécution.

M. Fournier était mort en 1568, et en 1573 les contestations n*étaient point encore terminées , j'en trouve la preuve dans les registres aux comptes de l'année 1573, où je vois un chapitre ayant pour titre : Mises pour le procès à rencontre de M, le Bailly Trony , au lieu de M. Fournier , curé de cette église , pour la réfection du presbytère, comme il fut dit et ordonné au présent compteur et à ses consorts marguilliers den faire la poursuite au nom des anciens marguilliers et paroissiens dHcelle église.

Déjà Taffaire avail été portée au bailliage, et une visite des lieux avait été ordonnée, lorsque les parties consentirent à mettre fin à ce procès par une transaction dans laquelle les héritiers Fournier s'engagèrent à payer à la fabrique une somme de 36 livres» ainsi que cela se voit aux comptes de 1573(1).

Aucun obstacle ne s*opposant plus à la réalisation du projet delà fabrique, les marguiiliers s'empressèrent de le faire mettre à exécution, des devis furent dressés, des marchés furent passés avec divers ouvriers de celte ville (2) et Ton se réserva le droit d'employer ce qu'il y avait encore de bon dans l'ancien b&timenl. Les bois, les matériaux , les objets mobiliers qui ne présentaient au* cune utilité vendus aux enchères, produisirent une sonune de 80 livres 4 sous , qui , jointe à celle qui fut payée par Jacques Trony , présenta le chilfre minime de 114 livres

<1) Registres aux comptes^ année 1573. — A été reçu de Jaccpiea Trony, procureur au baillage d'Amiens, pour et au nom de vénérable et discrète personne monseigneur Robert Fournier , en son vivant milmonier de Monseigneur frère du Roi y docteur en théologie, curé de cette église, pour raccord et conventions faites par les mangUers et paroissiens avec le dit Trony, pour faire cesser (e procès encommencé par Pierre Ducauroy, en Tan passé, comme il appert de son compte pour desseoir et rasseoir le presbytère et le mettre en la place où il est de présent... la somme de 36 livres. — Compte de Firmin Deslaviers,

(2) Noms des ouvriers employés par la fabrique pour la reconstruction du presbytère: Ftrmm Deflandre, charpentier h Gottenchy; Pierre Mattier , couvreur ; Michel Phypes , maçon ; Martin Débonnaire^ pailloteur; Je^n Geffroy , paveur; Jehan Vivault, chaufourier; J, Bachelier , serrurier ; Jehan Duraty charpentier ; Souplie Gillon, messier ; Flaman, terrier; F. Achranchez, tonnelier; Germain Delattre, feronnier; /, Lhotellier , briquetier ; Supert^ verrier; Jehan Paden et Jacques Dubois, huchiers. — Compte de 1573, 1574.

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4 bous; enfla les frais de reconstriicUoa s*élevèrwt, «uivaal Tétat détaillé aux comptes de 1573 et de 1574, à la somme de 389 livres 15 soas 1 denier.

Au premier abord oeite somme paraîtra bien peu impor^ tante, mais il faut remarquer que la mateon dont il s'agit n*avait pas à cette époque la même étendue et la même quanlliéde bâtiments que celle d'aujourd'hui; elle consistait seulement dans le corps de logis sur la rue, et les autres y ont été adjoints beaucoup plus tard. L.a porte d'entrée est cependant restée la même, et la croix placée audessus était encore, en 1790, la même que celle qui placée jadis dans la rue de la Poterie, avait été rapportée en cet endroit lors de la reconstruction du presbytère.

Soit que ce bâtiment ait été construit avec trop déconomie , soit qu'il ait reçu quelque avarie par suite du tremblement de terre dont les secousses se firent sentir à Amiens en 1580 , toujours est-il que dix ans s'élaient à peine écoulés que des réparations importantes étaient devenues nécessaires. Mais alors surgirent de nouvelles contestations entre la fabrique et le curé sur la question de savoir à la charge de qui devaient être les réparations à faire (1). Ainsi que nous Tindiquent les registres aux comptes, Tafifaire fut portée au bailliage, mais on ne sait

(1) Payé à Claude Magnier, procureur, un teston pour solliciter le procès que a intenté le curé d'icelle église touchant le presbytère, 14 sous 6 deniers. — Compte de 1S84-1&8&.

Payé au bailly Magnier, pour les poursuites fedtes àr rencontre de frère Pierre Delespinoy, notre curé, pour le fait des réfections qa*il y avait à foire à son presbytère , ce que ne voulant. lui accorder les Qàarguilliers , les aurait mis en cause , dont à cette fin déboursé par le dit compteur 54 sous. — Compte de 158&-l&8e.

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ce qu'elle est devenue. Il est à présumer que ces difficultés ont été Jetées par une transaction , ou que le curé aura été forcé à faire ces réparations. On ne trouve rien dans les registres de la fabrique qui indique que les marguilliers aient été condamnés à les faire , ou quMIs les aient faites bénévolement. L'état de pénurie dans lequel se trouvait la fabrique ne permet pas de le croire , car nous la voyons à chaque Instant surchargée de taxes extraordinaires au profit de l'fitat. Les malheurs du temps étaient tels, en effet, quindépendamment des sommes payées par les paroissiens, Téglise avait été plus d*une fois obligée de vendre des objets mobiliers , des vases sacrés même pour y subvenir. Elle avait peu de revenus, et les réparations et Tentretien du monnment en absorbaient une grande par^ tie. En 1586 , la fabrique , poursuivie par ses créanciers en paiement de fournitures faites pour la conservation de l'église , n'avait échappé à la vente de ses calices et de ses encensoirs qu'au moyen d'une quête faite par le curé. Tel était Tétat déplorable de ses finances , lorsque les événements de 1597 vinrent encore aggraver sa position. Le presbytère, placé comme l'église sons le feu du canon ^ sons les éclats de la mitraille, eut aussi comme elle à souffrir des malheurs de la guerre, on n'y fit cependant aucune réparation alors , et ce n'est qu*en 1609 » lorsqu'on s'aperçut que sa ruine était prochaine, qu'on chercha à le restaurer. Pour en avoir les moyens » on fit une/[uête qui ne produisit que peu de chose, 7S livres IS sous, 01 qui Servit à parer aux besoins les plus urgents. En 1612 , 60 1618 on y travaiUa encore , et en 1624 il fiiliut encore recommencer , parce que les travaux pré«

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cédenis n'avaient fait qne prolonger un état d*agonie auquel on n*ayait point porté les remèdes nécessaires. On fit donc une nouvelle quête qui produisit 186 livres 7 sous 6 deniers, qui furent employés tout de suite; et» comme on sentait la nécessité de le remettre en état» on y dépensa encore Tannée suivante 200 livres 18 sous 9 deniers.

Ainsi qu*il est facile de le voir , depuis son établissement ce bâtiment avait toujours été à charge à la fabrique* l'état des finances de Téglise n*avait jamais permis d'y faire de fortes réparations et il y en avait eu constamment à faire. Les temps des calamités passés » les curés vinrent enfin à son secours et depuis 1 630 , jusqu'à la fin du xvu* siècle, c'est à eux que la fabrique a été redevable en partie des secours qui ont été accordée pour l'entretien et l'agrandissement de ce presbytère.

En 1630, Guillaume Hublée fit en effet construire ua petit bâtiment dans la cour près du puits; en 1650, les registres de délibération nous apprennent que Jean Gauchie, qui mourut victime de son zèle en soignant les pestiférés, fit faire à ses dépens un autre bâtiment en briques d^ 30 pieds de longueur sur 15 de largeur, entre la cour et le cimetière. Ge bâtiment contenait une sallette, une allée , une étude avec cave au-dessous, et une cuisine entre ce bâtiment et l'ancien du côté du Vert-^Potàrchel (1).

(1) Notre frère, Jehan Gauchie, prêtre, religieux de Tabbaye de St- Jeban, curé de la paroisse St-Germain^ a fait faire et bâtir à ses dépens le bâtiment de briques qui est entre la cour du presbytère et le cimetiére, de 30 pieds de long sur 15 de large, contenant une sallette, une allée, une étude avec une cave au-dessous et une cuisine entre ce bâtiment et l'ancien du presbytère du cô^é du Vert-Pourchel ; dans lesquels bàti^lent0 âont entrées les matières d'une ancienne cuieinei

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£h 1681 » le curé Boucher fit refaire en partie, à ses frais, le bâtiment donnant sur la Basse-rue-St-Germaln ; il fit aussi élever et réparer ceux qui avaient été construits par son prédécesseur , ainsi que le mur au bobt du jardin donnant sur la rue du Pont-Troué , mais le curé Roussel , qui lui succéda, fut celui qui coniribua le plus à Taugmentation et à Tassainissement du presbytère. En 1 698 , il acheta trois petites maisons qui restaient encore de la rue des Mailles, pour agrandir le jardin , til reconstruire le bâtiment élevé par le père Gauchie, et fit fermer le cimetière. A cette époque le bâtiment entre cour et jardin n'allait pas jusqu'à l'église, ce n*est qu'en le reconstruisant que les marguilliers permirent au curé Roussel de le pousser jusqu'à cet endroit, comme aussi d'ouvrir une porte dans la chapelle du sépulcre. Tous ces faits résuiteut d'une délibération qui doit ici trouver naturellement sa place et qui est ainsi conçue :

« Il a été proposé par M. Roussel , curé de la paroisse, que comme pour l'agrandissement du jardin du presbytère, il a acquis trois petites maisons qui étaient joignantes le dit jardin , l'une de Nicolas Braille, et les deux autres

qui tombait en raine , en la même place qa^elle est rebâtie, comme aussi les matières d'un fournil non achevé que firère Guillaume Hublée, étant curé de la dite paroisse avait aussi fait construire à ses dépens, près le puits du dit presbytère.

Lecture faite du présent renseignement et après que le dit sieur Gauchie a déclaré qu'il ne prétend aucune chose pour les deniers par lui déboursés au sujet des dits bâtiment; les marguilliers remercient le dit curé et aussi de ce qu'il a fait construire à ses dépens une muraille de bocailles qui est au bout du cimetière, proche la sacristie. Reg. aux délibérât. 7 avril 1654. — Comptes de 1650.

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d'Adrieo Henon, qu'il a incorporé ce lerraio au dit jardin, comme il déclare faire pour lui , la fabrique , aes successeurs , et tenir de la même nature à la dite fabrique , que le presbytère et jardin, à laquelle fin il en fait la présente déclaration pour être acceptée par la compagnie pour la dite fabrique.

» Il a encore proposé que la nécessité dans laquelle il est de démolir et rebâtir les lieux du presbytère > qui sont entre le jardin et la cour, pour rendre ce bâtiment plus commode, il aurait besoin de pousser ces bâtiments du côté de réglise jusqu'à la muraille d'icelle, de se servir du petit espace de terre qui est en le petit bout du mur dans lequel est une porte pour entrer dans le jardin du (H^esbytère, jusqu'à celle par laquelle on entre dans l'église, du côté du presbytère.

1» La compagnie a arrêté d'accepter comme elle déclare le faire , l'union et incorporation des susdites trois maisons au jardin du presbytère^ pour le bien et l'avantage des successeurs du dit sieur curé , pour demeurer unie et de même nature à la fabrique qu'est le dit presbytère et jardin , et remercie H. le curé pour l'avantage qu'il fait à la dite fabrique.

» S'étant transportée dans le jardin, et vu la nécessité de faire le bâtiment ci-dessus énoncé^ l'espace de terre qui est entre le dit bâtiment et l'église , et aussi le petit espace de terre qui ferme le jardin du presbytère , et les commodités de M. le curé comme l'inutilité des dits lieux à la fobrique^ elle accorde et consent que le curé pousse ses bâtiments jusque le long de l'église , qu'il se serve du petit espace de terre qui est au bout des dits bâtiments,

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qu'il pafsse faire Touverlure d'une porte pour entrer dans réglise, à Tendroit où est la chapelle du sépulcre de notre Seigneur , et aller à couvert du dit presbytère dans réglise^ même de rehausser les vitres qui sont à la dite chapelle, si besoin est; qu1l prenne le petit terrain qui est au dehors de l'église et y fasse une fermeture en briques, à commencer à onze pouces de Thérette du pilier boutant au-dessous de la bâche, tenant à Tescatier en grès de la porte de l'église ; le tout au2C frais et dépens du curé pour ce qu'il peut débourser an pardessus de la somme qui lui a été accordée , sans que dans le fait des dites constructions il puisse faire aucun préjudice et intérêt aux murailles de l'église , et si aucun survenait , le sieur curé en demeurerait chargé en son propre et privé nom (1). »

. La bonne harmonie qui régnait entre le curé Roussel et ses paroissiens, les sacrifices'journaliers que ce pasteur faisait pour son église , les services qu'il avait rendus à la fabrique , notamment dans les procès de cotte morte , tout contribuait à l'investir de la confiance des margailtiers, et c'est pour cela qu'en lui abandonnant une somme de 550 livres pour contribuer au rétablissement du près-' bytère,'*la fabrique s'en rapporta à loi, et qu'il lui fut laissé la liberté de l'employer à sa volonté.

Depuis celte époque jusqu'à la fin du dernier siècle, on ne changea plus rien aux dispositions de ce bâtiment , et la révolution de 1789 le trouva tel que l'avait laissé le curé Roussel. On fut bien obligé sans doute d*y faire de temps à autre des réparations d'entretien , mais il est

(1) Registre aux délibérations dn Î6 mai 1698.

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^ remarquer que dans tous les temps , la fabrique ne les fit jamais qu*à son corps défendant. G*est ainsi qu'en 1735, il y eut un long procès entre les marguilliers et le curé Leseigne, et qu*ils furent contraints par sentence du bailliage, à faire les réparations demandées par le curé (1 ).

Ces procès avaient tous un principe commun , le refus constant fait par Tabbaye de St-Jean , d*abaodonner la cotte morte des curés , à Téglise ou à la fabrique.

Tout le monde sait ce qu*on entendait autrefois par les mots droits de cotte morte ou de dépouille. Ainsi que nous rapprend Rousseau-Lecomte, en termes de droit bénéficiai, la cotte morte était le pécule laissé par un religieux à son décès.

En règle générale la succession d*un religieux appartenait à son couvent , lorsqu'il décédait dans le clotlre, ou même dehors , sans être pourvu de bénéfice cure. Il n'en était pas de mèmeMorsque le religieux avait été pourvu d'une cure et qu'il vivait hors la mense commune.

(1) En 1784, le curé Leseigne, après avoir demandé vainement aux marguilliers de faire les grosses réparations qui étaient indispensables et en avoir constamment essuyé des refus, fut obligé, le 23 septembre 1734, de s'adresser au lieutenant-général du bailliage pour les y contraindre, n s'agissait de faire refaire la couverture de la salle des délibérations du conseil, de faire rétablir la muraille du côté d*Anselin, la cloison de bois entre le jardin et le cimetière, les planchers, les plafonds de Fancienne salle, la porte de la cave et toutes les croisées. Les marguilliers prétendaient n*étre tenus de réparer que les b&timents primitifs, ils disaient que les autres ayant été construits par les curés, étaient à la charge de Tabbaye de St-Jean qui réclamait leur succession; une visite des lieux, une expertise furent ordonnées et après de longs débats, le 4 Juillet 1785 intervint une sentence qui condamna la fabrique à faire faire les grosses réparations demandées.

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Celte question fut souvent agitée entre les paroisses et les monastères , et elle donna lieu à une foule de procès sur lesquels il intervint des décisions différentes suivant la juridiction devant laquelle ils étaient portés, car il y avait dissentiments entre la jurisprudence des Parlements et celle du Grand Conseil.

Le Parlen?ent de Paris avait depuis longtemps adopté une jurisprudence uniforme et dont on ne saurait trop admirer la sagesse. Il admettait que les curés ne devaient prendre sur leurs bénéfices que la nourriture, Teutrelien; que le surplus était le patrimoine des pauvres auxquels il était de leur devoir de le distribuer , enfin que si les curés n'avaient pas fait cela pendant leur vie, il était raisonnable qu*on le ftt pour eux après leur mort ; c*est pourquoi, dans les causes de cette nature, il se prononçait toujours en faveur des paroisses (1). Soefre, Bardet, rapportent un grand nombre de décisions de cette espèce rendues en 1643, 1651 , etc. Enfin, le 4 février 1710, intervint un arrêt qu'il est bon de rappeler ici parce qu'il regarde Tabbaye de St-Jean, c'est celui par lequel le Parlement de Paris, en se fondant toujours sur les mêmes principes , a adjugé la succession d'un Prémontré , curé

(1) Cette jurisprudence était conforme à Tesprit de TÉglise. Dans un concile de Tolède tenu en 635, on lit, canon 4 : « Si les évéques ou les économes de Téglise n'ont que fort peu de patrimoine, les acquisitions qu'ils font doivent être au profit de Téglise, mais s'il se trouve qu'ils aient autant de revenu de leur patrimoine que de leur évécbé, leurs héritiers partageront par moitié ou à proportion du bien qu'ils ont du patrimoine de l'église. Enfin ils pourront disposer pendant leur vie de ce qui leur viendra par donations ; mais, s'ils n'en ont pas disposé, après leur mort ces donations appartiendront à l'Église.

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de Si-Léger » diocèse d'ÂmieBa » aux pauvre» ei à la fabrique de celte paroiwe.

Le Grand Goaseil ne parlageait ni TopimcHi ni las priadpes du Parlement, il adjugeait la cotte norte des curés aux couvents dont le religieux était décédé profès, et n'accordait rien ni à la fabrique ni aux pauvres de la paroisse. Ce tribunal supérieur et d'exception allait plus loin encore , car plusieurs de ses arrêts nous apprennent qu'il adjugeait même les colles mortes aux abbés cornmendalaires, à l'exclusion des religieux de l'abbaye. C'est aiusi que le 86 septembre il fil défense aux prieur el religieux de l'abbaye Sl-Eloi , près Ârras , de plus s*im* miscer en la perception des colles mortes des religieux qui décéderaient dans la jouissance des prieurés et cures régulières el de troubler l'abbé et ses receveurs dans les inventaires qu'ils feront des dites colles mortes. Quelles quQ soient les dispositions de cet arrêt, on ne peut cependant disconvenir que le plus grand nombre des arrêts de ce tribunal aient été rendu en faveur des religieux contre les prieurs et abbés commendataires, ce qui paratl en effet plus conforme à la raison , car si tout ce qua pouvait acquérir un religieux était acquis pour le monastère , pour le motif que sa profession le rendait incapable d'acquérir pour lui-même , il faut convenir qu'en même temps que sa profession opérait cette incapacité, elle assujellissail d*un autre côté les supérieurs à fournir au religieux le nécessaire et à prendre soin de lui tant en santé qu'en maladie. L'abbé commendàtaire, au contraire, était en quelque sorte étranger aux religieux , il n'avait sur eux aucune espèce de juridiction, el comme ce n'était

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pas eotre ses mains quHs fkistient vœn de pauvreté , il éUit JQste qu'il n*eAt aucun droit sur leur pécule , ce qui est une suite des engagements qu'ils ont pris (1).

Si sous œ dernier point de vue il y avait de la variation dans la jurisprudence du Grand Conseil , il faut convenir qu'elle était constante et uniforme pour accueillir la rédamalion des religieux contre la fabrique et les pauvres des paroisses , et que toujours il repoussa leurs demandes Le bailliage d'Amiens n'admettait pas ropinion du Grand Conseil, il suivait habituellement la jurisprudence du Parlement de Paris, ses diverses sentences l'attestent, et c'est pourquoi pendant longtemps, l'abbaye de St-Jean, à chaque renouvellement de curés dans les paroisses dépendantes de son ordre , se crut obligé de transiger avec les fabriques.

Rien n'indique que les deux procès qui ont eu lieu au sujet des réparations à faire au presbytère de l'église St-- Germain soit entre la fabrique et les héritiers du curé Fournier, soit entre les marguilliers et le curé Delepinoy, aient été une suite des prétentions de l'abbaye de St-Jean sur les cottes mortes des curés , cela me parait cependant vraisemblable, quand je les vois tous les deux nattre après le décès du titulaire. Longtemps avant la fin du xvi* siècle

(1) Richer , dans son Traité de la mort civile ^ dtd deuxarréts en faveur des religieux, l'un rendu le 17 novembre 1718, le deuxième le 17 mai 1724 ; on peut aussi en Écouter un autre d'août 1785 , par lequel l'abbé Ozonne, prieur commendataire de Lihons-en-Santerre, a été déclaré non recevable dans la demande qu'il avait formée pour obtenir certaines cottes-mortes au décès des religieux de ^ette abbaye, et un autre du 80 avril 1760 en faveur des religieux de la Madeleine de Ùiàteau-DieU, contre Tabbé commendataire de ce monastère.

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Tabbaye avait élevé les préteolioDs de s'emparer de ce que laissaient les curés en mourant. En 1498, après la mort du curé Foulon» elle avait déjà agi ainsi. Sur sa demande , le roi Louis XII lui avait accordé des lettres de bénéfice dioventaire à Teffel d*appréhender la succession de ce religieux « et plus tard elle ne manqua pas de ise faire un titre de cette concession. Cette pièce n'était pas cependant d'un grand poids , car le frère Foulon j était dit émancipé ; or , comme le disait fort bien la fabrique de St-Germain , si le frère Foulon y est dit émancipé , c'est qu'il n'était plus sous la juridiction de l'abbaye , la position n'était plps la même, il pouvait avoir fait des conventions particulières avec son monastère, le titre de curé pouvait lui avoir été donné sans exercice , enfin il avait pu faire desservir cette église par une autre personne, et l'argument tiré des lettres de Louis XII n'avait pas de valeur ; aussi l'abbaye de St-Jean iinit-^lle par abandonner ce moyen.

En 1668, après la mort du curé Caucbie, les prétentions de l'abbaye de St-Jean se réveillèrent avec plus de vivacité que jamais ; et, chose inouïe , elle commença par se faire justice à elle-même en emportant tout ce qui se trouvait dans le presbytère et en y plaçant des personnes qui lui étaient entièrement dévouées; Cette manière d'agir n'eut pas tout le succès auquel elle s'attendait , car sur . la demande des marguilliers , le lieutenant civil du bailliage ordonna aux religieux de rapporter tous les objets qu'ils avaient enlevés du presbytère , notamment la vaisselle d'argent , la bibliothèque et divers autres objets précieux provenant de la succession du père Cauchie ,

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comme aussi tout ce qui appartenait à la fabrique, et avait été déposé dans le presbytère du vivant du curé (1 ). L'abbaye de Sl-Jean fut bien obligé de se conformer à cette ordonnance et de Texécuter , mais comme elle ne voulut rien abandonner de ses prétentions sur la question de la cotte morte» la fabrique fut obligée de la traduire devant les juges qui devaient en connaître , et Taffaire fut portée au bailliage d*Amiens. Alors s'engagea devant cette juridiction une procédure qui eût pu devenir longue et dispendieuse pour les parties , si elle n*eût été arrêtée dans son cours par la médiation de Tévèque d* Amiens auprès de M. de Coislin , évéque d*Orléans , et en même temps abbé commendataire de St-Jean d'Amiens. En effet, à peine Tabbaye avait-elle fait rapporter dans le presbytère tous les objets dont elle s'élait emparée, que la fabrique, pour ta conservation de ses droits, s'était empressée de faire nommer des gardiens , des séquestres. Le 6 décembre était intervenue une sentence qui tout en ordonnant de faire inventaire , enjoignait à l'abbaye de remettre : l"" au marguillier en charge , tous les papiers appartenant à la fabrique ; 2"* au curé , tous ceux qui regardaient la cure ; 3*" enfin les papiers personnels au défunt , et ceux relatifs à d'autres biens , entre les mains d'une personne tierce désignée par la même sentence , à la charge par cette dernière de les rendre à qui de droit, quand et ainsi qu'il en serait plus tard ordonné par justice. L'abbaye redoutant les juges de la localité , qui étaient ses juges naturels et qui avaient une connaissance plus spéciale de ses faits et gestes, profita du droit de

(1) Voyez note G.

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rommtffîmttf dont jouissait révéqued'Orlian», pour tra^ duire la fabrique défaut les requêtes dupaUm, et n*a(K peler rattenlion de ce nouveau Iribunal que sur ee qui était relatif à la succession du Père Gauchie; mais la fabrique s'aperçut tout de suite du piège. Pour Venter, elle fit évoquer l'affaire en son entier au Parlement de Paris , et là elle demanda que les prieur et religieuse de St^Iean fissent obligés de se purger par serment en tous les biens , titres et autres objets qu'ils n'avaient point re-' présentés, et qui pouvaient enpore être en leur possession. La cause était en cetétat^ lorsque Tévêque d'Amieos» déplorant le motif et le scandale d'un procès de cette nature , crut devoir s*adresser à l'abbé commendataire pour la faire cesser. Après plus de six: mois de contestations ce prélat fut assez heureux pour faire consentir M. de Goislin à mettre un terme à toutes les procédures et à payer à la fabrique une somme de mille francs, pour Tindemuiser de ce qui pouvait lui revenir dans la sucées* sien du défunt, et à déclarer que sur cette somme doux cents francs seraient prélevés au profit des pauvres. Grâce à la même intervention, le 28 mai 1669, une autre tran^ saction eut lieu entre la fabrique et les religieux de Si- Jean , pour la règlement de la succession mobilière. Les meubles affecta au presbytère furent rendus, de même que ceux qui appartenaient à la fabrique. Le tout était peu de chose , il est vrai , mais on y remarquait cependant m beau graduel manuscrit sur vélin contenant la vie et roffict3 noté de St-Germain , un grand chandelier trian-^ gulaire en airain , un buffet dans lequel se trouvaient enchâssés les portraits de plusieurs papes et empereurs ,

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quelques tabieaui antiques avec des remarques » un pelU tableau eu papier, des images de Sl*6ermam, enfin roriginal des plaques des images du même saint , c'est^ àrdire des sujets choisis par le Père Gauchie, et exécutés sous ses ordres pour la décoration de la chasse qu'il ai^it lait construire et qui existait encore en 1789. L'évèque d'Amiens exigea en outre de Tabbaye qu'elle remit au curé une somme de 450 francs pour le rétablissement du pupitre c*estrà-dire du jubé, et qu'une indemnité fût accordée à titre de récompense au vicaire Jean Pupen , qui, durant la peste et pendant la vacance de la cure, avait souvent exposé sa vie en allant soulager les pestiférés et leur porter les consolations de la religion*

C'est ainsi que grâce à Tintervention de M. Fa.ure , on vit, le 28 mai 1669 , se terminer entre l'abbaye de St- Jean et la fabrique de St-6ermain des contestations qui n'auraient jamais dû nattre, et des scandales que n'auraient jamais dû donner des liommes consacrés à la vie religieuse et placés dans ce monde pour l'édification des peuples* Mais si ce digne prélat eut alors le bonheur de mettre un terme à un procès aussi déplorable , de faire cesser les excès auxquels les religieux s'étaient livrés tant envers leur confrère qu'envers les administrateurs d'une paroisse qu'ils étaient chargés de desservir et dont Ils devaient se regardei" comme les pères, Il ne fut cependant pas donné à M. Faure de faire renoncer l'abbaye de St-Jean à des prétentions que lui-même avait regardées comme injustes et exagérés. Aussi vingt ans s'étaient à peine écoulés que la mort du successeor du curé Gauchie vînt faire revivre les mêmes prétentions , et que tous les

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objçls trouvés dans le presbytère , de même que le reste de ^ fortune donnèrent lieu h un nouveau procès devant le bailliage d'Amiens.

Pierre Boucher qui , ainsi que nous Tavons vu , avait succédé au Père Gauchie dans la cure de St-Germain , avait été pendant toute sa vie le père et le bienfaiteur de diverses églises à la tète desquelles il avait été placé , et plus d'une fois aussi les hôpitaux de cette ville s'étaient ressentis de ses bienfaits. C'est à sa générosité en effet que l'église de St-Firmin-au-Val avait été redevable de plusieurs fondations et de la chaire qu'elle possédait lorsqu'il en était curé (1). Depuis qu'il était à St-Germain il avait fait à cette église des donations nombreuses ; Il y avait fondé une école de charité , et malgré son peu de fortune il avait encore trouvé le moyen de venir an secours des hôpitaux de cette ville (2). Ami des lettres et des arts , le curé Boucher s'était formé une assez belle bibliothèque et possédait à sa mort un certain nombre de diamants et de pierres précieuses , qu'il avait amassées et qu'il destinait à la confection d'une couronne pour le Saint- Sacrement (3).

(1) Pierre Boucher, avant de venir à St-Germain , avait occupé la cure de St-Firmin-au-Val, de 1642 à 1668. Le 16 avril 1648 il fit don à cette église d'une somme de 400 francs pour fonder un obit, et faire îaire la chaire du prédicateur.

(2) Par acte du 5 octobre 1686 , il donne à l'hôpital général de cette ville une rente de 60 francs au capital de 1,200 , laquelle devait être employée en deux repas pour les pauvres.

(3) Suivant l'inventaire fait après la mort du curé Boucher, sa bibliothèque contenait 1,145 volumes in-^, in-4'» et in-8*. Par l'effet de la transaction, ces livres appartinrent à Tabbaye de St-Jean.

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Aussitôt après son décès les religieux de Sl-Jean s*em< parèrent encore de tout ce qui était dans le presbytère. Agissant comme par le passé, ils transportèrent indistinctement cliez eux tout ce qui avait appartenu au défunt et tout ce qui appartenait à la fabrique , de telle sorte que cette dernière fut non-seulement obligée de les contraindre à rapporter ce qui lui appartenait , mais même de former une demande spéciale pour leur faire rendre les registres qui constataient l'étal civil des habitants delà paroisse. L*abbaye de St-Jean alla à cette époque beaucoup plus loin qu'elle n'avait été précédemment» son avidité fut telle qu'elle éleva la prétention de faire rapporter par les fabriciens le montant des donations faites à l'église par le curé Boucher pendant sa vie. Ces réclamations n'étaient pas plus raisonnables qu'admissibles, la fabrique y résista et l'affaire fut encore portée devant le bailliage d'Amiens ; cette fois , le curé intervint au nom des pauvres. L'abbaye ne chercha point à éluder la juridiction de ce tribunal , elle s'y présenta , mais la conduite du curé lui fit craindre la perte de son procès , et elle pensa que l'intérêt d es

U en fut de même d*une plaque en cmvre rouge sur laquelle était gravé un des sujets de la vie de St-Germain, du modèle de la chasse ', du graduel en velin laissé par le Père Gauchie et d'une petite botte ronde en bois dans laquelle se trouvaient dix-huit paquets contenant plusieurs bijoux et joyaux destinés à une couronne pour le Saint Sacrement.

Dans les paquets était écrit de la main de M. Boucher ce que chacun d*eux contenait , le nom de la personne qui Tenait donné.

Dans la boite aux bijoux se trouvait en outre un état détaillé de tout ce qu'elle contenait et le modèle de la couronne qu'il avait rintention de faire fiûre pour son église.

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pauvres pourrait faire pencher la balance en leur fav^r. Aussi après six années de chicane et de procédure , quelques jours seulement avant celui qui avait été indiqué pour rendre la sentence , elle consentit à une transaction qui fut passée chez Lagrenée , notaire à Amiens , le 17 mai 1697. Dans cet acte il fut dit, que non-seulement la fabrique conserverait les dons et avantages à elle faits par le curé Boucher , mais encore que les religieux seraient obligés de lui payer une somme de 1 ,200 francs dont 600 lui appartiendraient, 300 seraient versés dans la caisse des pauvres et 300 employés aux réparations du presbytie.

Jusqu'ici nous avons vu les prétentions élevées par Tabbaye de St-Jean après la mort des curés de St-Germain , constamment repoussées par les tribunaux et condamnées par les évèques du diocèse, de sorte qu*à chaque procès elle était obligée de transiger pour pouvoir réunir une partie du pécule des curés qu'elle avait convoité en totalité ; il n'en fut plus de même par la suite. En 1713, à la mort du curé Roussel , les religieux de St-Jean firent encore revivre leurs prétentions sur la coite morte des curés, et cette fois enfin ils réussirent.

En vain depuis longtemps on s'était opposé de toutes parts à leurs réclamations, en vain les curés de St-Firminau-Val de 1713 à 1751 vinrent se joindre à ceux de St- Germaîn pour défendre leurs fabriques et lutter contre l'abbaye dont ils possédaient les bénéfices, toujours depuis le commencement du xviii* siècle les efforts des religieux furent couronnés de succès et ces deux paroisses finirent par être obligées de payer les frais énormes des longue^ procédures dans lesquelles elles s'étaient engagées.

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Pour parvenir à ce résolM Fabbaye de St.-Jean piit une marche toute différeote de celle qu'elle avait sttivie jusqu'alors. Au lieu de faire évoquer ses affaires aux requêtes du palais , au lieu de se soumettre à la juridiction du bailliage d'Amiens , de subir les conséquences d'une jurisprudence qui n'était autre que celle du Parlement de Paris , les religieux s'adressèrent au Procureur général de leur ordre, et par son intermédiaire firent porter leurs affaires au Grand Conseil , dont la jurisprudence leur était favorable. Dès ce moment les choses changèrent. Ce n'était plus comme précédemment une simple contes» lation entre une maison religieuse et une fabrique , c'était Tordre entier qui réclamait ses droits; et comme , suivant les ordonnances et les privilèges accordés par nos rois à l'ordre de St.-Norberl , au Grand Conseil appartenait la connaissance des affaires dans lesquelles l'ordre des Prémontrés était intéressé ; le Procureur général , en déférant à ce tribunal exceptionnel la demande de l'abbaye de St.-Jean , n'eut pas de peine à la faire admettre*

La fabrique de son côté vit bien le piège qui lui était tendu , et» voulant éviter une juridiction qu'elle savait loi être contraire , elle fit évoquer l'affaire au Parlement Ce conflit donna lieu à un règlement de Juges ; la cause fut portée au Conseil du roi , qui seul pouvait en connatire ; malheureusement pour la fabrique, elle fut renvoyée devant le Grand Conseil. Après bien des délais, d'inutiles sollicitations, les fabriques de St^Firmia-au-Val et de St.-Germain perdirent leurs procès et brent obligées de renoncer pour toujours à la cottenodort des curés. Telle fut en 17S1 l'effet de tous ces longs et dispendieux

procès qui , renouvelés à la mort de chaque curé depuis plusieurs siècles , ont fini par obérer les fabriques qui les ont soutenus et par porter un si grand préjudice aux intérêts des pauvres.

Après avoir examiné toutes les pièces de ces procédures auxquelles ont donné lieu des discussions et des scandales suscités par un modique intérêt , je ne puis me défendre d*un sentiment pénible et ne pas gémir, surtout quand je vois une abbaye aussi riche, aussi opulente que celle de St.-Jean d*Âmiens , disputer à des paroisses qui lui ont été confiées ce que l'église a constamment déclaré être le bien des pauvres. Tels furent les maux que Tavidité des bénéfices a trop longtemps enfantés et auxquels le Parlement de Paris avait voulu porter remède en adoptant une jurisprudence conforme aux principes de FEglise, et consacrée par elle dans ses assemblées et ses conciles.

S<l. Cimetière.

Après avoir parlé du presbytère , considéré à si juste titre dans tous les temps comme une dépendance obligée des temples , j'arrive tout naturellement à parler du cimetière^ cet autre lieu qui en fut toujours Tinséparable voisin et qui , après avoir entouré l'église St.-Germain pendant un certain temps , finit par longer ce monument, du c6té du Nord , jusqu'à la fin du dernier siècle.

A St.-Germain, comme partout, le cimetière était placé près de l'église et touchait au presbytère. Il est même à remarquer que , dans le principe, et conformément à l'usage général , l'église était placée au milieu dii cimetière et que ce n'est que par la suite que cet état de

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ehoses a élé modifié , soit par le tracé de la rue St.-6ermain , soit par la reconstruction de Tégllse qui aurait pris une partie du cimetière , ce qui du reste se trouve attesté par les nombreux ossements trouvés dans la rue St.- Germain, lors de la pose des tuyaux servant à la circulation du gaz et à Talimentation des fontaines.

A répoque de la reconstruction de l'église actuelle , le cimetière était placé en grande partie du côté de la rue des Mailles, et si, par suite de Tagrandissement de ce monument, le terrain précédemment destiné à la sépulture des morts , a été incorporé dans Téglise , il faut con- Tenir que le cimetière n*a point pour cela changé de place ; il n'a été que reculé un peu plus loin et il est toujours resté adhérent à l'église. La population de la paroisse avait rendu depuis longtemps ce cimetière trop petit et l'on cherchait le moyen de l'agrandir, lorsqu'on 1558 se présenta une occasion favorable dont la fabrique s'empressa de profiter. Jean Pingre et la demoiselle Asselin , sa femme, avaient acheté de Jean de Saisseval une maison voisine de l'église , connue alors sous le nom du Plat d'argent, et dont le terrain longeait le cinaetière. Jean Pingre , pour procurer à la fabrique dont il était membre^ l'occasion d'agrandir son cimetière, lui proposa de lui céder cette maison. La fabrique s'empressa d'aecepter et en recueillit un double avantage , car non-seulement elle put agrandir son terrain , mais encore elle évita les chances d'un procès qui était pendant entre elle et Jean de Saisseval , au sujet du mur qui les séparait

Cette acquisition faite, une partie fut destinée à la construction du presbytère , et le surplus employé à agran*

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dir le séjour des morls. On se pourtul donc devant le Corps de ville pour être autorisé à faire ces changemenls. Le 27 octobre 1S59 on obtint une réponse favorable moyennant une redevance annuelle d*un chapon , mais il fut dit dans Tautorisation qu'elle n*était accordée qu*à la condition de nensépultérer en celte partie que les enfatUi.

Le cimetière s*élendait alors sur toute la longueur de réglise ; la porte qui donnait dans la rue du Four de la Po* terie ne fut point fermée , car nous la retrouvons encore en 1669 ; mais on en ouvrit une autre à côté du presby^tèredans la rue St.-Germain, et un mur» qui ne fut pas de longue durée , le sépara du jardin du presbytère.

En consultant les registres aux comptes de la fabrique on voit que cette nouvelle partie du cimetière ne fut point mise de suite en état et qu*on fut plusieurs années sans y enterrer. Les travaux préparatoires durèrent en effet près de quatorze ans , et cela à cause du peu de ressources de la fabrique et par suite aussi du procès qu'elle eut à sou* trair, ainsi que je Tai dit plus haut, en 1568» après la mort du curé Fournier. Ce n*est en effet que dans las comptes de 1S66-1867 , et dans cent des années sufvantes jusqu'à 1573, que Ton trouve les mànoiresdes <iuvriers employés à disposer le terrain d'une manière convenable et à retaire la logeltequi existait depuis long^ tempe dans Taiicien cimetière (1 )

On conservait autrefois dans les archives une lettre'dn

(i) Voir l6seoaq>tes de 15M, 1(69 , 1(66 , 1979 et flttiraftts, jotquet «A y eompri» ii74.

cardinal de Gréquy (1) relatire à la béilédicUoii on à la réeonciUatioD du cimetière; elle n'existe plas depnfs long^ temps et se trouve seulement rappelée dans les in?en« taires/mais on peut y suppléer par Texamen des comptes de Vannée 1573-1674 et connaître ainsi à quelle époque le nouveau cimetière a été bénit. Nous y trouvons en effet que le terrain dont il s'agit fut bien acheté en 1569, mais que la bénédiction n'en fut cependant faite qu'en 1573 par M'' l'évéque d'Ebron , Nicolas Lagrenée , qui précédemment avait été curé de St.-6ermain et n'avait quitté ce poste que pour être placé à la tète de l'abbaye deSt.- Jean , puis devenir abbé du Mont-St.-Martin » évéque d'Ebron, et enfin suffragant de l'évèché d'Amiens (8). En 1674 on refit les murs du cimetière et en 1593 on planta des tilleuls autour de la croix , mais cela n'em-

« En 1566. Payé pour latter la logette Caite à neuf eu la chimentière ; — raccounté les deux huis de la logette.

« En 1572. Porte du cimetière faite. »

(1^ Antoine de Gréqui , évéque d'Amiens , mort le tO juin 1574. {%) Nicolas Lagrenée fut suffragant des évéques François de Halluin et CSiarles Hémard.

Dépenses pour la bénédiction de la chimentière : Payé à M. Gaillart, chanoine et secrétaire de M. le cardinal, et à M. LeseUyer, pour avoir la permission de faire bénir la dite chimentière 34 s.

A Mgr. révoque d'Ébron, pour avoir fait la bénédiction 46

Au prêtre qui Ta assisté 9

A son serviteur 9

Pour avoir des capons t s. 6 d.

Pour faire nétoyer quelqu'espace de la dite chimentière 4 Pour 5 petites croix à Guérard de Fransures. ... 5

Total . . . 99 s. 6 d.

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pécha pas qu'attssit6t après la bénédicUon on ait commeocé à y enterrer. Le mur séparatif du cimetière et du presbytère ne fut guères entretenu que jusqu'en 1625; il tomba vers celle époque, et on ne le rétablit point. En 1 695 le curé Roussel , qui se trouvait souvent incommodé par les mauvaises odeurs qu*exhalaient les corps, proposa à la fabrique de supprimer ce cimetière et d'en réunir le terrain au jardin du presbytère , à la charge par lui de faire construire à ses frais sous ce cimetière un caveau assez vaste dont TenlréQ donnerait dans Féglise , en la chapelle de St.-Nicolas. La fabrique avait accepté celte proposition , mais Tannée suivante M. Roussel étant revenu sur ce qu'il avait avancé , proposa un autre expédient , celui de ne conserver de l'ancien cimetière que ce qui était nécessaire pour l'enterrement des petits enfants. Par suite de ce projet le cimetière devait être restreint de beaucoup et le jardin du presbytère augmenté d'autant; mais, comme depuis longtemps on enterrait la majeure partie des habitants à St.-Denis , dans les églises et dans les monastères où un grand nombre de familles avaient leurs tombes particulières, enûn qu'il n'était permis d'enterrer dans ce cimetière que des enfants qui n'avaient pas encore atteint l'âge de 14 ans , les marguilliers ne balancèrent point à consentir à la demande du curé. On se transporta donc sur les lieux, et là, après les avoir visités et avoir pesé dans leur sagesse les avantages et les inconvénients de la proposition de M. Roussel, les marguilliers annulèrent la délibération du 13 février 1695 ; et , par une nouvelle du 6 mai 1696 , ils déchargèrent le curé des conditions onéreuses auxquelles il avait

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souscrit , acceptèrent son dernier projet et dirent qa*ane fermeture serait faite aux frais de M. Roussel » à partir de deux pieds et demi du pilier boutant du transept de l'église , qu'elle serait tirée en droite ligne jusqu'au mur joignant la sacristie , et qu'à l'avenir le curé serait chargé de son entrelien (1).

Par cette délibération le cimetière reprenait pour ainsi-dire ses anciennes limites et éprouvait une réduction considérable de ce qu'il avait été depuis près d'un riècle et demi. Avant de donner à la portion de terrain qu'on allait enclaver dans le jardin du presbytère sa nouvelle destination , on se mit en devoir de recueillir les ossements des morts et de leur rendre les honneurs qui leur étaient dus. Le nombre en était considérable ; on en remplit » dit-on , plusieurs voitures ; on les conduisit avec toute la décence convenable au cimetière St.-Denis , et là ils reçurent une sépulture nouvelle. Ceci n'était que le prélude de la suppression qui devait avoir lieu plus tard. En 1698, en effet, on abandonna encore au curé la partie qui était entre le transept et la porte d'entrée de l'église , du côté de la rue St. -Germain , pour prolonger le presbytère jusqu'à l'église (2), et en 1776 on employa le reste à la confection de la sacristie qui existe encore aujourd'hui (3).

C'est ainsi que le cimetière de cette paroisse , après avoir été restreint à diverses époques, finit, comme ceux de toutes les autres paroisses , par être entièrement

(1) Délibération du 26 mai 1696.

(2) Délibération du 26 mai 1698.

(3) DélU)ération8 des 9 mai et 19 juin 1776.

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supprimé à la fin du dernier aiècle. Gela n'a rien qui doive nous surprendre ; tous ces cimetières particuliers étaient alors pour ainsi-dire devenus inutiles. Depuis plusieurs siècles la plupart des habitants de la cité se faisaient enterrer au cimetière St.-Denis ; un grand nombre de familles avaient leurs tombes particulières dans l'intérieur des églises et des monastères pour qui c'était une source de richesses. Cet usage n'était pas conforme à Tesprit de l'église , mais la coutume l'avait emporté sur la toi.

L'église St.-4jermain , comme paroisse et comme propriété de l'abbaye de Sl.-Jean , avait dû recevoir depuis le XII* siècle la dépouille mortelle d'un grand nombre des habitants de la ville. Aussi quand , en parcourant ce qui nous reste des archives de cette paroisse, on voit toutes les familles honorables qui y avaient choisi leur sépulture , on ne peut s'empêcher d^ déplorer la perte des registres si importants pour l'histoire de notre cité.

Le document le plus ancien qui nous fasse connatlre les noms des personnes enterrées et les droits perçus à cet effet, est le compte de 1565-1566. Dans ce compte comme dans tous ceux qui l'ont suivi , nous trouvons un chapitre particulier contenant les noms des personnes mortes dans l'année , les legs qu'elles ont faits à l'église » et les droits qu'elles ont payés pour s'y faire enterrer. De ce document il résulte que dans la deuxième moitié du ivi* siècle il n'existait pas encore de tarif pour les sépultures ; chacun donnait selon sa position et sa fortune , mais il n'était personne qui mourût sans faire son of* fraude. Les sommes données sont généralement minimes,

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ainsi , on lil dans ces comptes donné 6 sols pwir hitt enterrer an enrant , une antre fois on voit donné 20 sols » une autre 30 sols ; ici on donne 100 sols , là des objets en nature vendus aux enchères et qui ont produit 11 livres 2 sols. Pour la première fois dans le compte de 1588-1589 , on lit que personne ne pourra être enterré dans Féglise si l*on ne donne 15 sols ; c'est là le plus ancien règlement des sépultures de cette paroisse. Le tarif général dressé en 1608 par i*évéque Geoffroy de la Marthonie, ne règle rien au sujet du droit de sépulture » on le comprend facilement puisqu'il n'a été fait que pour oster les différends qui sourdent souventes fois entre les curés » aulref prêtres eongrégés et paroissiens des églises. Cependant on y voit un article qui nous prouve qu'il était d'usage de donner une somme déterminée lorsqu'on voulait être enterré dans une église , mais qui nous apprend aussi que le règlement devait en être fait par la fabrique conformément aux dispositions du concile de Tolède , en 1566. Cet article est ainsi conçu : « il ne sera loisible de faire l'ouverture de la terre dans les églises pour inhumer aucun corps sans la permission des curés et des marguilliers auxquels elle sera demandée, sans préjudice des offrandes faites aux fabriques d'icelles églises, au profit desquelles tournera ce qu'on donnera pour ladite ouverture. » Si précédemment on avait limité la somme nécessaire pour pouvoir être enterré dans l'église il faut remarquer qu'on n'avait point encore établi de classes différentes. En 16i8 apparaît donc pour la première fois un tarif régulier dressé par les fabriciens et portant la fixation de droits divers. On Ut en effet à la date du 13 avril que les marguilliers en

charge seront obligés de tenir compte, ^çavoir: pour TooTerture de la terre dans la nef, 12 livres, lorsquH 8*agira d'un corps âgé et jouissant de ses droits , et 30 sols lorsque le défunt sera un enfant , le tout non compris la couverture des fosses qui seront recouvertes à neuf aux dépens des héritiers du défunt , le vieux pavé restant pour le bénéfice de Téglise. En 1734 ce règlement fut changé , le droit exigé pour être enterré dans la nef fut porté à 20 livres pour les personnes ordinaires et à 6 livres pour les enfants au-dessous de dix ans. On n*en resta pas là, on établit aussi des droits plus élevés pour ceux qui voudraient être enterrés dans le chœur, et on les fixa à 30 livres puis à 50 livres , ce qui fut le chiffre réclamé jusqu'à la fin du dernier siècle.

Ces sommes n'étaient pas aussi élevées que celles que demandaient les monastères, dès-lors un grand nombre de personnes voulurent être enterrées dans Téglise de leur paroisse. Toutes n'avalent pas pour cela de tombes partie culières et réservées, sur leèqueUes leurs parents plaçaient des inscriptions ; s'il en existait quelques-unes de ce genre, il est bon de remarquer que la majeure partie étaieal tout simplement recouvertes avec le pavé de l'église. Ainsi que nous l'apprennent les registres aux comptes f pendant le xvi* siècle , c'était l'église qui faisait les frais de ce pavage et elle se servait de carreaux plombées comme plus eificace pour empêcher les émanations des corps. Quelquefois on permettait aux parents de ne point se servir de ces matières , de recouvrir les fosses comme ils voulaient; mais celte condescendance avait amené bien des abus, tant à cause de la lenteur qu'on apportait dan»

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4e travMi) qu'à cafose de rirrégns^terité qui etlsUdt enraUe éfivm te pavage. C*esl pourquoi en 1&70 les marguilliers firent un reglemeDl par lequel il fut établi qu*à raveair il ne Sérail donné aucune pernaissian à Teffiet d*6lre en* terré dan^ Téglise , si les parents ou héritiers ne voulaient consentir et s'engager à Taire recouvrir les fosses dans les trois jours qui suivraient Tenterrement , ou tout au ^lus tard dans la huitaine , avec des carreaux de pierre de camp. Par le mènie règlement, on fixa la grandeur et le oofDbre des carreaux nécessaires de la manière suivante: pour les enfants jusqu'à Fâge de cinq ans, 6 carreaux; pour lesenfonts depuis Fâge de cinq ans jusqu'à quinze , & earreiux *^ enfiti pour toute personne ayant plus de quinze ans^r comme pour les vieillards, 13 earreaun ; la fabrique se réserva en outre les pavés qui avaient déjà «ervi afin de pouvoir réparer les endroits où le pavé de l'église Mraiten mauvais élat. Par ce règlei^nt, lesper-^ «onnes qui avalent des tombes particulières ne furent point olHigees de se servir de ces carreaux ei d'en mettre eba(|ite fois qu'oa enterrait quelqu'un de teur famille , on les ^i»(reignlt seulement à paver le tour de ces fosses en pierre -ée camp, pour la régularité. Ge fut conformément à celte délibération que le 21 septembre 1671 un marché fui paésé entra la fabriqne représentée alors par Jean de Daours, mlu-guUiier en charge, et Nicolas Gambier, maître maçon à Amiens , dans lequel les prix furent foés ainsi qu'il suit : Gambier s'engagea à paver à ses frais toutes les fosses faites dans l'église et à fournir en outre les matières nécessaires telles que terre , chaux et pierres de aamp , à raison : 1' de 4 pavés* pour les enfants au-

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dessous de cinq ans, moyennant 42 sols; 2* de 8 pavés pour les jeunes gens au-dessous de quinze ans , moyennant 55 sols; 3' de 12 pavés pour les personnes au-dessus de quinze ans et pour les vieillards, moyennant 65 sols; sauf à augmenter ou à diminuer le prix, selon qu'il écherra, lorsque les parents auront visité les fosses.

Par ce même traité il fut dit aussi que ces sommes seraient payées à Tenlrepreneur directement par les héritiers du défunt , et à sa diligence, sans qu'il pût en aucun cas, et pour quelque motif que ce soit , avoir son recours contre la fabrique. Gambier de son côté s'engagea à faire paver les fosses dans les trois jours qui suivraient l'en*terrement, et il fut stipulé que ce délai passé les fosses seraient pavées par la fabrique aux dépens de l'entrepreneur , quelque fût le prix réclamé par l'ouvrier h qui elle s'adresserait. Il fut aussi établi des réserves pour les personnes qui %'oudraient faire faire le travail par un autre maçon que l'entrepreneur : d'abord elles devaient en demander la permission à la fabrique, et se conformer «n tout à ce qui était prescrit à l'entrepreneur. Ce dernier était obligé de les avertir de ce qu'il y avait à faire aussitôt après l'enterrement , du délai dans lequel les fosses devaient être recouvertes; si les parents du défunt ne i'en diargeaientpas, il n'avait droit à aucune réclamation.

En passant ce marché, les marguiliiers avaient cru pouvoir se dispenser à l'avenir de refaire le pavé de l'église ; mais il n'en fut point ainsi, et nous en trouvons la preuve aux comptes des années 168S, 1694 et 1695.

Mn 1764 et 1776 on dut s*occuper du pavage général. i#e 27 septembre 1764 , un marché fut passé avec un

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marbrier deSenlîs nommé Magoier, à Teffet de remettre à neuf le sanctuaire » de renouveler les marches sur lesquelles était placée la table de communion » et de faire le tout en pierre de Sentis. En 1776 on passa avec le même marbrier un marché pour le chœur ; le prix en fut fixé à 33 livres la toise. Enfin on avait le projet d*en agir de même pour la nef et le reste de Téglise » mais la révolution de 1789 vînt y mettre obstacle , et ce projet ne fut point réalisé (1).

Si , des tombes ordinaires et pour ainsi dire communes, je passe à Texamen des sépultures privilégiées et héréditaires , je ne puis m*empécher de remarquer combien elles oO^rent d'intérêt pour l'histoire de la cité; j'y retrouve en effet les tombes d'une grande partie des familles qui au ivi* siècle faisaient partie de Téchevinage (i), et les registres de cette paroisse nous apprennent qu'elle comptait au nombre de ses habitants beaucoup d'autres familles placées alors dans le commerce, qui existent encore dans notre cité, mais qui, parvenues à une position sociale plus élevée , ignorent sans doute aujourd'hui que là fut le berceau et le tombeau de leurs ancêtres.

La plupart des tombes appartenant aux personnes qui avaient fait des fondations portaient soit sur la pierre qui les recouvrait, soit sur la muraille au pied de laquelle elles étaient creusées , l'extrait de l'acte passé entre la fabrique et le fondateur ou ses héritiers. On voyait aussi

(1) Voir les registres des délibératioDs.

(2) Dans les registres du xvi« siècle on voit en effet figurer au nombre des habitants de cette paroisse, les Louvel, les Saisseval, les Fauvel, les Glabaud, les St-Fuscien, les Famechon, les Louvencourt et beaucoup d*autret noms portés sur la liste de nos maîeurs.

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dei micripUoiia gr^vé^s sur des plaques i$ cuivre qu^ Ton scellait daos les murs. Ost ainsi que, dans la cba** pelle de Notre-Dame, près de Tabside, se voyait autrefois le tombeau de Henri Lemaislre et de Jacqueline de Fontaine, sa femme , fondateurs de la messe de six heures» qnl a donné lieu à tant de commentaires ; que dans U cbapelle de Ste-Anne , près des orgues , se trouvait la tombe de Qaire Dupont, femme Delatlre , qui a tant contribué à Tagrandissement de l'église; enfin que dans d'autres endroits les sépultures d*un grand nombre de bienfaiteurs, les Reveloy, les Conty, les Beaupigné, les Lecouvreur, les Ducaurel, etc., car il est à remarquer que souvent Ton choisissait pour le lieu de sa sépulture bi place même que Ton avait occupé pendant sa vie.

Les laïcs étaient ordinairemenl enterrés dans la nef et dans les bas*c6lés, mais le chœur et le sanctuaire étaient plus spécialement réservés aux curés et aux prêtres de la paroisse. Cela n*empêchalt pas cependant d*y admettra quelquefois des laïcs, mais plus particulièrement des personnes distinguées par leur rang et leur naissance.

Derrière le mattre-aulel se trouvait la tombe de sir4 Jean Loclerc , décédé vers t563 , prêtre de celle église. Originaire d*^miens , il appartenait à une famille recomr mandable de la puissante corporation des tauneurs ; bien-^ foileur de sa paroisse, il y avait laissé des fonds affectés au service de l'église, outre les fondations qu'il avait faites pour le repos de son âme, On avait placé sur sa tombe un autel et construit une petite chapelle à laquelle on avait donné son nom , ainsi qu'on peut le voir dans les comptes de 1578 k 1^73.

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CoDtre le prunier pilier du chcBur, près du sancbiafare, du côté de TépUre, on voyait au x?iii* siècle les tombeaux de Pierre Boucher et de M. Roussel, anciens curés. A ce pilier était attachée une table de marbre blanc sur laquelle était gravée , au trait et en noir , la figure du bra pasteur parlant sur ses épaules la brebis égarée. On y Usait aussi Tinscription suivante qui contient la liste des fondations que P. Boucher avait faites dans Téglise dont il avait été le père pendant près de vingt-trois ans.

PastOr utrobique vigilantissimus , mr sacerdotali zelo magnus, regendis parochianis prudentid et dexteritate major ; uiriusque disciplinœ, religiosœ et ecclesiasticœ 06servantid maximus. Erga pauperes charitate, erga omnes liheralitate supereminens ; qui sancti Germani retiquias in capsâ argenteâ condi, et retrd , suprâqm majm altare collocari curamt. Baldachino, sex cmdelabris argenteis ^ aliisque donis hanc ecclesiam ditavit. Charitatis schola$iMtituit; quinquaginta libras hit jus parœciœ pauperibus distrihuendas reliquit. Annis plenus , suis carus, omnium luetu, sanctèobiit.

M. Roussel , son successeur , avait fait graver à la suite de celle inscription , qu'il avait faite , ses propres nom, prénoms et qualités. Lié d'amilié avec Pierre Boucher, M. Roussel avait voulu être enterré à ses côtés; c^est pour cela qu'il avait préparé la table de marbre , de manière qu*il n*y eût plus à remplir que la date de sa mort qui arriva le 31 janvier 1713 ; il était âgé de 54 ans et avait occupé celle cure pendant 22 ans.

Contre le pilier opposé un tableau en bois rappelait

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-goutte là était la dépouille mortelle de là femille de Louvencourt. Les registres de la fabrique nous apprennent les noms de plusieurs de ses membres qui y avaient été aussi déposés dans le xvi* siècle. Nous y voyons Fran* cols de Louvencourt , mort en 1568 ; Jean , conseiller au bailliage, décédé en 1569» qui avait donné 10 livres pour être enterré a celte place ; enfin Augustin de Louvencourt , ma!eur de la ville , à laquelle il rendit de si importants services dans les années malheureuses de 1595 , 1598 et 1602 , y avait fait déposer les cdrps de plusieurs de ses enfants. Il voulut être enterré près de beux qu'il avait pleures , avec la demoiselle Gamin , son épouse. Ils étaient représentés tous les deux sur le tableau placé au-dessus de Icur^ tombe ; une inscription en lettres d*or gravée dans un cartouche de marbre noir posé en-dessous » rappelait que la paroisse lui était redevable de la chaire.

La famille de Louvencourt habita la paroisse St-Germain pendant le xvi* siècle et une partie du xvIl^ Son hôtel était rue du Chapeau-de- Violettes. Là sans doute était né Augustin de Louvencourt, chanoine et archidiacre de notre cathédrale, que les mémoires du temps nous représentent comme un homme intègre et vertueux, ne cherchant que la gloire de Dieu» très-humain, et qui sut tenir son rang avec honneur. Comme les autres membres de sa famille , il avait été le bienfaiteur de sa paroisse. Pendant longtemps on en a gardé le souvenir, et chacun ne manquait jamais de se rappeler ses vertus et ses bienfaits , lorsque dans les grandes cérémonies de Véglise on voyait les riches ornements qu*il avait don-

nés 6t sur lesquels it avait fait apposer ses arnes (1). Dans le chœur , près du mattre-autel > une pierre gra* ▼ée portait Vécusson de Pierre Lecouslelier , sieur de Coupel, ancien marchand, dont le nom figure en 1490 8ur la liste des maîtres de la confrérie du Puy , avec ta devise : Ciel contenant lumière glorieuse. On lui doit la construction des deux chapelles placées dans le bascôté en face delà chaire» lesquels autrefois faisaient partie du cimetière (2). Dans Tune se voit encore le sépulcre de Notre-Seigneur avec NIcodème, Joseph d*Ârimathie et les saintes femmes occupés à ensevelir le Sauveur.

(1) Uusage de mettre les armoiries d'une famille sur les ornements servant au culte a été généralement répandu dans le xiv«, le xv» et le XVI* siècle, n ne faut cependant pas croire que cette coutume ait été admise par les lois de Tégiise ; pour s'en convaincre, il suffit de lire les critiques qu'en ont faite plusieurs écrivains sacrés tels que JeanTauler, savant dominicain, mort en 1361; Gabriel Paléota, archevêque de Bologne au xvi« siècle, l'ami de sain^ Charles Borromée » qui a publié un ouvrage contre l'usage des armoiries en l'église, enfin M. Bourdaise, dans son livre de Sentiments et Maximes, où on lit ce qui suit : (( Ceux qui font porter leurs armes sur des chasubles à des prêtres célébrant la sainte messe, comparent ces prêtres à des mulets, puisque les uns comme les autres sont couverts des armes de monsieur et de madame. Chose infâme , toute remplie de superbe pour les messieurs et les dames, et de bassesse de courage pour les prêtres. »

Tauler , savant dominicain , dit que ceux qui mettent des armoiries ou des noms sur des présents faits à Féglise, cherchent leur récompense sur la terre. Un vassal aurait mauvaise grâce à mettre ses armes sur un présent qu'il veut faire à son seigneur. L'autel et le prêtre qui représentent Jésus -Christ sont-ils moins estimables qu'un écuyer, un valet de chambre ? Faut-il les mettre au rang des chars et des la<}uais, en faisant porter leurs livrées aux uns et aux autres ?

(2) Ce fait me parait prouvé par l'agrandissement de l'église qui n*a en lieu en cet endroit qu'après la donation de Delattre et l'acquisition de 1559. Voir ce qui a été dit à la page 85.

Dans rttttre 86 trouirait le tmnbeau (to la mère de lém^ entouré des apôtres qui lui reodaieutles derniers deviNrs. Les flgures de ces deui^ sépulcres élaieot eu pierres peintes et dorées de grandeur uaturelle. A Taspect de cçs deux chapelles il est facile de voir qu'elles ne sont autre chose que d*anciefis tombeaux. Pierre Lecoustelier , mort en 1518 (1) , avait fait construire la première pour que son oorps y fut déposé ; la seconde avait aussi été couslruite par ses ordres pour élre la sépulture de Marie Lecat (2) , sa femme , décédée en Xhii ; c'est là en effet qu elle fat enterré^, tandis que Pierre Lecoustelier le fut près du maiire-autel , ainsi que je Ta! dit plus haut. A la fln du xviii* siècle , on voyait encore dans la chapelle de Marie Lecat^ répitaphe de ces deux époux gravée sur la pierre. Au-dessus de l'arcade qui ferme l'entrée de la chapelle où se trouvait le tombeau de la Ste- Vierge , ou avait pratiqué dans l'épaisseur du mur une petite arcade dans laquelle était représenté le marlyr de saint Hippolyle. Les figures étaient en pierre peinte. Suivant les documents laissés par Pages, à la fin du wii** ou au commencement du xviir siècle, on avait embelli cette arcade d'une belle corniche en bois et de deux pilastres d'ordre composite, le tout

(1) Lq famille Lecoustelier a continué d'habiter la paroisse St-Germain, car en 1591 lea registres aux comptes parlent encore de la mort d'un autre Pierre Lecoustelier.

(i) Famille honorable de cette ville. En 1483, Vincent Lecat, marchand h Amiens, était maitre de la confrérie du Puy ; il avait pour devise: Plaisante Esther du roi des deux eslute. En 1550 et 1561 nous voyons sur la liste des maieurs, Firmin Lecat II était de la reli|$ion des réforméAt ^^ comme U fnt soupçonné de favoriser U parti dea huguenots, le roi, par des lettres patentes, lui fit r«tirer les clefs d« U vilU.

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p«M en iPf rt canpaa et doré. Ce trtTtfll «?ttt été m4* oolé par 1111 nommé Bleesen, peintre et doreur de la yiile, regardé comme très-habile dans FimitalioD du marbre.

06 tm deux tombeaux , celui où Ton voyait lo (^ pulore di la «ainte Vierge, a été entièrement détruit. Lei écussoos de la famiUe Lecat placés sur la clef de Yoâte, ent été grattés ou enlevés » et la pierre sépulcrale a*a pas mtoeété respectée. Une vieille armoire destinée à lacon* grégalion de la sainte Vierge a remplacé, depuis plusieurs années , les sépultures qui faisaient Tornement de cetts chapelle , et un confessionnal , placé en face , (i^rmet k peine d*y entrer. Il n*en est pas de même de la chapelle des* tioée à la sépulture de Pierre Lecoustelier. Le tombeau du Sauveur , quoique détérioré , existe encore , mais à peine peut-on y entrer , à cause du confessionnal qu*on y a m%U heureusement établi , et qui n*y laisse qu'un étroit passage pour aller au presbytère. Sur ce sépulcre se voit la date de sa construction , 1506 ; sur Tune des voûtes se trouve aussi un écusson portant les deux lettres PL; sur une autre, on voit un emblème de la mort divisé en deux parties : à droite un chat assis sur le derrière et croquant une souris , à gauche les deux lettres grecques « et « placées Tune sur Tautre et séparées par une barre.

En vain on chercherait aujourd'hui dans cette église quelques-unes des inscriptions naïves du xv* et du xvi* siècle ; s'il en existe encore, elles sont ensevelies sous cet épais babigeon dont on s'est plu depuis un demi-siècle à recouvrir les murailles du monument, et elles ne pourront voir le jour que lorsque l'on comprendra combien ce mode de barbouillage est ignoble, et que l'on consentira à Ym-^

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lever avee soIq. ToqI le monde sait d'ailieiirs que presque toutes les anciennes pierres tomolaires ont été détruites dans les jours néfastes où Téglise fut destinée à servir d'abattoir ; et celles qui sont restées, sont tellement usées qu'il est difficile d*y reconnaître quelque chose. En outre, réglise» lors du rétablissement du culte, fut repavée avec une foule de pierres tumulaires provenant d'autres monuments religieux , il est donc impossible d*y rien rencontrer de particulier à la paroisse. Il en est une qui n'existe plus , il est vrai , mais que nous a conservée le père Dajre dans son Histoire littéraire de la ville (T Amiens, (page i75) » et qui doit ici trouver sa place , car elle était gravée sur la tombe de Marie Deberny, première femme d'Antoine Pingre (I), merle le 2S octobre 1570 et enterrée dans cette église; elle est ainsi conçue :

il faut qu'en ce sacré temple

On contemple ici un temple d'honneur:

De vertus un riche vase ,

Une base Et consommé de bonheur.

Un flambeau , une lumière Singulière I

(i) Antoine Pingre avait épousé en premières noces Marie Debemy» décédée en 1570, et il épousa en secondes noces Ysabeau Lamy, qui mourut en 1583. Il figure plusieurs fois sur la liste des maîtres de la confrérie du Puy ; d'après les registres mortuaires, cette famille habitait encore la paroisse St-Germain dans le xvui* siècle.

Il en est de même de la famille Debemy dont le nom figure sur la liste de nos maleurs, où nous voyons Antoine Debemy &ux année* 1188, 1618 et 1610.

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Un autel de sainteté,

Où éloient pour beaux ouvrages,

Les images De justice et de piété.

Çà fault que son nom je die

Et publie, Cesl Marie de Berny , Qui a comme une fidelle

Damoi^elle Son biau fond ici fourny.

Cest la conpagne amitable

Et louable De sire Antoine Pingre, Qui par son bien triste style,

En la ville.

Obtient le premier degré.

Cest celle que tient en serre

Ce parterre, La mort blême entre ces bras, Et seroit passagère ombre

De ce nombre Servant au tombeau d^appas.

Que dis^e donc? je m^abuse ,

Qu'on m'excuse; Pour reposer ci-dessous La mort point ne la dévore,

Car encore Vit au cœur de son époux.

Vit en la médaille vive

Et naïve De ses blen-aimés enfans, Qu'en vertueuse noblesse

Et sagesse Ung chacun voit Iriomphaiis.

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£t par charitable flamttè»

Vit dans Tàme Des pauvres en toute saison Qui la font au Ciel tOTivre,

Et lui livre Une éternelle maison.

Déplie , 6 tout immense (

Ta clémence Aujourd'hui vers Tesprit sien; En attendant la jernéé

Ordonnée À tous momens de son lien.

Ce serait sans doute ici le lieu d'entrer dans quelques détails sur les cérémonies qui se pratiquaient autrefois à la mort de chacun des paroissiens» ce cerail aissi le moment de parler des prières que Ton faisait pour les morts aux jours de leurs enterrements » aux anniversaires et à certains jours de Tannée , enSn de fairo connaître les droits perçus en cette occâfsioâ par le clergé et par les fabriques; mais comme ce qui se passait enTégliseSt- Germain n'avait rien de particulier, toutes les autres paroisses de la ville observant les mêmes riles , je me contenterai de faire remarquer , quelles qu'aient été les variations introduites par le temps dans ce genre de cérémonies, qu'il sera toujours impossible de méconnaître la ressemblance frappante qui existe entre les usages des anciens et les nôtres (1).

S •• Fondatioiis.

Après avoir examiné avec atteniiofl tous les registres

(i) Voir note H.

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aux compteiset t^s tes titr^ qel composent les arihhres de \tk paroi^i»é St-6ermdio , il m*a été impossible de trou*ver aucune fondation qui remontât au-delà du tiV* siècle» il n*en existe même qu'une de ce dernier, toutes \eû autres sont des x\% xvi% xvii'et xvih» siècles, et je dois dire d'avance que c'est dans 4e xvii* que ces actes ont été les plus nombreux. Il est encore un autre genre de pièces que je ne puis passer sous silence , parce qu'elles se rattachent d'une manière toute particulière au sujet dont il est ici question , ce sont des testaments reçus par les curés et dans lesquels chaque mourant règle ses funérailles , ISxela somme à payera chacun et laisse toujours quelque chose soit à l'église , soit à la fabrique et déclare préalablement ne pas vouloir mourir mtestat. Tous css testaments appartiennent au xvir et au xviii* siècle, un seul est du xvi% Pour mettre plus d'ordre dans la nomenclature de tous ces actes, qui peuvent jeter tant deiumières sur les familles qui ont habité cette paroisse et en ont été les bienfaiteurs, je suivrai Tordre des siècles^ en commençant parle xiv'eten remontant ainsi jusqu'à nous* XIV" siède. — Ainsi que je viens de le dire, il n'existe plus dans les archives qu'une seule fondation faite au xiv* siècle , c'est celle d'un obit fondé à perpétuité par un cha^ Doine d'Amiens , nommé Jacques Pelit, originaire de la paroisse St-Germain. Les lettres en parchemin délivrées à la fabrique par MM. les doyen et membres du Chapitre d'Amiens, à la date du 31 juillet 1368^ portent : que pour l'acquit de cette fondation » Jacques Petit a donné une rente de iQ sois k prendre sur celle de 7 livres 16 sous kiisiée à MM. du Chapitre, mr lésâoBMtinesde Bamaisoil

et de Cruche. SuiTaot les disposiliws da fondateur , cet obit devait être chanté le 27 septembre de chaque année , et les 10 sols devaient ôtre distribués ainsi qu*ii suit :

5 sols au curé ; 2 à son chapelain ou vicaire ; 2 à la fabrique, pour luminaire fourni; 1 au clerc.

On ne trouve aucune trace de cette fondation dans les registres aux comptes qui subsistent encore» ce qui prouve qu'avant le xvi* siècle les fonds laissés par le chanoine Petit avaient déjà été absorbés par la fabrique et que Tobil ne se disait pius^ quoique fondé à perpétuité.

XV* siècle. — î" fondation. Miquiel Agcatel.

La première fondation que Ton rencontre dans le xvi* siècle, est celle d'un bourgeois d'Amiens nommé Miquiel Accatelle; elle résulte de deux lettres sur parchemin délivrées par Tofficial d^Aroiens. La première est une expédition du testament de Miquiel Accatelle, la deuxième contient acceptation de la succession de ce dernier par son neveu, avec obligation d'en acquitter les legs et charges aux termes du testament.

Par ces actes , on voit que Miquiel Accatelle a fondé deux services solennels qui devaient être dits à perpétuité en la chapelle St-Nicaise, et qu'il a laissé une rente annuelle de 6 livres 5 sols parisis par chaque service. Son neveu ou ses héritiers ont été chargés du paiement de cette rente, à laquelle il a affecté plusieurs cens établis sur divers immeubles situés à Amiens.

Là ne se sont point bornés les générosités du fondateur, on voit en effet dans son testament diverses donations fattes tant à l'église St-6ermain qu'à plusieurs autres de

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la ville , la désignation du lieu de sa sépttUure , et le règlement de ses fanérailles. Il déclare:

l"" vouloir ôtre enterré en TégUse Si-Germain , au dewmt de r autel St-Nicaise, au plus près du lieu ou pioche oè est enterrée Colaye laquaiUe , sa femme. Â cet effet il laisse :

A la fiibrique 8 1. > s. parisli.

An curé 16 id.

Au chapelain 12 id.

Au clerc 8 id.

Total . . . . 91. IGs. parisis.

2* QuMl soit dit , le jour de son décès, treize messes ; 3* Que ce même jour il soit donné :

A la fabrique de Notre-Dame d'Amiens . . 4 1. » s. parisls.

AlamaisondeSt-NicolaSi aux pauvres clercs 2 • id.

Aux pauvres clercs portant le signe ou capetle de la maison 16 » id.

Aux Augustins 4 » id.

AuxGordeliers 4 b id.

AuxJacolnns 8 » id.

à la charge par ces trois ordres mendiants d'assister à son enterrement, de dire vigiles des morts à son service, le tout en la manière accoutumée.

Pour réparer le Béguignage ..... 2 » id.

Aux pauvres de l'église St-Germain ... 20 » id.

Aux ladres des maladreries de Rivery, à partager entre eux par égale portion » 10 id.

Total . . . . 60 1. 10 s. parisis.

Enfin il veut qu'il soit dit pendant six années six

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anauêls de messe» un par chaque année, pour le repos de son àme , de celle de sa femme ^ et de ses père et mère*

Pour solder toutes ces dépenses» il laisse à son neveu» une maison sise dans Tan des Taubourgs d*Amiens » rue St-Jacques» et divers cens établis sur plusieurs immeubles.

Après avoir ainsi disposé de ses biens» il prévoit le cas où son neveu Odench viendrait à décéder sans postérité» et déclare que» s*il en était ainsi» ThApilal St-Jean (rH6tel'Dieu) doit être son héritier.

2* Pierre Lorlu (1441).

Par testament du 4 juillet 1441 et dont expédition sur parchemin a été délivrée à la fabrique de St-Germain par TofiBcial d* Amiens » Pierre Lorlu» bourgeois d'Amiens et marchand en cette ville» a déclaré vouloir être enterré en réglise St-Germain» et donner à cet effet un marc d'argent et deux saints d*or (1). S*occupant ensuite de régler ses obsèques dont il laissa à son fils le soin de payer le montant» il déclare vouloir que pour son enterrement il soit payé :

Au curé 8 s. parisis.

Au chapelain 4 s. id.

Au clerc ts, id.

Total .... 14 s« pariais.

(1) Le salut d*or était une monnaie que Charles VI fit firapper en 1421. Le salut était d'or fin, du poids de 63 au marc» et valait 15 sols. Cette monnaie tirait son nom de la salutation angélique qui y était représentée. Charles YI fut le seul roi de France qui en fit firapper. Henri YI, roi d'Angleterre, en fit frapper de même poids, de même valeur et de même titre, pendant qu'il possédait une partie de la France.

- tl —

11 Ordonne qne les trois ordres nuenditnts, AognsriDs, Cordeliers» Jacobins, assistent à ses convoi et vigiles; qae le jour de son décès il soit dit treize messes de suite , cpi'un moids de blé converti en pains soit distribué aux pauvres de la paroisse , enfin qu'il soit dit un annuel de messes pour le repos de son àme.

S"" Hbnri Lemaistre (1450).

Cette fondation étant celle que les historiens de la ville ont regardée comme la plus remarquable , à cause des conséquences que la tradition lui a attribuées , il ne sera pas inutile d'entrer dans quelques détails à son égard.

D'après les anciens inventaires des titres de la paroisse SirGermain, Il existait au xvii* siècle, et il existe encore aujourd'hui , quatre lettres en parctemin attachées ensemble, qui forment la liasse principale des titres de cette fondation. La première et la seconde méritent seules notre attention, la troisième et la quatrième n'étant que la ratification ou l'approbation de ce qui est contenu dans la deuxième tant par le bailli d'Amiens que par le supérieur général des Prémontrés. La première est un vidimus des lettres d'amortissement données par le roi Quirles VU » en son château de Montilz-les-Tours > au mois de janvier 1460 (1). La deuxième est un accord ou traité fiait entre l'abbé et les religieux de St-Jean, la veuve et les exécuteurs testamentaires de Henri Lemaistre et les marguiliiers de St-Germaia, le 22 janvier 1150, et réalisé par acte authentique le 23 janvier 1452. C'est à

(i) On appelait vidimus une copie cPun titre collationnée %\a ToritSEMl par une autorité qu6iconque qui en attestait la vérité.

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rdde de ces pièces que nous allons en retracer TUstoire. Henri Lemaistre, bourgeois d'Âmleos, avait épousé Jacqueline de Fontaine, veuve en premières noces de Jacques Auxcottsteaux , de cette ville. Aucun enrant n*était survenu de ce mariage, et pendant toute leur vie ces deux époux avaient liabité la paroisse St-6ermain. Non contents d'avoir été les bienraileurs de celte église, d'avoir contribué pour des sommes considérables tant à sa construction qu*à sa décoration, Henri Lemaistre et sa femme, voyant la mort approcher, voulurent encore donner à Téglise St-Germain une dernière marque de leur pi^té, de leur affection, en la choisissant pour leur dernière demeure et en y Tondant une messe à perpétuité. Cet acte de dernière volonté ne fut pas , comme on pourrait le croire , le produit d'une idée subite ou étrangère qui leur aurait été suggérée à l'approche de la mort; il était basé sur un principe plus pur et plus élevé, c'était le résultat de cet esprit de paroisse que nous ne connaissons plus aujourd'hui, et qui, pendant des siècles, fut toujours inséparable de l'esprit de famille qui lui avait donné naissance. Aussi cette pensée avait-elle été , pendant de longues années, l'objet des réflexions de Henri Lemaistre. En effet, en 1428, c'est-à-dire vingt-quatre ans avant sa mort , je vois Henri Lemaistre faire Tacquisition d'^n fief, et dans le contrat déclarer formellement que cette propriété est destinée à la fondation d'une messe à perpétuité. Henri Lemaistre ne fit cependant pas la fondation dont s'agit pendant sa vie , il se contenta d'en exprimer l'intention , il laissa ce soin à ses exécuteurs lestamenlaires et à sa femme qui lui survécut. Ces deux

éprax ignorafit celui des deux qai ëécéderait le premier , s'étaient contentés d*exprinier leurs dernières volontés daBs un testament mutuel du 8S janvier 1450 et d*y insérer les clauses et conditions de la fondation qu'ils voulaient faire , laii^ant d'ailleurs au survivant et aux exé- CHteurs testamentaires du premier décédé le soin de la réaliser. Henri Lemaistre mourut le premier et aussitôt sa femme et ses exécuteurs testamentaires s'empressèrent de réaliser les volontés exprimées dans son testament. L'intention du testateur avait été de fonder en l'église St- Germain une messe basse à perpétuité pour tous les jours de l'année , en la chapelle Notre-Dame , laquelle messe devait être dite à six heures du matin. Pour remplir sa volonté, les exécuteurs testamentaires s'adressèrent à l'abbé de St-Jean et au curé primitif de l'église St-6ermain. A cette époque, le chef de l'abbaye des Prémontrés n'était point encore commendataire (1) , il était régulier, et, à ce titre, il faisait desservir la cure de St-6ermain soit par un de ses religieux, soit par une autre personne à son choix , et n'en conservait pas moins les titres et les droits attribués au chef de la paroisse. Gela se passait sous le gouvernement de Mathieu Goierel , mort en 1455. Cet homme célèbre , qui avait assisté au concile de Bàle où il avait fait confirmer les privilèges de son abbaye, avait desservi lui-même la cure de St-Germain avant d'être élevé à la dignité d'abbé de St-Jean, et de la confusion des deux titres d'abbé et de curé primitif réunis sur la tête d'une seule et même personne, est sans doute

(i) Le premier abbé commendataire de cette abbaye fat Antoine Sëgoier, nommé en 1600.

venue Terreur qui a donné Heu à la tradition Eabuteoie dont ont parlé les historiens de cette ville.

Dans rinventaire de 1642 , les eonditions prescrites par les actes de 1450 et 146S , sont analysées ainsi (1) : 1* La messe sera célébrée tous les jours à six heures du matin , par un religieux de Fabbaye de St.-Jean , ou par un autre à ce député, à Texclusion du curé de la pa-< roisse et de son vicaire.

2* Le prêtre officiant» après le Confiteor et avant VintroU, devra se tourner vers le peuple et dire , à haateel intelligible voix , ces paroles : Ce$t la messe ordonnée par Henri Lemaistre et Jacqueline de Fontaine, sa femme, pour lesquels et leurs bienfaiteurs, nous dirons Pater noster et Ave Maria tout du long,

3' Si le religieux ou le préposé oubliait de dire cette messe , les abbé et religieux de St.-Jean paieraient à la fabrique cinq sols par chaque manquement.

Si on oubliait de la dire à six heures ou environ , ou de dire les paroles ci-dessus , les abbé et religieux paieraient par chaque fois 12 deniers au profit de la fabrique.

i* Les abbé et religieux de St.-Jean donneront tous les ans à la fabrique quarante sols parisis , et au clerc de la paroisse vingt sols parisis.

5* Attendu les dons ci-dessus , les curé et marguilliers seront tenus de maintenir en bon état et d'entretenir la cloche destinée à sonner la messe.

Si la cloche donnée vient à être fêlée ou cassée, elle sera refondue du poids de 600 liv. , comme elle était , aux frais et dépens des abbé et religieux.

(i) Voir Note I.

Is clerc sera teau de a^iuier cette messe à deax diflE^ rentes Tois , de vingt Tolées au npioins chacune , et ce afin que , daos Viateryalle t on puisse dire les psaun^ Mis^^ rer€ et De profimdis.

&" La fabrique sera tenue de rournirdeux cierges pour la messe, et une torcbe à rélévation; plus tous les objets nécessaires au prêtre.

Les articles 7,8,9, regardent Tamortissement du fief.

10* Il sera posé dans la chapelle Notre^^Dame une pierre dure , ou plaque en cuivre , aux dépens des dé* funts , sur laquelle seront inscrites la fondation et les principales clauses du contrat.

Pour faciliter Texécution de cette fondation aux con* ditions ci-dessus exprimées, Btenri Lemaistre donne à Tabbaye de St.-Jean un fief situé à Mézières-en-Santerre, estimé , dans les lettres d*amortlssement , à la valeur de 60 liv, de revenu annuel. Le fief relevait de la maison de Poix ; Henri Lemaistre en avait fait l'acquisition, en IISS, de Baoul de Soissons , et la vente en avait été approuvée et ratifiée par Thibaut de Soissons , seigneur de Moreuil, et par Marguerite de Poix , père et mère du vendeur.

Les exécuteurs testamentaires, aussitôt le décès de Henri Lemaistre , se pourvurent devant le roi Charles YII pour obtenir des lettres d'amortissement; ce monarque les accorda par lettres du mois de janvier 1450, données au château de Montilz-lès-Tours (1), et les droits à payer furent fixés à la somme de 400 livres tournois, qui fureût affectées tout de suite au rachat de la revenue , domaine,

(1) Voir note K.

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terre et seigneurfe de Diiii4e-Roy , qni aagttères afsdt été donnée en gage par Charles Vil à un chevalier gascon nommé Robert Soingnac , ponr 380 royaux d*or, ainsi que cela est formellement exprimé dans les lettres mêmes d'amortissement (t ) .

L*abbé de St.-Jean accepta la Tondation de Henri Lemaistre , et ce dernier fut enterré avec sa femme dans la chapelle qu*il avait choisie. On y plaça une lame de cuivre contre la muraille , et sur cette plaque on inscrivit le titre de la fondation et les conditions rapportées plus haut, telles qu'elles avaient été approuvées et ratifiées par Mathieu Goquerel et les marguilliers , dans un acte du 23 janvier 1452, au bas duquel chacune des parties avait apposé son sceau. Enfin , pour se conformer en tout point aux prescriptions du fondateur, les exécuteurs testamen-

(2) La ville de Dun-le-Roy faisait depuis longtemps partie du domaine royal. Arpin , vicomte de Bourges , dernier seigneur de Dun , vendit cette seigneurie au roi Philippe I*' , qui la réunit à son domaine. Philippe-le-Bel échangea la ville et la chatellenie avec Henri de Sully , grand bouteillier de France , pour celles du ch&teau Regnard , qu^U voulait donner à Tarchevéque de Lyon. Les bourgeois furent si touchés de cette aliénation qu*ils prièrent le roi Charles IV , dit le Bel, de la révoquer et de réunir cette ville h son domaine. Le roi leur accorda leur demande , moyennant 4,000 liv. parisis que les bourgeois lui payèrent, et voulut que cette ville demeurât perpétuellement annexée à son domaine. On croit que c*est à cause de ce privilège qu^elle fut nommée Dun-le-Roy. Charles VU ne laissa pas , malgré ce privilège de Charles IV , de mettre deux fois cette ville hors de sa main ; mais , à la prière des habitants , i7 la réunit à la couronne pour y demeurer inséparablement unie. Ces privilèges forent confirmés par Louis XI en 1465 , en sorte que les princes de Condé , qui ont joui du domaine de Pun4e-Roy après le règne de Louis xm, n'ont eu d'autres titres que ceux diengagistes.

LoNGUERUK. Description de ta France.

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tatres donnèreiît à laftibrique» pour premier élabHsMment de la cloche destinée à sonner la messe , 40 éeiM d*or en espèces et 882 livres pesant de métal.

Cette Tondation fut , jusqu'à la fin du dernier siècle , exécutée sans interruption , mais non sans contestations entre la fabrique et Tabbaye de St.-Jean.

Avant de les examiner, qu*il me soit permis de m'ocoiper de la situation de la chapelle choisie par Henri Lemaistre pour lieu de sa sépulture. Â cet égard je ferai remarquer que la chapelle Notre-Dame , dont il est parlé dans son testament , n'était pas de son temps placée au même endroit où elle Ta été depuis. En 1450^ époque de sa mort, le chœur n'était point encore construit, ainsi que je l'ai déjà dit; ce n'est qu'en 1452 que les terrains ont été achetés pour le prolongement de leglise. A celte époque, la chapelle Notre-Dame était bien placée dani^le ba8-c6lé droit, mais à la hauteur seulement des marches du chœur actuel ; c'est là qu*avait été déposé le corps de Henri Lemaistre et celui de sa femme. A la fin du xv* siècle, lorsque les constructions nouvelles furent élevées , la cha* pelle Noire-Dame ne put rester où elle était ; on la transféra dans le fond de l'église , toujours à c6té du mattreautel ^ et dans le même bas-c6té. Or, c'est dans cette nouvelle chapelle que , depuis, fut constamment exécutée la fondation. La lame de cuivre y fut transportée , placée contre la muraille , et il y a lieu de présumer qu'il en fut de même de la dépouille mortelle des deux époux ; cela est d'autant plus probable que Jacqueline de Fontaine vivait encore en 1452, époque de l'acquisition du terrain destiné à prolonger l'église. Cette circonstance doit faire

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ptnaer que Im cbangementa opérés !*auroft( été de < oert avec elle, avaQl sa mort arrivée en U66 ; et qaede plas , elle a contribaé à la décoration de la nouvelte chapelle, soit par suite du transport des décors de Tanoiennedans la nouvelle, soit par des dons particuliers destinés à rembellissement de cette dernière. Au surplus , qu*il en ail été ainsi ou non , toujours est-il que , daos la chapelle placée k côté du mattre-autel actuel , se trouvait autrefois une verrière qui rappelait la fondation de Henri Lraiaistre , et qui a été supprimée avant la révolution de 1789. Pour ne point laisser périr le souvenir de cette fou* dation , on a cependant conservé la figure de Henri h^ maistre à genoux et dans l'attitude d'un honuue en prière , ainsi que cela se voit encore sur le vitrail de cette chapelle , et c'est la seule chose qui puisse nous rappeler la messe de six heures. La plaque de cuivre a disparu dans nos temps de trouble, et maintenant , que d^uis vingt ans environ cette chapelle a été restaurée , que son pavé a été remis à neuf , que les murs ont été recouverts de lourdes boiseries peintes , il ne reste plus que la figure doBt je viens de parier qui puisse rappeler à la postérité les bienfaits , la générosité de Henri Lemaistre et de Jacqueline de Fontaine , sa femme.

J'ai dit plus haut que cette fondation avait donné lieu à un grand nombre de contestations entre la fabrique de St.- Germain et l'abbaye deSt.-Jean,

Ces contestations ont été de deux espèces , et toutes ont pris leur source dans le testament même de Henri Lemaistre. Oeux choses y donnèrent lieu d'un^ m»r Qière plus particulière : 1* les amendes prononcées an

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profit de la fabrique par le testateur , pour le retard ou la négligence apportée par le religieux chargé de la fon^ dation , dans son accomplissement ; S* la rétribution accordée par Henri Lemaistre à ta fabrique pour les fournitures nécessaires à la célébration de la messe , et Témol ument accordé au clerc.

Tant que la valeur de Targent resta la même qu'en 1190, la paix régna entre les parties; mais il n'en fut plus de même quand elle diminua , et la résistance opposée sans cesse par l'abbaye aux justes réclamations de la fabrique^ obligea souvent celte dernière k se pourvoir devant l'autorité compétente , pour foire augmenter les émoluments qui lui étaient accordés par le testament. De 1450 à 1S87 , l'abbaye de St.-Jean avait consenti à porter à 60 sols la somme de 40 , inscrite dans le testament ; à cette dernière époque la fabrique réclama une augmen-^ tation plus forte et plus en harmonie avec la valeur de l'argent. L'abbaye n'y consentit pas tout de suite; mais les registres aux comptes nous apprennent qu'en 1613 cette somme fut portée au double , et que désormais la somme de 5 liv. parisis fut payée chaque année à la fabrique. Bu 1688 de nouvelles réclamations eurent lieu de la «part de cette dernière , et, de la résistance opposée par les religieux naquit un procès dont la durée fut de deux années.

Le 9 juin 1682, les marguilliers de St.-Germain ne pouvant rien obtenir des religieux de St.-Jean par voie amiable, citèrent ces derniers devant TofiBcialité d'Amiens, à l'effet de faire taxer la rétribution que l'abbaye devait donner à la fabrique pour le patn , le vin , les livres , le luminaire , la sonnerie et les ornements fournis par elle

poor la 016686 d6 six heores , el , eo oulr6, condaoMiêr 166 religieux à dire celle messe tous les jours à six heures précises , aux termes du contrat de fondation. Les religieux, au lieu d*aborder franchement la question, se retranchèrent , suivant leur coutume^ dans des exceptions , pour traîner Taffaire en longueur ; ainsi, le 30 juin suivant, ils prétendirent que cette demande ne les regardait pas, que c'était à Tabbé qu'il fallait s'adresser; « nous ne sommes, » disaient-ils, que des commissionnaires, nous n*ac- » quittoBS cette messe que par ordre de l'abbé ; à lui » seul appartient la jouissance des biens de la fondation. » Jusqu'ici Tabbé a fait payer à la fabrique 7 liv. 10 sols, » suivant conventions faites entre elle et lui ; c'est donc » à lui et non à nous que la fabrique doit s'adresser ; au » surplus , nous demandons un délai pour pouvoir Tap- )» peler et le faire intervenir au procès. »

Les procédures de cette exception durèrent une année » et ce ne fut que le 4 juillet 1683 qu'intervint une sentence de Toffieial qui ordonna la mise en cause de l'abbé de St.- Jean. Ce dernier ne comparut point et se laissa condamner par défaut. Tous ces retards , toutes ces lenteurs ne découragèrent point la fabrique, et, après dix-èuit mois de chicanes et de délais de la part de Tabbaye , les marguilliers se mirent en devoir de presser cette affaire et de réclamer la justice qui leur était due. Dans des écritures du 8 mars 1684, c'est-à-dîre près de deux années après leur demande primitive , ils demandèrent une somme de 300 liv. pour la rétribution de la fondation , après avoir rappelé les clauses du testament de Henri Lemaistre , et en avoir signalé , en particulier, une qui n'a point été re--

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prise eft rinveottire de 1M2 , mais qui porte : queksreli^euœ ne pourront tramférer la dite mené en autre lieu, m changer la manière de la dire et faire , à peine de cent marcs k argent, applicables au Bd, par chaque fois. Les margonUers prétendirent que les biens légués étaient affermés, depuis plusieurs années, près de 1,800 liv.; qu'eu égard à ce revenu , la somme qui leur était allouée pour les charges qu'ils avaient à remplir, était infinimeni trop modique ; et , invoquant Tusage général suivi dans tous les diocèses de France, sans en excepter celui d'Amiens et celui d'Orléans , dont l'abbé de St.-Jean était évoque , lequel usage consiste à fixer an tiers du revenu l'indemnité prélevée en faveur des fabriques , ils soutinrent qu'on ne pouvait leur allouer une somme moindre de 300 livres. Les marguilliers ne se bornèrent point à ces moyens ; ils se fondèrent aussi sur la volonté du testateur, sur les termes dont il s'était servi dans l'acte même ; et , rappelant le passage où il est parlé de cette rétribution , ils dirent que , par ces mots : afin fu'U en sait foil plus grande mémoire, et que la fondation foA plus perpétuelle , m la grande rente qui y pour ce^eHor^ donnée, les religieux et couvent seront tenus à pajfer auw marguilliers, etc., Henri Lemaistre n'avait pas voulu donner une rétribution ordinaire , mais en donner une large et grande; qu'enfin il y avait lieu de remédier à la diminution survenue dans la valeur des monnaies depuis deux siècles.

M. de Goislin , évèque d*Orléans et abbé de St.-Jeau , finit par intervenir dans ce procès , et , après plusieurs sentences prononcées sur des exceptions nouvelles pré-

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seatées par les retigieax , telles qae des demandes en œoH maalcation et prodaction de titres , etc.» oe prélat soatiat (tue les charges de la fabrique a^étaient point aussi fortes qu'elle le prétendait ; que , d*abord , le calice , la olodie , le cbandelier, enfin toute la garniture de la ehap^ avaient été donnés par le fondaleur, pour ne servir qu'à Texécution de la fondation , et non pour être journeilement employés à d'autres services ; que la fabrique <tevait aussi avoir des ornements , linges et autres objets destinés à celte messe, lesquels avaient été donnés par Uenri Lemaistre , et que , cependant , le religieux qui dit la messe de six heures était obligé de porter et foumnr journellement tout ce qui était nécessaire pour Texéeution de la fondation ; que la fabrique ne fournissait même qu'un cierge , et que , quand il y en avait deux sur l'autel» le second était toujours payé par le religieux qui disait la messe ; enfin que, dans l'état actuel des choses , il n'y avait pas lieu d'augmenter la rétribution accordée , mais de h laiaser fixée au même taux où elle l'était depuis longues années.

Les marguilliers se sentirent blessés des récriminations de l'abbé de St.-Jean , et ne voulurent point les laisser sans réponse. S'expliquant d'abord sur le chef de la rétribution , ils dirent que si^ jusqu'alors , on s'était contenté de cent sols d'une part et cent sols de l'autre , y compris ce qui était payé au clerc pour l'ouverture de l'église et autres choses à lui prescrites , c'était parce que l'administration de la fabrique, qui ignorait ses droits , avait été laissée entre les mains du curé ; que ce dernier le^avait négligés parce que, religieux lui-même,

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il portait naliireUeaieDt plos d'affiecUoD à sa comiauiuiiité 4ii*k ia curt dans laquelle il n'élait que paatagèrement } mais qu^aojourd'hui il n'en était plus ainsi , lorsque cette admiiiisIrAtiM était confiée à des laïcs. Pour preuTC de c^te assertion y ils ajoutaient que le curé actuel n*avait pas voulu donner son assentiment au procès qui était pendant, dans la crainte de déplaire à son abbé. Be œs faits ils tiraient la conséquence que l'augmeAtation faite par le passé ayant été trop minime , on devait en doMer cette fois une plus considérable , pour récompenser la fsh brique des pertes qu*elle avait éprouvées. En repense aux incriminationsderabbédeS^-Jean.lesmargttilliersdisaient; les religieux ont en leur possession le titre de la fondi^n, tandis que nous nous n'avons que le contrat de 1452 , fait entre les exéeuteurs testamentaires de Henri Lemaistre et Tabbaye ; ils ont toujours refusé de nous les ceamu** Biquer , parce qu'il y a des conditions qui pourraient fiûre revenir cette fondation à St.-Oermain , comme on croit que c'était l'intention du fondateur ; enfin il y a des oblJh gâtions qui ne sont point acquittées par le célébrant^ et pour lesquelles on pourrait réclamer l'amende.

Le 31 mai 1684 , l'officiel mit un terme à ces contes^ tations, qui n'avaient déjà duré que trop longtemps; et » par sentence de ce jour . condamna l'abbaye à pa|fer chaque année à la fabrique de St.-6ermain , 1* une somme de 30 liv. pour la fourniture du pain^ du vin , du luminaire , et pour les ornements qu'elle prête chaque jour à la messe fondée par Henri Lemaistre ; 2* celle de 19 liv, au clerc, pour les obligations qui lui étaient imposées; le lent à dater du jour de la demande , c'est-à-dire depuii

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1 MS. Le 1 3 septembre soi vanl , les r^gieui Merjetèreot appel de cette sentence ; mais les marguilUars en ayant obtenu Vexécution provisoire, il y a lieu de penser que les religieux renoncèrent à leur appel ; car on ne trouve dam les pièces aucun document qui y soit relatif; et depuis cette époque , les registres aux comptes portent constamment qu*il a été payé la somme de 40 11 v. » tant par Tabbé que par tes religieux. Ce paiement était fait dans la proportion suivante : 29 liv. 13 sols 4 den. par Tabbé , et 10 liv. 6 sols 8 den. par les religieux

Ces centeslations ne furent pas les seules auxquelles le testament de Henri Lemaistre donna lieu entre les parties. Nous avons vu la fabrique obligée de se pourvoir devant l'ofiBcial pour obtenir Targent nécessaire à Texécution de la fondation; nous la verrons encore, en maiites ef maintes cireoistances, notamment en 1749 , forcée de se pourvoir devant la même autorité pour faire prononcer des amendes contre les religieux qui n*exécutent pas la volonté du fondateur et ne viennent pas dire la messe de six heures.

De semblables faits sont sans doute à déplorer, mais ils servent à nous démontrer la sagesse des dispositions de Henri Lemaistre ; car , si Ton pouvait en regarder les clauses comme trop minutieuses , à la vue des procès qui en ont été la suite, on reste bientôt convaincu que (Sèl homme de bien a agi sagement en écrivant les dispositions contenues en son testament , et qu'il a eu raison d'établir une espèce de conlr6le entre la fabrique et Tabbaye de St.-Jean. Sans cette sage précaution^ sa fondation aurait bien certainement eu la suite de toutes les autres ; elle aurait été soumise à de graves

modificaUoûs , à des réductions considérables, et n'aiirtit pas reçu son exécution pendant un assez long espaee de lemps.

4* Pierué Estocart (148t.)

Le 25 juillet 1451, Pierre Estocart, marchand à Amiens , demeurant paroisse St.-Germain , près le pont . qui porte ce nom , présenta une requête aux curé et membres de la fabrique de cette église , portant permission de fonder à perpétuité un salut à certains jours de Tannée et sous certaines conditions , moyennant une rente annuelle et perpétuelle , qui serait fixée par les membres de la fabrique. Dans cetle requête on lit ce qui suit :

« Adfin que annuellement et perpétuellement et à tous** jours , et moyennant la rente dont on serait d'accord en somme de deniers pour une fois , les dis manegliers et paroissiens voulsissent se charger de faire direct canter à note solempnellement au chœur d'icelle église, devant le grand autel et par les dits curé et cappellain et clerc, ebascun revêtu d'ung soupplis , si ad ce vouloient consentir, un antienne de Nostre-Dame, le verset et oraison , telle antienne , verset et oraison que le temps désigneroil, aveuc une oraison des trespassés, soubs une clause , tout ce pour le repos de Tâme du dict Pierre Bstocart et de ses bienfaicteurs. C'est assavoir par chascune nuyt des jours de la Nativité nostre seigneur Jésus-Christ , Résurrection, Ascension, Penlhecousle , Trinité, jour de Dieu , Cîrcumcîsion , des Iroys Roys , Conception , Nativité « Annonciation , Purifflcation , Assomption Nostre- Dame, sainci Jehan-Baptiste, sainct Pierre, sainct

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André, salDCt Fremio le martyr, sainct Germain , dé* dicasse d'icelle église , de la Magdeleine , de Toussaint , et par chascun samedy , lantosl après la cloque que od dist à la mère de Dieu , sonnée à Nostre-Dame d'Amiens, à laquelle heure et prestement la dicte cloque cessée , l'une et la plus grosse cloque d'icelle église saint Germain fust tintée par trois fois , et chascune fois trois coups de manislre , et que les dicls trois coups cessés en commen* chant la dicte antienne et continuant jusques à la fin. En oultre que, pendant le temps que icelluy salut se feroit , fussent deux chierges pesants une livre du moins , mis et allumés suricelluy grand autel, jusqu^à la fin d'icelluy. »

Le même jour, après en avoir délibéré et consulté les notables habitants de la paroisse , ainsi que frère Jehan Lebrasseur, alors curé , Gilles Hubert, chapelain, et sire Jehan Lecorbellier, clerc de cette église , les marguilliers acceptèrent la proposition qui leur était faite par Pierre Estocart , et , prévoyant le cas où les curés , chapelains et clercs qui viendraient par la suite à desservir les cure» chapellenie et clergée de la dite église, ne voudraient pas remplir cette fondation pour le prix indiqué , à l'heure et comme il est dit ci-dessus , ces mêmes marguilliers s'engagèrent à faire faire le dit service par autres deua> gens d église, prêtres et un clerc souffisant et y donné à ce, et du tout aux dépens dicelle église saint Germain.

Le 25 décembre 1 451 , le jour de Noël , ces conventions furent réalisées par devant deux auditeurs royaux, Jacques Lefoullan et Jean Revillon , et de plus signées par les parties en l'église St.-Germain , devant le grand autel du chœur , après vêpres , en présence des notables babi-

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laots de la paroisse qui , eux aussi , furent appelés à apposer leur signature au bas de Tacte.

Celle fondalion avail élé faile el acceptée moyennant le paiement d'une rente annelle et perpétuelle de 6 liv. parisis , sur laquelle le curé , le chapelain et le clerc devaient toucher chacun 25 sols , et les 45 sols restants appartenir à la fabrique , pour la charge el salaire de fairo dire, chanler et entretenir le dit salut.

Le capital de celte rente fut iromédialement remis par le fondaleur entre les mains de la fabrique qui , un certain nombre d'années après, en aliéna une partie pour les besoins de Téglise el plaça le reste en constitution de rente. En 1666 on voit que ce qui restait du capital de cette rente était entre les mains d*un ancien marguillier, nommé Lenormand ; en 1700 on le voit aussi passer entre les mains des Jésuites, et en 1713 entre les mains d'une troisième personne , qui en a payé la rente jusqu'en 17S0, époque à laquelle le remboursement en fut fait à la fabrique en billets de la banque de Law , ce qui fit qu'il n'en resta pour ainsi-dire plus rien.

La fondation de Pierre Estooart a été exécutée en son entier pendant les 50 premières années et pendant une partie du xyi"* siècle , sans cependant pouvoir déterminer d'une manière précise l'époque à laquelle on lui a fait subir des modifications ; car il est à remarquer que , longtemps avant 1658 , elle avait déjà subi des réductions, et qu'on ne disait plus les prières prescrites par l'acte de 1451 , à tous les jours indiqués par le fondateur. Cette fondation avait été réduite à un salut que l'on chantait les veilles des cinq bonnes fêtes de l'année; les marguilliers

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doonaient au curé 50 sols , au clerc 85 sols ; ils gardai^t pour la fabrique 45 sols , et le diacre et le sous-diacre qui y assistaient n'avaient rien.

En cette même année 1658, le curé Gauchie voyant qae la somme de 6 liv. parisis devenait insuffisante , se pourvut devant Tofficialité d'Amiens pour lui faire réduire de nouveau la fondation , et le 7 novembre il fut décidé qu'elle serait réunie à plusieurs autres de même nature, comme à celles de Jean Revelois , Marie Lecouvreur , et qu'il ne serait plus dit qu'un salut pour le tout. Désormais ce salut ne fut plus chanté que les veilles et jours de dimanches et fêles , à Tissu de vêpres , et tous les autres jours où on chantait des vêpres en Téglise St.-Germain. Cet état de choses dura jusqu'en 1725 , époque à laquelle il cessa par suite de la non-valeur des billets de banque , et Tannulalion de la fondation fut prononcée par l'évêque, sur la demande du curé et des membres de la fabrique.

5* Jean de Bertangles.

En parcourant le registre aux comptes de tannée 1 565^ on voit que Jean de Bertangles et Marguerile de Gollegay, sa femme, tous deux habitant la paroisse St.-Germain , avaient jadis fondé deux obits , qui devaient être chantés le 4 août et le 4 septembre de chaque année , moyennant une rente annuelle et perpétuelle de 10 sols parisis pour chaque obit.

Il n'existe aucun titre de cette fondation. On la trouve seulement mentionnée dans le registre dont je viens de parler , et notamment dans celui de 1565 , qui est le plus ancien. On y voit que la fabrique payait chaque année

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pour ces deux obits une somme de 16 sols parisis au curé, au chapelain et au clerc*

La date de cette fondation ne se trouvant nulle part indiquée , j*ai cru devoir lui conserver la place qu*eile occupe dans les registres, où on la retrouve jusqu'en 1897. A compter de cette époque , il n'en est plus fait mention , ce qui me porte à croire qu'elle a été supprimée en cette année.

6** CoLAYE Valente, femme de Mathieu Bescot (1455).

D'un acte passé le 1"" novembre 1455 devant Simon Leclerc et Jean Lebourgeois , tous deux auditeurs royaux à Amiens, entre les marguilliers, les notables paroissiens de Sl-Gcrmain , et Mathieu Bescot , bourgeois d'Amiens ; le dit acte portant acceptation par Bescot du testament de Colaye Valente , sa femme , il résulte ce qui suit :

Par testament du 19 mai 1454, la dame Colaye Valente a déclaré vouloir fonder en l'église St-Germain un obit à perpétuité, lequel serait composé d'une messe de requiem avec commémoration de la glorieuse Mère de Dieu et du St-£sprit; cette messe devait être chantée en icelle église à diacre > sous-diacre et choriste par le curé, le chapelain et le clerc , le 24 mai de chaque année. Pour quoi Colaye Valente a déclaré dans le même acte vouloir que ses deux cheintures soient vendues avec ses claquettes, deux bourses et une tasse d'argent; et que sur l'argent provenant de cette vente, il soit donné à l'église de Monsieur St-Germain vingtquatre écus d'or. Prévoyant ensuite le cas où les objets vendus ne produiraient pas le montant de celte somme , elle a ajouté que son mari serait tenu de fournir le sur-

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plus. Enfin , par ane dernière disposition , la testatrice t fixé ia rétribution que la fabrique serait tenue de payer au curé , au chapelain et au clerc, à la somme de dix sols.

Les fonds destinés à servir celte fondation ont été remis par Mathieu Bescot à la fabrique , et cette dernière les a employés à Tagrandisseroent de Téglise. Cette fondation a été exécutée à peu près comme les précédentes. En 1658^ elle a été comprise dans Tordonnance de réduction provoquée par le curé Gauchie, réduite à trois messes basses par an , et, plus tard , entièrement supprimée.

7* Jeanne de Beaupigné (1456).

Dans les registres aux comptes de Tannée 1S65 et des suivantes on voit que Jeanne de Beaupigné, veuve en premières noces de Jean de Gonty , et à son décès femme de Mathieu Du Gaurel^ tous deux bourgeois d'Amiens , après avoir habité toute sa vie la paroisse St-Germain, a voulu fonder en mourant douze obits solennels à dire par chaque mois de l'année.

Le testament dans lequel il est question de cette fondation n'est plus aux archives de la fabrique , mais des pièces qui y ont été conservées il résulte que cette fondation a été faite et acceptée moyennant une certaine quantité de rentes assignés sur divers immeubles.

Dans les registres aux comptes on voit que la part accordée au clergé et que lui payait la fabrique, était de 14 4 sols divisés ainsi:

An curé pour chaque obit, 6 sols 72 soit.

Au chapelain, î sols 14

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- lit —

Aux clercs^ pour les chanter, t sols t4 sols.

Aux prêtres de la congrégation » pour frères , diacre ei sous-diacre, % sols Î4

Total 144 sols.

Celte fondalioD n'était pas la seule qu'ait faite Jeanne de Beaupigné , son testament en contenait encore une autre en réglise St-Martin-au-Bourg , et les rentes dont il va être question devaient être partagées entre ces deux églises. Nous trouvons le titre des cens destinés à ces fondations dans une sentence rendue par le bailli d'Amiens le 23 juin 1457 , par laquelle les marguilliers de St-Germain obtiennent la permission de pratiquer une saisie sur les acquêts fonciers laissés par Jean de Conty et Jeanne de Beaupigné , sa femme , et dont celte dernière a disposé en faveur des églises St-Germain et St-Martin-au-Bourg. En voici rétal:

1° Cens sur une maison , rue des Vergeaux , ayant pour enseigne VAne rouge 7 1. 3 s. 6 d. parisis.

2<> Gens sur une maison neuve, même rue. bâtie par Jean de Conty .... 14 » »

3° Cens sur deux autres maisons, même rue ..6 » »

4» Cens sur une maison, rue des Jacobins 3 14 »

5<> Cens sur une maison, rue de Coquerel, contre Fhôtel du Gard ... 1 » »

6<> Cens sur la maison de rh6pital de St-Nicolas en Coquerel » 7 8

1^ Cens sur une maison, chaussée au bled .... • » 10 «

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•• Cens sur un« maison, rue Blanquetaque » 1. 5 s. » d. parisis.

9« Gens sur une maison, rue des Bouchers » 9 »

Total . . . 33 1. 09 s. 2 d. parisis.

Moitié attribuée à Péglise St-Germain. 16 1. 14 s. 7 d.

Daos UD6 autre sentence , obtenue à la même requête » et portant la date de 1459 , on voit encore que Mathieu DuCaurel, qui» après le décès de sa femme , occupait une des maisons rue des Vergeaux reprises en Tétat ci-dessus» a été obligé d'en déguerpir et de l'abandonner aux récla-' mants. Toutes les rentes dont il vient d'être parlé ne restèrent pas longtemps en effet entre les mains de la fabrique de St-Germain» elles furent aliénées un peu plus tôt ou un peu tard après l'acceptation de la fondation. Gela se conçoit» la fabrique venait d'acheter les terrains nécessaires à la prolongation de l'église, elle avait besoin d'argent pour les constructions » et elle y a employé les capitaux des fondations. J'en trouve un exemple dans un acte du 1*" avril 1478 » par lequel la fabrique cède au corps de ville 40 sols de cens sur une maison rue des Vergeaux et reprise ci-dessus » à l'effet d'obtenir la permission d'acquérir et d'amortir les maisons achetées pour agrandir l'église » et un autre document nous apprend que déjà» en 1459, la fabrique avait cédé pour le même motif, le 24 oclobre» à Guillaume de Conty , l'un des fils du premier mariage de leanne de Beaupigné, une masure sise rue des Vergeaux , moyennnant cent écua d'or.

D'après les registres aux comptes» cette fondMîan

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ii*aiirtit été remplie que jusqu'en 1598 , car paraé cellt époque ou n'en trouve plus de trace.

8*" Marie Legouvreur , veuve de Gilles de Laon (1479]*

Par son testament à la date du S5 septembre 1479, Marie Lecouvreur , veuve de Gilles de Laon , bourgeois d'Amiens, a déclaré vouloir fooder en l'église St-6ermaio, sa paroisse, un salut composé de l'antienne Gaude Maria Gabrielem et de ïlnvùAata. Suivant l'inteolion de la fou'datrice, ce salut devait être chanté tous les samedis de chaque semaine , et les cinq nuits de Notre-Dame , entre vêpres et compiles , et pour cela elle avait laissé en mou^ rant à la fabrique une somme de 200 livres.

Par cet acte , Marie Lecouvreur avait eocore fait une autre fondation^ elle avait voulu que tous les jeudis de chaque semaine , il fut célébré une messe basse pour le repos de soo âme et de celles de ses parents et amis dé* cédés. Pour cette seconde fondation, elle a laissé à l'église cent écus d'or au prix de trente-cinq sous par écu ; et le prêtre chargé de celte messe, devait faire avertir le plus proche parent de la défunte qui demeurait à Amiens.

Après la mort de la fondatrice , un contrat fut passé le 4 mars 1480 entre les marguilliers , les notables pa^ roissîens , et les héritiers des défunts , pour l'acoomplis*sement des fondations ci-dessus ; les sommes prescrites furent versées dans la caisse de la fabrique , et une partie servit à la construction de l'église ; le surplus fut mis en constitution de rente, et y resta jusqu'à l'époque où le remboursement fut fait en billets de la banque de Lavir.

Bn KK8 , oette fondation avait déjà été comprise dans

le nombre de celles dont la réduction avait été ordonnée par rofficial ; les prières du salut avaient été réduites à un salut commun à d*autres fondations de cette espèce et qui devait être chanté la veille et les jours de dimanche et de fêtes , comme aussi les jours où on disait vêpres ; d'un autre côté les messes avaient été réduites à dix par an.

Cet état de choses dura jusqu'en 1780, mais à cette époque on supprima le tout , de même que pour beaucoup d'autres fondations, sur le motif que les fonds n'existaient plus, sans avoir aucun égard aux aliénations anciennes Caites par la fabrique , tant pour la réédification de l'église que pour ses besoins.

ZVI« «iècle. — La première pièce que je rencontre n'est point, à proprement parler, une fondation, mais plutôt une donation à charge de services religieux ; elle appartient d'une manière trop spéciale à l'église St-Germain pour ne pas trouver ici sa place.

l"" Nicolas Delattre et sa femme (1533).

Le 26 mars 1533, avant pâques, Nicolas Delattre, sergent royal au bailliage d'Amiens, et Glaire Dupont, sa femme , firent un testament mutuel par acte passé de vaut Guy Baudouin et Jacques Baudouin, notaires royaux à Amiens , dans lequel , après avoir réglé leurs ob* sèques , ils firent les dispositions dont il va être parlé.

Par cet acte , ces deux époux déclarèrent vouloir être enterrés au cimetière St-Dcnis , au lieu où avait été enterré Hue Pauquet, prêtre, oncle de Nicolas Delattre, et donner à la chapelle St-Jacques , établie dans ce cimetière, chacun 15 sols tournois. En outre ils voulurent

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— lis —

que leurs corps fussent portés par les prêtres de la congrégation, à qai ils donnèrent, à cet effet, chacun 20 sois tournois.

Nicolas Delattre et sa femme prescrivirent aussi que le plus tôt possible après Tinhumation , il fût dit vigiles et commendaces par les prêtres de la paroisse, et que les quatre ordres mendiants, Gordeliers, Jacobins, Âugustins et prêtres de THôtel-Dieu y assistassent, moyennant quoi il serait payé à chacun de ces ordres 8 sols tournois , . au curé 4 sols et au clerc 2 sols. Le lendemain des vigiles devait être célébré en la dite église un service solennel composé de trois hautes messes, la première du St- Esprit , la seconde de Notre-Dame , et la troisième des trépassés. Les jours suivants il devait être dit aussi dix messes basses en TofiBce des trépassés et trente autres appelées communément la trentaine de saint Grégoire. Eufin, après le décès de chacun des époux, il devait être dit un demi annuel de messes pour le repos de leurs âmes et de celles de leurs bons amis , le tout à la discrétion de leurs exécuteurs testamentaires.

L'un et l'autre de ces époux voulut en outre qu'il fût donné huit sols tournois à la confrérie de St-Germain ; et , pour ne pas être déclaré mourir intestat, Nicolas Delattre donna à Téglise la meilleure robe qu'il laisserait à son décès , et Glaire Dupont , sa cheinture en tissus large de cramoisi à bloucques et morgeant d^ argent doré » qui lui avait été donnée pour présent de noces.

Enfin, par une autre disposition, Nicolas Delattre donne à sa femme, en cas de survie , la jouissance de la maison que tous les deux occupaient et qui était située près de

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réglise, déclarant vouloir qu*aprèa le décès de sa surtivante, cette maison soit vendue anx enchères en TégUse St-Gerroain, et que sur les principaux deniers provenant de cette vente , il sdt prélevé une somme de six livres tournois , pour être donnée à l'église St-Germaio , à la oharge par elle de foire dire un service solennel , huit jours après le décès du dernier décédé , le surplus du produit de la vente de la maison devant être employé à faire dire des messes pour le repos de Tâme de chacun des deux époux et de celles de leurs bons amis trépassés, le tout à la discrétion de leurs exécuteurs testamentaires.

Nicolas Delattre mourut le premier , ses dernières volontés furent exécutées ponctuellement et Claire Dupont, sa femme , lui ayant survécu , exécuta quelques-unes des dispositions auxquelles elle avait adhéré dans le testament mutuel de 1533.

La maison occupée par les époux Delattre, au décès du mari et dont il vient d*étre parlé , ne comprenait pas la totalité de cet immeuble , les deux époux n'en occupaient qu'une partie, l'autre moitié était occupée par la sœur de Nicolas Delattre, qui se nommait Marie, et qui était veuve de Hucbon Lecouvreur ; or , par acte du 84 mai 1K37, passé devant Jean Pinte et Guy Lemaistre , notaires à Amiens , Glaire Dupont fit donation à l'église St-Germain de la moitié par indivis de cette maison , cowrU, paurprins et tenemeutf , le tout désigné ainsi qu'il suit;^ séant en cette ville , sur l'eau des Merderons , tenant d'un côté à Jehan de Saisseval , d'autre à Jehan Labbé , par derrière au presbytère et au cimetière de l'église St- Germain , par devant sur l'eau des Merderons.

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Les lettres de saisine délivrées aux marguilliers sont du 4 décembre 1541 , et Tacte de donalian porte qne tout en se reportant au testament^ de 1S33 , et désirant le$ biens et pourfict de l'église St-Germain sa paroisse, et m considération que elle et son dict feu mari ont été longtemps et demeurés en icelle, Glaire Dupont donne cette moitié de maison pour en user, posesser, etc., incontinent et après son trépas , à la charge dé payer aux personnes dénommées au présent acte divers cens montant à la somme de i6 sols 8 deniers dont ladite partie de maison est grevée , et en outre à la charge dinbumer son corps dans réglise St-Germain , au lieu où elle a accoutumé soy asseoir , et de mettre en cet endroit contre le pilier un tableau de cuivre ou de plomb , auquel sera écrit : « Cy gist le corps de défuncte Glaire Dupont , an jour de son trépas , veuve de Nicolas Delattre , sergent royal , laquelle a donné et légatté la moitié de sa maison pour agrandir cette église pour Dieu , pour son âme , et ses amis trépassés. »

Cette première partie de la maison de Nicolas Delattre n'aurait pas suffi à la fabrique pour agrandir Téglise, la seconde était nécessaire et elle ne tarda pas à en devenir propriétaire. Par suite du partage de la succession de Nicolas Delattre, fait en 1536, Marie Delattre, veuve Huchon Lecouvreur , et Marie Delattre Tatnée , veuve de Robert Lebrun , devinrent propriétaires des biens délaissés par leur frère. La veuve Robert Lebrun eut dans son lot une maison sise rue des Rinchevaux , près le carrefour du Bloc , appelée les Étuves à poullets , tenant par derrière à rhôtel Si-Georges , et par devant , sur la dite rue. La

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veave Huchon Lecouvreur eut entr^autres choses la moitié de la maison sise sur Teau des Mcrderons; or, après la mort de Glaire Dupont, les exécuteurs testamentaires de Nicolas Delattre et de sa femme se mirent en devoir de provoquer la vente de la totalité de la maison pour remplir les dernières volontés des époux, donner la moitié du prix à la fabrique , et répondre ainsi à la demande faite par les marguilliers devant le bailli d'Amiens. Marie Delattre vit celte vente avec peine ; et , pour pouvoir terminer sa carrière dans cette maison qu'elle affectionnait > elle consentit à un arrangement avec la fabrique. Par acte du 6 octobre 1545 elle consentit en effet à donner à cette dernière la moitié de sa maison à rencontre de l'autre moitié donnée à l'église par Claire Dupont , sa belle-sœur, à la condition de jouir de la totalité pendant sa vie , de l'entretenir , de payer les cens et rentes dont elle était chargée. Par ce m*éme acte, les marguilliers obtinrent le droit de prendre et d'employer, même pendant la vie de la donatrice, telle portion du derrière de la maison qu'ils jugeraient nécessaire à l'agrandissement de l'église Si-Germain, et en outre la faculté de passer et de faire passer leurs ouvriers par l'allée de cette maison. « Que les manegliers veulent » appliquer à l'usage d'icelle église telle portion de der- » rière d'icelle maison , quoique ce puissent et qu'ils fas- » sent tels édiGces qu'ils verront être è l'utilité de la dicte » église , mesmes que les manegliers et paroissiens puisp sent aller, passer, et venir et leurs ouvriers pour D porter matières et ce qu'il sera requis et toutes fois que » bon leur semblera, par l'allée d'icelle maison ayant » entrée par la rue des Merderons. »

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La fabrique devenue par suite de cette doiiaiiôn propriétaire de la totalité de la maison de Nicolas Delattre et de toutes ses dépendances, laissa Marie Delattre y terminer tranquillement sa carrière. Elle ne toucha point aux bâtiments construits sur la rue des MerderOns , mais elle employa à Tagrandissemenl de Téglise la totalité du Court ou jardin. Nous trouvons la preuve de ce fait dans une quittance délivrée par Marie Delattre aux marguilliers, le 26 juillet 1549. Cette pièce porte: « Paiement *ii de 64 sols tournois pour avoir prins le court pour le » pourfict de Téglise de Mons. St-6ermain , le tout fait » par accord et appointement ensemble , conformément » aux lettres du 6 octobre 1545 (1). »

Après la mort de Marie Delattre , et lorsque la fabrique eut pris dans le terrain de la maison tout ce qui lui était nécessaire pour Tagrandissement de Téglîse , le surplus fut vendu le 29 janvier 1564 à un nommé Guerard de Fransures, entailleurd^images, qui figure dans les comptes de la fabrique comme ayant travaillé habituellement pendant longues années pour Téglise , dans tout ce qui dépendait de son éial. Cette vente fut faite moyennant 240 livres tournois, 5 livres de vin, 12 deniers à Dieu» francs deniers. Pour cette somme Tacquéreur créa au profit delà fabrique une rente annuelle de 12 livres tournois payable aux trois termes ordinaires de cette ville, et remboursable en une, deux, ou trois fois à volonté, le paiement ne pou* vaut jamais être moins de 80 livres chaque fois, et en

(i) Voir plus haut, p. 35, ce qui a été dit à ragrandiwement de rôglise au xvi* siècle.

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ovtre les droits seigneuriaui , frais de lettres et loyaui coûts. Après la mort de Goerard de Fransores cette maison passa en diterses mains , la rente fut constamment payée et le remboursement eut lieu le 19 janvier lê58, par acte fiasse chez Trancart , notaire.

2* Jean Rev&lois (15i3).

La famille Revelois , qui , dans la seconde moitié du XVII* siècle , habitait la paroisse Sl*Firmio-2hla-Porte , avait habité longtemps auparavant la paroisse St-Germain , et Ton peut même ajouter que pendant les xv* et ivi< siècles , elle en a été la bienfailriee. Nous trouvons la preuve de ce fait dans la donation de la verrière placée au-dessus du grand portail , faite par un de ses membres , entretenue par ses successeurs , et notamment par Guil* laume qui la fit rétablir en 1607 , ainsi que nous rapprennent les registres aux comptes.

Le 19 avril 1543, Jean Revelois, marchand à Amiens, demeurant paroisse St-Germain, après avoir perdu Jeanne de Ste-Beuve, sa femme, voulut se conformer à la volonté de celte dernière et pour la remplir fit les fondations suivantes en Téglise St-Germain.

l"" Une messe solennelle des cinq plaies de Noire- Seigneur Jésus-Christ , devait être chantée avec orgue^ diacre , sous-diacre et choristes , tous les vendredis de chaque semaine. Suivant rintention du fondateur, cette messe, dite à Fauiel des cinq plaies, et tous les vendredis de carême , devait être de Tofiice de la passion. Pendant la durée , cinq petits cierges devaient brâler sur

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|*autel, et la fabrique était tenue de fournir le pain , 1« vin» le luminaire et les ornements (1).

S"" Un salut par chaque jour de Tannée, en Tbonneur de la Vierge Marie , avec une antienne à la Ste-Vierge , suivie des psaumes Miserere et De profundis , avec les trois oraisons IncHna, Miserere^ et Fidelium devait être chanté. Pendant ce salut, un cierge devait être placé devant Timage de Notre-Dame au grand autel ; à la fin on devait donner Teau bénite aux assistants et faire jouer les orgues, le tout aui frais de la fabrique.

3^ Une messe solennelle des trépassés à dire et celé* brer chaque année au jour de son décès, et pour laquelle la fabrique était tenue de fournir le luminaire et les ornements nécessaires.

Pour perpétuer à jamais le souvenir de ces fondations , dont les deux premières devaient être exécutées tout de «ulte, et pendant la vie même du fondateur, il fut ordotné par ce dernier que les marguilliers feraient placer dans réglise , au lieu le plus convenable , une lame de cuivre sar laquelle en seraient écrites les clauses.

Jean de Revelois donna à cet effet à l'église la maison qu*il occupait rue St-Germain , portant pour enseigne le €ocq, tenant d'un côté à la maison de V Épousée, d'autre à la maison de VA§ache, d'un bout par derrière à celle

(i) La dévotion aux cinq plaies de Notre-Seigaenr a été une de« pratiques les plus répandues dans le xv* et le xvi^ siècle. Cette fête supprimée par Pie V, et dont l'église fait encore mémoire le vendredi de la quinquagésime, c'est-à-dire le premier vendredi après les Cendres, était anciennement célébrée par les uns le S mars, par les autres le 14 septembre, jour de TExaltation,

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de YEseriploire, et par deTant à la rue ; plu» um grange , pourpris et lencmenis , séant à Amiens , rue de Goumat, quî mène de la rue des Sœurs-Grises à la place Maubert, cl*qui porte aujourd'hui le nom de rue de la Hallebarde.

Ces immeubles étant grevés de plusieurs cens ; Jean de Revelois inséra dans Tacte de donation , que la fabrique devenant propriétaire, serait tenue de payer 4 livres 16 sous 4 deniers et 4 chapons de rente aux personnes dénommées cy-après : l"" 20 sols parisis au Roi ; i"* 69 sols 4 deniers de cens aux héritiers de Bastien Lesellyer et à sa femme ; S"" 4 sols et 4 chapons au Chapitre d'Amiens. Ce qui fait 93 sols 4 deniers et 4 chapons sur la maisofi du Cocq y et 3 sols de cens sur la grange , le tout dft à Nicolas Leclerc.

Jean de Revelois, dans la prévision de la vente des immeubles par lui donnés , obligea la fabrique à faire le remploi des fonds et le rachat d'autres immeubles suffisants pour assurer ses fondations ; il voulut aussi que la fabrique ne restât pas seule maîtresse de disposer des biens donnés , d'accomplir ou non la volonté qu'il avait dictée, et pour cela il lui imposa un surveillant. Dans l'acte de 1543 , on voit en effet que Jean Revelois met à la charge de la fabrique une redevance annuelle et perpétuelle de deux chapons, à prendre sur le revenu des immeubles par lui donnés , laquelle redevance doit être payée à la recette de la ville d'Amiens , afin que les maire et échevins tiennent la main à l'exécution de la fondation ; en cas de refus de la part des maïeur et échevins, il charge le doyen et le Chapitre d'Amiens de cette surveillance , et veut que les deux chapons leurs soient payés

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aDDuellement. Enfin , il oblige les marguilliers a fournir soit aux maire et écbevins , soit aux doyen et Chapitre» et à ses héritiers, expédition authentique de Tacte de fondation , et Tacceptalion de la fabrique.

Le 19 avril 15i3 les marguilliers acceptèrent la fon* datiôn avec les charges inaposées» l'acte en fut passé devant Ducay et Jean Démons , notaires à Amiens, Peu de temps après Jean Bevelois vint à mourir, et^ en 1546, par le refus des maire et écbevins, du doyen et du Chapitre de Notre-Dame d'accepter la mission de veiller à Texé* culion de raclende 1513, Madeleine Revelois, sœur et seule héritière , se pourvut devant le bailli d'Amiens, à l'effet de procéder à la nomination d'un surveillant , au lieu et place des personnes désignées. Par sentence du 8 février, Pierre De Bcrny, son fils, fut nommé. Cela n'empêcha pas la fabrique de vendre quelques années après ces immeubles , et d'en placer le prix en constitution do rente. Le 22 décembre 1549, les marguilliers vendirent en effet sur adjudication la maison et la grange à Jeanne Herlier, veuve Marchand , moyennant 1,600 livres de prix principal , à la charge par l'acquéreur de payer les cens dont ces immeubles étaient grevés. A la suite de cette vente Magdeleine Bevelois intenta un procès à la fabrique devant le bailli d'Amiens à l'effet de faire faire le remploi des deniers en provenant; la requête de production présentée par la fabrique est du 25 février 1549, mais la sentence qui a dû être rendue ne se trouvant pas au dossier , on ne sait ce qui a été décidé. Peut-être Taffaire ne fut point suivie et il y eut arrangement ou désistement de la part de l'héritière ; ce qui pourrait le faira

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penser, c*est qu*en 1566 le prix des immeubles était placé en rente et divisé en deux parties. La première, de 700 livres au denier 18 et moyennant 60 livres de revenu, entre les mains de Jean de Boves, bourgeois d'Amiens, fut remboursée en 1619 par Gounin. On la voit placée au denier 8S» passer successivement entre les mains de François Hémart , Adrien Ringard , Martin Baron , Jacques Poslel , Nicolas Tellier , Bernard Denis , Adrien Decourt , et Nicolas Lenormand , tous marguilliers de la paroisse , et continuer ainsi à profiter à la Tabrique jusqu'en 1780. Il n'en fut pas de même de la deuxième partie des 900 livres restant, d'abord placés au denier 18 et moyennant 75 livres de rente, entre les mains de Raoul Guébuin et d'Alexandre Joron, jusqu'au 89 mars 1587, époque à laquelle le remboursement en fut fait entre les mains de Louis de Brivaux , marguillier en charge. Ce dernier n'en fit pas de suite le remploi, et prit sur cette somme 14^ écus 36 sols ou 418 livres 16 sols, pour payer à Jacque» Dhangest , plombier > un mémoire de fournitures pour le» réparations de l'église. Le surplus fut mis en rente jus*qu'en 1596. k cette époque, le marguillier en charge ne replaça pas tout de suite cette somme et la remit à son successeur, le 88 avril 1596. Vincent Voiture la conserva en payant l'intérêt jusqu'en 1598, qu'il prit sur cette somme 178 écus pour racheter les cloches de îa paroisse aux canoniers du roi ; en 1606 le reste fut employé aux réparations de l'église , de manière que ces 900 livre» furent entièrement employées à payer les dettes de I» fabrique.

C'est ainsi que les précautions prises par Jean Reveloi»

devinrent inutiles , et que les fondations eurent à soufflîn En effet , par suite de Taliénation des 900 livres dont je viens de parler , le prix des immeubles était réduit à 700 livres au lieu de 1,600. On ne tarda donc pas è suppri*mer Tobit, et il y avait déjà longtemps qu*il n*en était plus question , lorsqu*en 1658 le curé Gauchie demanda en cuire la réduction de toutes les fondations de Jean Revelois , à cause de Tinsuffisance du revenu ; il représenta à révéque que les immeubles vendus étaient bien de 1 96OO livres qui , au denier 20 , rapportaient 80 livres , mais que 900 livres ayant été retirées , il n'en restait plus que 700, dont le revenu annuel n'était que de 35 livres; or» disait-il, en laissant Vobit de côté, la fabrique était obligée de payer chaque année pour les fondations de Jean Revelois :

l» Au prêtre qui dit la messe, par chaque messe

haute 15 1. 12 8.

^^ Au curé, pour assistance à la messe et au salut. 20 »

3« Id. Id. aux messes ... 10 i>

4» Aux clercs 8 »

50 Aux diacre et sous-diacre 7 6

Total .... 60 1. 18 s.

masaBmsÊoamssam

ce qui excède de beaucoup la somme de 3S liv. En admettant même que le revenu fut encore intact, il ne resterait à la fabrique qu'un honoraire de 19 liv. 3 sols pour sels fournitures, ce qui ne peut lui suffire.

Ces réclamations furent admises par l'offîcial d'Amiens, et alors l'obit fut supprimé en totalité ; les saluts furent confondus avec ceux qu'avaient fondés Pierre Estocart

et Marie Lecouvreur , et réduits à an seuif pour les trois. On ne les cbanla plus que les veilles et les jours de dimanche et de fête , et tous les jours auxquels il y avait vêpres en Téglise St.-Germain. La messe des Cinq plaies fut maintenue ; mais en 1725 on la réduisit aussi à une messe par mois , et ce fut alors la seule qui restât des fondations de Jean Revelois. Gela dura jusqu*en 1790 , et désormais il n*en a plus été question.

3* Jban Lestrun.

XVI« Siècle. — Le seul renseignement que Ton puisse trouver est la mention qui en est faite dans les registres aux comptes de 1565 et années suivantes. On y lit que Jean Lestrun avait fondé en Téglise St.-Germain un obit pour lequel il avait laissé un cens annuel de 20 sols , à prendre sur sa maison sise au grand Marché , où pendait pour enseigne un bassin S argent , laquelle était occupée par la veuve Buquet et le fut ensuite par Hubert Maillard.

Les fonds laissés pour cette fondation ont eu le sort de tous les autres : on les a employés aux besoins de Téglise. En 1658 celle fondation a été réduite à une seule messe basse par an. Bn 1725 il n*en est pas question , et cepen* dant à cette époque il a été dressé un tableau des fondations à supprimer et à conserver. En la plaçant entre celle de Jean Revelois et la suivante , je n*ai fait que suivre le rang qui lui est assigné dans les registres.

i"" AUGUSTIN DE Maugourt (1556.)

Le seul document que nous ayons sur cette fondation

se Irouvo dans les registres aux comptes de 1665 et suivants. On y lit qu*en 1556 Augustin de Maucourt a fondé un obit de vigiles , commendaces , haute messe des tré* passés , suivi de la prose Languentibus , le tout à dire chaque année au jour de son décès , et que AntoinQ de Coing et sa femme étaient chargés de payer à cet effet un cens annuel de iO sols. Cet obit était supprimé de fait depuis longtemps , lorsqu*en 1658 on revisa Tancien obituaire de la paroisse et qu'on y opéra des réductions. Â cette époque il fut fait mention de la fondation de Augustin de Maucourt , et on la réduisit à trois messes basses par année ; les honoraires en furent fixés à 10 sols Tune. Bientôt après , les fonds ayant été employés aux besoins delà fabrique, on la supprima de nouveau et il n'en fut plus question; aussi n'en est-il pas parlé dans l'ordonnance de 1725.

5« (De 1556 a 1563.)

Dans les registres aux comptes de 1565 et suivants, on voit encore placée à ce rang une fondation dont on ne retrouve ni la date , ni le nom du fondateur » mais qui , pendant longues années , a été payée par M. Trudaine , trésorier de France , et ensuite par ses héritiers. Elle consistait dans une somme de 6 liv. 10 sols , laissée à la fabrique pour Tentrelien de la lampe qui brûle constamment devant le Saint-Sacrement et affectée sur une maison rue des Tanneurs et payée par les propriétaires , qui étaient alors un nommé Lebel et la veuve de Firmin Deslaviers. Cette fondation a subsisté jusqu'à la fin du xviu' siècle.

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6"" Jean Leclerg (1563.)

Le 18 janvier 1563 , sire Jean Leclerc , prêtre attaché à réglise Sl.-Germain , et qui appartenait à une des riches familles de tanneurs de cette ville , fit , par acte passé devant Miraulmont , notaire à Amiens , la fondation de trois obits par mois , total trente-six par an. Dans cet acte on lit les dispositions suivantes :

<i Ces obits doivent être dits les lundis et la veille ; en D conséquence» les dimanches après vêpres on doit dire T» vigilessolennellesavec deux choristes revêtus de chappes » et tenant les deux bâtons d*argent. Elles seront chantées » par le curé, le chapelain , les clercs , et deux hommes » d'église tels que marguilliers voudront commettre. Le » lendemain lundi, sera chanté solemnellement le ditobit, » auquel le curé et le chapelain feront les deux reves- D tiaires , et si Tun deux veut chanter la messe , il sera y^ tenu à ses dépens commettre un autre homme d'église » pour faire le revestiaire en son lieu ; et assisteront à la V dite messe deux hommes d'église et les choristes. Si )» les curé et chapelain ne veulent faire les deux reves^ » tiaires^ les marguilliers pourront, de leur autorité» » y commettre tels autres que bon leur semblera , et ce B faisant , il sera diminué aux curé et chapelain sa por--

> tion de salaire ci-après , à eux donnée. Si les curé et » chapelain ne font leur devoir de faire les dits reves- 1» tiaires , s'ils sont défaullans pour trois jours , les mar* D guilliers pourront commettre d'autres personnes pour » les dits objets. Les marguilliers donneront pour droit

> de revesliaire et assistance aux vigiles :

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10 Uv.

35liv.

1* Au curé

S* Au ehapelain

8<* Aux deux clercs (chacun 6 liv.) 4« Aux deux prêtres assistants . .

5« A celui qui chantera la messe à la place

du curé , et qui sera cotnmis à cet

effet par les roarguilliers . .

Total . . , Le tout payable de trois mois en trois mois.

» Les curé , chapelaîD et gens d'église devront assister y> aux vigiles et messes» sans en pouvoir départir, à » moins que le tout ne soit chanté. Les curé et chapelaia 9> ne pourront commettre aucun homme d*église pour >» chanter ces vigiles et messes » et y assister ; ce droit » est expressément réservé aux marguilliers. Si les curé y> et gens d'église ne se contentent pas de ce qui leur est » alloué ci-dessus , les marguilliers pourront les Mn » chanter et célébrer dans telle église qu'il leur plaira.

» On doit commencer à dire ces obits le dimanche qui x> suivra le décès de Jean Leclerc , pour continuer» ainsi » qu'il est dit ci-dessus , à perpétuité , pour le repos de y> son âme » de ses parents et amis trépassés, d

Pour mettre la fabrique à même d'exécuter cette fondation , Jean Leclerc laissa : 1*" une somme de 300 liv. pour acheter un calice en argent doré de même valeur , qui devait servir à la célébration des obits et aux beaux jours de l'église St.-Germain. D'un autre côté , la fabrique prit l'engagement de faire cette acquisition dans les trois ou quatre mois qui suivraient le décès du donateur ; S"* Une rente de 21 liv. 10 sols, à prendre sur une maison rue des Merderons, appartenant ë la veuve Firmin DeslavierSj,

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la dite renie remboursable moyennant 300 livres ; S"" Une maison sise à Amiens , rue de la Double-Cbaise, où pend renseigne des trois bons garçons ; 4"* Trois quartiers de prés , sis au village et terroir de Bourges ; S"" Cinq journaux quartier et demi de prés , et deux prairies , village et terroir de Thennes ; 6"* 600 livres en argent , que les 493arguilliers seront tenus d'employer en renies , au proQt de la fabrique. Le tout pour en jouir seulement après la mort de Jean Leclerc.

La fabrique ne fit aucune difficulté pour accepter une semblable fondation ; et , après la mort de Jean Leclerc , tous ces biens furent vendus. Sur les sommes qui provinrent de la vente, on préleva en 1566 une somme de 65 liv. pour acheter une cbappe en velours cramoisi avec orfrois en or de Chypre , semé de chérubins , à un nommé GuHlaume Quatresols d'Aumale. En 1569 on préleva encore 100 liv. pour l'acquisition de deux calices et un reliquaire en argent , à un marchand forain ; à la même époque on paya aussi sur le legs de Jean Leclerc 70 liv. pour les orgues , et une autre somme pour la table du mattre-autel ; enfin on prit la somme nécessaire pour payer les impôts de guerre en cette même année.

Ces derniers prélèvements faits , le reste du produit de la vente des biens délaissés par Jean Leclerc , fut mis entre les mains des marguilliers comptables , qui firent éprouver des pertes à la fabrique. En 1666 le surplus fut placé. Cette somme passa successivement en diverses mains > et , après avoir été réunie en 1713 à d'autres fonds provenant aussi de fondations , elle fut remboursée en blllels de banque en 1720.

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En 1658 la fondation de Jean Leclerc éprouva une première réduction : les vigiles furent supprimées ; et , en 17SIS, le tout fut réduit à une grand*messe par mois, c'està-dire au tiers.

Sire Jean Leclerc fut enterré derrière le maftre-aulel , dans une chapelle qui, depuis son décès, a porté son nom.

7' Jean Lebel (1572.)

L'acte primitif de cette fondation n'existe plus aux archives de la fabrique. Il n'y reste que quelques pièces de procédure relatives au remboursement de la rente donnée pour son exécution , et les quittances déflnilives ; mais , dans les regiatres aux comptes de 1572, on lit que Jean Lebel , boui^eois d'Amiens , a fondé en l'église St.«6ermain , à perpétuité , l'office de sainte Agnès et un obit solennel le jour de l'octave de la fête de cette sainte.

Pour celte fondation , Jean Lebel a donné un cens de 6 liv. 1 4 sols, à prendre sur une maison rue des Corroyers, et sur lequel il doit être payé :

Aa curé, pour les premières vêpres . . . G^sols.

d? pour la messe 3

Aux deux clercs 6

Total .... 15 sols.

Pour les vigiles, commendaces, haute messe de l'office des trépassés , le jour de l'octave de sainte Agnès :

Au curé 16 sols.

Aux deux clercs 8

Total UsoW

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D'apresracte de fondation, le surplus de la somme léguée devait appartenir à la fabrique, qui s*était engagée à en recevoir le remboursement au denier 15. Le 9 février 1647» ce remboursement fut effectué , et 100 liv. 10 sols forent versés à la fabrique. Celle somme resta quelque temps entre les mains des marguiiliers en charge ; mais, en 1666, on la mit en constilulion de rente. Elle passa ainsi en plusieurs mains jusqu*eu 1735, époque à laquelle elle fut définitivement remboursée en billets de banque. Par suite de la non-valeur de ces billets Ja fondation fut réduite à une grand*messe pour le tout.

8"* La veuve Deslavibrs (1S8S.)

Dans rinventaire de 1642 , on voit qu'en 1585 , le 16 avril , les héritiers de Marie Blanchart , veuve de Firmin Deslaviers, ont , par acte passé devant Louis de Louven* court et Castelet, notaires à Amiens, fondé un obit solennel en l'église St.-Germain^ chaque année pour le re^ pos de l'âme de la veuve Firmin Deslaviers.

D'après cet acte , Tobit devait èlre dit de la manière suivante : 1"* les vigiles , le jour de la Toussaint , après vêpres, et le jour des morts une haute messe avec commendaces à huit heures du matin. La grosse cloche devait être sonnée , et on devait aller dire sur la tombe de la défunte , dans l'église , le Libéra et le De profundis.

Pour l'exécution de cette fondation , les héritiers de Marie Blanchart donnèrent à la fabrique un cens de 50 sols , à prendre sur deux maisons sises à Amiens, chaussée au Bled , ayant pour enseigne le Soleil d argent j et en

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outre une somme de trois écus vingt sols tournois. Cette fondation fut exécutée jusqu'en 1735 , que la suppression en fut prononcée par le motif qu*il n'était plus rien payé depuis plus de 20 ans , et parce qu'il fut reconnu alors que ces maisons n'existaient plus , et que le terrain même sur lequel elles étaient bâties, avait été compris dans les forlificalions de la ville. La suppression n'en fut cependant prononcée que sous condition ; et , avant de statuer définitivement , on demanda à la famille si elle voulait remplacer la rente primitive par une autre. La réponse ayant été négative , la fondation fut rayée.

Ici se termine la nomenclature des fondations faites pendant le xiv% le XV* et le xvi* siècle , en l'église St-Germain, et dont il m'a été possible de retrouver les traces soit dans les titres , soit dans les registres aux comptes , soit enfin dans les inventaires de la fabrique. Ainsi qu'on peut le voir, elles sont peu nombreuses ; et s'élèvent seulement au nombre de 17 , chiffre bien minime auprès de celles qui ont eu lieu dans les deux siècles suivants.

Les sommes provenant de ces fondations ont presque toutes servi à la construction et à Tenlrelien de l'église , mais il est à remarquer qu'elles ne sont pas les seules qui aient eu cette destination , car à ces donations faites à charge de services religieux , il faut joindre celles qui étaient faites à l'église à l'époque des décès.

Je dois en effet faire observer que chaque personne , en mourant^ laissait toujours soit une somme d'argent, soit un objet mobilier quelconque à la fabrique ou aux confréries dont elle avait fait partie pendant sa vie. Tou» les objets mobiliers ainsi laissés étaient vendus à la porte

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de régliso , le dimanche à l*issue de la grand*messe , et Targent qui en provenait , versé dans la caisse de la fabrique. Je ne rappellerai pas ici les noms , je me bornerai à constater Tusage. Il n*était point particulier aux habitants de la paroisse qui mouraient dans sa circonscription, mais il élail encore commun à tous ceux qui y étaient nés et qui ensuite en étaient sortis. J*en citerai pour exemple le testament de GobcrI Zando , prêtre chapelain de Notre- Dame, curé de St.-Maximc de Fréchencourt, demeurant à Amiens , paroisse St.-Michel. A la date du 4 avril 1544, Zando n'habitait plus la paroisse Sl.-Germain , où il était né, et cependant, après avoir déclaré vouloir être enterré à St. -Denis , près ses père el mère , et y être porté par les prêtres de la congrégation de St.-Michcl et de St.-Germain, il laissa à la confrérie de Sl.-Blaise 6 sols, et aux prêtres de la congrégation de St.-Germain 40 sols, à la charge d'assister à son service.

J*ai déjà dit que les fondations faites pendant le xvii' el le xviii* siècle avaient été beaucoup plus nombreuses que celles des siècles précédents. £n effet celles du xvir siècle seul s'élèvent au chiffre de 46. Je vais les indiquer ici et n'entrerai dans quelques détails qu'à l'égard de celles qui présentent des particularités intéressantes pour l'histoire de notre église.

1* Jean Géct (1616.)

Au compte de 1616 on voit que Jean Géct a, celte même année , fondé une messe basse par semaine , à perpétuîlé , pour laquelle il a laissé une rente de 20 liv. lin

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162S celle rente aélc remboursée moyennant 320 Hv. qui» en 1666, ont été mises en conslilulion de rente, entre les mains de plusieurs successivement, et ont finalement servi à payer les délies de la fabrique. Ce qui fait que celle fondation ne figure point dans Tobituaire de 1722.

â*" IsABEAu Grassette, vcuvc Jean Cousin (1613-1619.)

Par testament en date du 2 mai 1 61 5 el par codicille du 27 septembre 1619, Isabeau Crasselle, veuve en dernières noces de Jean Cousin , a fondé une messe à basse Toix par chaque semaine de Tannée , el un obil au jour de son décès, le tout à perpétuité.

Celle fondation devait commencer à être exécutée le !•* mai 1627 , et, pour cela , la fondatrice avait donné à la fabrique une maison, sise à Amiens , rue Tourne-Coëffe, qui est restée entre ses mains et a été louée par elle jusqu'à la fin du xviii' siècle. Elle appartenait encore à la fabrique en Tan II , et figure au compte du 15 germinal ; elle était alors occupée par Joseph Sergent.

En 1725, cette fondation a cependant été réduite ; elle a été réunie à celle de Marie Gallet , dont je parlerai plus tard , et une messe par semaine a élé fixée pour leur acquittement commun.

3* Antoinette Morel (1621.)

Par un testament passé devant le curé , en présence de iémoins, le 7 octobre 1621 , Antoinette Morel , dômes- 4îque de Marguerite Delahaye , veuve Adrien Fiact , a réglé ses funérailles et fait les dispositions suivantes.

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Antoinelte Morel déclare toulbir èlre enterrée en Téglise St.-6ennain , dans la chapelle de la Vierge , près le banc de Marguerite Delabaye , sa maîtresse » et èlre portée en sa sépulture par les prêtres de la Congrégation. Elle fixe lo nombre des cierges employés à son convoi à 6 , pesant chacun un quart. Ses services doivent être solennels , et il doit y être dit trois hautes messes suivant Tusage , l"" celle du St.-Esprit ; 2* celle de la Vierge ; 3* celle des trépassés, désignée sous le nom de messe de Remerciage. Aussitôt après son décès les pères capucins devront dire 30 messes pour le repos de son âme , et au bout de Tannée il sera chanté un service solennel à la même intention.

Pour Texéculion de toutes ces prescriptions, Antoinette Morel donna à la fabrique une somme de 1 2 liv. en argent, oulre ce qui sera exigé pour la couverture de la fosse , mais à la charge de faire recommander son âme au prône , le dimanche suivant son décès. Elle donne aussi à chacun des bassincls de Téglise , de la Vierge, des trépassés , S sols , et un seul à chacun des autres. Enfin , dans le même testament , elle déclare vouloir que , ses dettes et frais funéraires payés, le surplus de ses biens soit donné aux pauvres de la paroisse.

4' Claude Lecaron (1622.)

Par son testament fait à Amiens , le 24 septembre 1622, Claude Lecaron, bourgeois et marchand à Amiens, a fondé en Téglise St.-Germain , sa paroisse , un obit composé de vigiles , comméndaces et messes. Suivant la vo*^ lonlé du fondateur, cet obit devait être dit le jour de sod

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décès , c*est-à-dire le 3 mors de chaque aânée. Pour cela il a donné à Téglise une rente de 5 If y., à la sArelé de la* quelle il a affecté sa maison rue du GhapiMu-de-YioleUes.

Par cet acte de dernière volonté , Claude Lecaron s>b rapporte pour les services religieux à dire et faire après son décès , à Jeanne Gorreur, sa femme , et lègue à la fa* brique une somme de 10 liv. une fois payée. Voulant ensuite augmenter le don d*une tapisserie qu'il avait fait à réglise pendant sa vie, il donna le palron de toile » sur lequel cette tapisserie avait été faite , et déclara vouloir que ce modèle fût mis et tendu en Téglise pour y demeurer à toujours.

Après la mort du testateur, cette fondation a été reconnue et confirmée par Fîrmin Lecaron , son fils, qui Ta acciuittée jusqu'à sa mort, puis par la demoiselle Quignon, sa veuve. Cette dernière mit souvent du retard ou de la négligence dans le paiement de la rente de 5 liv., et une sentence du bailli d'Amiens de 1703 la contraignit à en effectuer exactement le paiement; depuis cette époque, on la trouve exactement payée. En 1790, cette rente figure encore sur les registres aux comptes , ce qui démontre que la fondation de Claude Lecaron a été exécutée jusqu'à la fin du xvin* siècle.

S"" Jacqueline Monter (1628.)

Par testament du 21 septembre 1628, Jacqueline Monter, veuve de Pierre Dufour, saieleur à Amiens , a fondé en l'église St.-Germain un obit à dire à perpétuité le jour de son décès, et pour lequel elle a donné à la fabrique

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10 liv. de cens à prendre sur uoe masure amasée ée quatre petites maisons, située dans le Vidame, rue Mondain. La délivrance de ce legs eut lieu le 6 mai 1C30, par suite d'une sentence du bailli d'Amiens ; mais la fabrique n*en profita pas longtemps. Peu d'années s'écoulèrent en effet avant que ces maisons tombassent en ruines, et dans les comptes de 1 660 on lit que cet obit ne se disait plus. Cette même année, les membres de la fabrique ayant reconnu que celle donation était infructueuse , puisque les héritiers avaient préféré abandonner le terraio , qui était de peu de valeur, plulôt que de servir la renie , voulurent supprimer cette fondation ; mais , sur la réclamation du curé , ils consentirent à ne point en agir ainsi , pourvu qu'il s'en chargeât. Le curé accepta et loua le terrain au profit de l'église. Le prix de la localion fut d'abord de 3 liv., puis enfin de 5 liv. Eo 1710 la fabrique abandonna ses droits sur la propriété de ce terrain à un nommé Jean- BapUsle Labbé , couvreur, moyennant une rente annuelle de 5 liv., qui fut remboursée 5 ans après, en 1715, au denier 20, par 100 liv. Cette somme eut le sort de beaucoup d'autres ; une partie fut employée aux besoins de l'église, l'autre fut , en 1720 , remboursée en billets de banque , et l'obit supprimé en totalité à la même époque.

6"* <jiLLES Letellier (1630.)

(Voir ci-après le n» 8.)

T Antoine Havet (1633.)

Dans une délibération du 28 mars 1633 , on voit que ce même jour la fabrique a accepté la fondation de deux

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obils faite par Antoine Hai^et et Philippe Gayant , sa femme. D'après le testament de ces deux époin , daté du 12 février 1627, ces obits devaient être dits à perpétciité le jour de leur décès ; et annoncés au prône; une lame d'airain > portant l'acte de fondation , devait être placée contre le premier pilier de Téglise*

Pour Texéculion , Antoine Havet et sa femme ont donné à la fabrique un cens ou rente de 8 liv., à prendre sur une maison située Marché-au-Feorre , près la nef ^argent, et où ils demeuraient à l'époque de leur décès.

Cette fondation a été exécutée jusqu'à la fin du xviii* siècle ; la rente a été conslamment payée, et on la retrouve dans le compte de l'an II acquittée par un nommé Delassus.

8"* Gilles Letellieb et Magdeleine Botaval (1633. )

Dans une délibération du Conseil de fabrique , à la date du 28 mars 1633, on voit que ce même jour les fondations suivantes ont été acceptées. Par son testament, en date du 25 juin 1630, Magdeleine Boy aval , femme de Nicolas Leteilier, a fondé un obit solennel à perpétuité , qui devait être chanté chaque année le jour de son décès et annoncé au prône le dimanche précédent. Pour cela elle a laissé à la fabrique une rente de 5 liv., remboursable au denier 80, payable chaque année et affectée sur une maison rue St. -Germain , où pend pour enseigne la rose rouge.

A celte époque cette maison se trouvait déjà grevée envers la fabrique d'une autre rente donnée par Gilles Leteilier, père de Nicolas et beau-père de Magdeleine Boyaval. En effet, le 1" avril 1630, Nicolas avait annoncé

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à la fabrique que Gilles Leteilier, son père , et Astoioelte Mouret, sa mère » aTaieot ordonné par leur teslament, dont la dale n'est point désignée, qu'il fût chanté tous les dimanches de Tannée , en l'église St.-Germain , devant le crucifix , le canUque Languentibus , et tous les mardis rhymne de saint Sébastien , 6 mnete Sebuatiam, aveo les versets et collectes , ï l'heure du salut.

Pour assurer Texéoulion de celle fondation ^ ces deux époux ont donné à la fabriqua une rente de 7 liv«, payable chaque année le jour de Sl.-9drnabé (It juin) » affectée sur la même maison , et qui devait être partagée ainsi :

A la fabriquQ . . , 1 liv.

Au curé 3

Aux deux clercs 3

Total 7 liv.

Par suite, la maison de la rose rouge se trouva chargée d'une rente de 12 liv. Cette rente fut constamment payée jusqu'à la fin du xviu' siècle , et les fondations exécutées,

A la réouverture de Téglise St.-Germain , le propnV taire de la maison se reconnut encore débiteur de cet^e rente et la paya jusqu'en 1844 , époque à laquelle le remboursement en fut fait par M. Liébaut. Les fondations furent de nouveau exécutées > mais d'après la réduction faite en 1802 par rautorité compétente ; aujourd'hui elles le sont encore de la même manière.

d"" Adrien Ringard (1636.)

Du registre aux comptes do l'année 1636, il résulte que , cette même année , Adrien Ringard , marchand tan*

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oeur, a foadé un <^bit solennel » à célébrer le 80 octobre de chaque année » pour le repos dé Tâme de Marie Le** clercq, sa femme.

Cette fondation fut faite moyennant une rente annuelle de 5 Ut., affectée sur là maison occupée alors par le fon^ dateur , raie des Tanneurs , où pendait pour enseigne /(t petite Vierge, à la charge de passer contrat à la Tolonté de la fabrique ; ce qui eut lieu. Cette somme était stipulée remboursable au denier 40 (200 liv.) et partagée ainsi :

A la fabrique 30 sols.

Au curé y (à la charge ]^ar lui d^assister slutl vigiles et aux commendaces, de dire la messe et d'annoncer robit àtt prône le ditdanche suivant.) 38

Aux dent cléteêi (à condition ({uUId seront revêtus et porteront les bâtons d'argent pendant le service.) . 20

Aux diacre et soos-diacre < 10

Au serviteur do l'église %

To¥At> . . . lOOsols.

Cette somme fut constamment payée , et Tobit chanté chaque année. Dans le compte de 1790, il en est encore fait mention, et les 5 liv. sont portées payées par Bouteiller d'invllle, comme héritier d'Espérance Certain.

10* BAkfiË Dopuis (1640.)

Des registres aul comptes de Tannée lOiO , il résulte qu*en dette année Barbe Dupuis, veuve de Nicolas Lejeune, a fondé un obil solennel pour le repos de son âme. Pour cela elle a donné une rente de 6 liv. 5 sols » au capital de tOO liv,, à prendre sur ufie maison sise à Longueau. En

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1443 H a été passé acte delà recoiinais8aocede.ceUe rente ta profit de la fabrique. Eo 16i4, on ignoraitentre les mains de qui Timmeuble était passé ; mais , après plusieurs démarches, on retrouva le nom du propriétaire , et le remboursement eut lieu. Cette somme , après avoir été mise en constitution de rentes , finit par être remboursée définitivement en billets de banque, ce qui fit qu*en 1725 la fondation fut réduite à une haute-messe par année ,^et exécutée ainsi jusqu*à la du xviii'' siècle.

11' NOEL MlBVAUX (1612.)

Dans un testament en date du 2 septembre 1642, Noël Hirvaux , marchand brasseur , fit les dispositions suivantes :

Âpres avoir déclaré vouloir être enterré en Téglise St.-Germain , au devant de l*autel de Noire-Dame des sept douleurs , et être porté par les prêtres de la congrégation de St.-Jacques , sa paroisse , il laisse à la discrétion de ses exécuteurs testamentaires le soin de régler ses service , obsèques et funérailles , tout en exigeant cependant qu'ils aient lieu solennellement , comme de coutume , en l'église St.-Germain , et que les religieux des quatre ordres mendiants y soient présents ; pour les ré-. munérer, il leur donne 4 liv., à la charge par eux de dire un service , comme il est accoutumé. Noël Mirvaux donne ensuite cinq sols à chaque bassinet de l'église^ et dix sols à celui des trépassés. Enfin il laisse à la fabrique St.-Germain une maison sise rue du Guindal , achetée par lui à Jacques Sulfour, prêtre congrégé de cette pa-

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roisse , et 290 Hv. en deniers oboles , payables par ses exécuteurs testamenlahres, après son décès.

Cette donation est faite à la charge par la fabrique de faire dire et chanter à perpétuité, tous les vendredis de chaque semaine , à Tautel de la chapelle de Notre-Dame des sept douleurs , une messe avec un De profundis , à tlix heures , sur le tombeau du testateur. Suivant le testament , cette messe devait être sonnée avec la grosse cioche par les clercs de la paroisse , et pour cela il leur était alloué 60 sols , qui devaient être payés par les marguilliers, sur les sommes indiquées ci-dessus.

Pour plus grande sûreté de la fondation , Noël Mirvaux déclara que , dans le cas où ce qu*il venait de donner ne serait pas sufiBsant , ses exécuteurs testamentaires devraient s'entendre avec les membres de la fabrique , et que du tout serait passé contrat ; enfin que les SOO liv. par lui léguées seraient mises en constitution de rente , avis préalablement pris du curé et desanciens marguilliers.

Disposant en dernier lieu du surplus de ses biens , Noël Mirvaux donna à chacun de ses parents désignés dans son testament 24 liv. et un chapeau de deuil , et voulut que tout ce qui resterait de ses biens fût donné par ses exécuteurs testamentaires aux pauvres , et plus spécialement aux pauvres mendiants de St. -Germain.

Cette fondation fut acceptée par acte du 11 novembre 1648 , et la fabrique devint propriétaire de la maison rue du Guindal, dont elle a joui jusqu'au 15 août 1765 , époque à laquelle celte maison devint la proie des flammes. Le terrain sur lequel elle était bâtie fut alors donné à cens , et ce cens fut déclaré non rachetablc. Louis Henocq,

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qui eE était dev€«Mi aoquéreir, a oonalaiBtteiitj^ayé oeite rente jusqu'à la fin du iviu* giècle, et nous en reUroQvoas la preave dans le compte de Tannée 1791. Les iW liv. n'éprouvèrent pas non plus de diminution » et lafondatieD fat eiécttlée jusqu'en 1791 .

12* Le Curé Gauchie (1644.)

Par acte notarié du 7 mai U44 , Jean Gauchie , religieux de l'abbaye de St. -Jean , curé de St.-Germain» a fondé dans cette église deux messes à haute Toix , avec diacre , sous-diacre et chappiers. Ges messes de l'office des trépassés, selon Ut volonté du fondateur, devaient être dites chaque année, le mardi qui précède la Pentecéte, $an$ que, pour quelque cause que ce soit, même du décès du fondateur, elles puissent être remises et changées à un autre jour, et i commencer mardi prochain.

La première devait èlre dite à Tintenlion du fondateur, même pendant sa vie ; on devait y faire mémoire: 1* de frère René de Sains, ancien prieur de St.-Jean; f defrère Adrien Domal, en son vivant prieur du collège des Prémontrés, à Paris, tous deux anciens bienfaiteurs de H. Gauchie.

La seconde devait être célébrée à l'intention de feu Jacques Gauchie et de Marie Maisne , père et mèie du fondateur. On devait aussi y faire mémoire de tous ses parents , amis et bienfaiteurs , et à la fin chanter un De profundis et un Libéra, suivis de l'orémus pour les défunts.

Ges deux messes solennelles devaient être chantées en l'église St.-Germain , à 5 heures du matin , non par les prêtres de la paroisse, mais par ceux de la Gangrégation des curés d'Amiens.

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— lia —

Pour reiDpHr celle fondation» M. Gauchie ayatt donaétà la CîoogrégaliOD des curés une somme de six«*Tingl lir. ua tiers , qui ont élé reçus par M. Dhangest , prèlre , chatiolne de réglise calbédrale d'Amiens , curé de St.^PirmiD-en^ CastUlon » et prévit de la Congrégation des curés.

D*après la volonté du fondateur, cette somme fut mise esa constitution de rente , et il fut inscrit aux registres de rsssociation que» tous les mardis atant la Pentecôte , il serait dofnnéau clerc semainier de St*6ermain i sols leur* nois, pour le dédommager de la peine d'ouvrir les portes de réglise à 5 tieures du matin.

13* HAAûOERire Delahate , veuve A. Finet ( 1646« )

Par testament passé devant le curé de St«-^ermain , à la date du 10 janvier 1646 , Marguerite Delahaye , veuve de feu Adrien Finet » après avoir réglé ses obsèques , a fait les fondations dont il sera parlé ci-après.

Dans ce testament, Marguerite Delahaye commence par déclarer : l"" qu'elle veut être enterrée en l'église St»- Germain » dans la chapelle de la Vierge » au long du banc où elle s'asseoit, et y être portée par les prêtres de la Congrégation de St.-Germain , après les vigiles chantées solennellement par les religieux mendiants et les prêtres de la paroisse , ainsi que cela se fait ordinairement ; pour quoi elle donne à la fabrique la somme de 18 liv. ; 2*" ^ne le lendemain il soit dit et chanté» avec même solennité que dessus, les commendaceset une haute messe ; di^ qn'à son convoi et enterrement il ne soit porté aucune torche ^ mais seulement 12 cierges de trois quarts chacun , et celft par douze vieilles femmes veuves , à qui il sera donné uni

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drap Boir de 30 gols , lequel appartiendra à chacune d'eues ; 4* que le jour de son décès il soit dit à St.-Denis, ebez les quatre ordres mendiants et les flUes de Ste-Glaire, même service qu'à la paroisse, moyennant 60 sols à chacun de ces ordres religieux ; S*" qu'aussitôt après son décès il soit dit quarante messes à basse voix , et que , le irademain de sa mort , il soit distribué aux pauvres un muld de blé , mesure d'Amiens ; 6* enfln que , six mm après son décès , il soit dit un bout de l'an avec SO messes basses , en l'église St-Germain.

À toutes ces dispositions , elle en ajouta plusieurs autres dans un codicille du 19 novembre 1648; ainsi elle voulut qu'il n'y eût à son enterrement aucun clocheteur des trépassés , et qu'il fût donné à la fabrique une somme de 120 liv., pour l'acquisition d'un drap de mort.

Marguerite Delahaye déclare ensuite vouloir donner à la fabrique une somme de 120 liv., payable en une fois , à la charge de la mettre en constitution de rente, afln qu'il soit dit chaque année à perpétuité, le jour désoû décès, un obit solennel composé de vigiles à neuf leçons , commendaces , haute messe , avec le Libéra et collecte à la fin.

Marguerite Delahaye fonda aussi un autre obit en la chapelle St. -Jacques , au cimetière St. -Denis , moyennant 40 sols de rente , remboursables en une fois par 40 liv.

La fabrique n'eut pas tout de suite connaissance de ces fondations^ et il n'y eut d'acte passé entre elle et les héritiers que longtemps après le décès de Marguerite Delahaye , c'est-à-dire en 1672. A cette époque , nous voyons dans les registres aux comptes et dans les titres , que les héritiers furent traduits devant le lieutenant-général du

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bailliage , pour élre contraints à passer acte de la reconnaissance de ce testament ; ce qui fut fait devant notaire, le 9 janvier 1672. En 1708 le remboursement eut lieu , et les sommes en provenant furent mises en rente. Plus tard elles furent remboursées en billets de banque ; ce qui fit que la fondation fut réduite en 172S à une haute messe par an , et continuée ainsi jusqu^à la fin du xvin* siècle.

li"" Nicolas Decourt (1652.)

Par testament et par codicille en date des 25 et 26 mai, tous les deux passés devant notaires , Nicolas Decourt , marchand à Amiens , a réglé ses obsèques ainsi qu'il suit. Il déclare vouloir être enterré à St.-Denis , dans la sépulture de sa famille , que ses services soient faits soleur nellemenl, et qu*il y soit dit vigiles, commendaces, et troi$ hautes messes , comme il est accoutumé. Nicolas Decourt donne ensuite à la fabrique une somme de 200 liv., pour aider à fonder les vêpres du St.-Sacrement , qui se çbantent tous les dimanches de Tannée.

La fabrique ayant reçu cette somme , la mit pendant quelque temps en constitution de rente ; mais bientôt elle la relira et rempl(fya à payer ses dettes^

V^" Antoine Lagrenée (1659.)

Par testament en date du 12 juillet 1659, Antoine Lagrenée , marchand mercier à Amiens , déclare vouloir être inhumé en l'église St.-Germain , près de sa femme ; il ajoute qu'en entrant dans Téglise son corps sera déposé devant le crucifix , où sera chanté le Yexilla régis, les an-

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liennes et oraisons ordloaires ; que ses services, composés de vigiles et commendaces, seront chantés solennellement. Suivant cet acte de dernière volonté , il ne doit y avoir à son convoi que 12 torches allumées; le jour de ses services il doit être distribué aux pauvres la somme de 12 liv., et donné à FHôpital général 10 liv. Antoine Lagrenée prescrit en outre qu'aussitôt après son décès il soit dit de suite 10 messes à Fautel privilégié de Notre- Dame d'Amiens , 40 à celui des Oafrocinâ » 15 à celui des Gordeliers et 15 chez les Carmes ; enfln , qu'il soit donné pour son enterrement , à la paroisse 18 liv., aux pauvres 10 liv., à la confrérie du Saint-Sacrement 1 Hv., à celle des trépassés 1 liv., et 2 sols à chaque bassinet.

A ces dispositions pieuses Antoine Lagrenée ajouta encore deux services en l'église St.-lean d'Amiens , l'un à son intention, l'autre à celle de sa femme ; enfin il chargea ses petits enfants d'acquitter le montant de ce qui serait dû pour ses obsèques et funérailles.

Après avoir ainsi réglé tout ce qui avait rapport à seâ obsèques , Antoine Lagrenée fit plusieurs fondations \ et d*abord il voulut que , pendant deux années , il fût chanté en sa paroisse une messe par semaine pour le repos de son âme et de celle de sa femme ; que cette messe fût chantée par son chapelain ordinaire , à compter du jour où l'ordre lui en serait donné par le testateur. Puis il fonda en la paroisse de St.-Germain : 1"" l'oifice de Ste-Géneviève , au 3 Janvier ; cet office se composait des premières vêpres et vigiles qui devaient être chantées la veille , des heures canoniales, d'une haute messe et des deuxièmes vêpres le jour de la fête ; 2'' deux olûts à chanter ; le premier

au jour de son décès , et le deuxième au jour du décès de sa femme.

Pour prix de ces diverses fondalions , Antoine Lagreuée laissa à la fabrique une rente annuelle de 30 II v., à prendre chaque année sur la maison qu'il occupait à son décès et qui fait le coin de la rue St.-Germain et du grand marché, à la charge par la fabrique de fournir le luminaire et tout ce dont il serait besoin , enfin de mettre , les jours solennels de Tannée , six cierges blancs du poids d'une demilivre chacun , devant l'image de sainte Geneviève.

Le S janvier 1660 la fabrique accepta le testament , et le 17 mars 1700 eut lieu le remboursement de la rente de 30 liv. par Jacques Lesergeant, conseiller du roi, docteur en médecine, comme mari de Marguerite de Fontaine , petite-fille du testateur. Ce remboursement eut lieu moyennant 5i0 liv., qui furent mises en rente. En 1720, on les remboursa en billets de banque ; par suite , les fondations furent réduites à une haute messe.

16* Christophe Gusson et sa femme (1665.)

Par contrat passé devant M* Roger, notaire à Amiens , le 84 août 1665 , Christophe Cusson , bourgeois d'Amiens, et demoiselle de Ribeaucourt, sa femme, ont fondé en l'église StoGermain les vêpres du Saint-Sacrement aux cinq fêtes de la Vierge, savoir : la Conception, la Nativité, l'Annonciation , la Purification , l'Assomption , à commencer le 15 août présent mois, et continuer ainsi àperpétuité ; ils ont prescrit en outre que , pendant le chant de cet office , on ferait jouer les orgues pour plus de solennité ; et.

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pour aidera la célébration de ces fêtes , ont donné un petit palme ou dais en brocard d'argent , pour servir à la procession des dites vêpres , avec permission de le prendre lorsqu'on porterait le bon Dieu aux malades delà paroisse^ et plus spécialement lorsqu*on porterait le corps de Noire- Sauveur en la maison de Gusson et sa femme , soit pour eux , soit pour leurs enfants ; enfin ils ont déclaré vouloir qu*il en fût ainsi lorsqu'on porterait le viatique aux ecclésiastiques, aux roarguilliers en charge et aux anciens mar* guilliers.de la paroisse.

Par le même acte, Christophe Gusson et sa femme ont en oulre fondé un obit de vigiles à trois leçons et commendaces , le tout à chanter chaque année , à perpétuité , le dimanche après l'Assomption , et le lendemain une haute messe , avec un Libéra à la fin.

Pour l'exécution de ces fondations, Gusson et sa femme ont donné à réalise Sl.-Germain une rente de 15 lîv. , savoir : 10 lîv. pour la première et "5 liv. pour la seconde; la dite rente remboursable au denier 30 seulement , et affectée sur une maison à eux appartenant, rue St.- Germain , à usage d'hôtellerie , tenant par derrière à la rue de l'Entonnoir, et où pend pour enseigne le petit Gardé

Ges fondations furent exécutées jusqu'en 1697, mais cette année la maison et tous les biens de Christophe Gusson ayant été vendus par décret, la fabrique ne put être colloquée en ordre utile; ce qui fit que, les fonds manquants, on cessa de dire l'obil.

17"" Jeanne Lotissier , (1666).

Des registres aux comptes de l'année 1671 , il résulte

ce qui suit : par son leslament en date du 25 novembre 1666, Jeanne Lotissier a fondé en Téglise St-Germain un obit solennel pour lequel elle a laissé à la fabrique une rente de 5 livres au capital de 120 livres; par le même acte elle a aussi donné à la conrrérie du Saint-Sacrement une somme de 10 livres une fois payée.

Ces 120 livres furent remboursées en 1697 et placées en constitution de rente; la fabrique en perdit une partie par rémission des billets de banque; aussi cette fondation fut-elle , en 1725 , réduite à une grand'messe seulement pap année , et encore celte messe fut-elle destinée à Taccomplissement des fondations faites tant par Jeanne Lo* tissier , que par Marie de BerneuiK

IS"" Marie de Berneuil, (1666).

Par testament du 18 juin 1666, Marie de Berneuil , veuve en premières noces de Jean Jullien, et en secondes de Pierre Lefebvre , demeurant à Amiens , a déclaré vouloir être enterrée en Téglise St-Germain ; et, pour cela elle a donné à la fabrique une somme de 30 livres.

Par le même acte , elle a réglé ses obsèques ainsi : ser* vices solennels , trente messes basses aussitôt son décès , et un annuel de messes avec bout de Tan.

Elle n*ottblia pas les confréries dont elle faisait partie» et donna : aux confréries du Saint-Sacrement, 10 Uv.; de St.-Roeb , 10 liv.; de St.-Germain , 10 liv.; à la chapelle deSt.-Germain,101iv.

La testatrice fit ensuite diverses fondations; la pre-» mière fut un service de l'Assomption de la Vierge , composé des premières vêpres la veille , et le jour de la fête

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d*iiDe messe haute et des deuxième vêpres , le tout célébré avec jeu des orgues. Le leslameat porte que celte fomlatloB devra être exécutée après le décès de la testatrice , de la même manière qu'elle Ta été depuis le décès de sa mère, ^joutant que Taulel sera tendu eu blanc , que les cbandeliers d'argent y seront placés, et qu'il y aura un luminaire convenable.

La deuxième est celle d'un sermon tous les premiers dimanches du mo», à une heure et demie après midi , par tel prédicateur qu'il plaira au curé de choisir.

La testatrice donne en oulre deux rideaux blancs pour être mis au mattre-autel et sertir à l'office de la \\&tge qui fait l'objet de la première fondation.

Pour mettre la fabrique à même de les exécuter, Marie de Berneuil donne : l"" une renie de 6 livres stipulée non rachelable , affectée au service de la première, et 8* une rente de 15 liv. au capital de 300 liv. pour la seconde.

Marie de Berneuil mourut en 1670. Aussitôt après son décès, son testament fut attaqué par ses héritiers et matn^ tenu par sentence du 89 janvier 1675. Il y eut appel au Parlement, mais une transaction intervint entre les parties , et , le 10 mai 1683 , Antoine Ledoux , mattre gri^ bannier , demeurant à l'Etoile , débiteur de la suocession, remboursa à la fabrique une somme de 450 livres en acquit des fondations faites par Marie de Berneuil. Le même jour , cette somme ftit donnée par la fabrique en constitution de rente à Guilberte Gardon, deDoullens, héritière de la testatrice; elle resta entre ses mains jusqu'à l'émission des billets de banque, et fût à cette époque rimboursée en cette nouvelle monnaie. Par suite de cet

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acte, lobil fut rédujt à une haute messe seulement , lequelle, ainsi qu*on Ta vu à l'article précédent, fut déclarée commune à Taccomplis^ement des fondations de lUarie de Berneuil , et de Jeanne LoUssier.

19« Noël Delabie (1668).

Dans les registres aux comptes de 1673 on voit que, par testament en dale du 13 Juillet 1668 , Noël Delabie, femme de Pasquier Filleul , a fondé un obit solennel au jour de son décès.

Noël Delabie mourut le IS septembre 1672; et, le 7 novembre suivant, les hériliers s'engagèrent par acte notariée payer à la fabrique une renie annuelle de 6 liv.

Par le même testament , Noël Delabie fonda encore des vêpres du Saint-Sacrement à sept fêles de l'année qui ne sont pas indiquées dans le registre de 1673 , et donna à l'église une rente de IS livres au capital de 300 livres, pour aider à fonder cet office tous les dimanches de l'année. La maison du Miroir , sise sur le grand marché fut affectée au paiement de ces fondations diverses et le remboursement en fut fait quelques années après. La somme en provenant fut mise en constitution de rente , et plus lard employée au paiement des dettes de la fabrique. Par suite de la suppression du revenu , l'obit fut aboli; aussi cette fondation ne figure-t-elle pas en 1725 sur l'état de celles qui furent maintenues par l'évêque.

20« Barbe Thibaut (1670).

Du registre aux délibérations de la fabrique il résulte que, ps^r testament en date du 5 novembre 1670 , Barbe

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Thibaut , feimne de Jcao Flam^ot , a fondé yn obil solennel , à dire à perpétuité , le jour de son décès , naoyennant une somme de 200 lifres, acceptée le 12 mars 1684. Jusqu'en 1690 , les héritiers en ont payé la rente , et à cette époque le remboursement en fut opéré. Par suite de rémission des billets de banque, la somme de SOO liv. éprouva une réduction , et Tobrt fet réduit à «ne ^nd* messe par an.

21'' Madeleine Lejedne (1671).

Par testament passé devant le curé le 31 mars 1671, Madeleine Lejeune , femme de Charles Leblanc Tatné , bourgeois d'Amiens , a fondé un obit solennel à dire et chanter au jour de son décès, en l'église St.-Germaln. Pour quoi elle a voulu qu'il fût donné à la fabrique une rente de 6 livres au capital de 120, affectée sur ses biens meubles et immeubles au choix de ses héritiers.

Madeleine Lejeune mourut le 14 avril 1672, et aussitôt un contrat fut passé entre la fabrique et Charles Leblanc, son héritier et exécuteur testamentaire. Par cet acte il fut constitué au proOt de la fabrique une rente de 6 livres payable le 2 juin de chaque année , et divisée ainsi :

Au curé y compris la messe 46 s. »

Aux deux clercs 20 »

Aux diacre et sous-diacre 15 «

Au valet d'église 4 »

A la fabrique 37 »

Total 120 s. »

Charles Leblanc affecta an paiement de cette rente un

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jardm situé prés lepwU de Bar^bant, et stipula que la veute ne pourrait en être effectuée qu'après le remboursement de la renie. Pour le maintien de la fondation , Texéculeur testamentaire flt encore insérer dans l*acte Fobligation par la fabrique de faire avertir les parents du jour auquel Tobit derait être dit, et de remployer en immeubles les fonds provenant du remboursement. Malgré crtte stipulation formelle , le 9 avril t69S le jardin fut vendu , les 120 sols furent remboursés par Tacquéreur Henri Dubois, cordier à Amiens , et le prix en provenant fîit mis en constitution de rente. Par suite dé rémission des billets de banque, cette somme éprouva une réduction , et Tobit fut réduit à une haute messe.

22' Jean Ringoet (1672).

Par son testament du 16 avril 1670 , Jean Ringuet a fondé un obit solennel à dire au jour de son décès, moyennant une rente annuelle de 5 livres. Le 16 janvier, Claude Petit , sa veuve, en passa contrat au profit de la fabrique et lui paya en même temps le capital de 100 livres.

En 1725 cette fondation a été réduite à une grand*messe par an.

23' Pierre Boulier (1672).

Par testament des 3« avril 1660 et 5 avril 1^72, Pierre Boulier , boulanger à Amiens , a fondé un (^it solennel moyennant une rente annuelle de 6 livres, stipulée non rachelable et affectée sur sa maison rue du Quay. En 1678 , Catherine Boulier , femme Candilton , augmenta Mtte rente d'une tivre et fit le remboursement du tout.

lO'^

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La somme en provenant fut réduite par suite de rémission des billets de banque, et l*obit fut réduit en 1725 à une liante messe.

Si* Catherine Houlier , Temme Gandillon (1678).

Par testament passé devant notaires, le 17 juin 1678, Catherine Boulier , femme de Charles Candillon ^ a vonla augmenter de 20 sois la rente laissée par son père en 1 678 pour la fondation d*un obit. Ensuite elle a déclaré vouloir laisser aussi à Téglise un souvenir de son affection et pour cela elle a donné sa croix dor, pour être mise et employée à la chasse de St-Germain, puis 10 livres pour servir à Tacquisition de deux voiles destinés , Tun à la confrérie de la Vierge, l'autre à celle de Sle-Catherlne.

25* François âvignaux (1673).

Par testament notarié du 15 septembre 1 673 , François Avignaux , marchand tanneur à Amiens , a fondé un service solennel à neuf leçons à dire chaque année au jour de son décès , avec commendaces , haute messe , le Die$ irœ et YO meritum passiotiis au moment de Télévation. Dans cet acte il fut stipulé que pendant ce service on sonnerait la sixième cloche en ton , qui avait été donnée par le testateur en 1651, que tous les dimanches on serait tenu de chanter VAve maris Stella à la fin de la grand messe , et que le dimanche avant la célébration de Tobit, le testateur serait recommandé au prône.

Pour rexéculion de ces fondations , Jean Avignaux donna une rente de 14 livres affectée sur les trois quarts de son jardin , rue des Corroyers , et sur la moitié de sa

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maison , rae des tanneurs ; la dite renie remboursable au denier 30. Celle fondation a persisté jusqu'à la fin du xYiii* siècle et on la trouve encore payée en l'an ii.

iS'* Madeleine de Montignt (1674).

Par son lestament en date du 11 février 1674 , Madeleine de Monligny fonda en l'église St-6ermain :

1<» Les vêpres <hi Saint-Sacrement à toutes les fêtes de Tannée, pour lesquelles elle a donné une rente de 100 1. ji s. » d.

2<> Une messe à dire le lundi de chaque semaine, à dix heures du matin, pour la* quelle elle a donné une rente de . . . 600 » »

B** Un obit solennel à dire pour le repos de son Àme chaque année, au jour de son décès, moyennant une rente de . . . 1%0 » x>

4^ Une rente pour les pauvres de la paroisse, qui doit être distribuée pendant le carême par le curé et les marguiUiers . 400 » »

Total . . . . 1.210 1. » s. » d.

Oulre diverses sommes formant un capilal de 2,30<V livres , qui devaient être payées par les héritiers , Madeleine de Montigny donna encore à la fabrique une devanture d*aute] faite par Catherine, sa sœur^ plus 150 livres pour en payer la monture et la faire adapter au mattre-autel de Tégiise.

Aux termes du testament , toutes ces sommes devaient être mises en rente en cas de remboursement.

En 1675 , les héritiers payèrent en argent une somme de 3S0 livres et transportèrent à la fabrique une rente de IQO Ikres, au capital de 2,000 , laquelle provenait de la

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sOGceesioo ; mate le débiteur étant deveM iagelvable et les potrflQites contre loi ayant été sans résultât » l^ héritiers remboursèrent plus tard lesS^OOO livres restants.

La fabrique plaça cette somme entre les mains de divers particuliers ; et , en 1720 , le remboursement en fut fiiit en bitlels de banque. Par suite , une réduction fut opérée dans les fondations, Tobit et la messe furent réduits à un seul obit, les vêpres du Saint-Sacrement à douze.

87* Marie Galiot, femme Robbrt Ladent (1675).

Par testament en date du 30 janvier 1675 , ainsi que cela appert des registres aux comptes de Tannée 1698, Marie Gallot, femme de Robert Ladent, a fondé un service et une messe à dire chaque année au jour de son décès. A cet effet, elle a laissé à ta fabrique une rente de 30 livres. Par sentence du bailliage d* Amiens , Olivier Leloir, son héritier , a été condamné à servir cette rente. Le remboursement en fut fait en 1714, et le montant employé aux besoins de Téglise. En 1725 , la fondation a été supprimée , parce que les foikls n'existaient plus.

2S^ Antoine Longuet et sa femme (1676).

En juillet 1676, Antoine Longuet et sa femme ont fondé deux obits solennels à dire au jour de leurs décès. Pour cela ils ont constitué au profit de la fabrique une rente de 30 liv. sur une maison sise Harché^u-Feurre.

Le 30 janvier 1677 , Adrien Caron a acheté cette mai^ son et reconnu la dette. La fondation a conlitiué d'être exécutée jusqu'à la fin du xviii'' siècle , et on la trouve edcore payée et acquittée dans les comptes de l'an lu

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29' HétiNi Câoghib (167»).

Par testament passé devant le curé et des témoins le 12 mars 1678, Hélène Gauchie, veuve en premières uoces de Nicolas Cauët , et en deuxièmes de Cornille Mimerel , menuisier à Amiens , après avoir nommé le curé pour son exécuteur testamentaire > a déclaré vouloir que ses services aient lieu selon sa condition , et que pour les payer on vendit ce qui serait nécessaire dans les meubles dont elle n'aurait pas disposé en faveur des enfants de son second mari.

Par le même acte » Hélène Gauchie a fondé en Téglise St-<jermain une basse messe par mois avec le De pro^ fundis à la fin, à dire aux jours et heures fixés par le curé. Pour Texécution de cette fondation, elle a donné à la fabrique une rente de 11 livres au capital de 200 livres que lui devaient la veuve Rouen et les héritiers de Jean de Yauchelles , pour par la fabrique en jouir à dater du jour de son décès. Gette vente a été affectée sur deux maisons sises à Amiens, rue des Gannettes, et rue de i*abreuvoir du Quay. De ces deux maisons , la première est tombée en ruines , et le terrain a été vendu. La fou* dation n*en a cependant point souffert ; elle a été exécutée jusqu'à la fin du xvm* siècle ; on la voit en effet figurer au compte de 1791 , comme payée par les propriétaires de la maison sise rue de l'Abreuvoir du Quay , et en dernier lieu par un sieur Delamolte.

W Le Guré Boucher (1678.) Par acte du 16 avril 1678, M. Boucher , curé de St.-

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GermaiD , a dooné à Claude Lefort, son neveu » 120 liv. en consUtution de renie au proGt de la fabrique , à la charge de fonder un obil solennel avec le De profundis et le Libéra à la fin , pour le repos de son âme.

Par cet acte , il a été stipulé que cet obit commencerait tout de suite , et qu'il serait dit pendant la vie du fondateur pour ses deux prédécesseurs immédiats » René Pavîe et Jean Gauchie; mais , qu*aussit6t après son décès » il serait dit chaque année au jour de sa mort » ce qui n*empécherait pas de faire mémoire de ses deux bienfaiteurs et de prier pour eux.

En 1725 les 120 liv. ayant été remboursées en billets de banque , Tobit fut réduit à une haute messe.

Outre cette fondation, M. le curé Boucher fit encore des donations à Téglise St.-Germain. Quoique faites postérieurement à la date de la fondation de Tobit , c'est ici , je pense , le lieu d*en faire mention.

Ces donations sont au nombre de trois : la première est une rente de 50 liv., à distribuer aux pauvres de la paroisse après son décès ; la deuxième six chandeliers d'argent ; la troisième un dais en velours cramoisi , garni de franges et de molettes en or fin.

Don des Chandeliers. — Le 14 janvier 1681 , M. Boucher commanda au sieur Briseur, orfèvre à Amiens, quatre chandeliers d'argent , titre de Paris. Deux de ces chandeliers devaient avoir 2 pouces d'élévation plus que les autres. Le modèle donné était pareil à ceux de l'église des Carmes ; mais ils devaient être mieux conditionnés et l'orfèvre Briseur s'engageait à leii fournir dans les trois mois

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à compter de ce jour. Le prix de la façon fut fixé à 100 \h. et celui de Fargenl à 30 fr. le marc.

Le 28 juin 1683, M. Boucher fil, avec le même orfèvre, un autre traité par lequel le sieur Briseur s^engagea à fournir par lui-même , et non par une autre personne , deux chandeliers plus hauts , aux mêmes prix , argent et conditions que ceux qui étaient stipulés dans Tacte du 14 janvier 1681. Ces deux chandeliers devaient peser onze marcs une demi-once les deux , être mieux travaillés 8*il était possible que les précédents , mais ne pas être moindres en perfection. Le prix en fut fixé à 370 liv , dont moitié payée comptant , et le reste à l'époque de la livraison. Il fut stipulé qu'ils devraient être fournis pour le 14 août suivant ; enfin il fut convenu qu'ils seraient en argent de Paris et que le moins pesant serait déduit du prix fixé, h raison de 75 sols l'once (1).

En faisant faire ces six chandeliers , le curé Boucher avait l'intention d'en faire présent à Téglise, qui n'en avait pas , ou plutôt qui n'en avait que deux petits , donnés par les porteurs du dais. Pour diminuer la dépense que devaient occasionner ces grands chandeliers, il désira que la fabrique lui donnât les deux qu'elle possédait, et stipula dans l'acte fait avec Briseur que ce dernier en ferait la proposition au Conseil , sans nommer la personne qui avait l'intention de faire présent des six chandeliers.

C'est par suite de cet arrangement que, le 12 septembre suivant , Briseur se présenta au Conseil de fabrique et annonça « qu'il avait reçu ordre d'une honnête personne

(1) Voir Ie« délibérations du Conseil de fabrique.

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» de la paroisse , de £iire deu& grands chandeliers (Tar- » genl » du poids de ooze marcs demi-ooce^ peur l*églis6^ )> à condition de retirer à son profit les deux petil^ chan- » deliers en triangle qui sont à Téglise , pour raison de » quoi on ne chercherait pas à connaître le nom de la » personne qui voulait donner les deux grands ( I ). »

Cette proposition fut , on n'en peut douter , accueillie ainsi qu'elle devait Tétre , puisque les chandeliers donnés étaient du poids de onze marcs une demi-once , et que les deux fournis n'étaient que du poids de six marcs.

En 16S7 t le dimanche 30 mars, le curé Boucher proposa aux marguilliers réunis en la sacristie , la donation des six chandeliers d'argent dont il a été parlé ci-dessus , mais avec des clauses pour en empêcher l'aliénation et la détérioration. Toutes furent acceptées» et le 29 mars 1689 il en fut passé acte devant notaires. Ces conditions n'étant pas ordinaires , il n'est point inutile d'en donner connaissance. Il est dit dans cet acte : (2)

a Comparut frère Pierre Boucher , prêtre religieux de » l'abbaye de St.-Jean d'Amiens , curé de la paroisse » St.-Germain , lequel a dit que , avec la permission de » ses supérieurs , Tévêque d'Amiens et le prieur de St.- » Jean d'Amiens, ayant droit de disposer, sa vie durant, » des revenus de son bénéfice à sa volonté , et particu'» » Uèrement pour causes pieuses et pour contribuer à la T» décoration de son église paroissiale et des autels d'i* D celle, et porter par son exemple les paroissiens à en » faire de même. Outre les^ dons et présents par lui ci-

(1) Voir les délibérations du Conseil de fabrique.

(2) Voir aux archives la copie de cet acte , de la main du donateur.

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i> devant ÙA\A h Téglise , il a depuis quelque lempa fsnk 1» faire six grands chandeUers d'argeot, pesant t oiseiBble » 30 marcs 6 onces et demie , des deniers de ion épargne^ y> dont 11 fait présent à l'église Sl.-Germain , aux clauses » et conditions ci-après , lesquelles le dit donateur veut , » soit de son vivant ^ soit après son décès , estre toutes et » chacune exactement observées et exécutées par les do* » nataires comparants , lesquelles clauses et aucune d'i^* y> celtes condittons cessantes du vivant du sieur Boucher, » donateur, ou après son décès , le présent contrat de » donation des six chandeliers demeurera entièrement » nul et de nul effet , et le dit Boucher libre de reprendre » les dits chandeliers et d'en disposer comme bon lui » sembl^ti, et de la manière qu'il eût pu faire avant le » présent contrat , et sans aucune formalité de justice , » parce que autrement il n'aurait pas fait de donation à » l'église St.-4][ermain.

Y> L^ dits chandeliers seront mis incessamment sous la » garde de honorable homme Nicolas Leroux , marchand )) de cette ville, à présent marguillier en charge de la » dite paroisse; et, après son année d'exercice achevée , » ils seront mis à la charge de Messieurs ses confrère» » successeurs, ausd marguilliers en charge, et ainsi » continuer d'année en année par ceux qui seront choisis » ou nommés pour leur succéder en la dite charge de « marguilliers ; lesquels tous et chacun successivement 1^ les uns les autres à perpétuité , s'en chargeant chacun » sous leurs signatures particulières , avant de eommen-» » cer l'exercice de la dite charge de marguRlier ; de cé ^ faire les marguilliers sortant de charge r^fMmdantpwf

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» les entraobi et successeurs en la dite charge de mar« » guilUer , en sorte que les marguilliers sortants en seront » toujours chargés , tant que les autres s*en soient char- » gés , comme il a été dit ci-dessus. Pourquoi , à perpé- » tuité , à chacune rénovation et nomination de marguil- » lier, et d'acceptation de la dite charge par les nommés , » et avant que d'exercer icelle charge et prendre aucun » rang ni séance parmi les dits marguilliers dans Tegllse » ou ailleurs, leur sera fait lecture du présent contrat , D ou d'un acte qui en contiendra les teneur et clauses , » que les dits marguilliers nouvellement nommés seront » tenus de signer, observer et faire observer durant les » années de leur exercice,

» Que les dits chandeliers seront couchés dans Tinven- » taire des argenteries de la dite église ; qu'ils seront mis » dans quelqu'endroit de la trésorerie ou sacristie d'i- » celle église , dont les dits curé et ses successeurs au- » ront une clef , pour les faire servir aux jours que les D curés présent et futurs jugeront à propos , mais en té- » glise de la paroisse seulement.

» Veut qu'après son décès il ne soit loisible à aucun » de ses successeurs curés , ni à aucun des marguilliers » actuellement en charge , ni à ceux qui leur succéderont, » ni tous autres marguilliers ou autres paroissiens, en » telle qualité et condition qu'ils soient , de prêter les » dits chandeliers pour servir en aucun lieu ni église que » celle de St.-Germain ; et en cas qu'aucun des dits curés » successeurs et des dits marguilliers et paroissiens pré- » sens ou à venir manquent à accomplir de exécuter » toutes et chacune des dites clauses et conditiom^ parcan-

9 même ou autrement, les dits chandeliers , dès-lors et » sans aucune formalité de justice , a'ppartiend^mt à Té* » glise de St.-Jean d'Amiens ou à celle de SL-Firmin à » la porte , et ce pour de particulières considérations que » peut avoir le curé , en sorte que si Tune ou Taulre des » dites deux églises de St.-Jean ou de St.-Firmin peut » prouver quelques-unes des dites clauses et conditions » avoir été violées ou n*être plus observées , à Tavenir » les dits chandeliers appartiendront à la première des » dites églises qui pourra faire preuve par telle voie que » ce soit.

D Pourquoi il sera délivré copie en bonne forme du » présent contrat au prieur de St.-Jean et aux curé et » marguilliers de St.-Firmin à la porte , pour servir de p titre actuel aux dites deux églises, es dits cas ci-dessus » mentionnés.

n Au cas ou les curés successeurs ou les marguilliers )> présents ou futurs viendraient à violer aucune des dites » clauses , et qu'au moyen du dit violement Téglise St.- » Germain viendrait à être privée des dits chandeliers , )» ou que , par quelque négligence coupable elle en souffre » quelque dommage ; aux dits cas , les curés et mar- » guilliers de St.-Germain qui auront , ou celui qui aura )> causé le dit dommage , seront ou sera tenu de dédom* fi mager la dite église St.-Germain; à laquelle clause » particulière , outre que le dit curé comparant ne doute » pas que chacun des dits curés et marguilliers futurs ne » soient obligés de veiller, la personne qui sera commise » par le sieur Boucher à Vexécution du dit contrat , sont » aussi priés d'y tenir soigneusement la main et y pour-

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» voir corame de raison, et les marguiliiers en clutr^ eo » exercice et anciens inarguilliers de la dite paroisse , i> sçavoir: Nicolas Lebel, inatlre apothicaire; Jean de » Ribeaucourt, Nicolas Leroux, marchands, tous trois » marguilliers en charge ; Pierre Quiilin , François Bou- B tiilier , Olivier Lenormand , Jean Paillard , Martin » Lenormand , Pierre de Godequin , Pierre Fontaine , n Jean Colle , Robert de Monligny, Firmin Cotte , Royt main Du val, Claude Lefort, François Ducandas, Martin » Cotte, tous anciens marguilliers , et faisant la plus D saine et nombreuse partie d'iceux , aussi présents et » comparants. »

\ient ensuite Tacceptalion de la donation , aux clauses et oondilions ci-dessus , conformément à ce qui avait été 4iéGidé dans l'assemblée générale du 30 mars 1689 , et il est fait mention de la remise des deux petits lAandeliers ^d'argent , dont il a été parlé dans la même délibération.

Bmt0 4iu profit des pawres. -^ Par lo même contrat, JU. Boucher a fait don aux pauvres de la paroisse St.- Germain d'une rente de SO Uy. pour, par la fabrique, n'en jouir qu'après son décès , et le montant de la dite rente être disiribué aux pauvres. Dans cet acte , le sieur Boudder déclara conserver par devers lai les contrats et «oitences d'hypothèque pour se faire payer de l'usufruit pédant sa vie , par NicoU^ Picard , greffier de l'officiaijlé, entre les mains de qui le capital avait été déposé.

Comme les clauses de cette donation s'enchatnentpour ainsi*dire avec celles de la précédente , il est nécessaire d'entrer ici dans qudques détails.

Par racle dont s'agit ^ M. Bôuchor déclara vouloir que

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a la somme de SO liv. Mt distribuée en deux parties : la f> première au commencement de novembre , la seconde » dans les premiers jours de la semaine sainte de chaque yt année , par les marguliliers en charge , sur les billets )> délivrés par les curés ses successeurs , et quil en fAt » fait un article de recette et de dépense.

)^ Si la rente venait à manquer, par quelque drcon»* y> tance que ce soit , le donateur veut que les six cban- » deliers dont il est parlé plus haut soient vendus , et le » prix employé h constituer une antre rente au profit des » pauvres , à moins qu'il ne soit pourvu par les curés et » marguilliers d*une autre manière , à l'effet de foire à Y> perpétuité, aux pauvres de St.-Germain , la distributioii )) de la dite somme de 50 livres , à Tinteniion du fonda* » teur , et par ce moyen on pourra conserver les dits » chandeliers. Faute de faire cotte aumône aux pauvres » pendant dix ans enti^s , les chandeliers appartiendront r> à réglise de St.-Firmin-à-la-Porte qui , trois mois après , y> pourra s'en mettre en possession.

)» Si aucun des marguilliers ne demeurait chargé des «> six chandeliers , soit par négligence ou connivence , ou » autrement;, deux ans entiers , trois mois après la dite » cessation, la paroisse de St.-Firmin pourra se mettre en rf possession , soit des chandeliers , soit de la rente , aux » fias qu'ils étaient destinés dans la paroisse St^-Germaio.

» Ce cas advenant , les marguilliers indemniseront la » dite église et les pauvres d'ioèlle et de St.-<}ermain , r> des deux petits chandeliers ou de la valeur d'iceux , qui )> sont demeurés es mains du sieur Boucher. »

Les marguilliers acceptèrent ces clauses , de même que

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— IW —

celles qui ont été ci-dessus rapportées ; et , pour lémoigaer toute leur reconnaissaoce au curé Boucher, ils le prièreat de vouloir biœ continuer à Téglise la même bienveillance qu1l avait montrée jusqu*alors , et lui offrirent une clef du coffre où les titres de la fabrique étaient renfermés.

Donation du Ihis. — Dans cet acte il n'est fait aucune mention de la donation d'un dais , et cependant elle devait y figurer dans le principe. Les notes écrites de la main de M. Boucber, et qui accompagnent la donation des chandeliers et de la rente au profit des pauvres^nous démontrent que le dais , quoique fait en 1676 , n'a été donné à réglîse St.-Germain qu'après la mort du donateur ; or, dans ces notes , nous trouvons les motifs qui l'ont empêché àe comprendre ce dais dans la donation de 1689 , et un projet d'acte y relatif, où on lit ce qui suit :

a Le dais de velours rouge cramoisi, avec ses enri- » chissements en or et en argent , fait el payé des deniers » de frère Pierre Boucher, prêtre religieux , curé de la » paroisse St.-Germain en l'an 1676, par le présent^écrit » est par lui donné à l'église du dit St.-Germain et laissé » à la fabrique d*icelle église , aux conditions cj-après » spécifiées et couchées par écrit dans le contrat fait entre » le dit sieur curé et les marguilliers de la paroisse. »

Ces conditions sont les mêmes que celles qui sont relatives ^ux chandeliers , sauf quelques légkes modifir cations.

. « Ainsi le dais devait être confié à la garde d'une per- » sonne choisie par le donateur , soit de son vivant, soit x> après sa mort ; cette personne était autorisée à se p choisir un successeur, qui devait être agréé par les

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» membres de la fabrique. Le dais ne pouvait être prêté T» à aucuue autre église , ni à aucune autre personne ; à » St.-Germaiu même on ne pouvait l'employer à aucun )> autre usage qn à la procession de la Fête-Dieu et de » celle du patron. Faute par la fabrique de remplir ces )y formalités , et toutes autres prescriptions reprises en la » donation des six chandeliers , le dais devait appartenir » à celle des deux églises de Si.-Pirmin à la porte ou de y> St.-Jean d*À miens qui le revendiquerait » en venant en » prendre possession avec la copie du présent contrat , » qui leur avait été délivrée. Enfin les marguilliers qui » auratent manqué à raccomplissement des conditions » par eux souscrites devaient être tenus d'indemniser Té- » gHse St.-Germain de la perte du dais et de lui en payer » la valeur. »

Il était encore dit que si ces conditions n'étaient point observées par les marguilliers pendant six mois, l'abbaye de St.-Jean ou l'église de St.-Firmin-è-la-Porte pourraient réclamer le dais et en prendre possession.

Cette donation n'était pas la seule que le curé Boucher avait eu l'intention de faire à l'église St.-Germain. Dans les pièces émanées de la main de ce bienfaiteur on trouve encore un projet d'office du SaintrSacrement. Ainsi on lit, dans un modèle de délibération ^ané de lui : « Item » rintentioo de fonder en ioelle paroisse la messe haute » du très«-saint Sacrement de l'autel , et , à cet effet , de » feire présent d'un dais en vdours cramoisy, avec ses y^ emichissements et accompagnements de franges et )> passements e& fin or et argent > et de fournir deux » autres rentes pour l'iK^qnit de la dite messe. »

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— no —

Celle peosée du curé Boucher ne fui pas réalisée ; car dans les noies qu*il a laissées , on yoil que ces divers projets onl été abandonnés par suile de bruits injurieux répandus dans le public contre le donaleur. On Ut en effet ce qui suit :

<K Sur ce que cerlains particuliers , marguiliiers de » celle paroisse de Sl.-Germain en la ville d'Amiens , » auraient semblé vouloir douter que le dais de velours » cramoisi que le frère Pierre Boucher, curé de la dite » paroisse , a fait faire et façonner, proviendrait de ses )> deniers , et ont fait plusieurs choses qui auraient tel- » lemeut mécontenté le dit sieur curé , qu'il aurait rér> solu même de ne plus le prêter doresnavant à la dite » paroisse , pourquoi la compagnie des marguilliers se » sérail assemblée , et en conséquence prié M. le curé . )> de n'avoir aucun égard à ce qui se serait passé au sujet » que dessus ; qu'ils désavouaient les dils particuliers , » recognoissant à icelui seul curé appartenir le dit dais ; » que c'est par pure bonté qu'il l'a prêté jusqu'ici ; que » la dite compagnie recognoist qu'il lui en appartient la )> propriété ; qu'elle n'y prétend aucune chose ; que le » sieur curé peut en disposer pour le particulier ou corn- » munauté qu'il lui plaira , à l'exclusion de l'église St.- » Germain , même au cas qu'il ait la bonté de vouloir » le prêter à la dite paroisse de St.-Germain ; la dile » compagnie, composée des particuliers soussignez^ » chacun en leur nom privé , et tous ensemble solidaire- » ment , s'oblige de faire réparer le dommage qui se rejy cognoistra avoir esté fait, et de lui rendre le dais en » Testai qu'il l'aura prêté , sans que ce prêt particulier

» pour la présente année puisse tirer à conséquence , et » Tobliger pour faire le semblable dans aucune consé- » culive ; de laquelle résolution a été donné le présent » escript de la main du greffier de la compagnie et de » lui signé avec les autres marguilliers le 23 mars 1687. t»

Sur cette délibération, le curé Boucher consentit à prêter le dais , et cela résulte de la pièce ci-après :

« Nous soussignés , marguilliers en charge de St.- » Germain , reconnoissons que le dais de velours cra- » moisi avec ses accompagnements, provient des propres » deniers du révérend père Pierre Boucher , à prient r> curé de la dite paroisse , lequel nous promettons lui y^ rendre lorsque la Fêle-Dieu sera passée , et en pareil » état qu'il nous Ta baillé, pour de suite en faire ce qu'il » jugera à propos. — Amiens , ce 28 mai 1687 , signé : » RiBEAUGOURT, Lebel , Leroux, tous avec paraphe. )»

Il en fut ainsi tant que vécut le curé Boucher, mais à sa mort , oubliant le passé , il fit présent de ce dais à la paroisse , et , depuis cette époque il a figuré dans Jes inventaires du mobilier comme propriété de Téglise (1).

31 "" ANNE Devillers, vouvc Antoine Goerarb (1678.)

Par son testament en date du 30 octobre 1678, Anne Devillers , veuve de Antoine Guerard , a fondé en la paroisse St.-Germain , pour le repos de l'âme de feu son mari , un obil à dire chaque année à perpétuité le 15 février, et de plus l'office de Notre-Dame des Neiges , au 20 août , savoir : les premières et deuxièmes vêpres , la

(I) Voir toutes ces pièces aux Archives de la Fabrique.

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messe à haute voix , et celle des trépassés le leodemain.

Pour TexécutioD de ces fondaMons, Anne Deviltersa donné à la fabrique une rente annuelle de 15 liv* au capital de 300 liv., constituée sur un nommé Pierrot. Après la mort do la fondatrice ses héritiers ont reconnu la vali* dite de la fondation et remis les titres de la rente à la fabrique. Après diverses poursuites contre le débiteur de cette rente , les biens de Pierrot furent vendus par décret cl la fabrique n'en retira qu'une somme de 100 liv. qui , placée à 5 , produisit un revenu de 5 liv.

Par suite » l'office de Notre-Dame des Neiges avait ité supprimé, lorsque, en 1691 , Marie-Anne Guerard > fille de Anne Devillers , le rétablit et laissa pour le continuer une somme de 60 sols > à la charge par la fabrique de faire jouer les orgues pendant les premières vêpres et de chanter compiles après les premières et les secondes.

Dans son testament , la fille de Anne Devillers déclara ne vouloir donner cette somme que dans le cas où la fabrique accomplirait entièrement les fondations faites par sa mère ; et , pour mieux en assurer Texécution > elle eut soin d'ajouter qu'elle ne voulait pas que le capital de cette rente par elle fixée à 60 sols , fût remis à la fabrique , mais que la rente fût continuellement payée par ses héritiers; et, pour le cas ou la fabrique n'acquitterait pas les fondalions pour quelque motif que ce soit , elle déclara ne pas vouloir que la rente fût payée , mais que le montant fût employé à faire dire six messes basses pour son père , sa mère , ses frères , et autres parents décédés.

La volonté de la testatrice fut observée jusqu'à Témission des billets de banque ; mais alors le rembour-

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sèment ayant été fait en cette nouvelle monnaie , Toffice de Notre-Dame des Neiges fut supprimé en 17iS5, et l'obit réduit à une haute messe par an.

32*» Thomas Daussy { 1679. )

On lit dans les registres aux comptes de Tannée 1679 que, par testament en date du 24 avril 1679, Thomas Daussy a fondé, pour le repos de l*âme de Thomas Daussy, son père , un obit à dire chaque année le lendemain des fêles de Pâques , et un autre pour la dame Picart , sa mère , à dire le 15 avril , jour de son décès.

Pour cette fondation, Thomas Daussy a donné 1 2 II v. de rente perpétuelle et non remboursable , affectées sur la maison qu*il occupait et où pendait l'enseigne de la verte chéelle.

Cette rente fut constamment payée , et les fondations exécutées jusqu'à la fin du xviir siècle. Il en est fait mention dans les comptes de 1790 et de Tan II ; et , dans ce dernier , la rente est portée payée par Berlhe, teinturier.

33* Marie Guiuain (1679.)

Par son testament , en date du 12 juillet 1679 , Marie Guillain a fait les fondations ci-après ; mais auparavant elle a commencé par fixer le lieu de sa sépulture et régler ses obsèques. Ainsi on voit qu'elle déclare vouloir être enterrée en l'église St.-Germain , sous le banc qu'elle a occupé pendant sa vie ; qu'il soit donné aux pauvres , le jour de son décès , 30 setiers de bled ; qu'à compter de ce même jour il soit dit un annuel de messes , et un De pro^ ftmdis sur sa tombe à la fin de chacune d'elles.

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Passant aux fondations qu^eHe voulait faire , eHe dédare fonder : 1"* un obil solennel au jour de son décès , avec obligation de l'annoncer au prône et d'avertir sa famille ; 2* une basse-messe , tous les mercredis de chaque semaine, à neuf heures du matin, et à Tautel des cinq plaies.

Pour Taccomplissement de ces obligations^ Marie Guillain a donné à la fabrique une rente de 40 liv., remboursable au denier 30 seulement , payable au jour de son décès et hypothéquée sur tous ses biens.

Après son décès, il y eut de grandes contestations entre la fabrique et les héritiers pour le paiement de cette rente ; le testament fut même attaqué , mais enfin la dette fut reconnue et payée jusqu'au remboursement, en 1687.

Il est à croire qu'une partie de ce capital fut employée aux besoins de la fabrique, car en 1725 la rente n'était plus que de 4 liv. ; elle fut en outre remboursée en billets de banque» ce qui fit que l'obit , qui seul était resté, fut encore réduit à une haute messe.

34"* Claude Leglerg (1679. )

Par son testament l en date du 4 octobre 1679, Claude Leclerc , après avoir déclaré vouloir être enterré en l'église St.-Germain , près de Jeanne Desloges , sa femme , donné 18 liv. à cette fin , et prescrit pour le repos de son âme une messe , chaque jour , pendant les six semaines qui suivront son décès, avait fondé une messe à dire tous les samedis de chaque semaine de l'année , tant à son in<* tention qu'à celle de Isabeau Blondin, sa mère , pour satisfaire, ainsi qa'il le dit, aux volontés de cette dernière.

Pour l'accomplissement de cette foadation , Claude

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Lecierc avait laissé à la fabrique une rente de 18 liv., affectée sur sa maison rue des Tanneurs.

Cette rente ne fut jamais payée ^ et la fondation ne reçut par conséquent point son exécution ; aussi le nom de Claude Leclerc ne fut-il point porté sur Tobituaire de la paroisse, et ne figure-t-il ici que pour mémoire.

SS"" Jeanne Dablin, veuve Jean Barré (1681.)

Par son testament du 16 février 1681 » Jeanne Dablin, veuve de Jean Barré , marchand à Amiens et consul de cette ville , déclare vouloir être inhumée à St.-Denis , dans le cloître , près de son mari et de ses père et mère ; ensuite elle ordonne que ses services soient dits à St.- Germain , sa paroisse ; qu'en entrant dans Téglise son corps soit posé devant le crucifix , et qu'il y soit chanté le Yexilla régis et les oraisons ordinaires ; que ses services soient en harmonie avec sa position ; qu'il y ait 18 torches, un luminaire convenable , et qu'il soit donné des bonnets carrés au curé , aux vicaires et aux clercs.

Elle veut en outre que, le jour de son décès, il soit donné aux pauvres désignés par le curé la quantité de 14 setiers de bled ; que le même jour et les suivants , s'il y a lieu , il soit dit aux autels privilégiés 80 messes ; qu'il soit donné à la fabrique 10 liv., pour la recommander au prône le dimanche suivant , et qu'il soit mis à chacun des bassinets du Saint-Sacrement , de la Vierge et des trépassés , 10 sols , et 5 sols à chacun des autres.

Après avoir ainsi réglé ses obsèques , Jeanne Dablio déclare couloir fonder : 1** un annuel de messes à son in-

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leotiofl , à commencer le plus tôt possible et à aequJUer à Tautel privilégié de la paroisse , les jours de privilège , et doone 200 liv. pour Ffaonoraire du prêtre et la rétribution due à la fabrique; S"" deux obils solennels à dire chaque année , le premier au jour de son décès , le second au 15 octobre , jour du décès de son mari , avec obligation pour la fabrique d*annoncer ces obits et de faire prévenir Théritier le plus proche la veille de leur célébration ; S"" les vêpres du Saint-Sacrement toifs les dimanches, depuis le 1" octobre jusqu'au 1* avril , excepté les premiers dimanches de chaque mois , jours auxquels ces vêpres sont à la charge des confrères.

Pour Taccomplissement de ces deux dernières fondations, Jeanne Dablin a laissé à la fabrique une rente de 55 liv., remboursable au capital de 1 ,100 liv. et payable par les sieurs Pelle et Ringard , ses légataires universels. Le capital de cette rente resta longtemps entre les mains de la famillle de la testatrice, et le remboursement n'eut lieu qu'en 1699. A cette époque, les fonds furent remis entre les mains de Jacques Boistel , qui les conserva jusqu'en 1720 , les remboursa en billets de banque et en fit perdre une partie. En 1725 cette fondation fut sujette à une réduction^, par suite de la diminution du capital ; les deux obits furent remplacés par une haute messe , et les Têpres du Saint-Sacrement par un obit.

36"* Pierre Boutillier (1684).

Par testament du 2 août 1684, Pierre Boutillier a , pour le repos de son âme , fondé un obit à perpétuité. À cette fin il a donné à la fabrique une somme de ISO Uvr^;

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Celte fondation fut acceptée le 19 aoAt 168S , et le remboursement eut lieu en 1687.

Celte somme ayant été comprise dans celles qui éprouvèrent des diminutions par suite de rémission des billets de banque, en 1725 , Tobit fut réduit à une grand*messe et continué ainsi jusqu'à la fin du xviu" siècle.

37* Anne Cottb (1687).

Par testament passé à Amiens , le 80 janvier 1687 , la demoiselle Anne Cotte a fondé en Téglise Si-Germain :

1* Une messe haute de saint Joseph à dire le 19 mars jour de la fête , et le lendemain 20 , un service des morts à neuf leçons , avec une haute messe le jour suivant ; 2'' Une haute messe en l'honneur de Notre-Dame de Pitié, à dire le vendredi de la Passion avec service comme dessus , le soir et le lendemain ;

S"" Une haute messe le jour de sainte Anne , 28 juillet» en l'honneur de cette sainte , avec même service des trépassés que dessus.

Outre ces fondations , la testatrice a voulu qu'il fût donné aux pauvres de la paroisse une somme de 600 liv. et à la fabrique 6 liv. pour acheter un cahier de vélin des* Une à noter en plein-chant l'office de Notre-Dame de Pitié.

Pour rexécution des fondations cinlessus, Anne Cotte a laissé à la fabrique une rente de 36 livres au capital de 720 livres , qui ont été remboursées par Jean Paillart , son héritier , en 1695. Cette somme fut alors placée sur la communauté des potiers d'étain. Par suite de la nonvaleur des billets de banque donnés en remboursement , les fondations ont été réduites à trois hautes messes.

38* Marie Grbm, veuve Philippe Thoibl (1688),

Dans les registres aux comptes de Tannée 1788 , on voit que Marie Gren , veuve de Philippe Thorel , sueur de mz, déclara à son fils avant de mourir, vouloir qu'il fût fondé un obit pour le repos de son âme. Nicolas Thorel se conforma aux volontés de sa mère, et fonda en Féglise Si-Germain un obil à dire au jour de son décès. Pour quoi il donna une rente de 6 livres , affectée sur sa maison rue St-Germain , près le Pélican.

Cette rente fut constamment payée et Tobit chanté jusqu'à la fin du ivm' siècle. On la retrouve dans le compte de 1791^ acquittée par la famille Heurtant; depuis la réouverture des églises, la rente a continué d'être servie , et l'obit figure encore sur Tobituaire de la paroisse.

SO"" Marie-Anne Guerard (1691).

Par son testament, en date du 28 mai 1C91 , Marie- Anne Guerard , femme de Claude Trouvain , que les registres aux comptes nous dépeignent comme une des -plus zélées bienfaitrices de la paroisse et comme la principale foiMlatrice de l'École de charité , déclare vouloir être inhumée en l'église St-Germain près ses père et mère, et, pour cela , elle donne à la fabrique la somme de 18 liv. Elle prescrit ensuite que , le jour et le lendemain de son décès , il soit dit quinze messes pour le repos de son âme ; puis elle fait une grande quantité de legs pieux tant aux pauvres de sa paroisse qu'aux autres paroisses , hôpilaui et monastères de la ville; enfin elle fonde : 1"" une messe basse à dire tous les samedis de chaque semaine, à onze

heures, pour le repos de sou âme, avec un Deprofundis à la fin , à riotention de son père , de sa mère , et de tous ses parenls décédés. Par une clause spéciale , elle engage ses parenls à y assister le plus souvent quMl leur sera possible , et laisse à chacun de ceux qui y auront exactement assisté, une somme de soixante sols payable à la fin de Tannée, pour déjeuner ensemble, lorsqu'ils paieront la fabrique ; si au contraire les héritiers n'y avaient point assisté , la testatrice déclare alors que cette somme devra appartenir aux pauvres de la paroisse.

i"* Elle rétablit la fondation faite par sa mère , ainsi qu'il a été expliqué au n"* 31 , article de Anne Devillers.

3"* La testatrice laisse aux pauvres de la paroisse St^ Germain une rente de 30 livres , pour être employée aux plus grandes nécessités de l'école de charité.

Si une maison, dit-elle, n'était point encore achetée à mon décès et que la fabrique n'eût point assez d'argent pour faire cette acquisition, je consens que les 608 livres de fonds de cette rente soient donnés pour contribuer à en acheter une. Si par bonheur il y en avait déjà une établie ou achetée^ les 30 liv. seront données pour payer le maître ou la mattresse ; s'il y avait déjà un fonds à ce destiné , les 30 livres seront distribuées tous les ans aux pauvres ménages de la paroisse , ou bien on pourra les employer à l'habillement des enfants de l'école.

Pour le cas ou la rente dont il est question^ rente due par Jean Boutard , aurait été remboursée avant le décès de la testatrice , Marie-Anne Guerard veut que ses héritiers soient obligés d'en fournir le capital à la fabrique , qui le mettra en constitution de rente aux profit des pauvres.

Bafin , pour garantie de l*acqaiUemenl des deux pre-* nûères fondations, la testatrice a affecté une maison sise sur le grand marché à renseigne de saint Christophe ; les rentes ont été exactement payées jusqu'en 1765 que M. de Sl-Riquier en a effectué le remboursement.

40* Glaudb Dbcouet (1693).

Aux registres aux comptes de Tannée 1693 , on voit qu'en cette année les héritiers de Claude Decourt , ancien échevin , ont , par acte passé devant Boger, notaire , fondé un obit à son intention » et que pour cela Us ont donné à réglise 180 livres. Cette somme fut mise en constitution de rente; et» par suite du remboursement en billets de banque, Tobit fut» en 1725, réduit à une haute messe.

41'' ROBBBT DE HONTIGNT (1693).

On voit dans le même registre que suivant les intentions mamïestées par Robert de Montigny en son testament, ses héritiers ont fondé un obit pour lequel ils ont donné 120 livres, et de plus 135 livres pour Téglise.

Ces sommes, mises en constitution de rente, ont été remboorsées en billets de banque ; et, par suite de ce fait, la fondation a été réduite en 1725. Il y a plus, on Ta réunie à celle de la demoiselle de Montigny, dont il a été question n"* 25 , et il n'a été dit qu*un obit pour le tout.

42'' HÉLÈNE Quignon (1695).

Les registres aux délibérations de Tannée 1695 noua apprennent aussi que le 7 mars de la présente année , Hélène Quignon a fondé un obit pour lequel elle a payé

comptant 1 SO liv. ; I0 remboursement en billets de Imnque a Mt réduire Tobil à une haute messe par an.

43° Inconnu (1697).

Dans les registres aux délibérations du 1*' septembre 1697, on lit que Jean Papin , vicaire de la paroisse St^ Germain , a été chargé par une personne qui voulait garder l*anonyme , et que Tordonnance de réduction de 1725 nous désigne comme étant le curé Boucher dont il a déjà été question , de fonder quatre obils solennels à neuf leçons, etc., le tout à dire les quatre mercredis des quatre-temps de Tannée , moyennant un capital de 1 ,600 livres , qu'il a versé entre les mains de la fabrique , de plus 500 livres dont 300 affectées à la confrérie du Saint- Sacrement et 200 à celle de la Vierge. Ces 2,000 livres ont été remises le même jour à la fabrique en une obligation sur les dames de fierleaucout , qui ont remboursé en 1710. Ce capital a souffert de rémission des billets de banque , et , en 1725 , la fondation a été réduite à quatre obits à trois leçons et quatre messes.

44"* Marie Grevin, et Marguerite Rohault (1698).

Par acte de1S98, Marie Grevin et Marguerite Rohault, toutes deux demeiirant paroisse St-Germain , Tune , rue du GhapeauKle-Violetles , l'autre , au presbytère , aveo M. Roussel , ont donné à fonds perdus 30 setiers de bled à elles dus à cause des biens qu'elles possédaient au village de Fluy, à la charge par la fabrique de faire dire pour te repos de leurs flmes douxe messes par an tous les mardis de chaque mois. Ces messes devaient être sonnées avec

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la cloche moyeDoe ; el , si le premier mardi du mots étatl une fête , elles devaient être remises au mardi suitant. Elles avaient aussi exigé qu*on les recommandât au prône les trois dimanches de Pâques et le jour de la Pentecôte.

Outre cette fondation, Marie Grevin et Marguerite RohMlt en avaient encore fait une autre par le m(me acte; moyennant la somme donnée» la fabrique était obligée de faire faire Téducation d*un pauvre garçon au collège d'Amiens » et de faire apprendre un métier à un autre.

Ces fondations étaient confiées à la vigilance du curé , et les fondatrices avaient fixé les obligations ci-après.

Les 30 setiers de bled devaient être répartis ainsi : 6 setiers pour les IS messes; 12, pour Téducation d'un pauvre , et 12 pour les frais d'apprentissage de l'autre.

L'écolier à qui on devait donner 12 setiers de bled, était, avant de pouvoir y prétendre, obligé de justifier qu'il était reçu en sixième au collège des Jésuites ; à cette condition seule il avait droit à la donation et la touchait pendant la durée de toutes ses classes, y compris la théo-* logie; il était encore tenu d'apporter au curé chaque année un certificat du régent du collège , portant qu'il avait bien rempli ses devoirs , qu*on était content de lui ; dans le cas contraire, il était libre au curé de lui retirer les 12 setiers de bled et de les donner à un autre. Enfin cet écolier devait autant que possible assister en surplis tous les dimanches et les fêtes solennelles de l'année au service divin, particulièrement à la messe de paroisse, et y dire un chapelet à Tintention de ses bienfaitrices.

L'enfant à mettre en apprentissage devait avoir de quatorze à quinze ans, la durée de celle rente était fixée à

dix-bail mois au plus. Avant de la toucher , l*enfant de-^ vait justifier de son enregistrement à l*liôtel-de-yille en qualité d'apprenti ; il devait , comme l*écolier , assister tous les dimanches et fêtes à Toffice divin, particulièrement à la messe de paroisse , y dire un chapelet pour ses bienfaitrices, et enfin rapporter au curé, tous les six mois, un certificat de son maître constatant qu*il s'acquittait bien cte son devoir; dans le es» contraire, le curé pouvait lui retirer les 12 setiers de bled et les donner à un autre.

Ces jeunes gens devaient être pris dans la paroisse , et il était stipulé que les parents des deux fondatrices devaient avoir la préférence sur les autres enfants.

Pour assurer d'une manière plus efficace à la paroisse St-6ermain le bénéfice de ces libéralités , les fondatrices eurent soin de stipuler dans Tacte la défense expresse de jamais transporter ailleurs les fondations qu'elles venaient de faire, lors même qu'on y serait autorisé par le souverain Pontife ou l'évèqoe , et d'ajouter que si la fabrique St-Germain venait un jour à cesser de remplir leurs volontés, les sommes données appartiendraient de droit à l'hôpital général de la ville d'Amiens.

45*» Adrien Grault (1700).

Par testament du 25 août 1700 , Adrien Granit , prêtre attaché à l'église St-Germain, a fondé en cette paroisse douze messes par an , à dire les premiers lundis de chaque mois. Pour cela, il a donné à la fabrique une somme de 1 ,000 livres , avec charge de la placer en constitution de rente. Sur le revenu , la fabrique avait droit à 10 livres

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pour i«6 douze messes ; le surplus devait être versé par Me dans U caisse des pauvres.

Ici se termine la nomenclature et l*liistorique des fondations faites pendant le xvii* siècle. Ainsi qu'on a pu le remarquer , une grande partie des fonds destinés à leur exécution a été perdue par suite de rémission des billets de banque ; il faut reconnaître aussi qu*une grande partie a été absorbée par les proeès nombreux que la faln-ique eut à soutenir , et par les réparations de l'église. Ce qui a droit d*étonner , c*est de voir que toutes les fois que des réductions ont été jugées nécessaires , on n'a fait aucune distinction dans les motifs qui ont donné lieu à la dimi^ Bution des capitaux » et qu'on a constamment rayé comme ne donnant aucun produit » toutes les sommes employées aux besoins de l'église. Il eût été de toute justice de ne poiM supprimer ou diminuer une fondation > lorsque les capitaux légués avaient été employés par la fabrique ; dans les traités souscrits par les marguilUers> elle s'était engagée à ne les point aliéner , un engagement aussi sacré la rendait responsable des fonds détournés par elle de leur vériiable destination.

XV1II« siècle. — Les fondations faites pendant le xviu'' siècle sont beaucoup moins nombreuses que celles du x vii% toutes fois il est nécessaire de faire remarquer qu'on n'en trouve que dans la première partie de ce siècle , elles sont au nombre de vingt-sept , et la dernière est de 1749. Depuis cette époque il n'en a plus été fait, ef il est facile d'en comprendre les motifs, à îa vue des abus que j'ai eus à signaler dans les siècles précédents. Il est évident que les réductions opérées dans l'obituaire ont dû ralentir

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le zèle des fidèles » et leur faire préférer des prières faites tout de suite à des fondations perpétuelles dont on ne s^acquilterait que pendant peu d'années.

V Marie Gallbt (1702).

Par testament du 1" février 1702, Marie Gallet a légué à la fabrique une somme de 220 livres faisant les deniers principaux de 10 livres de rente, moyennant quoi la fabrique s'est engagée à faire dire pour le repos de son âme vingt messes à perpétuité; savoir , une tous les premiers dimanches de chaque mois et une tous les lundis des huit premiers mois de Tannée, à compter du mois de mars , et de fournir le pain , le vin et le luminaire.

Les héritiers, aussitôt le décès de la testatrice , se sont empressés de verser celte somme dans la caisse de la fabrique , qui les a aussitôt employés à payer la couverture de réglise. En 1725 , on a fait subir à cette fondatioa une réduction qui me parait loin d'être justifiée, et on l'a réunie à celle d'Ysabeau Grassette faite en 1615 (voir xvii* siècle , n"" 2] ; alors on n'a plus dit qu'une messe par semaine pour les deux.

2» Papin (1703).

Par testament du 28 décembre 1703, M. Papin, vicaire à St-Germain , a fondé deux messes par semaine pendant quarante ans, pour être dites à neuf heures en été , et à dix heures en hiver. Le paiement des honoraires laissés à la charge des héritiers a été effectué chaque année , et la fondation exécutée.

M. Papin a ensuite laissé à l'école de charité une rente de 30 livres dont le remboursement a été opéré en 1717.

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— 1W - 9* CATmmt Atribaux (1704).

Par 80D teslament en date du 21 juillet 1704, Catherine ATeneaox, Teuve de Jean Benoist, marchand épicier à Amiens, après avoir réglé ses obsèqnes, a prescrit qu*il fit donné anssilAl son décès :

1* A bfibnqiie y poer être recommandée an prone. ^ 1.

f* Aux bassinels %

S* A k coofirérie ém Saiol-Sacrement. .... G

4* — de St-Rodi 6

5» — de la Vierge 6

6* Aux paoTrcs de la paroisse 30

Total. ... 57 1.

Catherine ATeneani a fait don ensuite à Técole de charité de St-Germain d'une rente de 5 livres, due par Pierre de St-Sauflieu, laboureur à St Maurice, et a déclaré vouloir que les titres de œtte rente fussent remis tout de suite entre les mains do curé, sans que ses héritiers pussent jamais être inquiétés en rien à ce sujet.

Une note du curé Leseigne indique que le remboursement a été effectué en 1721 ; il est probable qu*il aura été fait en billets de banque.

4* Bernâru ob Béthune (170i).

Par testament du 28 navembre 1704 , Bernard de Bé- Ihune a fondé une messe par nemaine pour lo repos de son ime , moyennant une rente annueUe de 39 livres* Cette rente a été constamment payée par les héritiers , le remboursement a eu lieu le 29 mars 1778 « et la fondalion a élé eiécutée jusqu'à la fin du dernier siiele.

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- 18T — 5^ Demoiselle Lâlotbr^ veuve Godbouim (f70i).

Par testament en date du li décembre 1706, la demoiselle Laloyer , veuve de Pierre Godequîn , procureur k Amiènjs , a fondé en Téglise St-Ger main : l"" un annuel de messes après son décès , pour lequel elle a doqoé 200 livres qui ont été payées tout de suite ; 2° une messe basse à dire fêtes et dimanches à onze heures du matin, pendant vingt ans, et pour laquelle elle a laissé une r^te annuelle de 60 livres , dont le capital , au bout de vingt ans , devait être remis et distribué à Técole de charité de la paroisse.

Gomme dans son testament la veuve Godequin n*avait pas distingué les honoraires dus au curé , de ceux qui devaient être attribués à la fabrique , les marguiiliers crurent devoir, en t705, se pourvoir devant TolDcial pour le3 faire taxer. L'official ayant refusé de se prononcer comme incompétent, Taffaire fut pprtée au bailliage ; on ignore la décision intervenue , mais la rente fut , aussitôt après le décès de la veuve Godequin , reconnue par le sieur Ducandas , successeur de Godequin et son gendre ; elle a été payée par lui et remboursée en 1739.

S"" Pierre Delahate et sa femme (1706).

Par testament mutuel dv 13 juin 170$, Pierre Delahaye, iQarcband chapelier à Amiens, et Jeanne Frinée, «a femu^, ont fondé à p^rpétuité en Téglise St^Germ^in trente*de«i|i mes^s à basse veix » à dire chaque année h leur intention et en celle de leprs père et mère.

Suivaat cet asiate , sel^e di^ gçs messes devaient corn-

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mencer à être dites aussitôt après le décès da premier mourant » les seize autres, après le décès du second. Le survivant des époux était chargé de passer contrat avec la fabrique pour le prix fixé être payé par les héritiers.

La fabrique n*eut pas connaissance de ce testament aussitôt après la mort du premier décédé, elle ne le connut que par suite de la demande des droits d*amortissement qui lui furent réclamés en 1734. A cette époque elle traduisit les héritiers devant Tofiicial pour les faire suppléer à ce que n'avait pas fait le premier décédé des époux, et fixer ce qui serait dû pour Tacquittement des messes. Uoflicial taxa le prix de chacune à 14 sols , dont 10 pour le curé et 4 pour la fabrique , ce qui fit une rente annuelle de 2S liv. 8 sols à partager entre les deux branches , car il n'y avait point d'héritier en ligne directe.

Cette fondation fut exactement payée et exécutée jusqu'à la Révolution; on la retrouve dans les comptes de 1790, elle y est payée par Delcourt, chapelier et par un nommé Ony. En 1802 , des démarches furent faîtes pour la faire revivre , mais il y eut refus de la part des héritiers.

7" M. Roussel, curé (1707).

Par acte passé à Amiens devant notaires le 23 avril 1707 , M. Roussel, curé de St-Germain , a fondé :

l"* Deux messes basses par an à perpétuité, l'une pour Marguerite Rohault où il doit être fait mémoire de Jean Rohault, son unique héritier et son[cousin germain ; l'autre à l'intention du fondateur, pendant sa vie, et après son décès pour lui , ses amis et ses bienfaiteurs.

Ces deux messes devaient être dites à onze heures , à

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Tautel privMégié, et précédées du son de la cloche. dMt on se sert pour les petites messes » avec six coups de ta plus grosse. Enfin, le prêtre, après être monté à l*autel, devait dire Pater, Ave, et après la messe le psaume D& profundis pour les défunts.

2* Un obit solennel à dire après son décès , de la même manière que celui du curé Boucher.

3" Les prières Tantitm ergà, répété trois fois; Genitori, une fois; le verset Salvum ou Salvam fac, etc., selon la personne , avec l'oraison , lorsqu'on reviendra de porter le viatique aux malades , soit de jour , soit de nuit ; le tout suivi de la bénédiction. Selon l'intention du fondateur, on doit aussi tinter les cloches à chaque fois, mais ne pas sonner de neuf heures du soir à cinq heures du malin.

4*" Le Domine non secundum et autres prières à chanter depuis le dimanche de la Quinquagésime jusqu'au dimanche des Rameaux ; S"" deux hautes messes à dire par la congrégation des curés, le samedi avant la Trinité.

Pour l'exécution de toutes ces fondations le curé Roussel a donné à la fabrique :

Pour la l'« 1,440 livres à prendre dans une rente sur le clergjé. Pour la %• no id.

Pour la 3.» 160 id.

Pour la 4.« 100 id.

Pour la 5.» 200 id.

Total. . 2,020 livres.

à la charge par la fabrique de payer annuellement 10 livres à la congrégation des curés.

Toutes ces sommes, placées sur le clergé, ont été

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rembourses en billeu de banque, et par suite, les fotida'^ tioiii réduites , en 1725 , à une messe basse par semaine.

8* PiERRB Leglerg, curé de Demain (1709).

Dans les registres aux délibérations de Tannée 1709, on lit que Michel Leclerc, marchand tanneur à Amiens, a fondé , pour le repos de Tâme de Pierre Leclerc, son frère » curé à Demuin , une messe à dire à perpétuité tous les mercredis de chaque semaine , moyennant une rente annuelle de 40 livres au capital de 800 livres. Michel Leclerc a remboursé cette somme en 1711 , et en 1725 , par suite de rémission des billets de banque , elle a été réduite à une messe par semaine , conjointement avec la fondation faite par Philippe Jourdain , dont il va être parlé en Tarticle suivant.

9* Philippe Jourdaîih (1709).

Par testament du 22 janvier 1709 , Philippe Jourdain a fondé , en Téglise St-Germain , une messe basse à dire à perpétuité tous les jeudis de chaque semaine , moyennant une somme de 800 livres que le curé a été chargé de remettre à la fabrique , et à la condition pour cette dernière de la convertir en rentes , de payer les droits d^amortissement et de donner au prêtre qui dira cette messe 11 sols par messe.

Le 14 mars suivant, la fabrique a touché la somme léguée et n*a mis en constitution de rente qu*une partie des 800 livres, Tautre partie a été employée à ses besoins personnels. La partie mise en rente a été remboursée en billets de banque, ce qui fit qu'en 1725 on réduisit la

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fottdtUon , qui fut , tinsi que )e Tai dit , réunie à eelLe <k Pierre Leclerc.

10^ Thoekl et Elisabeth DklamAghb (1712).

Le 10 octobre 1689 » Nicolas Thorel » sueur de viez , fit un testament par lequel il déclare vouloir être enterré à St-Denis , près de sa mère Marie Gréan , dont il a été parlé au n* 38 du xvii'' siècle, et régler ses obsèques de la même manière que pour sa mère , laissant son legs pieux à la discrétion de Elisabeth Deiamèche , sa femme. Nicolas Thorel y déclare encore vouloir que si son fits Nicolas venait à décéder avant Fâge de vingt-cinq ans , ou sans avoir pris un état , il soit à perpétuité fondé un obît par chaque année en l'église St-6ermaîn , pour le repos de son âme. Cet obit devait commencer après le décès de sa femme et être chanté à leur commune intention. Enfin il affecte la maison qu'il occupait au paiement de la rente qui serait réclamée.

Après le décès de Nicolas Thorel, Elisabeth Delamêche convola en secondes noces et épousa Pierre Picquet, aussi meur de viez , qui mourut peu de temps après. Devenue veuve pour la seconde fois , Elisabeth Deiamèche fit , le 7 décembre 1710, un testament notarié dans lequel , après avoir réglé ses obsèques , elle demanda d'êlre enterrée à St-Jacques près de son second mari , prescrivit cinquante messes aux Capucins , douze aux Carmes , et donna à l'église St-Germain 160 livres pour la fondation de Tobil ordonné par son premier mari , à commencer après son décès, ainsi que l'avait voulu Nicolas Thorel , et sans que

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ia febrique pût réclamer aucune autre chose pour quelque raison que ce fût.

L'exécuteur testamentaire Louis Lecaron , prêtre , pénitencier de la cathédrale , après le décès de la testatrice , en 1712 » se mit en devoir de verser dans les coffres de la fabrique la somme léguée, mais le curé trouva les 160 livres insuifisantes ; M. Lecaron augmenta cette somme de 30 livres et la fabrique consentit à Vaccepter. Cette fondation n'éprouva par la suite aucune réduction et fut exécutée jusqu'à la fin du xviii' siècle.

11* Louise Dblespeaux , veuve Firmin Dessomes (1713).

Dans les registres aux délibérations , on voit que» par testament du 23 janvier 1713 , Louise Delespeaux , veuve de Firmin Dessomes , marchand à Amiens » a fondé un obit à son intention et à celle de son mari , à dire au jour de son décès , moyennant 300 livres au principal » et une rente due par Firmin Ladent , boucher à Amiens.

En 1725, cette rente fut remboursée en billets de banque , et la fondation réduite à une haute messe.

Par le même acte , la veuve Dessomes avait aussi laissé à la chasse de Si-Germain une croix en or émaillé , accompagnée de deux perles fines pesant trois gros. Ces objets ont été vendus plus tard > avec tout ce qui appartenait au patron , pour les réparations de l'église.

12^ Jeanne Lapostolle, v^" Bernard de Bethune (1718).

Par testament notarié , fait à Amiens le 12 septembre 1718^ Jeanne Lapostolle^ veuve de Bernard de Béthune»

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a fondé en Téglise St-Germain , sa paroisse , une messe à dire à perpétuité tous les mercredis de chaque semaine* Elle n*a point fixé de somme , el a chargé ses héritiers de payer ce qui serait nécessaire pour rétablissement de cette fondation. Le 30 octobre 1718 , après son décès, les héritiers de Jeanne Lapostolle , Nicolas Delespeaux et Pierre Léger, tous deux teinturiers à Amiens, Charles Grassier , Jacques de Pissy et Louis Guérin , offrirent à la fabrique de lui faire le transport d'une rente de 321iv. 10 sols, non racbetable , et à prendre sur le loyer d*un estai situé dans la grande boucherie , occupé par Jean- Baptiste du Grain, et loué 75 livres par an, enfin de payer les droits d'amortissement. Cette propositron fut acceptée, le contrat en fut passé le 3 janvier 1719 , et cette rente a été constamment payée jusqu'en Tan ii ; elle figure en effet dans le compte de cette année , sous le nom de Matifas, devenu acquéreur de Testai en question.

18* Pierre Beausault (1719).

Dans les registres aux comptes de Tannée 1719, on voit que Marie Beausault , fille unique de Pierre Beausault, a fondé pour le repos de Tâme de son père , un obit à dire la surveille de Noël, chaque année. Pour cela elle a donné à la fabrique une rente annuelle de 7 livres , remboursable au denier SO , et à prendre sur une maison rue St- Germain où pend pour enseigne XAgache.

Cette rente a été constamment payée , et la fondation exécutée jusqu'à la fin du xviu' siècle. En Tan ii, on la voit encore soldée par la veuve Bondois.

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— Iti —

14* MlUBLlINl BOILIAO (1719).

Aux registres de Tannée 1720, on voit que Madeleine Boileau, par testament du 31 octobre 1719, avait fait plusieurs fondations qui ne sont point spécifiées.

On y lit en effet ce qui suit : « Par testament passé » devant notaires le 31 octobre 1719 » Marie Boileau a » légué à la fabrique Si-Germain plusieurs rentes et » sommes à prendre dans sa succession , aux charges » portées dans ledit lestament. M. le curé, son exécuteur » testamentaire, et M. Michel de Longpré , chanoine de » Bourges , son seul et unique héritier , ont pris connais- » sauce de l'état de la succession et ils ont reconnu que , » les dettes payées , il ne resterait rien. Pour tout ter- » miner , M. Michel de Longpré offrit à la fabrique de p lui donner à titre de don pur , gratuit et sans charge, « une rente de 360 livres en principal , due par les héri- » tiers de Toussaint Lefebvre , à la condition que la f> fabrique renoncerait au legs porté dans le testament. » La fabrique accepta , la rente fut donnée et remboursée en 1720 en billets de banque par le débiteur.

IS*" Jean Godart et sa feitime (1725).

Par testament mutuel en date du 15 janvier 1728, Jean Godart , entrepreneur de bâtiments , et Marguerite Boutard , sa femme, ont fondé un obit solennel pour le repos de leurs âmes. Pour cela ils ont donné à la fabrique une rente annuelle et perpétuelle de 15 livres à prendre sur leur maison rue des Trois*Sausserons. Cette rente a été déclarée non rachetable et non remboursable.

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- If» ^

Apre» la mort de Marguerite Boutàrd , la fabrique accota cette fondation f elle fot sertie et payée jmqa'k la fin du xTiii* siècle» et on la retrooTe, daoê les comptes de Tan ii , payée par Dufour , plombier.

16"* Mime Dubois, veuve de Pierrb Gabon (1725).

Par un codicille en date du 25 mai 1725^ annexé au testament du 29 mai 1724 , Marie Dubois , veuve en premières noces de Philippe Prevôl, marchand à Amiens, en secondes de Adrien Maguet, et en troisièmes de Pierre Caron^ a fondé un obit solennel pour le repos de son âme. Pour cela elle a donné , à compter du jour de son décès , une rente perpétuelle et insaisissable , à prendre sur sa maison sise sur le Quai.

Cette rente a été constamment payée de 1738 à Tan ii , on en trouve la mention de 1791 à Tan ii , et on la voit payée par Thuillier, tapissier , et Dubois.

17" Marie Goébuin (1726).

Par contrat passé le 29 juillet 1726 , Marie Guébuin a donné à Marie^atherine Postel , femme de France^ Viseur , une maison sise à Amiens , rue des Jacobins, anx charges suivantes t V de fonder à perpétuité une mesae basse par mois; 2'' de faire chanter tous les premiers samedis de chaque mois en Thonneur de la sainte Vierge, le Salve regina , YInviolata, le Gaude virgo , le De profundis, et de faire dire Toraison Fidelium, le tout pour le repos de son âme et de celle de son frère , prébre.

Marie Guébsin avait laissé à la discrétion de son exé-

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ovlriee testameotaire le soio de faire celte foBdatioD ; il n'avait point stipulé la somme , mais il avait déclaré you-' loir qu'on donnât la rétribution nécessaire. Après sa mort, cette rétribution fut fixée par la fabrique et la femme Viseur à une redevance annuelle de 15 livres , et une rente perpétuelle de même valeur fut donnée à la fabrique, à prendre sur la maison donnée par Marie Guébuin. Cette rente fut constamment payée jusqu'en 1773 , époque où elle fut remboursée ; la fondation dura jusqu'à la fin du xviir siècle.

18" HÉLÈNE Ledien (1727).

Suivant le registre aux délibérations de 1727 , le 9 novembre de cette même année , Pierre Garon et Claire Ledien , sa femme , héritiers de Hélène Ledien , veuve de Jean-Baptiste Gosson , ont fondé un obit solennel pour le repos de l'âme de cette dernière , moyennant une rente annuelle de 6 livres affectée sur une maison rue des Tanneurs. Cet obit n'était , pour ainsi dire, que la continuation de ce qui avait été fait depuis 1719 , époque de la mort d'Hélène Ledien ; il fut accepté par la fabrique , de telle manière que le curé devait toucher 4 livres 10 8ols et la fabrique 30 sols. Cet obit a été exécuté jusqu'à la fin du dernier siècle, et on le retrouve dans les comptes de l'an ii , payé par Adrien Trouvain.

19* Pelletier et sa femme (1729).

Nous voyons encore dans le registre aux délibérations que Jean-Baptiste Pelletier , sueur de viez , et Marie-Anne Duhamel , sa femme , ayant reïnis , avant de mourir »

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au curé une somme de 200 livres pour faire dire des prières à leur inlenlion , celui-ci crut ne pouvoir mieux faire pour remplir leur volonté que de proposer à la fabrique , le 8 mars 1729 , de fonder un obit pour le repos de leurs âmes. Cette proposition fut aussitôt acceptée , et la somme versée dans la caisse de la fabrique. L'obîl fut fixé au 11 novembre de chaque année et la fondation fut constamment exécutée.

20* Jeanne Hubert (1731.)

Par testament passé devant M* Machart, notaire à Amiens, le 31 juillet 1731 , Jeanne Hubert a fondé en l'église St.-Germain : 1» un obit à dire le jour de sainte Jeanne , sa patronne. Cet obit devait être de la messe du jour, avec la collecte Pro defmctâ, et carillonné la veille^ à une seule volée. Pour cela Jeanne Hubert prescrivit qu'il fut donné une somme de 8 liv., divisée de la manière suivante :

1» Au curé 3 1. 4 8.

2« Aux chantres . • 2 6

3« Aux diacre et sous-diacre î »

4« Au bedeau 10

Total .... 81.

2* un obit au jour de son décès ^ pour le repos de son âme; 3*" un autre obit pour ses père et mère, Nicolas Hubert et Marie Niquette , à dire le jour de St.-Nicolas.

Ces deux obils devaient commencer la veille des jours indiqués par des services à neuf leçons ; le lendemain, on devait cbanter les cômmendaces et une haute^messe ;

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esfio i\$ devaient dire annoncés au prdiM ut être iMcrilt 9ur robUuaire»

Pour 008 deux obiU , dont le prix était fixé à 8 liv., et qui f aveo le précédent , formaient une rente annuelle de 16 Itv,, Jeanne Hubert a laissé à la fabrique la maison qu'elle occupait rue basse St.-Germain , près le pont , es» timée 1 »100 liv., pour, par la fabrique, en jouir à compter du jour de son décès. Par cet acte» elle s'était réservé TU'* sufruit, et la fabrique était chargée de toutes les réparations pendant sa vie.

Ces fondations ont été constamment exécutées , et la fabrique n'a été dépossédée de cette maison que par la vente qui en a été faite pendant la révolution,

21'' M. Leseigne, Curé.

Par le même contrat que celui dont II vient d'élre parlé en l'article précédent , M. Leseigne a donné à la fabrique une somme de 300 liv., qui ont servi à payer les droits d'amortissement pour la fondation de Jeanne Hubert , à la charge par la fabrique de fonder pour lui et après son décès un obit solennel en la paroisse St.-Germajln. La fabrique a accepté cette proposition, et la maison de Jeanne Hubert fut affectée à son exécution*

22** CATHERINE DwARSY, fcmmc Bourdon (1741.)

Par son testament en date du li octobre 1741 , Catherine Dwarsy, femme de Pierre Bourdon , déclare vouloir être enterrée en l'église St.-Germain, vis-à-vis la chaire ; elle fondu ensuite à perpétuité les v6pres du $t-Sacrement avee «iposUion , et les psaumes Mmrfre et Jk profundif

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à la §0 , pendant le mois de janvier; enfin une m(^99^ bas^e par mais pour le repos de son âme.

Pour donner les moyens d'eiécuter ces fondations^ la iéinine Bourdon* a donné à Téglise la moitié de Irofe maisons acquises en communauté avec son mari ; la pre^ miëre située vis-à-vis Thorloge 6t.-Germain, la deuxième rue aux Sacs p la troisième rue des Gorroyers.

Par son testament, Catherine Dwarsy^ après avoij; donné ui^somme de600 li v. aux personnes qu*elle y désigne, fait encore des dons mobiliers en faveur de Féglise* Ainsi elle déclare vouloir qu1l soit donné à la chasse de St.-Germain sa croix d'or et son porte-clef en argent, et au Saint- Sacrement ses bagues en or et son alliance. Enfin e\k donne aux Carmes 25 liv. pour 50 messes , et le surplus de se§ biens aux pauvres de la paroisse.

Après la mort de Catherine l|>warsy» la fabriqua accepta son testament et prit dci^ arrangements avec Pierre Bourdon au sujet des legs qui )ui avaient été fajl^. Par la transaction passée entre les parties , il&t conveoii que la fabrique serait propriétaire de la totalité de la maison sise rue des Tanneurs, vis-à-vis Thorloge Sl.- Gennain , et qu'elle abandonnerait au sieur Bourdon la moiUé des cleux autres qui lui avait été léguée.

Au compte de Tan )I cette maisofi étaiit occupée ppr un nommé Dufaur , plombier, et la fabrique n'en fut idépo^ sédée que par suite 4e ia vente des bifn^ nationaux.

23" HÉLÈNE Roger , veuve Claude Duquoy (17420

Par contrat passé devant notaires le 18 février 1742, Hélène Eoger, veuve de Claude Puqupy , a fait don è la

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— ÎOO —

fabrique de St.-GerinaiD d'une maison sise à Amiens , rue du Moulin-Neuf , auprès de l'abreuvoir du Quay , à la charge : l"" de faire dire et chanter chaque année , au jour de son décès , un service solennel à neuf leçons , et le lendemain une haute-messe des morts ; S"" de faire Toffice de St.-Joseph le jour de la fête de ce saint.

Celte fondation a été acceptée par la fabrique et constamment exécutée. La maison léguée faisait encore parlie des biens de la fabrique en Tan II. Plus tard elle a été vendue nalionalement.

24» Feoilloy (1743.)

Paracledu 5 février 1743, le nomméfFeuîlloy*, brasseur à Amiens , a fait donation entre vifs aux pauvres de Téglise St.-Germain , d*une rente annuelle et perpétuelle de 30 liv. au capital de 600 liv. Cette rente , remise entre les mains du curé , était hypothéquée sur deux masures appartenant à la veuve Jumel et situées en nie St.* Germain. Elle a été payée jusqu'à la Qn du dernier siècle.

25* Colette Morel , femme Godequin (174*d.)

Dans le compte de 1743, on voit que celte même année le curé Allavoine a constitué , au profit de la fabrique , une rente de 3 liv. 10 sols , à la charge par elle de faire dire chaque année à perpétuité 5 messes basses , au mois de janvier, pour le repos de Tàme de Colette Morel, femme de Florent Godequin , procureur à Amiens.

26* Antoine Havet (1743.) Par contrat du 6 mars 1748, M. Havet , chanoine de la

cathédrale d'Amiens , a fondé en Téglise St.-Germain : l"" une messe basse à perpétuité , tous les dimanches de Tannée , à onze heures , à i'inlenlion de tous ses parents ; S** deux obits composés de vigiles à trois leçons et me haute-messe à dire et chanter chaque année, le premier à Fintention de sa lanle , le second à son intention personnelle ; le tout à commencer, savoir : les messes des dimanches, le premier dimanche qui suivra l'acte de fondation ; le premier obit , au 25 avril suivant ; le second , au 25 octobre de la même année.

Pour prix de ces fondations , M. Havet a donné à la fabrique 6 journaux et demi de terre labourable en une seule pièce , sis à Boutilierie, d'un revenu annuel de 60Iiv.

Ces biens étaient encore en la possession de la fabrique en Tan ii ; ils n'ont cessé de lui appartenir que par la vente nationale qui en a été faite.

27' et dernière. Bernard et sa femme ( 1745.)

Par testament notarié , en date du 23 février 1745 , Françoise Cuignet , veuve de Bernard , perruquier, a déclaré vouloir qu'après son décès il fût dit et célébré un annuel de messes pour elle et son mari ; qu'il fût remis au curé 100 liv. pour les pauvre;? de la paroisse. Par le même acte, la veuve Bernard a fondé à perpétuité , dans l'église St.-Germain , deux messes par semaine , dont elle a fixé les honoraires à 12 sols par messe pour le curé et 25 liv. par an pour la fabrique , ce qui fait un total de 87 1. 8 s. Enfin elle a déclaré vouloir que, pour assurer la rente do 87 liv. 8 sols à la fabrique , il fût acheté des immeubles sur lesquels cette rente serait affectée.

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Après sa mort , les héritiers proposèrent à la fabrique d*affecter à celte rente la maison de la veuve Bernard, sise à Amiens Marché-au-Feurre. Cette proposition fut accueillie et la rente fut constamment payée ; on la retrouve encore dans le compte de l'an II, soldée par Legris*

Après ce qui vient d*èlre dit sur les fondations faites en réglise St.-Germain depuis le xiv* siècle jusqu'à la fin du xviii*, je pourrais m'arrêter sans doute; mais comme une grande partie de ces fondations ont eu des réductions considérables à subir; que plusieurs ont même été supprimées, il me reste , pour rendre ce travail plus complet, à faire connaUre les circonstances dans lesquelles des décisions sont intervenues sur celte matière.

Tout le monde sait que suivant les lois religieuses et civiles , à révèque seul appartient le droit de prononcer la réduction ou la suppression d*une fondation , lorsque les fonds légués ou donnés sont devenus insuffisants. Or, c'est sur ce motif qu'ont été basées les demandes présentées à révêq^ue par le curé et les marguilliers de St.-Germain. Ces demandes ont été formées à deux époques principales. Je dis principales , parce que je n'entends point parler ici des demandes relatives à des fondations particulières, mais bien à toutes en général.

La première dont il est fait mention dans les archives fut présentée en 16S8 par M. Gauchie, alors curé de la paroisse , dans l'intérêt particulier de son clergé ; la seconde , après la désastreuse émission des billets de la banque de Law , par le curé et les marguilliers, dans l'intérêt du clergé , de la fabrique et des fondateurs eux-mêmes.

En 1658 le curé Gauchie appela en effet devant TofiScial

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les marguilliers de St.-GermaiD et demanda que , con* trairenient à leur opposilioD , un certain nombre de fondations fussent réduites ; que de nouvelles taxes fussent faites pour le règlement des honoraires dus aux membres du clergé. L*official rendit sa sentence le 7 septembre de la même année ; et , quoiqu'il n*adoptât pas les chiffres proposés par le curé , il n*en fil pas moins un nouveau règlement pour les honoraires du clergé (1).

De 1658 à 1724, il n'y eut point de nouvelles demandes en réduction ; mais, en cette dernière année, les nombreux remboursements qui avaient eu lieu , la dépréciation et la non- valeur des billets de banque, mirent la fabrique dans rimpossibililé de remplir les fondations dont elle s'était chargée. Dans cette circonstance , elle dressa un élat de sa situation active et passive , et le présenta à Févéque avec des propositions propres à concilier ses intérêts et ceux des fondateurs. C'est sur cet état , sur ces propositions , qu'intervint, en juin 1724, une ordonnance qui , tout en réduisant une grande partie des fondations , en maintint cependant le plus grand nombre , et mit la fabrique à même de pouvoir continuer à remplir les fondations qu'elle s'était imposée (2).

Jusqu'à la fin du xviii" siècle, il ne fut plus prononcé de réduction , mais alors la fermeture des églises , la confiscation et la vente de leurs biens vinrent anéantir les anciennes et les nouvelles fondations. Après le rétablissement du culte > en 1802, les marguilliers firent des

(1) Voir Note L, : («) ttid.

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démarches pour rentrer dans plusieurs de celles qui avaient été afTeclées sur des immeubles, mais peu de débiteurs répondirent à cet appel , et aujourd'hui il est bien peu de ces Tondations qui puissent nous rappeler les noms des anciens bienraiteurs de la paroisse.

§ 7. Portes.

On pénètre dans l'église St-Germain par trois entrées diflEèrentes , dont les dei» premières sont connues sous le nom de grand et petit portail.

Le grand portail y situé dans la rue basse Si-Germain, date de la première partie du monument.

Le petit portail , autrement dit portail latéral ou des morts, est d*une date plus récente; il est situé dans la rue St-Germain , et ne remonte pas au delà de la construction de la seconde partie de Tédifice.

Enfin , sur le côté latéral nord , près du clocher , se trouve une troisième entrée, de beaucoup postérieure, et qui n'a été établie qu'au xyi'' siècle , pour mettre Téglise en communication avec le presbytère et le cimetière.

Le grand portail est précédé d'un perron garni de marches en grès et d'une rampe (mi fer; en face existait jadis une place appartenant à Téglise , que la fabrique fut, dit-on, obligée d'aliéner, lors de la reprise d'Amiens sur les Espagnols, pour payer les indemnités dues au roi.

La porte que l'on voit encore aujourd'hui date de la Renaissance , et en présente tous les caractères. En l'examinant avec un peu d'attention , on remarque dans le bas^ les armes plus modernes de plusieurs de nos évéques et particulièrement celles de Mgr. Mioland. Or

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