‹ Histoire de l'église St-Germain d'AmiensChapitre 2 sur 3 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

nous devons dire dans quelle circonstance elles y oiU été apposées. Quelques années après son installation , Mgr. Mioland vint officier dans celte église le jour du patron. La porte principale nécessitait depuis longtemps de grandes réparations, mais la dépense en retardait toujours Texéculion. M. F. Tilleltc-d'Acheux offrit alors de vieilles boiseries analogues à celles de la porte à restaurer ; M. Tabbé Goard , vicaire de la paroisse , se chargea du travail , et le fit pour le jour de l'entrée du pontife , dont il eut soin de sculpter les armes , afin de marquer répoque de cette restauration.

Cette porte est surmontée d'une voussure en pierre^ dans laquelle on voyait huit statues représentant des. saints ; il n'en reste plus que trois , Tune représente Sl.-Jean , patron de Tabbaye des Prémontrés , une autre St.-Norbert , fondateur de Tordre. Dans le cintre, on remarque plusieurs petites statuettes surmontées cotnme les précédentes d'un dais en pierre, presque toutes mutilées, et dont il est impossible de donner la désignation.

Au dessus est une verrière, qui jadis était en verres de couleur, et avait été donnée par la famille Revelois, ainsi que le constate le compte de 1607 où il est dit : donné par Guillaume Revelois , % liv.^pour le rétablissement de la grande verrière du grand portail , donnée autrefois par ses ancêtres.

Le petit portail , ou portail latéral , est aussi décoré desculptures , qui indiquent suffisamment l'époque de sa construction. Au-dessus de la porte est placée l'image de saint Germain , revêtu de ses habits pontificaux et tenant enchaîné un dragon à plusiisurs tètes. C'est aux pieds d^

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oetle image que les paroissiens Yiennenl chaque année, la veille de la fête du patron, déposer un bouquet ; et ils ne manquent jamais , à la même époque , de la revêtir d*une étole et de la décorer le mieux qu1l leur est possible.

En parcourant les anciens registres de la paroisse , on voit que Téglise St.-Germain et le grand portail en particulier ont été, depuis 1565, sujets à bien des réparations. Si on en recherche la cause, on la trouvera dans le tremblement de terre éprouvé par la ville en 1580, dans l'ébranlement causé par la destruction de Tancien clocher et la reconstruction du nouveau , dans les accidents occasionnés par le tonnerre , enfin dans le peu de soin avec lequel ces constructions ont été faites.

Les registres aux comptes nous apprennent, en effet, qu'en 1 581 il a été payé à Bobert Morel , maçon , 5 écm 45 Bols tournois, pour avoir rassis et refait la grande clef en pierre du grand portail de l église , plus deux autres clefs de la voussure sur la nef. Or, c'est en 1 580 qu'a eu lieu à Amiens , nous dit l'historien Daire, un tremblement de terre dont les secousses se sont fait sentir pendant onze jours, et qui causa de grands dommages dans la ville; c'est aussi à cette mémo époque que l'ancien clocher fut démoli pour faire place à <)elui que nous voyons de nos jours. Plus tard, en 1646, le 20 juillet, jour de Ste* Marguerite , le feu du ciel tomba sur ce monument et fit voler en éclats une grande quantité de pierres du grand portail. La foudre enleva aussi sur le devant de la tour du clocher de grosses pierres à divers endroits , détruisit une grande partie de la couverture et nécessita d'énormes ré-* paratioDsaux voûtes. Mais tous ces accidents, quelque dom^

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mageables qu'ils aient pu être pour l'église St.-Germaio, 06 furent rien auprès des désastres occasionnés par les malheurs de la guerre et les suites funestes du siège que la ville d'Amiens eut à subir lors de la reprise que Henri lY en fltsur les Espagnols en 1598. Placé pour ainsi-dire sous le feu du canon , ce monument fut peut-être celui de notre cité qui en ressentit le plus les terribles effets. Ses murailles furent ébranlées, ses verrières brisées, ses couvertures détruites, ses voûtes enfoncées, et le dôme de la chaire emporté par un boulet pendant la prédication. Les registres aux comptes des années 1598 à 1618 nous apportent la preuve des dommages éprouvés à l'époque du siège d'Amiens ; nous y lisons : en 1598, fait néto^ les pierres abhatues par le canon ; refait toutes les murailles des verrières rompues par le canon; les pierres livrées par V abbaye de St. --Jean ; refait toutes les couvertures et le comble; en 1599: réparations faites à toute réglise;en 1604^ refait le grand cintre de l'église, rompu pendant le siège de la ville; en 1616, réparations faites au comble; m 1618 , remastiqué plusieurs piliers.

. Pendant les années qui suivirent le siège, on s'empressa de faire des réparations , mais les ressources et les revenus de l'église étaient loin de lui permettre les dépenses nécessaires, aussi l'édifice ébranlé jusques dans ses fondements, ressentit encore longtemps après les suites funestes des se* cousses qu'il avait éprouvées. Dans les registres aux délibérations nous voyons en effet qu'en 1683 des sommes furent allouées pour payer les maçons, les serruriers^ les vitriers qui avaient remis en bon état la maçonnerie et la vitre audessus du grand portail, qui tombaient en ruine, et fait

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tautêê autrêsriparalioM , $ans le^ueUes l'église aurait re^ un Mtable préjudice. En 1706 et en 1711 , nous voyons encore des travaux de maçonnerie regardés comme de la plus grande urgence , et ordonnés pour soutenir les deux grandes vtlres de la nef , tant du côté de la rue que du côté du presbytère ; enfin , en 1738, nous voyons que, pour conserver le grand portail, on est obligé de resserrer la clef du cintre avec des barres de fer.

§ 8. Clocbebet Clocbss.

Non loin du grand portail et sur la même ligne , se trouve la tour du clocher , dans laquelle le Corps de ville plaça le guet , pendant le temps que Ton reconstruisait le beffroy. Construit en même temps que la première partie de réglise, il a subi bien des changements avant d'arriver jusqu'à nous , et le même siècle qui en a vu élever les fondations les a vu aussi détruire.

La première construction ne subsista en effet que jusqu'en 1484, époque à laquelle elle fut remplacée par la tour carrée en pierres que nous voyons aujourd'hui, et qui . comme le fait remarquer Pages , ne parait même pas bien liée avec le reste du bâtiment. La charpente du beffroy fut aussi renouvelée à la même époque , mais pas avec assez de soin , car , outre qu'elle fut souvent sujette à des réparations considérables , un siècle s'était à peine écoulé , qu'on fut obligé de la jeter bas pour la renouveler en entier en 1581.

A cette époque , on conserva la tour carrée en pierres blanches faite en 1484 et qui présentait toute garantie , et on établit dessus un beau beffroi de même forme que

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le précédent ; on couronna la tour d'une galerie couverte en plomb , aux quatre coins de laquelle on plaça quatre belles statues de saints de même métal.

Les archives de la paroisse nous fournissent Ici des documents précieux sur cette reconstruction , car outre les plans et devis qui y sont conservés, on trouve encore dans les registres aux comptes Vélat des dépenses faites en cette circonstance , et de plus les noms des ouvriers qui ont travaillé à élever ce monument » suivant le contrat passé devant deux notaires de la ville , à la daie du 12 mai 1581.

Pour régler cette dépense montant à 1 ,434 ^* 2'* G"** (t),

(1 ) Pour cet acte la fabrique a payé :

Denier à Dieu > 1. lit s. » d.

Honoraires de notaire 1 » »

Pierre de Dompmart , marchand de bois à Terramesnil , s'est engagé à fournir tout le bois de charpente nécessaire moyennant la somme de 68 écus 204 » »

Benoit Yimard, marchand de bois à Amiens, à foarni en outre tout le bois nécessaire au planchage des galeries, moyennant 90 sols. . 4 10 »

Les ouvriers chargés de la confection de cette partie de monument ont été Antoine Gardon , charpentier à Gottenchy, et Robert Durât, charpentier à Amiens, il leur a été payé pour la main-d'œuvre 33 écus 20 sols. 100 > »

£t pour avoir dessis tout le vieux bois de dessus le clocher 2 > »

La croix en fer que nous voyons au-dessus du clocher fut fournie par Germain Delattre, moyennant 25 écus, elle pesait 422 livres, à rrâon de 2 s. 9 d. la livre 7S » >

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U fabrique eut recours à diverses quêtes qui eurent lieu pendant les années 1581 ,1582 , 1583» 1584, mais qui furent loin de répondre à ce qu'on attendait.

Plusieurs personnes Qrent en outre des dons particuliers et le Corps de ville y contribua pour une somme de iroi$ écus onze sols trois deniers. On vendit aussi les vieux bois, les tuiles, et la dépense fut enGn réglée , mais non sans peine, le 6 avril 1587. Je dis non sans peine, car les titres nous apprennent que le paiement définitif n*eul lieu qu'après poursuites de la part de Jacques Dhangest , et môme

Il fiit payé aux charpentiers pour la poser au haut du pavillon du clocher , et pour les deux verges en fer placées aux deux c6tés de lacroix,20 écus26 sols 611. 6 s. »d.

Le cocq qui la surmonte fut fourni par Pierre Germain , chaudronnier à Amiens , et payé 1 écu 40 sols 5 » »

La couverture du clocher fut confiée à Simon Marchant, couvreur à Amiens, il fut payé pour façon 22 écus 66 » i»

La fourniture du plomb et des ardoises fut faite par Jacques Dhangest, plombier à Amiens, elle monta à 299 écus 54 sols 6 deniers tournois . 899 14 6

Au-dessus de chacune des fenêtres de clocher fut placé un soleil en plomb, pour le soudage duquel il fut payé 3 » »

Enfin les quatre statues mises aux quatre coins de la galerie du clocher furent faites par Guerard de Fransures, entailleur d'images \ moyennant 4 écus tournois 12 » »

Total de la dépense . . . 1.434 1. 2 s. 6 d.

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après la reddition d'une sentence du bailli, qui avait ordonné la vente des meubles et reliquaires de Téglise ; tant les ressources de la paroisse étaient minimes.

Le monument resta dans cet étal pendant longues années » au moyen des réparations qui Turent faites en différents temps , notamment en 1715 , où Ton fut obligé de rattacher les balustres de la galerie avec des agraffes en fer. Pages nous en parle , comme Tayant vu de son temps , mais on ignore à quelle époque les statues placées aux quatre coins du clocher oui été relirées.

Dans le principe, cet édifice n'avait point été destiné à recevoir un grand nombre de cloches , il n'y en avait alors que trois, non compris celle de la messe de six heures , donnée par Henri Lematlre ; mais en 1 654 , le désir d'avoir une plus belle sonnerie nécessita le changement de Tintérieur du beffroi, et le fit diviser en deux parties. Le nombre des cloches fut alors porté à cinq , on plaça en outre dans la tour un carillon dû à la générosité de plusieurs paroissiens, enfin en 1658 il y avait huit cloches , non comprise celle de Henri Lemattre.

Les registres aux comptes nous donnent sur cette sonnerie des détails qui ne sont pas sans intérêt. Nous y voyons en effet qu'en l'année 1574, plusieurs cloches ayant été cassées, la fabrique vendit à Jean Huttebert , marchand à Amiens , 1,300 livres de métal , moyennant 253 livres 10 sols, qu'en suite elle acheta : 1"" A Nicolas Poumart , marchand à Beauvais, 1,300 livres de métal, poids de Paris , à raison de 84 livres le cent, 31S 1., non compris les frais de voiture s'élevant à 4 1. 10 s. ; 2* à Jean Huttebert, 381 livres de métal, à raison de 85 livres to

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cent» 195 iiv., laquelle somme de 511 1. 10 s. fut payée avec le produit des remboursements de plusieurs rentes provenant de fondations.

lia fonte de ce métal fut confiée à Michel Guérin , fondeur à Amiens, auquel il fut payé pour façon 1 20 livres et pour gratification 15 ; il employa pour ces deux cloches, outre les 1,681 livres de métal acheté, 1,066 livres de métal restant de la grosse cloche , et 450 livres provenant de la petite.

La première, nommée Antoinette, pesa 1,703 quarterons et demi plus 6 livres , et la deuxième , nommé Jacqueline, 1 ,203 quarterons 6 livres.

Ces deux cloches n'étaient point en harmonie parfaite avec la troisième; en 1584 on voulut les y mettre et avoir les trois tons la, sol, fa. Le soin de celte opération fut confié au nommé Lamorai de Maniville, fondeur de la paroisse Sl-Étienne de Beau vais. Suivant le contrat passéentre lui et la fabrique le 8 octobre 1584 , devant les notaires Pezé et Maugrenier , on lui livra le 27 du dit mois les trois cloches au poids des halles , savoir la plus grosse pesant 2,250 livres; la deuxième, 1,787 ; la troisième , 1,262; on lui livra en outre 1 ,333 liv. d'élain que Houchart avait fait venir de Rouen pour fondre avec le métal et Tamé^ liorer, moyennant 12 écus 54 s., total 5,433 liv. d'étoffe. Ces trois cloches furent fondues le lendemain 28 octobre , et le 29 ayant été mises hors de terre, elles furent éprouvées et reçues par MM. Gouvrechef et Fourrette, maîtres de la maîtrise de la cathédrale d'Amiens.

La première pesait 2,412 ; la deuxième 1 ,687 ; la troisième 1 ,293 ; le déchet était de 40. — Total 5,433 liv.

La bénédiction de ces Irois cloches eut lieu le 10 décembre 158i ; la plus grosse fut nommée Jeanne par Jean d'Tppre» maïeur d*Âmiens; la deuxième, iVicoU^, par Nicole de Nlbas , ancien maïeur ; la troisième, Germaine^ par Jacques de Louvencourt, marchand à Amiens (1).

En 158S , la grosse cloche fut cassée de nouveau , et la fabrique fut obligée de la faire refondre. Ce fui Melchior Guérin , fondeur à Amiens, qui cette fois fut chargée de Topéralion. Un contrat fut passé à cet effet entre lui et la fabrique devant les notaires Louis do Louvencourt et Jean Calelet , le 25 juin 1 585 ; et , conformément à cet acte , on livra à Guérin la cloche cassée , qui , pesée au poids des halles , donna 2,301 quarterons et demi^

(1) Les frais faits pour la bénédiction et pour la fonte de ces trois elocbes se trouvent spécifiés ainsi :

A Lamoral , pour avoir dépendu et rependu les cloches, suivant le contrat passé entre lui et la fabrique 83 écus 20 s. 250 1. » s.

Pour trois marbreaux neufs ... 4 23 13 S

A MM. Couvrechef et Fourrelte. j » 30 1 10

Aux prêtres et chantres de Notre- [ Dame. j

Tenture de tapisseries » 5 » 5

Ceinture de fleurs. » tO 1 »

Quatre aunes de passement rouge appliqué et fait en plusieurs croix, sur les aubes des cloches « 4 » 4

Les dragées et parfumeries ont été données par Alexandre de Ponthieu.

Rachat de Fofifrande du curé ...» 20 1 »

Total 2671. 4 s.

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La refonte eut lieu le S3 août et le lendemain la cloche fut essayée et trouvée bonne, du ton de fa , en plein ton , par MM. Gouvrechef et Pourretle. On ne se contenta pas cette fois de Tavis de ces deux maîtres , on la fit encore visiter par MM. Sceliier , musicien, et Lebel , organiste de St*Leu, lesquels trouvèrent quelque peu à dire quelle ne fut pas du dit ton , ce qui fit qu*on diminua au fondeur quatre écus sur le prix convenu.

Le 30 août, Guérin livra la cloche qui pesait 2,400 et demi dix livres, et il fut reconnu qu'il avait livré en plus un cent et demi quarteron dix livres de métal. Les frais s'élevèrent donc à la somme de 126 livres (1).

La bénédiction eut lieu le dimanche 16 septembre 1585» et la cloche fut nommée Marie par Michel Lebel , bourgeois de la ville et paroissien de St-Germain.

Les frais et les décorations furent les mêmes que préce^ demment , et les quêtes et les offrandes des paroissiens montèrent à la somme de 43 écus ou 129 liv.

Le matériel de la sonnerie resta dans cet état jusqu*en 1654; à celte époque, et sous Tadministration de M. Gauchie , curé , on Taugmenta de beaucoup , ce qui né«cessita une dépense de 1,173 liv. 13 sols 9 den.^ pour la construction d'un nouveau beffroi que Ton plaça au-dessus

(l) Pour façon et pose au fondeur, déduction faite de quatre écus pour ne pas l'avoir livré en plein ton , 36 écus. . . 98 1 10 s.

Pour métal fourni , 8 écus ÎO s 25 »

Aux experts Gouvrechef et Fourretfe 110

Aux organistes 1 10

Total 126 »

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du premier. Cette nouvelle dépense fut couverte par les offrandes des paroissiens, qui s*élevèrent à 914 liv. 11 sols , et par la générosité du curé , qui ajouta le surplus.

11 y eut en outre divers dons faits en nature. Jean Leroux le jeune, marchand à Amiens , donna une cloche pesant 818 livres et payée 386 liv., laquelle a reçu le nom de Marie. Michel Decourt, d'Amiens, en donna une autre du poids de 673 livres, qui fut payée B90 liv. 5 sols et nommée JUarie-Magdeleine. François Aveneauï , ancien marguillîer, en donna une troisième avec tout le nécessaire pour la poser et la sonner. Elle pesait 471 livres , non compris les quatre au cent ; elle fut payée à raison de 88 liv. le cent et reçut le nom de Catherine. Anloîne Dhangest et plusieurs autres personnes se réunirent et donnèrent une somme de 180 liv'., pour être employée à Tacquisltion d'une cinquième cloche en ton. Enfin Pierre Choquet donna un marteau de cloche , et la veuve Gayant en donna un autre pesant environ 33 livres. On établit ensuite dans le clocher , pour carillonner les cloches , un clavier dont la dépense s'éleva à 303 liv. ; la veuve d'Antoine Lucas donna 30 liv. ; le surplus de toutes tes dépenses fut payé par le curé Gauchie.

En 1656, les personnes invitées à porter le dais à la procession de la Fêle-Dieu , Martin Cotte, Jean Paîllart , Louis Chevallel , Jean Morel, Martin Normant, Jacques Fournier, donnèrent une somme de 180 liv., pour être employée à l'acquisition d'une cloche pesant 4âO livres ; il en fut acheté une moyennant 215 liv., et le surplus fut dû à la générosité du curé et de trois autres per*sonnes.

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£d 1657 il en fui encore de même ; les persones invitées à porter le dais , Antoine Boidin, Antoine Maille, Firmin Gordier et Antoine Marteau , donnèrent une Irailième cloche en ton , pesant 2S9 livres.

En 1688 , une des cloches ayant été cassée , on la refondit moyennant la somme de 354 liv., qui furent payées ptr Jean de Ribeaucourt^ marguillier en charge , qui donna à cet effet 112 liv. , à la condition qu'il serait accordé un banc à sa famille.

Dans le milieu du xviii* siècle on supprima quelques^ unes de ces cloches , ainsi , en 1764 , loin de refondre les deux qui élaient cassées, on en vendit le métal au nommé Gaviller^ fondeur à Carrépuis , avec les battants^ marbreaux et férailles, moyennant 1,189 liv., 4 s. 6 d. A celte époque, il ne restait donc plus que quatre cloches. Peu d'années après, le 13 oclobre 1772, inlcrvint une délibération , par laquelle il fut décidé que les quatre cloches seraient refondues pour mieux les accorder. Un traité fut ausssiôl passé avec Joan-Baptisle Delarche, fondeur à Hallencourt près Grandvilliers , et il fut convenu que ces quatre cloches seraient refondues et mises d'accord , à l'effet de faire un demi-octave ( fa, mi, ré, ut ) dans la sonnerie

Par ce traité, Delarche devait recevoir une somme de 400 liv, payables en quatre termes , et d'année en année. Le premier paiement devait avoir lieu aussitôt la pose et la réception des cloches. D'un autre celé , Delarche s'engageait à reprendre, à raison de 26 sols la livre, le jnétal qui ne serait pas employé, et à confondre dans le poids des cloches à lui livrées , les deux petits timbrei

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de rhorloge. Enfin le poids des nouvelles devait être de 6,500 à 6,600 livres, et le Tondeur devait les rendre à ses frais'loutes montées et bien sonnantes.

Le 30 janvier 177B, Delarche ayant rempli toutes les conditions auxquelles il s'était engagé, les marguilliers en charge furent autorisés à lui régler ce qui lui était dû et à vendre , pour le compte de la fabrique , les écumes des dites cloches. La sonnerie ainsi remise en état , on procéda , en 1774 , à la nomination d'un sonneur qui fut chargé de les accorder, de veiller à leur conservation , et dont les gages furent fixés à 40 lîv. par an.

En 1793 , l'église fut fermée. Les cloches devenues alors la propriété de l'Élat , furent retirées du clocher et envoyées à la fonderie , pour en faire soit de la monnaie de billon , soit des instruments de guerre.

Eo 1802 , lors du rétablissement du culte , l'église St.- Germain fut heureusement rendue à sa destination première , et la nécessité de lui donner une cloche se fit bientôt sentir. C'est alors qu'on lui donna une de celles qui jadis avaient appartenu à l'église de St.-Firmin-le- Confesseur ; les deux autres , qui composaient la sonnerie de cette ancienne paroisse , furent envoyées ensuite à Oîsemonl, où elles sont encore aujourd'hui. C'est celte mèmecloche qui existe encore à St.-Germain. L'inscription nous apprend qu'elle a été bénite en 1773 par M. Brandicourt, curé de cette paroisse , et qu'elle a été nommée Firmme par M. Nicolas Daveluy l'alné , négociant , et par Marie-EUsabeth Delespeaux, son épouse ; M. Claude- François Hacot étant marguillier en charge et syndic.

§ 8. HOBLOOE.

Outre les cloches , dont il vient (rétre parlé , il y ayalt encore dans le clocher une horloge. Ce fut Robert de Montigny, marguillîer en charge, qui, en 1675, reconnut la nécessité d*en avoir une dans Téglise, attendu Véloignement oà étaient les paroissiens de toutes autres horloges, et qui, pour Tacquil du service divin à heures fixes , en a fait don à la fabrique , et Va fait poser dans t église à Vendrait le plus commode (1).

En 1697 , le 11 avril , la fabrique accepta Toffre faite par le sieur Garon de donner et fournir une horloge neuve, bien et duement conditionnée ; de la faire enfermer dans une botte de bois , et de la faire placer dans le clocher , le tout à ses frais et dépens. La délibération par laquelle roiïre du sieur Caron est acceptée^ porte : «c que cette » horloge sera placée au lieu où est Tancienne, dans les » six mois à compter de ce jour ; que Tancienne lui sera D donnée en échange , à la condition par le sieur Garon » de garantir la neuve pendant deux années , à compter y> du jour où elle sera placée; de Tentretenir gratuite- » tement pendant sa vie , autant qu*il pourra et que sa » santé le lui permettra. »

En 1698 on fit faire un nouveau cadran, qui coûta 80'liv., et rhorloge subsista jusqu'à la fermeture de réglîse.

§ 10. VlTBAUZ.

L'église St.-Germain était autrefois remarquable par la beauté , comme par la multiplicité de ses vitraux ; ausal

(1) Voir les Registres aux délibérations.

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Pages nous dit-il « que les couleurs de ces vttros, et » principalement le rouge» étaient si vives el si éclatantes, V qu'elles avaient donné naissance à un proverbe qui, ï> de son temps , courait dans cette ville. »

Sur toutes les verrières de Tabside , des bas-côtés de la nef et du chœur» étaient peintes des histoires tirées de la vie des saints et du Nouveau Testament. On y voyait retracés les principaux faits de 1 1 vie de la Mère du Sauveur, de sainte Anne , de saint Germain , de saint Nicolas , de sainte Madeleine. Il en était de même de la veiTière au-* dessus du grand portail , de celles qui étaient placées audessus des arcades , comme aussi des deux verrières qui séparaient le sanctuaire des chapelles adjacentes , et des croisées placées au-dessus du jubé.

Presque tous ces vitraux étaient de la fln du xv* et du commencement du xyi"* siècle ; ainsi , sur plusieurs d'entre eux , on voyait la date de liSi. Une délibération de la corporation des mariniers, rapportée par fauteur des Lettres sur le département de la Somme, à la date du 6 juin 1492 , nous démontre que plusieurs ont été données vers cette époque , et les registres aux comptes nous apprennent encore que le xvi"* et le xvii* siècle sont venus aussi payer leur tribut à cette église.

La délibération du 6 juin 1492 , dont je viens de parler, porte que les maistres eswars et compagnons mariniers de la ville d'Amiens exposent aux maieur et eschevins « que » de grant anchienneté , par leurs briefs et ordonnances , » nul ne se povoit entremestrc de mener bateau à mont D ou à val sur la rivière de Somme, qui ne fust passé » maisire dudit mestier , et que , par cy devant , afiin de

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» aidier è fouroir aux mites et deniers qu'il conveao!! » trouver pour une verrière de par eulx faiete et donnée » en réglise Sl.-Germain audict Amiens, ils avoient con<- 1» senty que par les eswars dudil métiers fussent prins » » cœuilly et receuz tous droiz venans dudict mestier , dont » paravant la plupart se buvoient entr'eulx » etc. »

Le rétablissement de cet ancien usage par la corpora*^ lion des mariniers, nous apporte la preuve que Tégltse St.-Germaln a été redevable à cette compagnie de presque toutes les peintures sur verre qui t'ont embellie dans le XV* et le xvi* siècle , et particulièrement des beaux vitraux qui nous représentaient les principaux traits de la vie des saints qu'ils honoraient , saint Nicolas, sainte Madeleine , dont parle Pages dans ses mémoires oà il dit « qu'en 1730 » on voyait encore dans la chapelle de la Vierge , c'est- » à-dire dans celle qui se trouve au bout du bas-côté droit 3» de réglise , cinq panneaHx de verres peints nommés les iB pieds de sainte Madeleine , et un sixième appelé la » pâque de la même sainte (1). »

Cette corporation ne fut pas la seule qui fit des dons de cette nature à Téglise St.-Germain; nous ne pouvons i^ttblier qu'il y eut aussi des familles dans la paraisse qui, à des époques diverses , s'empressèrent de venir lui payer leur tribut. Déjà nous avons parlé de la famille BeveloM , qui donna et plus tard fit restaurer la ver^ îière du grand portail , et nous ne pouvons passer sous silence les noms de MM. Florent Bellot , Nicolas Certain, lehan Dufresne, Anselme Bazin, qui, en 1617 , ont donné Sfi2 liv. 5 sols 9 den., à la cmdition qu'il leur sérail loir

(1) Voir Légende dorée.

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9iUe dé^ faire mettre leurs armée et faite telles remarques que ban leur sembleroit , à tm^ mtre (fuils ont fait faire au lieu d'une autre tombée par le vent, tout au^essus de la tuAlette des marguiUiers.

Peadanl longtemps on apporta le plus grand soin à maintenir^ restaurer et entretenir ces belles verrières que le xviii* siècle devait voir anéantir ; tous les registres aux comptes nous en apportent la preuve. C'est ainsi qu*en IS66 nous lisons : « Payé à Anthoine Super et Hubert Payen , verriers, 60 pieds de voirres dé Franche, au prix de 4 sols 6 den. le pied, placés auprès du grand autel: pour les voirrières, \dliv. iùs.; la pose, 1 liv. is.; an serrurier , pour verges et barres , 17 liv. lls.Hd.; au même, 14 liv. 6s.; au maçon, 10 liv. 6 s., pùuramr descendu les pierres de ranchienne.

« En 1511, payé aux mêmes verriers 60 pieds de 1» voirres de Franche , à 4 sols 6 den. le pied , pour la » verrière du chœur, au-dessus du pulpitre, du côté de la lo chapelle où se célèbre la messe de 6 heures : 1 3 L 1 s.

» Même quantité pour la verrière au-dessus dupulpitre} )» du cété de la chapelle St.'Nicolas : 13 1. 10 s. »

Pendant le premier siècle, cette église^ ainsi qu'on vient de le voir, avait été enrichie et décorée de vitraux précieux, dont Tentrètien était fort dispendieux pour elle. Aussi , quelque soin qu'on ait pu y apporter , on aurait été obligé d'y renoncer, quand bien même d'autres causes ae seraient pas venues en hâter la destruction. Nous les voyons, en effet, souvent brisés par le vent ; au siège d'Amiens on les voit voler en éclats ; plus tard c'est le tonnerre qui IcA frappe, et en 1774 le moulin à poudre, en sadtani »

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tient détruire la plus grande partie de ce que le temps, les malheurs de la guerre et la foudre avaient épargné.

En 1569 on commença déjà en certains endroits à rem-* placer les vitraux peints par des verres blancs. Je lis en effet dans le compte de cette année : <x Payé à Lombard, machon , pour les pierres desisses , aux verrières nouvelle^ mmt mises en verres blancs.

Dans celui de 1571 : « Le jour de Quasimodo, après » les vêpres , ont été vendus au plus offrant et dernier » enchérisseur , les verrières et férailles qu'on a dessis » au lieu où sont les verrières blanches , demeurées è » Pierre Leroux , bourgeois et marchand , pour le prix et » somme de 70 sols. »

« Enfin vendu à Anlhoine Super, verrier, le verre que » on a dessis [de deux verrières dernièrement faites. »

Ainsi qu'on a pu le remarquer , le xvi* et le xvn* siècle avaient vu disparaître quelques-unes des verrières ; mais du moins les avait-on remplacées par des vitraux peints plus modernes. Il n'en fut plus de même au xviii*; on continua à supprimer les verrières peintes, maison ne les remplaça que par des verres blancs ; et, au lieu de restaurer et d'entretenir les anciennes, on finit même par en détruire la plus grande partie , en les coupant pour en faire des encadrements aux verres blancs , ainsi que nous le voyons encore aujourd'hui.

Une seule de ces verrières , qui représentait l'histoire de St.-Germain , avait échappé à ce vandalisme et plus tard à celui de 1793 ; mais , pas plus que les autres , elle ne devait être remise à la place qu'elle avait occupée de^ puis le XV* siècle. Reléguée pendant des années dans up

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grenier du presbytère , elle n'altendait cependant qu'une main habile qui la rétabltt dans son état primitif. Mais ce secours si nécessaire n'arriva pas ; confiée à des mains barbares et sans expérience^ elle fut mutilée dans presque toutes ses parties ; deux panneaux seuls échappèrent à la ruine et encore allaient-ils aussi être perdus pour nous en passant par les mains des brocanteurs , lorsque, grâce au bon esprit du curé et a Tintervention d'un des membres de la Société des Antiquaires de Picardie placé alors à la tète de Tadministration municipale (M. Lemerchier) ^ on les fit transporter dans le Musée, où ils sont déposés depuis ce moment. Cette décision prise par le Maire , fut accueillie avec la plus vive satisfaction par tous les véritables amis des arts, et c'est ainsi qu'il nous est maintenant permis d'admirer encore la vivacité des couleurs de ces vitraux , jadis si vantés par Pages.

§ 11. Obgue6«

Au-dessus de la porte principale de l'église St.-6ermain sont placées les orgues dont ta tribune , soutenue par des colonnes en bois , forme une espèce de péristyle intérieur.

C'est au milieu du xv* siècle , vingt ans environ avant la construction de la seconde partie de Téglise , que, pour donner plus d'éclat, plus de pompe a l'office divin , on conçut la pensée de placer des orgues dans ce monument. En 1455, Hue Deslaviers , marguîllier en charge , reçut de ses confrères la mission de les procurer à l'église. H se rendit à Rouen et s'adressa à Gauthier Desroarais , qui Tenait d'en confectionner pour l'église Saint-Jacques de cette ville. Le 27 février 1455 intervint entre eux un traité

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par lequel H fut cM?i$iiu qu'un orgue de même aature ^ de même dimension , de même condition et parfaitement semblable en tout h celui de St*-Jacques de Rouen , serait fourni à Téglise SainlrGermain d*Amiens ; qu'il y serait rendu et placé avant le jour de la Toussaint , ou au plus tard avant le jour de Noël suivant, le tout moyennant la somme de mxe vingt écus (for.

L'organiste ne se conforma point exactement au traité qu'il avait souscrit , et de là naquit un procès qui » heureusement , se termina par une transaction. Par cet acte, diverses modifications furent faites au traité primitif, dans le but daméliorer rinslrument. Enfin, en août 1458, l'orgue fut livré, mis en place, reçu, et on paya au facteur deui écus en sus des onze-vingt stipulés au contrat du 24 juillet 1458 , à titre de gratification.

Le buffet de l'orgue fut fait en bois de chêne et sur* monté, suivant l'usage du temps, de diverses statues dont le jeu de l'orgue faisait mouvoir les membres à volonté , de même que les instruments qu'elles tenaient dans les mains ; c'est ce que nous apprend le compte de 1567 , où nous lisons: accordé 8 liv. à N...., caeUlier, pour avoir raeou$té les isMruments des personnages plam au^ dessus des orgues. Enfin ce buffet était soutenu par des colonnes en bois posées sur une base en maçonnerie.

Pendant longues années on se servit de cet instrument , mais en y faisant de temps à autre des réparations nécessitées soit par le temps , soit par des accidents , soit enfin par les progrès de l'art. En 1565 la fabrique passe un oontrat avec un nommé Ferment , qui s'engage à faire à largue les r^ratioos nécessaires moyennant 10 llv.;

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eo 16M, elle dépense pour ie même objet une somme de 66iécu8. Entre ces deux époques noas voyoBS encore plus d*uoe réparation faite. Lors du siège d'Amiens , Torgue n'avait pas été plus à Tabri du désastre que le reste de rédifice; ta pénurie dans laquelle se trouvait alors la pa<roisse , qui avait bien d'autres dépenses à faire » ne Iiii permit pas , il est vrai , de penser tout de suite à le restaurer ; mais on commença » en 1606, à faire un nouveau lambris , et , en 1611 , on acheva entièrement les réparations à l'aide d'une quête à domicile » et moyennant la somme de 70 liv.

En 1628 la fabrique voulut mettre l'orgue en harmonie avec les progrès que l'art musical avait fait depuis plus d'un siècle. Un marché fut passé , à cet effet , avec un facteur ^ et le prix de la restauration fut fixé à 154 liv. Deux années après , en 1630 , on y ajouta des pédales moyennant 44 liv., et , en 1649 » un jeu de clairon , pour lequel il fut payé 330 liv., qui furent prises sur l'argent provenant du remboursement des fondations de Noël liirvaux , Jean Lebel et autres.

Un procès-verbal I dressé le 13 février 1653, nous donne d'une manière exacte le détail des parties dont cet instrument était composé vers le milieu du xvii* siècle (1).

(1) 1» La monstre 48 tuyaux d'étain.

2* Un bourdon 48 d» bouchés.

3» Id. appelé double prestant 48 d»

4» Un flageolet de 2 pieds ... 48 d«

5« Un nasard, appelé quinte de 4 p«ï« 48 d«

6o Une grosse flûte de 4 pieds .48 d»

7» UnedoubieUe 48 ds dont 9 ne parlent pas.

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Eq 17M, au lieu de renouveler en entier le matàiel de Torgue » on se cootenla encore d'y ftiire des réparations , qui ne Grent que retarder la dépense , sans apporter au-^ cnne amélioralion sensible. Ainsi on y fit faire des soufflets, dont le prix s'éleva à 100 liv., et un marché fut conclu avec le sieur Tondu , organiste de cette ville , qui lit les réparations convenues moyennant 180 liv.^n 1718 on fut obligé de faire visiter l'instrument; après un examen attentif on trouva que , pour le mettre en état , il en coûterait 1 ,400 à 1 ,800 liv. Un devis fut dressé , mais la dépense fut encore ajournée , par suite du peu d'argent dont la fabrique pouvait disposer. Enfin , en 1725 , les marguilliers, profitant du séjour de quelques facteurs dans cette ville, en engagèrent plusieurs à visiter l'instrument, et firent dresser un nouveau devis. Gomme la somme réclamée par un de ces facteurs était beaucoup moins forte que celle qui avait été demandée précédemment, 500 iiv. au lieu de 1,800^ les marguilliers se laissèrent tenter; mais la suite prouva qu'ils avaient eu tort.

Le traité portait : <c 1* Démonter entièrement tout » l'orgue , comme aussi les sommiers ; i'* faire divers » tuyaux qui manquent à^lifiérenls jeux; 3* démonter les )» abrégés et les rendre plus libres , afin que les claviers

8» Fournitures 48 tuyaux d'étain.

9» Petits fifres 48 d»

10« Cornet 100 d»

11» Trompette 48 d»

12o Voix humaine 42 d*

13« 12 pédales »>

681 ttiyaox.

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» en soient plus praticables qu'ils ne le sont; dépeaiRer » entièremenl les sommiers et ôler plusieurs emprunts » qui y sont ; faire d'autres boursettes ; redraper les » soupapes et mettre tous les nouveaux ressorts ; i"" re- X» couvrir les claviers; faire un autre clavier de pédales ; » rétablir plusieurs mouvements qui sont dérangés ; ré^ » tablir deux tremblants , un doux et un fort ; étancber » les vents qui se perdent, tant aux soufflets qu'aux porte* » vent ; S"" reblancbir la montre en étain battu ; re- » dresser les tuyaux qui sont bossues ou plies , tant en » dedans qu'en dehors. A l'égard des jeux d'anches» re* y» passer tous les bassinets et languettes sur la lime ; » remettre toutes les pièces en leurs lieux et places ; re- 9 mettre tout dans un bon accord. »

Jean Bernard , facteur d'orgues à Reims , avec lequel on traita , s'engagea à faire les réparations conformément au devis, moyennant 500 1.» payables après réception. En 1726 » Bernard ayant , disait-il , satisfait aux conventions auxquelles il avait souscrit , demanda aux marguilliers de procéder à la réception de l'orgue, afin de pouvoir être «^ payé ; mais quel ne fut pas Tétonnement des membres de la fabrique , lorsqu'ils apprirent ce qui avait été constaté par les personnes chargées de recevoir cet instrument.

a On constata , en effet , qu'il avait été soustrait un jeu y> de flûte composé de 48 tuyaux , dont les pièces étaient » en étain ; l'on apprit que Bernard les avait fondus et 1» s'en était approprié la matière; que la pédale de flûte, p composée de deux gros tuyaux d'étoffe au lieu d'étain , >) et le reste de plomb , pesant ISO livres , avait aussi été 9 soustraite par Bernard et changée en deux tuyaux de

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"n bols. On reoonnul aoisi qu'il y avait au ÛH orgue oa » grand nombre d'emprunts qui se tronyaienl endom^ » mages par la faute du sommier , lequel n'a pu être » raccommodé et mis en étal suivant le devis ; qu'en » outre il y avait des défauts provenant de Tinexécution » de ce qui était porté au devis ; enfln que Bernard avait » cessé de travailler, de sorte qu'il était impossible de se » servir de Vinstrument. i»

Ces faits connus » la fabrique forma aussitôt une àe^ mande contre Bernard , h l'effet de lui faire rapporter les objets soustraits ; le tribunal ordonna une expertise , et il fut constaté non-seulement que l'orgue ne marchait pas • mais que de plus , pour le remettre en bon état , il fallait y faire une dépense de 900 liv. environ. Bernard fiil donc condamné à exécuter Tobligation qu'il avait contractée , et la fabrique autorisée à verser ensuite les 300 livres qu'elle devait encore , aux créanciers qui avaient formé une saisie-arrêt entre ses mains. Ce jugement fut-il exécuté par Bernard? Le tribunal le força-l-il à se conformer au rapport des experts et au traité par lui souscrit ? Voilà des faits sur lesquels nous ne trouvons aucune édification dans les titres. Nous pensons néanmoins qu'il en a été ainsi, car nous ne trouvons dans les comptes subséquents aucune dépense pour le rétablissement de l'orgue ; ce n'est qu'en 1762 qu'on s'en occupe de nouveau^ mais alors ce n'est plus pour y faire des réparations , mais bien pour en faire confectionner un nouveau. Une délibération du S9 août 1762 ordonna en effet qu un orgue nouveau serait confectionné par le sieur Dallery, organiste à Amiens , et , par suite , un marché fut passé

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entre lui et ta fabrique , pour la somme de 3|OO0 livres; On se tromperait étrangement si l*on pensait que i^otgue de 1768 est encore le même que celui que nous voyons aujourd*i)ui dans Téglisc St.-<Germain. Lorgne de 11^8 o*a pas survécu au vandalisme de 1793 ; depuis la réou* verture de Téglise jusqu'en 1832 » il n*y en eut point. La tribune qui soutenait Torgue autrefois a eu le même sort ; celle que Ton voit aujourdbui n*a été faite qu*en 1885 environ, pour y placer les enfants des écoles de charité. L'orgue actuel n'a été posé que vers 1838; il a été acheté et donné à l'église par M. l'abbé Caron , peu de temps après son installation dans la cure de St.-Germaio. Il vient des environs de Neufcbâtel ; mais depuis il a été considérablement augmenté par celui qui s'était fait un plaisir de l'offrir à ses paroissiens et de contribuer ainsi à la pompe du service divin.

§.12 Béhitiebs.

Sous les orgues, et à l'entrée de chacune des portes , se trouvaient placés autrefois des vases destinés à recevoir Teau bénite. Jusqu^au milieu du ivii* siècle ces vases ont été en plomb , mais à compter de celte époque, en marbre. Les registres aux comptes nous ont conservé la date de ea renouvellement et les noms des personnes qui en ont fait présent a l'église. Dans le compte de Tannée 1665-1659 nous voyons que Antoine Dbangest , Jean Tellier, Pierre Belleguise, Pierre Lejeune, Camille Mimerel, Jean Bellier, ayant été engagés à porter le dais à la fête da St.-Sacrement , ont fait don à l'église d'un bénitier en marbre , qui fut posé devant le granë portail , rii-à^vii

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les fonts baptismaux. Nous voyons encore dans le compte de 1560 que Toussaint Yiseux, Toussaint Cotte, Jean Youclin , Pierre Groult , Claude Herminat , Jean Poflou , appelés celte année au même honneur, ont donné un second bénitier en marbre , de la valeur de 50 écus , qui fut posé au premier piller en entrant dans Téglise par le portail des morts. Le premier n*exisle plus ; mais nous voyons encore le second au pilier auquel la chaire est adossée , et nous ferons remarquer qu'ils étaient entièrement semblables à ceux que nous avons vus pendant si longtemps dans la nef de la cathédrale.

§ . 13. Bahcs.

Depuis le commencement du xvii* siècle Tlntérieur de la nef était garni de deux rangées de bancs , ainsi que cela se voit encore aujourd'hui dans nos campagnes. Le prix que Ton retirait de leur concession ou de leur location était une des branches du revenu de Téglise. Cet usage ne remontait pas très-haut , car tout le monde sait que , pendant des siècles , il n*était pas permis de s'asseoir dans les églises ; le seul soulagement qui fût accordé était de s'appuyer sur un bâton , et personne n'ignore la véhémence avec laquelle tant (fe saints personnages se sont élevés contre rétablissement des miséricordes. Au xiu* siècle il n'était point encore permis des'asseoir dans le lieu saint ; ce n'est qu'un peu plus tard, et dans le xiv^ siècle» qu'il fut toléré de s'asseoir par terre ; de là l'usage de couvrir le pavé de feurre et de paille. 11 en était de même dans les écoles publiques de l'Université ; les statuts de Robert deCoiirçon nous es apportent la preuve : Ilestpermif wx

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élèves (f écouler, assis par terre , les leçons du maître, afin de bannir toute occasion d'orgueil. De là aussi Tusage de couvrir de paille le pavé des écoles. Pendant longtemps cet usage subsista dans les églises ; on renouvelait la paille toutes les semaines , de même qu'aux quatre bonnes fêles de Tannée on jonchait je pavé d^herbes et de fleurs.

Cet usage se perpétua dans Féglise St.-Germain biep au-delà du xvr siècle, et les registres aux comptes nous apprennent qu'il se perpétua quelques années même après Tintroduclion des bancs; on continua aussi à répandre en rhonneur des saints , jusqu'en Tannée 1 668 , des fleurs et des herbages sur les parvis el le pavé de Téglise.

Au xv!"* siècle on apporta un adoucissement à la manière de se tenir dans Téglise , el il fut permis d'y apporter des sièges et même de les y laisser^ car une délibération de 1588 porte : Les sièges trouvés en l'église après le trépas de ceux qui les possèdent, seront vendus au profit de r église. D'abord ces sièges n'étaient que des escabeaux, mais bientôt on voulut se servir de bancs et une délibération de 1591 s'y opposa ; on y lit en effet ces mots : personne n'aura le droit de mettre des bancs dans l'église.

L* usage des bancs flnit cependant par prévaloir^ et la fabrique se mit en devoir d'en tirer un bénéDce en louant les places. En 1628, on défendit aux paroissiens de mettre des bancs dans Téglise, sans permission ; en 1632, il fut décidé que la permission serait accordée par le curé el les anciens marguilliers , et celte délibération fut renouvelée en 1648*

En 1628 on commença donc à louer, tant dans la nef que dans les chapelles, des places oà les paroissiens

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— SSl —

parent (aire mettre des bancs oo des chaises. Cette localiOD se faisait dans Téglise même ^à Tissue de la messe paroissiale ou des vêpres , par les marguilliers , après trois publications faites au prône de huitaine en huitaine.

Les concessions ne pouvaient être accordées que par le bureau des marguilliers , les unes et les autres pou* valent être faites pour un temps ou pour la vie d'une personne , et on ne pouvait accorder plus d*un ban à ia même personne ou au même chef de famille.

Pendant un certain temps les bancs furent confection* nés par les familles , qui les faisaient placer dans féglise au lieu qui leur avait été concédé. Geia dura jusqu'en 1693 , époque à laquelle la fabrique, pour plus d'uniformité, fit faire dos bancs à ses frais et en conserva la propriété à ceux qui occupaient les places où on les mit. La façon en fut payée par les locataires ou concessionnaires, mais ceux qui ne firent que les louer, payèrent en sus de la façon 4 livres par place. La dépense do ces bancs s'éleva à la somme de 375 livres et Ton fil des règlements conformes à la jurisprudence établie en cette matière.

Outre ces bancs, il y avait encore dans l'église un certain nombre de chaises libres ou mobiles affermées au suisse par la fabrique moyennant 200 liv. par an. Le prix en était réglementé d'une manière toute particulière , et n'avait aucun rapport avec celui des bancs. Le suisse n'avait pas le droit d'en exiger un prix plus élevé que celui qui était fixé par la fabrique , et le règlement devait être afiSché dans l'intérieur <le l'église.

Dans le chœur, il n'y avait point de bancs; il était ffiT'fliné aux prêtres ; cependant le patron on le haut jus-*

licier avait le droit d'avoir un banc dans cette partie de l'église ; c'était un droit honorifique attaché h leur per-* sonne; enfin au curé seul appartenait le droit d'y laisser placer des chaises.

§• 14» Bamg d'ccutbe.

Un banc d'une forme toute particulière , placé dans ia nef en face de la chaire , était destiné aux membres de la fabrique et s'appelait banc d*€Buvre. C'était sur la tablette placée en avant de ce banc , qu'étaient autrefois exposées à la vénération des fidèles les reliques des saints confiées à la garde des marguilliers , et le bassinet destiné à ta réception des offrandes. C'était aussi sur cette même tablette que le pain béni était déposé et que le mar^ guillier en charge le découpait avant d'en faire faire la distribution. Enfin c'était à cette place, et en présence de tous les as»stan(s, que les marguilliers remplissaient les fonctions qui leur étaient confiées.

§. 15. Chaire a pbègheb.

Les chaires à prêcher ayant été introduites dans nos temples par suite de la hauteur donnée aux jubés pendant le XI V" siècle , tout nous porte à croire qu'il y en eut une dans l'église St-6ermain quelque temps après la première construction de l'église , et que même elle a précédé le jubé. Il ne nous reste aucun document sur la manière dont cette première chaire était confectionnée , mais les registres de Thôtel de \ille nous apprennent qu'elle a été faîte en 1457 par Pierre Hequet, huchier, qui , le 2 juin de la même année , l'a présentée aux maire et échevins

comme son chef-d'œuvre , pour être reçu matire dans la compagnie des huchiers (1). Celle chaire dura jusqu^en 1583, époque à laquelle la famille de LouYencourl en donna une nouvelle qui fut mise à la place de celle de 1 457 .

Cette chaire n*avail point été placée dans le principe à Tendroil où elle est aujourd'hui. Jusqu'en 1693 etle était restée où se trouve le crucifix , mais en celte année , et le 2 août , on sentit la nécessité de la changer de place , ce qui fit Tobjet d'une délibération du conseil de fabrique qui porte : la chaire du prédicateur sera changée et mise au pilier oh est l'Ecce homo donné par le sieur Decourt , lequel sera mis au pilier oà est la chaire.

Cet Ecce homo donné par Claude Decourt en 1671, était un morceau de bon goût, il était dû au ciseau de Lecoinle, sculpteur connu par ses travaux dans les maisons royales au xvji^ siècle. Plus tard il fit place à un autre et fut reporté, ainsi qu'on le voit encore, près de la chapelle des fonts baptismaux. Suivant De Yermonl, ce second yétailencore en 1783 , car on lit dans son Voyage pittoresque ((au pilier qui se trouve en face de la chaire est adossé un Ecce komo ronde bosse en pierre qui joint à une figure noble toute l'expression de la douleur et le prononcé d;un beau

(1) Au cartulaire F de THÔtel-de- Ville, on lit à la date <iu 2 juin 1457 : « Pierre Hequet , huchier , a aujourd'hui esté reçu maistre dudit mestier par le rapport et relation des eswarts et maistres d'ycelluy mestier, lequel a fait un chef-d'œuvre d'une caiere à preschier en l'église St-Germain , et est le dict chef-d'œuvre bel , bon et bien fait pour passer pour chef-d'œuvre , comme ils ont affirmé , et a fait serment de wardier les briefs dudict mestier. Du !!• jour de juing mil nue Lvn , devant le maîeur , présents Jehan Dubos, et Robert Delabie, e^hevins.

nud que recouvre légèrement une draperie bien jetée; c*est un des chefs-d'œuvre de Cressent. d

La chaire donnée par M. de Louvencourl subsista jus^ qu*à l'époque de la Révolution ; elle était en bois de couleur naturelle , sculptée fort délicatement ; sur le devant se trouvaient quatre figures des pères de Téglise latine , sculptées en bois , séparées les unes des autres par des cartouches en marbre noir sur lesquelles étaient gravées en lettres d'or des passages de récriture sainte appropriés aux fonctions des prédicateurs. Au-dessus était un ciel ou abat-voix , attaché au pilier par deux branchoos en fer qui, en 1593, furent coupés par un boulet de canon et rétablis ensuite. Le couronnement était terminé par une statue en pied de St-Germain , en bois peint et doré, aujourd'hui placée au-dessus des orgues, et qui fut retrouvée dans le grenier du presbytère.

§. 16. Jubé.

La nef était séparée du chœur par un jubé qui, suivant l'expression du curé Gauchie , était regardé comme une des merveilles de la Picardie (1 ) . Celle tribune ou pupitre, véritable chef-d'œuvre de Tart , était construite en pierre blanche. Elle était soutenue dans toute sa largeur par quatre grandes colonnes cannelées à listel , ordre corinthien , du côté de la nef; et par quatre autres semblables du côté du chœur. Il y avait encore douze autres colonnes plus petites , du même ordre et cannelées de même , placées au milieu sur un piédestal continu. On y remar-

(1) V. Vie de St-Germain, chap. 8.

quaitenfio huit demi pilaglre» de même ordre, aux quatre côtés des douze petites colonues dont je Tiens de parler.

Dans le principe , ce jubé n'était soutenu dans toute sa largeur que par quatre grandes colonnes, mais , comme on s*aperçut qu'une masse de pierre aussi pesante les avait fait casser en plusieurs endroits , on fut obligé d'en ajouter quatre autres , et on en plaça deux sur chaque face. Aussi quoique ces qualre dernières aient été entière^ ment semblables aux quatre premières , il était cependant facile de les distinguer les unes des autres , en examinant les chapiteaux. Toutes elles étaient d'un seul jet, en pierre de Caen , et avaient été amenées à Amiens par eau.

Les appuis des deux côtés de ce jubé étaient aussi en pierre blanche , ils étaient ornés de cartouches séparées par des petites colonnes cannelées d'orcfre compose. Dans ces cartouches étaient représentés par diverses figures sculptées en demi bosse, peintes et dorées, les divers mystères de la vie , de la passion , de la mort , de la résurrection et de l'ascencion de Noire-Seigneur. Ces tableaux sculptés étaient au nombre de seize et nous rappelaient: l"* Jésus faisant la cène avec ses apôtres, et St'Jean reposant sur son divin maître ; 2"* Jésus arrêté au jardin des Oliviers; 3° Jésus flagellé; 4"* Jésus portant sa croix; 5"" Jésus montant au Calvaire, suivi de sa sainte mère et de St-Jean ; G*' Jésus descendu de sa croix ; 7*" Jésus mis au tombeau ; 8** sa résurrection ; 9' son apparition aux saintes femmes , sous la forme d'un jardinier , 10*" sa rencontre avec ses disciples sur le chemin d'Emmails; 11*" son apparition à saint Thomas ; 1 2"" son ascension , IS"" la pêche miraculeuse ; 1 4* le martyr de saint Etienne ; 1 5'

celui de saint Ryppolite; W enfin le jugenaent dernier.

Au milieu de Tûppui du côté de la nef, était représenté ie calvaire, où Ton voyait aux pieds de la croix h laquelle Jésus était attaché, la mère du Sauveur et saint Jean. Ces trois statues , de grandeur naturelle, étaient peintes et doréeis en quelques endroits. De chaque etlè s'élevaient des arcades en pierre garnies de vitraux de coupleurs qui séparaient parle hsmt le chœur de la nef.

Sur Tdppui, du côté du chœur, existaient. diverses statues des saints révérés dans l'église St.-^Germain , et au mHiea desquelles se trouvait celle du patron.

Sur la façade du côté de la néf, était placé un grand tableau sculpté oooime ceux des cartouches, représentant VAfinonciation , ou le mystère de l'Incarnation prédit par les prophètes , et annoncé par les livres saints. A chaque eilrémité se trouvaient les images du donateur et de la donatrice, accompagnés de leurs saints patrons et de leurs enfants , les garçons derrière le père , les filles derrière la mère. Sur le prie-Dieu du donateur était gravé un écusson portant trois merlettes , et sur celui de la donatrice un écusson mi-partie portant d'un côté trois merlettes et de l'autre un arbre que l'on peut regarder comme un frêne. Enfin dans le haut de ce tableau se voyait le chiffre de 1S94, qui nous semble indiquer l'époque où il a été donné et placé en cet endroit.

On montait dans ce jubé par deux escaliers en pierre de même nature que le monument, et qui tournaient autour des piliers situés à ses deux extrémités ; les rampes étaient soutenues par de petites colonnes cannelées et isolées , de l'ordre amposite.

Dm8 le bas et sous la plate-baode de la façade se Iroa- ?ait une porte à deux venteaax, par laquelle on cooimuliquait de la nef dans le choeur , et de chaque côté il y avait un autel.

Enfin toutes les parties de ce monument étaient enrichies de tous les ornements querarchiteotureet la sculpture s'étaient plu à lui prodiguer; médaillons, rinceaux, feuil* lages, foudres , guillochis, astragales , tètes d*anges, rien n'avait été épargné pour en faire , ainsi que le dit si bien le curé Gauchie, une des merveilles de notre province.

J'ai dit plus haut que ce monument si remarquable par sa légèreté et par la richesse de son ornementation , n'était soutenu dans le principe que par quatre colonnes qui ne présentaient pas une force suflBsante pour supporter ce poids. Les registres aux comptes nous apprennent en eflfet que depuis la construction du jubé, on avait dû à diverses reprises remédier à cette faute de l'architecte, mais qu'on ne le fit d'une manière eflBcace qu'en 1670. Je lis dans ces registres: a En 1565, avoir fait 80 heurtoirs en f pierre et en bois, mis en plusieurs endroits, avec 9 verges, agraphes, etc., pour assembler le pupitre. i> Payé au roachon , pour avoir défait et refait un pilier » au pupitre du côté de la chapelle St-Nicolas, et mis des » agraphes en fer du côté de celle de St-Claude. En 1578, i> refait une montée du pupitre. » Jusques-là on avait cherché à entretenir et à réparer , mais on n'avait point encore attaqué le mal dans sa racine, lorsque l'année 1598 vint porter à ce monument les coups les plus funestes. Déjà plus d'une fois j'ai eu occasion de parler des malheurs que le siège d'Amiens avait fait éprouver à l'église

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St-Germain,orclans ce désastre le jubé ne fui pas épargné et le grand cintre en tombant , y commit des dégât» considérables dont les registres aux comptes nous apporteat la preuve. En 1603 , on pensa donc à les réparer, et, pour y parvenir , un traité fat conclu par ia fabrique avec un maçon , moyennant la somme de 156 liv. dont la dépense fut couverte par une quéle faite chez les paroissiens. Mais cette réparation fut tellement loin de consolider le jubé, qu'en 1 6S8 on fut obligé de l'étayer. Par suite, ie 13 mars 1630, il fut encore passé un traité entre la fabrique et Quentin Calumbart , maçon à Amiens , à Teffel de le remettre en bon état.

Ces travaux furent sans contredit exécutés avec soin de ia part de Tentrepreneur, la visite qui en eut lieu et leur réception en sont une preuve convaincante , mais quelque attention que Ton y apportât , on ne remédia cependant point encore celte fois au mal primitif dont le monument était atteint, et trente ans s'étaient à peine écoulés que le jubé était encore menacé d'une ruine prochaine.

C'est alors qu'après avoir consulté plusieurs architectes et notamment celui du duc d'Orléans à son passage en cette ville , on se décida enfin à augmenter le nombre des colonnes qui soutenaient la Iribune , et qu'à l'aide de plusieurs secours accordés par l'abbé de St-Jean, comme aussi avec le produit des quêtes faites dans la paroisse pendant les années 1667 et suivantes , on fit venir des pierres par eau et on s'occupa sérieusement de la conso* îidation du jubé.

Ce nouveau travail eut lieu en 1770 , ainsi que nous l'attestent les archives de la fabrique ; dès lors le moaur

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ment fut mis dans m élat satisfaisant , et od ae fut plus obligé d*y loucher pendant plus de 60 ans, peut être môme serait il venu jusqu'à nous, si la manie de détruire tous les monuments de cette nature n*ayait surgi vers la fin du XVII* siècle. Le jubé ne fut cependant pas détruit à celte époque, et il eut le bonheur d'édiapper encore quelque temps à la fureur des Ambanoclastes , car c'est ainsi qu'on appelait alors les destructeurs des jubés. li resta debout jusqu'en Tannée 1736 , mais alors sa démolition fut irrévocablement arrêté , et il n'en resta plus pierre sur pierre. Les comptes de 1736 nous apprennent , que les pierres et matéHaux furent vendus à un nommé Bourgeois, maître maçon en cette ville moyennant la somme de 90 liv. ; que le fer fut vendu à part , et que 696 livres de vieux fer furent adjugées au sieur Prévost, serrurier, à raison de 9 liv. 10 sols le cent; enfin que les tableaux , sculptures et autres ornements , le furent au Père Postel, prieur de l'abbaye de St-Jean, moyennant la modique somme de 30 liv.

Les religieux de l'abbaye de St-Jean, en achetant tous les objets d'art qui décoraient le jubé de l'église Sl-Ger- ^ nain, voulaient les sauver du vendalisme de l'époque; mais ces précieux monuments ne devaient pas survivre à la révolution de la fin du xviii* siècle. Le père Postel , heureusraient , après en avoir enrichi le musée de son monastère, eut la précaution de les faire dessiner dans un ouvrage qui a pour titre Explication du cabinet et de la bibliothèque de St-Jean d'Amiens (1). Grâce à ses soins,

(1) Pierre Postel, chanoine régulier de Tordre des Prémontrés d* Amiens , est l'auteur de Texplication des planches qn*avait dessinéei^

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nous pouvons nou8 Taire une idée decequ'a pu être ce jubé. §•17. Grilles du choeur.

Hue fois le jubé abattu , on ferma le cbiBur avec une grille en fer dont le plan fut présenté par le sieur Prévost, serrurier, qui se porta adjudicataire au prix de 746 liv.

Nous n'avons pu retrouver le pian de cette grille, mais le devis est encore aux archives , et nous noua eoir pressons de le faire connatlre.

(K La grille servant de fermeture au chœur, et qui doit le séparer de la nef, sera de vingt pieds de large , et a|i milieu sera une porte à deux battants , la porte sera de six pieds de large , et de dix de haut. La corniche et le couronnement seront de quatre pieds , non compris la croix qui sera au dessus , avec les ornements marqués au plan; il y aura quatre pouces et demi d'intervalie entre les barreaux , et il sera employé un carillon de huit à neuf lignes. Le fer qui servira à la carcasse sera de treize à quatorze lignes , le tout conforme aux plan et dessin , et aux ornements y spécifiés. Au milieu du couronnement , dans récusson, sera mise Timage ^e St.*Germain en firgure , et de m^e nature de fer» Le haut sera en fer de

M. de la Paye , sourd et muet de naissance , habile architecte , qui reconstruisit le couvent dans lequel il ayait été éleyé , et dessina les objets que renfennait son cabinet

Le premier volume de ce recueil comprend.... les dessins des sculptures en pierre peintes et dorées qui décoraient le pupitre de la paroisse St.-Germain.... Ces dessins à Fencre de chine sont loin d'être corrects et d'un grand mérite , mais ils sont d'un haut intérêt , en ce qu'ils reproduisent des ba8-reK«fe qiû ont disparu, etc.

Catalogue des manuscrits de la bibliothèque d'Amiens par 1^. Garnier pages 3f 8 et 319.

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GhMDpagoe ou autre de même qualité. Les fers seront fournis par M. Gouc, marguillier , qui s*esl engagé à le fournir au prix coulant à Tenlrepreneur, qui les lui paiera au8sit6t Touvrage terminé. Les deux oMés de la porte du diœur seront fermés d'une grille également élevée à compter des appuis^ avec les orneménls, ainsi qu'il est marqué au dessin. Les serrures de la porte et autres choses nécessaires seront fournies par l'entrepreneur bien conditionnées , et le tout sera sujet à visite. »

Par suite de la délibération du 17 février 1735 , l'adjudication de cette grille eut lieu et le sieur Prévost qui s'en rendit adjudicataire, s'engagea à les livrer au premier août suivant.

Outre celle grille principale qui remplaçait le jubé et séparait le chœur de la nef , il s'en trouvait encore une de même hauteur de chaque côté , pour fermer les bascôtés du chœur.

La première, c'est-à-dire celle qui fermait le bas-côté gauche, avail été donnée en 1704 par les personnes choisies pour porterie dais à la procession du St.-Sacrement; le prix s'en était élevé a 76 livres 10 sols.

La seconde qui fermait le bas-côté droit , fut donnée par les porteurs de dais en 1738. On y voyait la figure d'un soleil , et le prix en fut de 71 livres 18 sols.

Avec la révolution ont disparu ces grilles que l'on di^ sait fort belles. Lors du rélablissement du culte, on fit celle que nous voyons encore aujourd'hui.

§. 18. Cbobur.

Le chœur était autrefois séparé de la nef par le jubé ^

aujourd'hui il ne l*esl plus que par une gdlle eu fer. Eu y entrant , on s'aperçoit facilement que cette partie de rédifice, quoique postérieure à la première partie éa monument , lui est entièrement semblsd)le; les colonnes » les piliers, les voûtes, sont en pierre blanobe ; les ogives, les nervures , les arcades sont du même style , et Ton y retrouve les mêmes moulures et les mêmes entablements* De même que dans la nef , sous Fentablement des murailles du chœur , étaient [autrdois attachées de belles tapisseries de haute; lisse représentant divers sujets , et dont les personnages étaient de grandeur naturelle ; sur celles du chœur, on voyait retracés les principaux traits de la vie de saint Germain , et sur celles de la nef, des histoires tirées de T Ancien et du Nouveau Testament , ainsi qu'on le verra ci-après.

§. 19. LUTBIM.

Au milieu du chœur garni de chaque côté de stalles, se trouvait un lutrin en cuivré jaune fait en branches de fleurs à jour , d'un assez beau travail , dit Pages ; il était placé sur un piédestal carré , cantonné de quatre petites colonnes d'ordre ionique.

Ce lutrin avait été donné en 1638 par Gilles Letellier , paroissien de St.-Germain , et Blasset en avait fourni le dessin qui se trouve encore aux archives ; il était l'œuvre de FrançoisRobert, maître sculpteuret fondeur àAbbeville.

Dans le traité fait entre Gilles Letellier et Robert il est dit que ce lutrin aura huit pieds de hauteur, qu'il sera en potin, et devra être livré pour le jour de Noël, moyennant 600 liv. Robert ne remplit pas ses obligations, et, en Hii,

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o*€8t-è-<lire tix ans après le traité , le lutrin D*étail point encore fourni. Daw cet intervalle » Gilles Letellier était décédé, et la fabrique était sur le point d*opérer des poursuites contre le fwdeur pour le forcer à livrer le lutrin qu*il avait proous , quand intervint entre les parties une transaction par laquelle il fat accordé à Robert un délai jasqu*aB jour de la Toussaint. Celle transaction ne reçut point encore son efet et ce ne fut qu'au mois d'octobre 1M6 , que fut enfin livré le lutrin donné par Gilles Letdlier et Marie Boyaval sa femmCt et encore Robert y fut-il ^nlraint par sentence du lieutenaut-généraU à ladateduUjuillell645.

Le S octobre 164$, rassemblée générale de la paroisse autorisa le marguillier en charge à payer à Robert les 86 livres 9 sous 8 deniers qui lui restaient dus. Le lendemain eut lieu une délibération par laquelle le lutrin fut déclaré reçu , et dans laquelle on ^oil en outre , que , en considération des dons faits par Gilles Letellier et sa femme, la propriété du banc où ils se placent dans Tégiise leur serait accordé tant à eux qu'à leurs enfants, à la charge de payer par chacun d'eux la somme de 10 Hv« le jour où ils en prendront possession.

Le 6 du même mois le lutrin fut placé dans l'église (1). Il subsista jusqu'en 1763, époque à laquelle il fut dé-

(1) Il fot payé : Au gressin qui perça les pierres. . 4 L 10 s.

▲u maçon qui les avait taillées , posées , et avait

fait les fondations . 11 10

Plus pour matériaux fournis 9 10

TOTIL ÎSl.lOs.

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truii (1). A la réouverture de Téglise, on donna eehri qui ezisie encore aujourd'hui ; il est en fier et provient de Tégli&e des Minimes.

§. 20. HaItbe-autel.

En avant de Tabside se trouvait ie sanctuaire ou cancel, qai s'avançait dans le chœur beaucoup plus autrefois qu'aujourd'hui. Il était fermé par une balustrade en bois. Devant le maitre-aulel était un candélabre en potin , à plusieurs branches, sur lequel était représentée la sainte Vierge entre deux anges , ainsi que cela se volt dans les anciens comptes , notamment dans celui de 1576 , où on lit : Peint et doré rimage de la vierge Marie et deux anges, qui sont au candélabre devant le grand autel ; payé 4 livres.

L'autel n'était pas non plus aussi près de l'abside que de nos jours , car derrière était une chapelle (2) dans laquelle sire Jean Leclerc avait été enterré à la fin du XVI'' siècle , et qui portait encore , longtemps après , le nom de ce vénérable prêtre.

Eu 1S92 le mailre-autel était en I ois peint. Il y a lieu de penser qu'il était ancien et remontait peut-être à l'époque de la construction du chœur, car, en 1593, on le démolit pour en construire un nouveau , sur lequel les registres aux comptes nous fournissent peu de détails; cependant nous y voyons qu'en 1593 un marché de 700 Hv.,

(1) Au compte de 1763 , on Ut : Ventlu à Louis d'Auvergne , fondeur à Moreuil , les deux piliers de Tancien autel , plusieurs vieux chandeliers , une partie du lutrin, le tout en potin , 494 liv. 9 sols.

On ne trouve aucun renseignement sur le lutrin qui remplaça celui dont il est ici question , et qui dura jusqu'en 1793.

(2) De même qu'à la cathédrale était Vautel de retrà.

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fut passé à cet efiél , qu*iioe partie de oe prix fut payée au moyen de quèles faites à domicile et de dons parlico- Ilers» et que les quêtes ne produisirent que 255 1. 1 s.

Cet autel fut fait en pierres. Sur le devant et autour étaient placées des statuettes représentant des saints , et la table était soutenue par des colonnes en potin (1). On plaça au-dessus, en 1596 , un ciel ou d6me en bois peint, avec des rideaux pour envelopper l'autel ; Ja fourniture du bois seul coûta 61 liv. et les rideaux ou cour^ tines en damas cramoisi furent payés à raison de 8 liv. l'aune: 176 liv. 10s.

Cet autel venait à peine d'être terminé que les malheurs de la guerre vinrent fondre sur l'église St.-Germaio. Les Espagnols, en se rendant matlres de la ville, mirent la fabrique à contribution ; des taxes lui furent imposées , et, elle fut obligée de vendre une certaine quantité d'objets mobiliers , parmi lesquels le ciel d'autel dont je viens de parler. On lit en effet dans une note insérée au compte de 1598 : <( Vincent Voiture remet 34 écus iO sols )> pour le ciel du maitre-autel , vendu pendant l'occupa-

(1] La grande table coûta 54 écus. ... 162 1. »» s. s» d.

L'établissement de l'autel 98 19 6

Le tabernacle 100 »» »»

Les pierres furent fournies parPabbayede SWean.

Il fut payé au serrurier 52 4 6

Id. au peintre pour dorer la table et

lefabernacle 145 14 »»

Id. pour le surplus 162 1 »»

Total . . . 1,0201. 19 s. »»>d.

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» lion de la ville par les Espagnols ; tous les papiers ont. y> été brûlés. t>

Lors de la reprise de la ville, le mattre-aulel ne fut pas plus épargné que le reste de l'église , et de grandes réparations devinrent indispensables ; elles eurent lieu en 1604 et en 1614 ; cette même année le curé fit agrandir la clôture du sanctuaire et la fit refaire en bois peint.

En 1643, le curé Gauchie fil faire divers changements à cette partie de Téglise. On lit dans le compte de 1643 : « Sera noté qu'il est convenu que le reculement du grand » autel a été de six à sept pieds de la muraille , avec leur » chisement de cinq degrés de pierre dure ; un marche- » pied en bois de sapin , un tabernacle peint et doré au- » dessus de la table d'autel ont été faits aux dépens de » M. Gauchie ; la balustrade (en fer) qui sert pour com- D munier a été donnée par Adrien Golineau, serviteur de » l'église. »

Le 30 mai 1650, Denis Leroux fit don d'une somme de' 500 liv. pour la confection d'un nouveau tabernacle ;^ la délibération qui nous apprend ce fait est ainsi conçue : a Le 30 mai 1650 Denis Leroux, marchand, demeu- » rant en cette paroisse , s'est présenté devant le curé et D les marguilliers et a proposé de donner à l'église St.- » Germain une somme de 500 liv., pour être employée 7> à la décoration et confection d'un tabernacle qui sera » posé au grand autel , selon le dessin arrêté et dressé » avec le curé et les marguilliers , se réservant d'y faire » mettre les images de la Vierge et de Sl.-Denîs , pour D marquer qu'il a été fait de ses bienfaits et de ses de* » niers , qu'il paiera à l'entrepreneur au fur et à mesure i

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» que TouTrage avancera. MoyeDDanl quoi le dit Leroux » sera admis au nombre des marguilliers, en faisaotseu- >» lemenl tfii festin à sa discrétic», elsansqu*!! soil obligé » à aucune autre chose. i>

L'affaire mise en déllbéraUon, il a élé arrêté pour le bien et avantage de l'église et fabrique» et sans tirer à conséquence , que le dit Leroux serait reçu au nombre des marguilliers et qu'il prendrait place après le sieurCayeroy. Il a été en outre accordé au dit Leroux une place dans l'église, à Tendroil le plus commode que (aire se pourra , pour y mettre un banc à ses frais pour lui et sa femn^.

Dans une autre délibération de 1651 , le même Denis Leroux lit une autre demande, à laquelle la fabrique consentit : il proposait de payer les 127 liv. qui restaient dues pour la façon du tabernacle et la garniture de Tin* térieur, a à la condition que ce même tabernacle, comme aussi les figures posées en icelui seroient et demeureroienl au lieu où il est à présent posé, sans pouvoir être transporté en aucun autre lieu et endroit d'icelle église ; n'est que la dévotion d'un autre paroissien le porte à faire faire un autre tabernacle plus décevant et plus avantageux (1). »

En 1652 on fit faire deux statues que l'on plaça de chaque côte de lautel ; enfin , en 1673 , on fit une espèce de niche dans le fond , au-dessus du tabernacle , pour y placer la chasse de Sl.-6ermain , ainsi qu'on le verra en parlant de ses reliques.

(1) Eo 1675 Marie Méry, seconde femme de Louis Petit, marchaud et habitant de cette paroisse , légua en mourant un tabernacle de drap d*or, avec figures , doublé en satin de soie cramoisie rouge , à franges, f couvert de fin or, pour servir aux jours accoutumés. — Inventaire.

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Pages , qui écrivait au commencement du xviii* siècle^ nous donne la description de cet autel tel qu'il était encore à cette époque , et tel qu*il avait été rétabli dans le milieu du xvii\

<K Le maitre-antel , dit-il , est élevé au-dessus du pavé par six marches ; il est orné d'un retable en bois doré , embelli de deux statues de moyenne graideur » représentant saint Joseph et saint Germain , placées entre des co* lonnes d'ordre corinthien. À côté du tabernacle sont deux anges qui semblent en porter le couronnement. Le contreretable de l'autel , élevé au-dessus , est garni de plusieurs figures en bois doré , de moyenue grandeur, qui représentent Jésus-Christ au jardin des Oliviers , son crucifiement^ sa résurrection. Sur le côté droit du haut de ce retable d'autel est placé une statue en pied de la sainte Yierge , peinte et dorée , portant TEnfant-Jésus entre ses bras. Sur le côté gauche est celle deSt.-Germain » revêtu de ses habits pontificaux , la mttre en tête ^ la crosse à la main ; il est assis dans une chaire» ayant à son côté gauche la figure d'un serpent monstreux, c'est-à-dire d'un $erpent dont le corps est en forme d'oiseau , avec deux grosses pattes , sept cols différents portant chacun une tête d'animaux de différentes espèces , et dont l'une est toute particulière en ce qu'elle a un visage humain couronné. Au milieu des deux statues dont il est parlé au commencement , et placée au haut de ce contre-retable , est une niche en bois peint et doré , dans laquelle est placée une grande chasse en argent contenant les reliques de saint Germain. Elle est au point le plus élevé de l'autel , contre lequel il n'y a point de suspension , ce qui a fait

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— îm —

dire que le saint était placé atHkssus du maître (i]. ^ Cet autel exista jusqu'en 1763 » époque à laquelle M. de Guillebon détruisit tout ce qui était dans l'église pour la décorer à la moderne (2). Les dessins présentés au curé et aux marguilliers n'existent plus , mais j'en ai retrouvé dans les archives le devis ainsi conçu :

« Les bois de lambris seront en bois de Hainaut sans nœuds ni aubier , etc. Les bâtis des lambris auront 1 8 Hg. d'épaisseur, dressés et travaillés ; les pilastres un pouce de resault , pour être sculptés , et leurs panneaux un pouce d'épaisseur.

La grande gloire sera en bois de chêne du pays , proportionnée à son plan , pour être faite et sculptée selon l'art et proportion. Le marchepied de l'autel sera fait en bois de Hainaut ; les marches et petits panneaux seront carrés ; les bâtis auront 18 lignes d'épaisseur ; les panneaux un pouce. Le pallier sera de trois feuilles de parquet en lozanges , soutenu par une bonne charpente en bois de chêne y de 3 pouces sur 3 , à vive arête , sans aubier ; sa largeur sera de 3 pieds 9 pouces.

(1) D'après le registre aux eoœpte» de 1643 , on voit qull aTait aussi été acheté ,. pour garnir cet autel, 6 grands chandeliers de potin jaune,^ façon d^argent , et qu^on avait donné en échange 150 livres de potin jaune , provenant du milieu du candélabre qui était entre les colonnes de cuivre du grand autel ^ avec plusieiurs petits chandeliers rompus.

(2) A cette époque de vandalisme dont nous éprouvons aujourd'hui la réaction, M. de Guillebon ne fit qulmiterce qui se passait dans des régions plus élevées , c'est-à-dire dans notre cathédrale. Gomme il n'avait pas pour sa paroisse les ressources du Chapitre , il fut obligé de faire argent de tout. Cest ainsi qu'on le voit dans les registres aux comptes vendre les cloches , les vases sacrés , du mobilier, de l'argenterie , et jusqu'aux dons faits à la chasse de sahit Germain , pour changer tout dans son église et la mettre au goût du jour.

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» Les pieds et traverses du tombeau de l'autel seront faits en vieux bois de chêne bien sec , etc. ; leur grosseur sera proportionnée au plan , afin que les contours ea soient bien observés. Les panneaux auront trois pouces d'épaisseur, afin qu'il y ait un pouce d'épaisseur dans les parties les plus concaves. Le dessus du tombeau de l'autd aura trois pieds et demi de largeur; le bâtis deux pouces d'épaisseur^ et le panneau un pouce. Le fonds du tombeau sera en bois de chêne du pays et aura 10 lignes d'épaisseur ; il sera fermé par trois portes ferrées pro«prement. Le gradin aura 15 pouces de largeur par lo haut ; la tablette sera en bois de Hainaut et aura un pouce d'épaisseur ; le devant et le côté du gradin 2 pouces d'épaisseur, et seront garnis de grappes de raisin et d'épis de bled. Le derrière sera fermé d'un feuillet en chêne, à coulisse , ou d'une autre façon plus commode.

D Le tabernacle sera en vieux bois de chêne; son épaisseur et sa largeur seront proportionnées au plan. La porte sera tout d'une pièce et ornée d'une figure repré^ sentant le bon Pasteur.

y> Toute la menuiserie sera bien assemblée , collée, etc., suivant le plan et profil donnés par le sculpteur.

» Sur les gradins seront six chandeliers en bois, franc orme ; les fusées en chêne , conformément au plan. Audessus des lambris seront placées deux statues sur des poteaux et le plansacte. Enfin le déplacement et le replacement de l'autel seront à la charge des entrepreneurs. »

Ce devis , fait le 21 septembre 1763 , fut approuvé le 84 suivant par Nicolas Tbibeauville , sculpteur à Amiens, et Darras, menuisier, moyennant la somme de 1,400 liv.

Cet aotel devait èlre placé pour le jour de Pâques ; et , en cas de contravention, les entrepreneurs devaient éprouver une diminution de 100 liv.

Pour parvenir à payer cette dépense , le Conseil de fabrique décida , le 21 septembre 1763 , qu'il serait vendu avec Tautorisation des gens du Roi , quatre chandeliers d argent, un calice en vermeil avec sa patène, un soleil ^argent, deux colonnes en cuivre. On vendit encore à Louis Dauvergne , fondeur à Moreuil , moyennant £94 liv. 9 sols , les deux piliers de Tancien autel , plusieurs vieux chandeliers et une partie du lutrin, le tout en potin. Enfin, en 1764 , on paya une somme de 1,694 liv.

L*autel terminé et mis en place, il restait encore la peinture et la dorure. Le 20 janvier 1765 , le Conseil de fabrique décida qu'une quête serait faite dans la paroisse par le curé ; mais elle fut loin d'être suffisante , et ne produisit que 260 liv. ; on autorisa donc le marguillier en charge à payer cette nouvelle dépense sur la caisse de la fabrique ; ce qu'il fit en 1764 ; la somme qu'il fut obligé de fournir , s'éleva à 968 liv.

£n 1776, le curé fit placer dans le sanctuaire des statues et voulut en outre faire enlever et changer la grille en fer qui servait de table de communion et de clôture au sanctuaire et avait été donnée, en 1643, par Colineau, serviteur de l'église ; elle était fort belle , et les marguilliers s'opposèrent à ce qu'elle fût retirée et vendue. C'est à cette occasion qu'éclata le mécontentement qui existait depuis longtemps contre le curé , et qu'avaient occasionné les dépenses continuelles qu'il faisait. Le 27 octobre 1776 eut lieu , en effet , une assemblée de fabrique à laquelle le

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Procureur du Roi fut convoqué et assista. Il y fut dé-« oidé que le rétablissement de la balustrade aurait lieu. Gomme le curé ne voulut point se conformer à cette dé-* cision , un procès s'ensuivit; il fut traduit devant le Lieutenant général du Bailliage d'Amiens; mais il est impossible d'en dire les suites , car les pièces ne sont plus retrouvées aux archives. Les délibérations seules de la fabrique sont parvenues jusqu'à nous.

Cette décoration du sanctuaire dura jusqu'à l'époque de la Révolution , et alors tout fut détruit. A la réouverture de l'église on rappropria le sanctuaire à sa destination. L'ornementation que nous voyons aujourd'hui ne daté cependant pas de cette époque , mais bien de 188S ; c'est alors seulement que la gloire actuelle fut établie » qu'un nouvel autel fut fait, que le sanctuaire et ses piliers furent entourés de boiseries peintes en marbre vert avec filets dorés. Pour mieux envelopper ces piliers, on alla jusqu'à en saper la base et les moulures. Lorsqu'en 1842 M^^* Gavillon donna les deux statues de St-Firmin et de St'Germain qui se trouvent à droite et à gauche de l'autel, on voulut remettre le sanctuaire dans son état primitif et débarrasser les piliers des espèces de maillots dans lesquels ils sont enveloppés, on s'aperçut de l'acte de vandalisme qui avait été commis en 1825 , et on fut obligé, à cause de la dépense, de rendre aux piliers du sanctuaire leur beauté primitive.

§ 21. Autels et Cq^^lfelubs.

Outre l'autel principal , autrement dît le mattre-autel , qui toujours était placé dans le chœur, il s'en trouvait eo?*^

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eore plusieors aotres, les ods dans des chapelles et entourés d'une balustrade» les autres seulement appuyés contre les murailles de la nef, sans aucune clôture , ainsi que cela se pratiquait souvent au xn* et au x^r siècle.

Ainsi dans le xv* nous royons un autel dédié à saint NIeaise , Fapôtre du Veiin français ; dans le xvi* nous en voyons d'autres dédiés : l*'à saint Biaise , que Ton invoquait pour les maux de gorge ; 2* à Notre-Dame des sept douleurs , dont la fête fut prescrite en 1423 au concile de Cologne , pour réparer en quelque sorte ce que les Hussites avaient fait contre Thonneur de la bienheureuse mère du Sauveur ; 3* à saint Claude, si fécond en miracles ; 4"" à saint Bon ou saint Boinet , invoqué contre la paralysie et la goutte ; B"" enfin à saint Antoine , pour être préservé de la peste qui ravagea si souvent nos provinces.

Il serait peut-être difficile d'assigner à chacun de ces autels la véritable place qu'il occupait dans l'église ; cependant si nous en croyons les registres aux comptes , nous avons lieu de croire qifô l'autel dédié à saint Biaise était à la place où se trouve aujourd'hui la chapelle de la Sainte-Vierge ; que celui de Notre-Dame des sept douleurs a été pendant quelque temps au bout de l'abside du côté de la rue St.-Germain , et qu'au xvit* siècle il fut transféré au lieu dont parle Pages , c'est-à-dire à l'endroit où se trouve la chapelle de la Sainte-Vierge , enfin réuni à Tautel de St.-Blaise , et que ces deux autels n'en firent plus qu'un dans la même chapelle. L'autel de St.-Claude ^ d'abord placé dans la nef, au-dessous de la grande verrière , du côté de la rue St.-Germain , fut ensuite réuni à la chapelle de l'abside du côté droit ; celui de St.-Bon

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était près de la porte d'entrée du côté de la rue St.-6er. main, et Ton voit qu*il fut recalé lorsqu'on y mil un porche ou tambour.

La suppression de ces autels se fit au fur et à mesure que les besoins de la population augmentèrent et en firent sentir la nécessité , de là vint qu'on mit plusieurs statues de saints dans une môme chapelle^ et qu'elles sont désignées tantôt sous un nom , tantôt sous un autre. Elles étaient placées dans la nef, près du sanctuaireet derrière le maître-autel , mais toujours dans les bas-côtés , si Ton en excepte celles adossées contre le jubé.

La première que l'on rencontrait en entrant par le grand portail , à main gauche , sous les orgues , était celle des fonts baptismaux » ainsi qu'elle se voit encore aujourd'hui ; elle était alors fermée comme de nos jours par une balustrade en bois et élevée de terre de quelques degrés. Elle n'avait rien de remarquable ; la cuve en marbre noir avait été donnée en 16S4 par Claude Dçcourt, ancien échevin , et Marie-Madeleine Ogez , sa femme.

En remontant vers le chœur on rencontre encore aujourd'hui les deux chapelles sépulchrales construites par les soins de Pierre Lecoustellier , sieur de Goupel, pour être sa sépulture et celle de sa femme. Dans la première est un Christ mis au tombeau , avec les statues de Nicodôme, de Joseph d'Ârimathie et des saintes femmes ; elle porte le nom de chapelle ctt» sépulchre. Dans la seconde était autrefois le tombeau de la Sainte-Yierge , entouré des douze apôtres. Toutes ces figures étaient peintes et dorées , de grandeur naturelle.

Sur l'arcade qui ferme rentrée de cette chapelle était

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pratiquée, dans Tépaisseur de la moraille, une autre petite arcade où Ton voyait représenté en pierre peinte le martyr de saint Hippolyte, lequel avait donné son nom à cette espèce de chapelle. Â la fin du xvi* siècle , elle avait été embellie d*une belle corniche en bois et de deux pilastres d'ordre composite, peints en marbre et doré^.

Près de cette reprâBontation est la chapelle dédiée à Notre-Dame des sept douleurs ; c'est là qu'était autrefois Tautel de saint Biaise , aussi le grand concours de peuple qui avait lieu dans Téglise le B février, s*arr6tait-il toujours en cet endroit.

Au commencement du xviii* siècle, on y voyait une statue de la sainte Vierge ,1e cœur percé par sept grandes épées dont les poignées portaient des cartouches en bois doré sur lesquels étaient représentés en relief les sept mystères douloureux. Sur le rétable était figuré Jésus descendu de ta croix. Enfin sur le haut du pilier qui sépare cette chapelle de la précédente est encore une ancienne statue de sainte Marguerite. La décoration de cette chapelle a été renouvelée en 1825, et la statue de la Vierge, comme le reste, est due au ciseau de MM. Duthoit.

Dans le bas-c6lé du chœur, à l'extrémité de l'église, se trouve une chapelle qui , depuis l'établissement de l'église jusqu'en 1793, a été constamment dédiée à saint Nicolas ; aujourd'hui elle est dédiée aux Saints Anges, et sa décoration toute moderne ne date que de 1834 environ. Celte chapelle était autrefois entièrement boisée; au-dessus se trouvait un rétable en bois sculpté d'un bon goût et orné de petites colonnes cannelées d'ordre corin-

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thien. Od y voyait aussi plusieurs grandes statues en pied, faites en bois, peintes et dorées, représentant saint Nicolas , dont limage est encore sur la verrière au*dessus de Tautel, sainte Catherine, sainte Barbe, sainte Marguerite , et sainte Agathe. Enfin sur les murs de ce bascôté était inscrite la légende de Févèque de Myre , patron des mariniers et des jeunes gens.

Derrière le maltre-autel exista jusqu'en 1643 une chapelle connue sous le nom de chapelle de sire Jean Leclere. C'est là que fut enterré ce prêtre vénérable qui pendant longues années fut attaché à cette paroisse , dont il fut le bienfaiteur pendant sa vie et après sa mort.

Dans le bas-côté vers la rue St-Germain, et à la même hauteur que la chapelle saint Nicolas , se trouvait encore une autre chapelle qui en faisait le pendant, et qui, comme elle, fut décorée à la moderne en 1834 ; elle porte le nom du Sacré-Cœur; elle était autrefois dédiée à la sainte Vierge, ainsi qu*on peut le voir parle vitrait posé audessus de Tautel, et où Ton aperçoit Timage de la mère du Sauveur, avec saint Jean-Baptiste à sa droite et saint Claude à sa gauche. C'est là que se disait la messe de six heures fondée par Henri Lemaistre. Sur le haut du rétable on voyait autrefois trois grandes statues isolées, de grandeur naturelle , peintes et dorées. Celle du milieu représentait la sainte Vierge assise , tenant son divin fils sur ses genoux , ainsi qu'elle est représentée sur la verrière. Les deux autres étaient saint Pierre et saint André; le premier^ patron des vendeurs-grossiers de poisson de mer; le second, patron des poissonniers d'eau douce, qui firent dorer cette statue en 1645. Ces deux confréries de pois-

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sonniers , de même que celle de Notre-Dame de Lorelte , étaient dans oette chapelle.

En descendant vers la nef , avant d'arriver au portaQ latéral, se trouvaient, en 1652, un autel dédié à saint Claude et une chapelle de ce nom. L'un et l'autre furent supprimés eu 1738 et la statue du saint reportée dans la chapelle dont il vient d'être parlé. Cest ce qui résulte* du compte de cette année, dans lequel on voit qu'il a été fait un piédestal pour la statue.

Contre le porche du portail latéral était placé l'autel de saint Bon, et enfin, à l' extrémité de ce bas-côté, en face les fonts baptismaux, se trouvait une chapelle dédiée à sainte Anne , dans laquelle on voyait le tombeau de Nicolas Delattre et de Claire Dupont , sa femme, qui par leurs bienfaits avaient contribué à l'agrandissement de l'église au xvi* siècle ; elle fut supprimée dans le courant du xviu*. La preuve s'en trouve dans un compte de 1618, où on lit : <x elle est située entre les deux piliers vis à vis la maison de la Coupe d'or, c'est-à-dire celle qui fait le coin de la rue du Chapeau-de-Yiolettes. »

Outre toutes ces chapelles , il y en avait encore deux autres dans la nef , adossées à chaque côté du jubé. Â gauche, en entrant dans le chœur, se trouvaient l'autel et la chapelle des Cinq plaies. Or tout le monde sait combien la dévotion aux plaies de Notre-Seigneur était fervente en France au xvi* siècle , et combien elle l'était dans ce diocèse , surtout depuis que l'évêque François de Halluin avait établi en leur honneur une confrérie des Augustins à Amiens, comme un préservatif de la morsure ^es loups et autres am'maux dangereux. Au côté droit se

voyait une antre chapelle dédiée à saint Antoine, que Ton invoquait contre la peste , et en l'honneur de qui se portait tous les ans un cierge à Conty.

En parcourant les registres de la fabrique "^n trouve encore une chapelle dans laquelle était la confrérie du saint nom de Jésus en 1591 , mais il n'existe aucune trace de Tendroit où elle était située. Enfin , dans les registres de cette même année , on voit que tous les ans , du 17 novembre au 1*' dimanche de décembre , on établissait un oratoire dans la nef. devant le crucifix.

§P 22. Tbbsomesbib.

Derrière le mattre-autel et au-dessous de la croisée de l'abside , du c6té de l'évangile , se trouvait autrefois une porte par laquelle on allait du sanctuaire ou cancel dans une salle voûtée en pierre^ éclairée par deux fenêtres grillées donnant sur la rue du Four de la Poterie , et au lieu de laquelle se trouve aujourd'hui une arrière cour.

Située à côté du presbytère et de l'église , cette salle était destinée à la conservation des reliques » des joyaux et de l'argenterie qui appartenaientà l'église St-6ermain ; Là aussi étaient déposés les coffres renfermant les archives de la paroisse , et les marguilliers y tenaient leurs assemblées. Aussi cette pièce ne fut-«lle connue jusqu'au milieu ^u xv!!*" siècle que sous le nom de trésorerie.

Jusqu'à cette époque elle ne renferma jamais aucun des ornements dont se revêt le prêtre. Si j'en crois les anciens inventaires , il y avait dans chacune des chapelles un coffre dans lequel étaient tous les objets nécessaires

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à la décoration de Taolel , aiosî que les oroements dont le prfttre se senrait dans les jours ordinaires pour célébrer les saints mystères. Ceux dont on ne se servait qu'accidentellement et dans les jours solennels , étaient plies et rangés avec soin dans des coffres placés dans la tribune des orgues. Suivant Tancien usage, le prêtre s'habillait à Tautel ou près de l'autel, et il n'y avait point de sacristie.

Cette assertion pourra peut-être paraître un peu téméraire , aujourd'hui que nous sommes habitués à voir les prêtres se revêtir de leurs ornements dans des lieux affectés spécialement à cet usage. Mais en nous reportant aux temps anciens, nous verrons qu'elle est complètement exacte. Pour nous en convaincre, il suffit de jeter les yeux sur ce qui se passe encore de nos jours dans les cathédrales , lorsque l'évêque officie pontificalement. C'est à l'autel ou près de l'autel qu'avant de commencer la messe le pontife se revêt des ornements prescrits par l'église , parce que, suivant la tradition , avant la nouvelle disposition des sanctuaires, c*était au lieu même où il avait son siège , et que l'on nommait le presbyterium , qu'il se revêtait de sa chasuble et des ornements nécessaires.

Cet usage pour les prêtres de s'habiller à l'autel ou près de l'autel dura fort longtemps; peu à peu on chercha à trouver un emplacement où le prêtre pût se dérober à la vue des fidèles pour se vêtir des ornements sacrés.

Ainsi contre les mattres-autels on plaça des rideaux derrière lesquels les prêtres allèrent s'habiller , comme cela se pratique encore dans beaucoup d'églises de village ; puis aux rideaux , on substitua des boiseries, et enfin on finit par construire près du sanctuaire et en dehors de&

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églises de petits bâtimeols propres à cette destination, et auxquels on donna le nom de sacristie.

Une faut donc> pas confondre la sacristie d*une église avec sa trésorerie. La première est d'une invention toute nonvelle et ne remonte pas au delà du xvii* siècle ; tandis que la trésorerie , appelée au moyen-âge Diaconicm , remonte à la plus haute antiquité et date toujours de la construction même de nos églises.

Dans réglise St.-Germain , la trésorerie datait de la construction de ce monument, et ce n*est qu'en 1658 que Ton commença de s'en servir pour y mettre les orr nements , et y faire babiller les prêtres. Nous en trouvons la preuve dans l'établissement des armoires qui y furent placées à cette époque , et qui » suivant les registres aux comptes, furent au nombre de sept, deux grandes et cinq petites; dans la confection d'une piscine qui fut faite en 1666, et dont le prix s'éleva à 83 liv. 6 sols (1).

Ce lieu servit donc de sacristie à compter de 1658; dès ce moment, tous les objets précieux furent transférés dans le presbytère avec les coffres renfermant les archives, et te tout fut placé dans un appartement séparé , que l'on fit construire exprès, ou les marguiiliers tinrent leurs séances , et qui porta le nom de chambre des marguUliers.

Gela dura jusqu'en Tannée 1676, époque à laquelle il se fit tant de changements dans l'église. La sacristie an--

(1) Payé 71 livres de plomb 141.16 s.

Au maçon , pour façon ........ 2 »

Au menuisier 6 10

Total .... 231. 6 s.

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cienne ne convenait plus et on chercha un local propre à en construire une nouvelle. D'abord on avait parlé de ne changer que la porte d'entrée , pour ne pas la laisser derrière le maître autel , et une délibération du 14 avril avait décidé qu'il serait fait dans la chapelle St-Nicotos une ouverture» par laquelle on entrerait dans un corridor qui mènerait à la sacristie ; mais cette délibération fut bientôt rapportée, et, le 9 mai 1776, il fut définit! vemrat arrêté que la sacristie nouvelle serait établie sur l'emplacement du cimetière dont on se servait peu , el qu'elle le remplacerait dans toute sa longueur. Ce dernier avis pré* valut , et la sacristie fut placée contre le jardin du presbytère , au lieu et place du cimetière , et telle que nous la voyons encore aujourd'hui.

§. 23. Rbuques. (')

Le titre le plus ancien qui fesse mention des nombreuses reliques possédées jadis par l'église St. -Germain, est une charte de Tan 1316 , dans laquelle on voit Firmin le Fruitier, membre de la famille de ce nom que nous re- . trouvons sur la liste de notre échevinage , ancien paroissien de St.-6ermain , et en 1316 religieux de l'abbaye de Gorbie, faire don à son ancienne église paroissiale d'une chasse en argent doré , d'une grande beauté , remplie de reliques nombreuses et d'un grand prix.

Celte charte , émanée de Henri , abbé de Gorbie , à la

(1) Au XVI* siècle la possession des reliques donna lieu à de vives contestations entre les margoilliers et Tabbaye de St. -Jean. La justice fut môme obligée d'intervenir. Les prétentions de l'abbaye n'ayant point été admises , la propriété en resta à la fabrique.

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dite dn mercredi après la Pentecôte de l'aonée 1316 , nous donne tout à la fois la description de la chasse et la désignation de toutes les reliques qu'elle renfermait. A ce double titre elle est trop précieuse pour Thistoire de Té* glise pour ne point mériter de trouver ici sa place. Elle est ainsi conçue :

« Omnibus bec visuris , Henricus , permissione divinft monasterii Gorbeiensis nullo medio ad Romanam ecclesiam pertinentis , abbas , salutem in Domino.

» Noveritis quod in quodam vase argentée , pro majore parte sui deaurato , ad modùm casse , seu fetrule figurato, babenti in summitate sui saphirum magnum et mundum» ad modùm crucis retrô perforatum seu incisum , et grossam margaritam suprà positam.Quod vascum sanctorum reliquiis mihi reclusis magister Firmlnus dictus Fructua* rius, elitus et consiliarius noster dilectus , parochiali eo clesiaB sancti Germani Ambiensis , devotionis intuitu » se oblaturum proponebat» utdicebat. Yenerabiles sanctorum reliquisB quas sequuntur , prout tam ex antiquis scripturis quàm personarum notabilium testione , ac aliis probabilibus et verisimilibus indiciis certificari poluimus , continentur, quas sanctorum reliquias in eodem vase propriis manibus posuimus » et etiam reclusimus modo et ordine inferiùs annotatis.

Prima videlicet in incisionedicti saphiri de ligne crucis domini nostri.

Item, in longitudine dicte casse seu fetrule, in parte superiori, antè , primo , m prima appentura incipiendo et parte dextera procedendo versus sinistrum , de osse capitis béate Marie Magdalene. In secmda appentura, de

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capillis et coopertorio capiUs beale Marie Virginis. In tertia appentura , de ligno cruels domini noslrh In quarta appentura, desepulchro domioi. In quinta appentura, de osse brachii beali protomartyris Slephani.

» Item in longiludioe casse sea fetrule, io parle inferiori» aote primo. In primo arculo, iocipiendo et procedendo mode qao superiùs, de osse brachii sancti Simeonis prophète. In secundo arculo , de cosla beati Firmini confessoris. In tertio arculo , de ossibus sanctorum Innocentium. In quarto arculo y de casula beali Germani. In quinto arculo, quœdam ficlula vitrea, in quâ conlinetur de oleo quod émana vil de corpore beali Nicolai conressoris.

x) Item in longitudine dicte casse seu felfule /in parle superiori , relrô, incipiendo à parte dexlrà, et procedendo Tersùs sinistrnm , primo. In prima appentura , de ossibus sanctorum Gornelil et Gypriani , in sindone rubra involutis.. In secunda appentura, de osse beali Laurenlii, marlyris gloriosi. In tertia appentura, crux de ligno cruels beali Andrée aposloli. In quarta appentura, de ossibus bealorum Gervasii et Prolhasii. In quinta appentura, de ossibus capilis beali LeonardI .

» Item in parle inferiori longitudinis dicte casse seu felrule , retrô incipiendo et procedendo modo quô suprà. In primo arculo, de osse beali Acheoll. In secundo arculo, de dalmalica et amiclu sanguinolente in quibus fuildecoliatus bealus Lucianus martyr gloriosus. In tertio arculo, de sancto Achy. In quarto arculo, de sudario in quo fuit involulum corpus beali Eligii confessoris. In quinto, de ossibus brachii sancli Gonstantini imperatoris.

» Item in laliludine seu spissiludine orientali dicte

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casse seu fetrul6 , in parte inferiori, duo dentés undecim millium virginum. Item in parte superiori, de petra orationis dominicse. Item in lalitudine seu spissitudine oriental! dicte casse seu fetrule , in parte inferiori, de ossibas gigniarum sancte Bénigne virginis. Item m parte superiori, de carbonibus de quibus fuit ustatum sanctissimum corpus beati Laurent!! martyris.

r> Item in quadam clausura seu receptaculo immédiate superposito predicti vasis , continentur in aperto reliquie que sequuntur. Primé , in prima parte , de ossibus Tpolitis martyris gloriosi.

» Item, inparteretro.Ae ossibus beati Georgi! martbyris.

x> Item in latitndine seu spissitndine dicti receptacuii orientali, de ossibus sancti Cbristophori.

» Item in spissitudine occidentali dicti receptacuii , de ossibus béate Juliane virginis.

» Item in dicto receptaculo continentur in abscondito involuta, de sancto monte Sinay, et dealiis sanctorum reliquiis quorum nomina sunt ignota^

T» In quarum omnium testionem et evidentiorem memoriam in futurum , sigillum nostrum presentibus litteris duximus apponendum.

» Datum anno domini millésime irecentesimo sedecimo, die Mercurii post Penthecosten. )»

Après ce document , le plus ancien qui puisse être invoqué pour démontrer que dans les siècles suivants cette église a toujours continué à posséder un grand nombre de reliques , est Vinventaire dressé en 1439.

Nous y voyons un morceau de la vraie croix renfermé dans une croix en bois recouverte en argent ; — une dent

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de saint Jaeqaes dans un petit reliquaire oa joyel ; — un os de saint Germain dans un bras de bois doré ; — un de saint Lambert dans un bras de bois recouvert d'argent doré ; — des os de saint Biaise dans un banap en argent ; — le menton du même saint dans un reliquaire en cuivre doré , supporté par deux anges.

On y trouve en outre une relique dont on ignore le nom , enchâssée dans un reliquaire en argent doré , porté sur quatre boncheaux que tiennent deux anges; — une relique que Ton à\l la petite ^rte, assise sur quatre petits honcheaux où sont enchâssées plusieurs reliques , et est dite la petite fierté en argent doré ; — une relique ou joyel en fachon de cloquier que tiennent deux anges ; — une petite relique ou joyel à cloquier sur quatre petits honcheaux ; — une autre petite relique qui est un petit Ionguerte sur quatre pieds.

Dans Tinvenlaire de 1549, le plus ancien après de celui de 1439, on trouve une grande diminution dans les châsses , reliquaires et joyaux , ou n*y voit plus figurer que les objets suivants :

Deux bras en bois garnis et dorés où sont les reliques de M. St.-Germain ; un petit reliquaire partie en argent , partie en cuivre ; un autre fachon d'église en cuivre doré, garni d'épaisses vitres; un autre, où est la dent de M"' Ste-Âppoline ; un autre grand reliquaire en cuivre doré avec deux verres aux angles ; un autre où est le menton de St.-Blaise, porté par des anges, en cuivre doré ; enfin un autre petit reliquaire doré dans lequel il y a plusieurs ossements, et le hanap de St.-Blaise en argent et le pied en cuivre»

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En comparant cet inventaire du xvi* siècle avec celui du £9*, on n*y voit plus les anciens reliquaires ni les châsses en argent doré, et si Von compare ceux du x vu* avec ceux du xvi% la différence deviendra encore plus frappante , car dans le xvii* siècle nous ne verrons plus que le bras do St.-Germain et le reliquaire de St.-Blaise. En parcourant les registres aux comptes , on ne trouve aucun motif évident de celte diminution dans les reliques ; cependant je pense qu'on peut Tattribuer non seulement au malheur du temps mais encore aux nombreux impôts de guerre dont la paroisse fut grevée dans les trois derniers siècles et pour lesquels elle fut plus d'une fois obligée de vendre une partie de son argenterie et de ses joyaux.

Pendant longtemps on n*eut d'autres reliques de saint Germain que celles du bras de bois dont il vient d'être parlé. Ce ne fut que dans le xvii* siècle, vers 1659, que la ville d'Amiens finit par obtenir une portion un peu plus considérable du corps de cet apôtre de la picardie ; elle en fut redevable au curé Gauchie.

Jean Gauchie, religieux profès de l'abbaye de St.-Jean , fut en effet celui de tous les curés de St.-Germain qui s'occupa le plus de rétablir le culte et d'honorer la mémoire du Saint auquel son église était dédiée. Avant d'arriver à St.-Germain , ce savant religieux s'était déjà fait connaître par sa bonne administration, son goût pour l'étude et son zèle à diriger les âmes , dans la paroisse de St.-Firmin-au-Val , dont il fut le curé de 1624 à 1642. Nommé curé de St.-Germain en cette dernière année , sa grande vénération pour son nouveau patron lui fit concevoir lapensée de faire connaître à ses nouveaux paroissiens,

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comme à tous les habitants de la yille d'Amiens, la vie et les miracles de Tilluslre martyr auquel ils aFaienl depuis plusieurs siècles une dévotion toute particulière ; il s'occupa donc de ce travail avec tout le zèle dont il était capable. Quatre ans s'étaient à peine écoulés depuis son installation dans la cure , qu'il fit paraître à St.*Quentin , chez le libraire Claude Lequeux , rhàurire de la vie et des mi^ racles de saint Germain l'écossais , avec un oiBce pour le îour de sa fête. Cet opuscule fut accueilli à Amiens avec la plus vive satisfaction , et le père BoUandus à qui l'auteur s'était empressé de l'adresser , lui en témoigna toute sa bienveillance , en lui promettant de se servir de son œuvre pour le grand ouvrage qu'il commençait alors sur la vie des saints. Encouragé par ce succès et toujours poussé par son zèle , Jean Cauehie ne voulut point en rester là. Dans son opuscule , il avait bien raconté la vie , les miracles et la fin glorieuse de St.-Germain ; il avait parlé des églises bâties en son honneur, et plus particulièrement de celle qui avait été élevée sur le tombeau de l'apôtre. Mais, en visitant Téglise de St.-Germain-sur-Bresle, il avait trouvé le tombeau vide, et il lui importait de savoir ce qu'était devenu le corps qui jadis y avait été déposé. Déjà plus d'une fois il s'était adressé à l'abbaye de St.- Fuscien , de qui dépendait le prieuré de St.-Germainsur-Bresle, et les religieux lui avaient procuré des renseignements, maisil n'avait pas encore obtenu ce qu'il désirait. Les circonstances n'étaient pas non plus favorables *, la Picardie était à cette époque le théâtre de la guerre entre la France et l'Espagne, et les relations de pays à pays devenaient de plus en plus difficiles. Jean Cauehie ne se

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laissa pas effrayer par ies difficultés , et n'abandoBna point son projet ; lorsque les temps devinrent un peu plus calmes , il établit une correspondance avec plusieurs maisons de Bénédictins , et finit par être sur les traces des renseignements qu'il cherchait depuis si longtemps.

En 1652 , un religieux du Mont St.-Quentin lui apprit que, suivant la tradition, le corps de saint Germain avait été transféré de St.-Germain-sur-Bresle à Ribemont, diocèse de Laon , et que depuis huit cents ans les reliques de cet apôtre étaient conservées dans Téglise de St.-Pierre à Ribemont (1). Ce premier renseignement le mit bientôt à même d'en^^ obtenir de plus circonstanciés. Jean Gauchie écrivit au curé de Ribemont et en obtint une réponse des plus saisfaisantes.

Il apprit en effet par lui que, depuis huit cent ans environ, Tabbaye des Bénédictins de Ribemont possédait dans une châsse les restes glorieux de St. -Germain Técossais; mais qu'en 1650 , le 7 juin , avant le siège de la ville de Guise, quelques troupes ennemies s'étant détachées du corps d'armée conduit par le vicomte de Turenne et le comte de Fuensaldagne , vinrent s'emparer de la ville de Ribemont et la mettre au pillage , sans en excepter l'église de St.-Pierre. La châsse de St.-Germain qui était en argent doré fut alors brisée à grand coups de marteau,, mais les soldats ayant vu les ossements du corps comme s'ils eussent été attachés d camalité et nerves, eurent une si grande appréhension qu'ils s'enfuirent en abandonnant l'argenterie et les pierreries de la châsse , objet de leur convoitise. Ces saints ossements furent aussitôt re-^

(1) Voir note N.

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caeillte par quelques personnes pieuses que les soldats tenaient liées et garottées pendant la rupture de la châsse, et qui, devenues libres après leur départ , s*empressèrent d*en ramasser les débris et de les transporter à Lafère où ils restèrent cachés jusqu'à la paix, époque à laquelle on les transporta de nouveau à Ribemont (1).

Ces reliques étaient encore dans la ville de Lafère , lorsqu'en 1659 le curé Gauchie , après s*étre entendu avec M. de Tupîgny , curé de Ribemont , se rendit dans cette ville , et obtint de ce dernier une partie du corps de St.-Germain consistant dans un os d'une cuisse , une côte, un os des vertèbres , et un morceau de la mâchoire à laquelle était encore attachée une dent (2).

Satisfait d'avoir enfin obtenu les reliques précieuses qu'il convoitait depuis si longtemps , le curé Gauchie revint à Amiens les présenter à Tévéque qui, sur son récit, les vérifia dans sa chapelle , le 3 avril 1660. Un procèsverbal fut dressé de cette vérification , et les reliques furent remises au curé enfermées dans une botte en chèse scellé du sceau épiscopal en cinq endroits divers (3).

Le curé Gauchie fit aussitôt commencer des quêtes dans sa paroisse afin d'obtenir l'argent nécessaire pour faire construire une châsse dans laquelle il pût déposer les reliques et les exposer à la vénération des fidèles. 11 fut loin de recevoir tout de suite ce qu'il lui fallait , et ce ne fut qu'en 1662 qu'il put commencer l'œuvre qu'il avait entreprise , et qu'une délibération du Conseil de fabrique le

(1) Voir note 0.

(«) Voir^note P.

(8)iVoir note Q.

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chargea de se rendre à Paris pour traiter avec un orfèvre de la construction de cette châsse « Mais le curé Cauchxe, muni des pleins pouvoirs de ses paroissiens, chargea de ce travail un habitant de la ville nommé Pierre de Paris, orfèvre, demeurant paroisse St.-Remî.

D*après le traité passé avec ce dernier le 20 octobre 1663 , la châsse devait être faite en argent , et composée de divers tableaux ciselés , sculptés , et attachés les uns aux autres , représentant les faits les plus remarquables de la vie de saint Germain. Les personnages de ces tableaux devaient être relevés en demi-bosse. Au bas , dans des cartouches , seraient inscrits des distiques latini» qui en donneraient TexpUcation. Entre les piédestaux des tableaux, des inscriptions porteraient comme les reliques de saint Germain avoient été mises dans la chasse. Le curé Gauchie s'était réservé le choix des sujets, et les fournitures des modèles qui devaient lui être remis ensuite ; Torfèvre s'était engagé à fournir Targent nécessaire à la confection de ces tableaux , au titre de Paris , à raison de 28 liv. le marc , et 60 liv. pour la façon , ciselure et sculpture de chacun des tableaux, qui devaient être au nombre de dix : il fut avancé de suite à Forfèvre le prix de six marcs d'argent ou 168 liv. Malgré tout le zèle déployé en cette circonstance par le curé Gauchie, il ne put voir terminer TtBuvre à laquelle il attachait tant de prix. Il avait bien été stipulé dans le traité^ que Torfèvre serait tenu de fournir un tableau tous les mois , mais cette condition n'avait point été observée , et ils n*étaient point encore terminés, lorsqu'on 1668 le curé Gauchie fut atteint de la peste et mourut victime de son zèle pour ses paroissiens. Il ea

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Alt de même de Tarliste. A son défaut on en chargea un orfèvre de Gompiègne nommé Jean Boucher , qui mourut aussi avaut d'avoir terminé; cette œuvre fut alors confiée aux soins des nommés Bernard et Briseur, orfèvres à Amiens, qui la terminèrent enfin.

Le curé Boucher , qui avait succédé au frère Gauchie dans la cure de St.-^ermain , apporta tous ses soins à la confection de ToBuvre que son prédécesseur avait commencée; elle était près d'être terminée, lorsqu'en 1672 s'éleva une difficulté entre les marguilliers et le curé au sujet d'un des tableaux de la châsse , et cela en retarda encore la confection* Le curé s'y était fait représenter sous la figure d'un religieux , revêtu d'un surplis et d'une étole , tenant d'une main un bonnet carré et de l'autre une châsse qu'il offrait à St.-Germain ^ avec la devise :

Yincit serpentem et matri dat caede peremptam : Gesta offert divo pastor et ossa simul.

Cette action déplut aux membres de la fabrique ; c'est pourquoi , s'étant réunis le 8 juin 1672 en l'absence du curé , il décidèrent que ce tableau serait détruit, et qu'après avoir indemnisé l'orfèvre, iîen serait fait un autre sur lequel serait gravé et relevé en bosse un des miracles de Sl.-Germain, qui le représenterait dans un vaisseau agité par la mer, avec une devise analogue, et conformément au sujet d'une tapisserie donnée par le sieur Devillers.

Le Gonseil de fabrique alla plus loin encore , et, pour empêcher désormais tout retard dans la confection de la châsse , comme aussi pour faire exécuter . la décision qu'il venait de rendre , il chargea Jean Paillard , mar-

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gaillier en charge , et les sieurs Fofltaioe , Mo&tigny «t Groult^ de remercier le curé des soies qu'il avait pris jusque là , et de lui annoncer que la compagnie révoquait les pouvoirs qu'elle lui avait donnés. Cette commission pénible n'étant point acceptée par les membres désignés , on nomma MM. Decourt, Wilasse et Guillain , qui , n'éprouvant pas les mêmes scrupules , se chargèrent d'accomplir la mission du Conseil.

En 1673 la châsse fut enfin terminée et payée; elle était en argent et pesait 83 marcs une once. Les principales actions de la vie de saint Germain y étaient représentées en bas-reliefs ciselés , dans dix tableaux séparés par des pilastres d'ordre corinthien. La crête de la couverture ^ en dos d'âne , était embellie d'un travijil fort délicat. Le milieu était orné d'une petite figure d'argent représentant saint Germain en habits pontificaux. Dans les plates-bandes qui régnaient au-dessus , sous les cartouches » étaient ciselés plusieurs vers latins expliquant l'histoire de ce martyr.

11 ne s'agissait plus que de savoir où la châsse serait placée , et c'est alors que de nouvelles difficultés s'élevèrent. Il y eut en effet , dans le Conseil , une grande diversité d'opinions à cet égard. Les uns voulaient qu'on la plaçât dans le fond de l'abside , au-dessus du maltreautel ; les autres s'y opposaient par ce motif que les reliques des saints ne doivent point être élevées au-dessus de la gloire où l'on met le Saint-Sacrement, et prétendaient que leur place était généralement sous l'autel. Pour trancher le différend, on convint d*appeler MM. Joyeux^ prévôt , Houlon , préchantre de la cathédrale , tous deux

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grands Tîcàires de M<' TËvéque d'Amiens , Pieltre , chanoine, et Bernard, promoteur de rofficfalité ,^ el de s'en rapporter à leur décision. Ces Messieurs, après s'élre exprès transportés dans Téglîse St.-Germaîn, et après avoir examiné avec beaucoup d'applicalion, dil le procèsverbal, tous les endroits de Téglise, n*en ont pas trouvé de plus sorlable ni de plus digne que le dessus du fond du tabernacle du grand autel. Ils ont jugé que le taberuacle où Ton dépose le Saint-Sacrement, étant sufiBsamment détaché du fond, qui semble faire un corps d'architecture el de sculpture séparé du tabernacle, il n'y avait aucune indécence à placer la châsse en ce lieu qui est le plus émînent de l'église, et que tous les autres endroits n'auraient pas été assez dignes du mérite de ce très-illustre martyr, son patron et spécial protecteur.

Toute difficulté étant donc levée , le 29 avril suivant on procéda à l'inauguration de cette châsse , bénite quelques jours auparavant par M«' l'Évêque d'Amiens. Les reliques y furent renfermées par le curé Boucher, nommé à cet effet. Après avoir fait garnir le dessous d une plaque d'élain , on la plaça sur quatre lions en bois argenté dans la niche qui lui avait été préparée. Plus tard on la renferma dans un coffre en bois , et elle resta là jusqu'à la fin du xviH* siècle qu'elle en fut retirée et envoyée à la monnaye. En 1793 les reliques qui y étaient renfermées échappèrent heureusement à la profanation. Rendues à l'église aussitôt après sa réouverture , elles y sont encore aujourd'hui renfermées dans une châsse en bois doré provenant de l'église des Capucins de cette ville , de même que celle de la cathédrale d'Amiens.

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Cette châsse qui , d'après ce qui vient d'être dit , était fort belle et d*un grand prix , avait été faite avec les dons et les offrandes des paroissiens. Si nous parcourons les registres aux comptes de 1660 à 1673, nous verrons que , outre les quêtes faites à domicile , et les offrandes remises au curé en particulier, les marguilliers et les porteurs du dais à la procession du St.-Sacrement , ont fourni à eux seuls une somme qui s*élèveà plus de 2,0001.

Ainsi que Tavait prévu le curé Gauchie , l'apparition des reliques du patron réchauffa bientôt le zèle et la dévotion des paroissiens , et un grand nombre d'offrandes et d'ex-voto ne tardèrent pas à venir enrichir encore la châsse de saint Germain. Nous en trouvons la preuve dans l'inventaire de 1689, dans une délibération de Tannée 1748 , et dans le compte de 1764. Dans ce dernier compte nous voyons le curé de Guillebon vendre à un nommé Escoffier, bijoutier, une grande quantité d'objets provenant de la châsse de St. -Germain , tels que bagues , médailles et bijoux , pour une somme de 509 liv. 15 s. (1)

La trésorerie ne renfermait pas seulement les reliques et les reliquaires dont il vient d'être parlé , on y déposait encore les vases sacrés, les joyaux , les linges précieux , les

(1) Outre les reliqnes de saint Gennain rapportées par le curé Gauchie, Téglise possédait encore à la fin du dernier siècle , nous dit le Père Daire . deux os du même saint , cou serves Tun dans une croix d'argent doré, Tautre dans un bras d*argent ; un os de saint Lambert; Tos guttural et le menton de saint Biaise ; des os de sainte Marguerite , de saint Jean , évêque et confesseur ; ime dent de sainte Appoline , une côte de sainte Benoîte; une parcelle de la vraie croix , quelque chose du sépulcre de Jésus-Christ , de la colonne à laquelle il fut attaché, et du vêtement de la Vierge.

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tipiiseries et les li?res. Tous ces objets, de même qoe les ornements renfermés dans des coffresi étaient confiés à k garde d*iin eierc qui , dès son entrée en fonctions , prenait l'engagement solennel de répondre personnellement des objets remis en ses mains , et était obligé de donner caution suffisante , ou de présenter quelqu'un qui répondit pour lui de leur valeur. C'est par suite de cet engagement, rédigé habituellement dans la forme authentique^ que nous voyons, dans deux délibérations de 1568 , un clerc condamné à rétablir un calice perdu et une chasuble qui ayait disparu , ou à en payer le prix , encore qu'il n'y eût point de sa faute ; et que , dans une autre délibération de 1S92 , il^t dit : les clefs de l'église sont confiées au clerc chargé de ce qui est dans r église , et qui en répond.

§ 24. Aroemterie.

[Extrait de r Inventaire de 1439).

Trois calices en argent doré, dont on se sert à l'ordinaire. Un grand calice en argent doré , estoffé de platine, etc. Deux enchensoirs d'argent, pesant 7 marcs et demi. Deux petites burettes d'argent.

Un afiquié d'argent, servant à cappe.

Un chief à semblance de femme , où sont plusieurs reliques encassées.

(Extrait de l'Inventaire deihi9).

Un calice vermeil doré , pied en cuivre , pesant 2 marca et demi , 2 onces.

Un autre petit calice en argent doré.

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Un autre calice avec sa platine , le tout en argent doré, pesant 3 marcs un sixain.

Un autre calice avec sa platine , en argent doré , sur le pied dnquel est une eroisette en argent doré ; pesant un marc et demi , un sixain et demi.

Un antre calice en argent doré , avec sa platine , sur le pied duquel est un escu émaillé , pesant 2 marcs , demionce, demi-sixain.

Un calice en argent , pesant un marc , 3 onces et demie. Id. pesant un marc » demi-once.

Id. (pied en cuivre ), pesant un marc,

3 onces et demie. '

Un ciboire en argent doré.

Une petite botte en argent doré.

Deux encensoirs en argent , pesant 6 marcs une once.

Deux paix en cuivre , fond émaillé garni d'argent.

Une grande croix en argent , partie dorée , garnie de deux reliquaires pendant a deux ramettes d*argent, et pied en argent.

Une croix moyenne , partie en argent, partie en cuivre.

Un livre où sont les évangiles , couvert en argent.

Une petite croix en argent doré.

[Extrait des Inventaires de 1634 et 1641).

Un vaisseau , dans lequel on met le Saint-Sacrement aux jours les plus solennels , en argent, pesant 7 m. 2 o. et demie, qui, en 16C3, fut augmenté de 5 o. trois quarts.

Un ciboire , qui sert à porter le Saint-Sacrement aus malades, et dans lequel est une botte, le tout en argent doré.

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Une boite eu argent doré , avec son couvercle , dans laquelle sont conservées les boslies*

Une petite botte suspendue sur le grand autel , dans laquelle on conserve trois hosties.

Une croix en argent doré , dans laquelle est enchâssée une partie de la vraie croix , pesant 2 marcs S onces.

Deux autres croix en bois recouvert d*argeDt.

Deux bâtons en argent pour les chappiers.

Un bâton couvert d'argent pour le porte-croix (1).

Un petit bâton garni de deux petites bandes d'argent, dont se sert le serviteur de l'église aux assemblées des marguilliers.

Deux bras garnis d'argent.

Un livre recouvert de quatre petites figures en argent.

Deux petits reliquaires en argent.

Deux encensoirs d'argent , pesant 6 marcs et demi.

Deux chandeliers d'argent , pesant 6 marcs 6 onces.

Deux burettes d'argent, pesant un marc 5 onces et demie (2).

Le plus beau calice avec sa patène , pesant 3 m. 8 o.

Le second calice avec sa patène , pesant 3 marcs , S onces et demie.

Deux autres calices, pesant chacun 1 m., 2 o. et demie.

Un quatrième , rompu , pesant 1 marc 5 onces et demie.

(1) Donné en 1625 par les porteurs du dais : MM. Gouiy, François Gastel , Jean Bouthors , Pierre Gaulière , Jean Delahaye, Jean Leloir.

(2) Donné en 1608 par les porteurs du dais : MM. Lefranc , Louis Postel, Guillaume Cotte, Sébastien Caron, Guillaume Pasturon, Toussaint Viseur.

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Deux coupes en argent , pesant chacune 1 marc, 2 onces et demie (1).

Deux paix en argent.

Une lampe en argent , donnée par les porteurs de dais [i).

Un crémier en argent , avec deux petits, yaisseaux aux ointes huiles et une petite cullière (3). *

L'inventaire de 1641 reproduit à peu près les mêmes objets que celui de 1634. On y remarque divers articles donnés en échange de divers autres. Ainsi on voit qu'à une certaine époque qui n'est point déterminée , il a été donné un calice profané , un pied de calice , deux coupes, deux vieilles burettes , en échange d'un beau calice en argent doré et de deux burettes pareilles.

On y remarque aussi les objets nouveaux dont la désignation suit :

Un scellet d'argent , pesant 10 marcs, â onces, un gros.

Un bassin d'argent , pesant 17 onces , 2 gros , donné par Robert Deviilers.

Un beau calice en argent doré , relevé en bosse à l'antique , émaillé de bleu à la paume , avec sa patène dorée.

Deux burettes d'argent.

Un vase d'argent , en forme de soleil , sur un pied

(1) Donné en 1614 par les porteurs du dais, MM. Adrien Decourt , Ant. Thuillier, Guillaume Martin , R. de Bailly, Hubert Roger.

(2) Donné en 1629 par les porteurs du dais : MM. R. Caron, Alex. Leroux , Jacques Marys , Jean Thibault , Jean Copart, Henri Moirelle.

(3) Donné en 1609 par les porteurs du dais : MM. Claude Mercier, Guillain Sagnier, Jean Furnel , Mathieu Quignon , Robert SavoUes Nicolas Deblez.

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(fargent , donné en 1611 , pesant S maros , 3 gros (t).

Deux bassinets d*argent , qui sont entre les mains des marguiliiers, et dont un a été mis entre celles des confrères de Notre-Dame de Lorette.

Un bassin d'argent pour recevoir les offrandes, donné par Robert Deviilers , pesant 8 marcs , une once, 2 gros.

Deux bras d'argent pour mettre à cMé du Saint-Sacrement donné par les porteurs de dais (2), pesant 3 marcs 2 onces.

Un grand calice avec sa patène en argent^ 3 marcs 3 onc.

Une attache d'argent , pour mettre à la robe du bedeau, 3 onces et demie (3).

Un crémier avec sa cuillière en argent , 12 onces.

Un soleil en argent , 3 marcs.

Une croix en ébëne avec un christ en cuivre doré> pour le mattre-aulel, et trois autres croix en bois pour les autres chapelles.

De 1641 à 1689 il fut fait divers inventaires do l'argenterie et des joyaux de l'église St.-Germain ; mais comme tous ces divers récolemenls signalent en grande partie les objets portés en l'inventaire de 1641,sauf quelques modifications , échanges ou additions (4), tant dans les objets

(1) Donné en 1641 par les porteurs du dais : MM. Antoine de fiuigni, François Bouteller, Nicolas Bourgeois , Ant. Bizet, Etienne Delaplace , Jacques Doublier.

(2) On ne trouve point la date de ce don.

(3) En 1572, Firmin Dufîresne, Augustin de Louvencourt , Jean Gé et Nicolas Bourgeois , marguilliers , ont donné une image d^argent représentant saint Germain, pour mettre à la robe du serviteur de Téglise.

(4) Ainsi en 1645, le vase contenant les reliques de saint Biaise a été

qui y sont relatés que dans leur poids , je les passerai sous silence, et me contenterai de parier du dernier inventaire dressé par le curé Rousfiel , le 7 avril 1 689.

Dans cet état on lit ce qui suit :

Un reliquaire en argent , dans lequel en conserve le menton de saint Biaise.

Un hanappe dont le vase est en argent , et dans lequel sont enchâssés quelques ossements de saint Biaise.

Le reliquaire pèse 4 onces , l'hanappe 8 onces. II ^t à remarquer que le pied de ce dernier, de même que les deux anges qui le soutiennent , sont en cuivre argenté.

Deux bras garnis d'argent , dont Tun a la main couverte d'argent et pèse 2 marcs ; Taulre 18 onces.

Deux petits reliquaires , dans Fun desquels sont les reliques de St.-Nicolas , pesant ensemble six onces.

Une croix d'argent doré garnie de reliques , pesant 2 marcs et demie.

Une grande croix couverte en argent , avec le bâton en argent et le Christ en cuivre, le tout pesant 6 marcs (1 ).

Un vaisseau en argent doré dans lequel on met le Saint- Sacrement au jour de fêtes solennelles , pesant 7 marcs

échangô^ contre un autre pesant 7 onces 6 gros , et en 1689 on voit le môme vase figurer dans rinyantaire au poids de 8 onces.

Cette môme année, Antoine Lagrenée a donné deux chandeliers d*argenf pesant 26 onces 2 gros , et un antiphonier à l'usage d'Amiens.

(i) n est à observer que l'autre croix dont il a été parlé précédemment , a été portée à la monnaie pour le paiement des droits d'amortissement , pendant l'exercice de Nicolas Leroux, en 1689, et que de plus on y a porté pour le môme objet deux chandeliers d'argent pesant 96 onces 2 gros, deux autres chandeliers aussi d'argent, pesant 2 marcs 3 onces et demie , et un bassinet en argent pesant un mare.

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2 onces 1/2 » augmenté de 5 onces 3/4, en tout 7 marcs 7 onces 3/4.

Une croii en argent , donnée par Hélène Doderel en 1€45| pesant 5 marcs.

Un vase d*argent en forme de soleil » 5 mares 3 gros.

Deux ciboires en argent, dorés en dedans , Tun pour porter le St.^acrement aux malades, Tautre pour donner la communion , pesant ensemble 3 marcs et demi.

Une petite boite (l*argent , ci-devant suspendue sur le grand autel, pesant 4 onces (1).

Un beau calice relevé en bosse, à Tanlique , émaillé de bleu à la paume, avec sa patène, en argent doré , 3 m. 3 o.

Un autre calice en argent doré avec sa patène, 3 m. 3 o.

Un autre petit calice, coupe et patène en argent , avec pied en cuivre estimé 30 liv.

Deux chandeliers d*argent donnés par M. de Louvencourt, pesant 9 marcs.

Deux encensoirs d'argent avec les cfaaines , 11 marcs.

Un navire ou bigorgne avec sa cuillère en argent, 1 marc, 1/2 once.

Deux paix en argent, 2 onces. Deux autres petites paix.

Deux burettes en argent , 10 onces 6 gros.-

Deux autres burettes , 4 onces 6 gros.

Un sceau en argent avec le bâton ou asperges donné par François Lenormant , 10 marcs 4 onces.

Une lampe en argent , 8 marcs 3 onces et demi.

Deux bâtons d'argent pour les chapiers , 11 m. 3 onces.

(1) Prise pour faire la couronne du St. -Sacrement , avec deux ange» tirés du soleil en argent doré.

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Un petit bâton d'ébène garni de quatre petites bandes d'argent pour le bedeau , 3 onces.

Un bassinet d'argent servant à la confrérie de la Sle.- Vierge, 2 onces.

Deux chandeliers d'argent , 5 marcs 4 onces.

Six chandeliers d'argent donnés par le curé Boucher , §0 marcs 2 onces.

La chasse de St.-Germain , 85 marcs 1 once.

A tous ces objets dont le poids s'élevait à plus de 240 marcs d'argent et qui, à raison de 52 liv. le marc» valeur de 1750, formaient un capital de plus de 1 2,000 liv., il faut encore ajouter les dons faits à la chapelle de St*-Germain dont il a été parlé ci-dessus , et l'état des pierreries , colliers et bijoux donnés aussi pour servir d'ornements tant àTautel, qu'au St.-Sacrement. En 1689^ on en avait dressé l'inventaire ainsi qu'il suit :

Une couronne d'argent doré garnie et entourée de deux colliers de perles fines , l'un plus gros que l'autre , avec plusieurs autres petits colliers de perles fines ; la dite couronne ornée de rubis , saphirs , diamants faux , à l'exception d'un diamant fin , attaché à un branchon au bas delà croix de cristal.

Une autre couronne de fleurs d'hiver garnie d'une croix en perles et pierres fausses.

Un gros collier de perles fines , placé en haut du St.- Sacrement , en argent doré.

Un autre collier de perles fines à double rang.

Une croix d'or.

Un brillant émaillé, enchâssé d'or, avec une grosse perle fine.

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Deux autres brillaots émaillés , eucbattés d*or.

Un grand et un moyen aussi endiassés d*or.

Deux pendants d'oreille avec perles fausses, et deux grosses perles fines.

Une médaille en or représentant le Sauveur et TÂgneau pascal.

Un couvercle de saint ciboire en tafTetas brodé à fleurs d'or avec un malel.

Un autre couvercle de taffetas à fleurs rouges avec franges et galons en or fin.

Une boite de carton pour la couronne , couverte d*uu satin blanc avec dentelle d*or faux.

Tel était à la fin du xvii"* siècle Tétat des argenteries, bijoux, pierreries et joyaux de Téglise St.-Germain, Depuis celte époque il ne fut plus fait d'inventaire. Tous ces objets restèrent en la garde du marguillier comptable, et il est à remarquer que le nombre et la valeur en augmen- . lèrent plutôt qu'ils ne diminuèrent.

. Faprès les registres aux comptes , en effet , on trouve des mémoires d'orfèvrerie qui nous apprennent qu'en faisant remettre à neuf les objets cassés ou avariés on en augmentait presque toujours le poids. C'est ainsi que en 1758 , M. Guidé , orfèvre à Amiens 9 ayant été ebargé de vfaire une grande croix en argent du prix de 1116 liv., on lui donna en paiement 391 liv. en vieille argenterie ^ et le surplus en argent monnoyè. C'est ainsi encore qu'en 1763 on acheta au curé de St.-Firmin en Castiilon six chandeliers d'argent moyennant 2(18 liv. 6 sois.

Jusqu'à la fermeture des églises , St.-Germain posséda

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une argenterie d'une valeur assez considérable , à celte époque , qui fut prise en totalité et envoyée à la monnaie.

§ 24. TAPI88EaiEB.

Une des richesses du trésor de Téglise St.-Gerniaii^ était sans contredit la collection de belles tapisseries de haute-lisse qu'elle possédait depuis le commencement du xvï* siècle.

L'inventaire de 1531 est le premier où nous voyons ces objets d'art mentionnées , nous y trouvons l"" huit pièces de tapisserie représentant la vie de Mons. St.-Germain, données à l'église par les marguilliers Adrien Ringard, Martin Baron, Jacques Postel» Nicolas Letellier, Bernard Dem's , Claude Garon , Adrien Decourt , Jean de Montigny ; 2"" une autre représentant l'annonciation de la Ste.^Vierge, donnée par Alexandre Levtelle; 3"" deux autres données par Samuel Ganoury , 4"" enfin une petites pièce de tapisserie vielU donnée par Louis-Petit.

Dans les inventaires des années 1641 et suivantes, nous retrouvons ces mêmes tapisseries avec plusieurs autres; nous y lisons en effet : douze grandes pièces de tapisseries de haute-lisse représentant la vie et les actes mémorables de St.-Germain, données par les marguilliers nommés pins haut, et par MM. Rolland Devillers, Pirmin Garon, Antoine Quignon, Jean Caveroy, aussi marguilliers; deux autres tapisseries de haute lisse es quelles sont dé-^ peintes les mystères de l'annonciation , de la Visitation de la Ste-Vterge, et l'histoire de St.-Nicolas, données par Alexandre Levielle et Jean Denis , anciens marguilliers. Deux autres tapisseries de haute-lisse données par Samuel

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Ganoury, ancien marguillier. Une vieille tapisserie donnée par Louis-Petit. Une petite tapisserie fond vert , léguée à réglise par Martin Baron ; enfin cinq antres tapisseries de haute-lisse» es quelles est peinte Thistoire de Moïse, données par Jean Barré, Barthélémy Destriges, Maurice Bouthors, et Jean Lombard , anciens marguilliers.

Toutes ces tapisseries^ au nombre de vingt-trois, étaient placées les jours de fête dans le chœur et dans la nef, suspendues à des pièces de bois posées coutre les piliers.

Il paratt que pendant longtemps il était d'usage de les prêter aux églises de la ville, de même qu'on prêtait aussi les ornements précieux à certains jours , et cela à charge de revanche. Mais les inconvénients que Ton y trouva firent qu'en 1648 une délibération du Conseil de fabrique mit fin à cet usage, et défendit formellement qu'à l'avenir aucun marguillier en charge se permit de prêter les tapisseries, les ornements, l'argenterie de l'église, à aucune paroisse, église cathédrale, collégiale, maison religieuse, sous quelques prétexte ou motif que ce fût ; et lors même qull s'agirait d'obtenir ainsi des ornements pour parer et décorer l'église de St.-Germain le jour de la fête. Enfin , par la même délibération, le curé fut invité à tenir la main à l'exécution de ce règlement.

Quelque fût le soin que l'on apportât à la conservation de ces objets précieux , on ne put empêcher le temps de les altérer ; aussi, le 18 octobre 1730 , intervînt entre le marguillier en charge Garon, et le nommé Morand, bourgeois de Paris, un marché, à l'effet d'en raccommoder et d'en remettre à neuf la plus grande partie. Par ce traité^ Morand s'engagea à nétoyer et faire revenir en coulwrs

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vives les tapisseries , sans les laver , sans employer de peinture ou autres drogues, à coudre tous les relais , à mettre des pièces aux trous s'il s'en trouvait , à faire le tout avec une propreté telle que l'on ne pût s'en aper* cevoir ; enfin à les doubler de' toile neuve fournie par la fabrique ; le tout moyennant 5 liv. par chaque pièce.

Les tapisseries confiées aux soins de Morand étaient au nombre de douze, et le traité nous indique tout à la fois et les sujets (qu'elles représentaient et les endroits ou elles étaient placées. On y lit : quatre pièces dans le chœur , à droite en entrant, représentant la vie de St.-Germain. Deux pièces tendues dans les croisées de Téglise faisant face avant d'entrer dans le chœur ; l'une représentant la Visitation de la Ste.-Viergeétaità droite , l'autre placée à gauche représentait son annondation. Quatre pièces dans la nef, à main droite , dont deux représentant des traits de la vie de St.-6ermain , et deux autres des actes de la vie de la mère du Sauveur. Les deux dernières représentant d'autres traits de la vie de St.-Oermain, étaient placées dans la nef k gauche.

Morand s'engagea en outre à faire revenir gruéuitement les couleurs de quatre autres pièces de tapisserie placées dans le chœur à main gauche, lesquelles représentaient encore divers traits de la vie de St.-Germain, enfin à faire les mêmes réparations et au même prix , à deux autres pièces qui se tendaient dans le bas-côté , à gauche en entrant , comme aussi à nétoyer une dernière petite pièce qui se met à la chapelle de Notre-Dame des sept douleurs.

Toutes ces tapisseries subsistèrent jusqu'à la fin du xviii* siècle et ne disparurent de l'église qu'à sa fermeture.^

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S as. LiTBM.

Saifaat Tinventaire de 1i39 , les livres consistaient eo trois mi$$eaux à dire messe , servant au grand autel , à celui de Sl.-Nicolas , et à celui de Notre-Dame.

Deux bréviaires tetiirs à cai$ne$, servant sur la table du revestiaire , un manuel , deux antiphoniers, un épKtolier^ trois psautiers, trois collectoires , deux grands et un ordinaire , deux légendes du temps, et une autre des saints.

Dans l'inventaire de 1534 on voit un livre couvert en argent où sont les évangiles.

Dans le compte de 1580, on trouve Tacquisition, moyennant 50 sols, d*un missel fait et écrit par Pierre Vincent, chanoine de Cambray.

En 1583, on trouve la vente de plurieurs morceaux d'argent provenant de livres et qui en ont été retirés en les faisant relier.

En t63S , le curé Hublée a fait don d'un missel et do deux canons couverts en maroquin rouge.

En 1645, Antoine Lagrénée à donné un antiphonier k Tusage d'Amiens. Enfin le curé Gauchie avait donné avant sa mort un livre manuscrit sur velin , contenant TofiBce deSt-Germain noté en plaiQ«<chant.

§ 26. LiwGB.

Diaprés les inventaires et les registres aux comptes , il existait dans l'église St-Germaio une grande quantité de linge ; des nappes , des serviettes , des amicts , des aubes » des surplis, etc., que Ton divisait en deux classes. Dans la deuxième était tout ce qui servait aux jours ordinaires, et qui n'avait rien de remarquable. Il n'en était pas de

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même du linge compris dans la première et destiné aux jours de solennité. Sans entrer dans le détail de tout ce qui était destiné aux jours de fête , il me suffira pour montrer la riciiesse du linge de cette église , de parler da quelques-unes des pièces les plus remarquables. Dms l'inventaire de 1534 , je vols figurer des objets du plus haut prix ; des aubes garnies de hautes dentelles , sept pièces de dentelle de point d*Angletepre , servant de garniture au mattre-autel et aux crédences , une autre pièce de même nature pour la décoration de l'autel des Giqq plaies. Je trouve une certaine quantité de nappes en fil de lin , ouvrage de Venise et d'Arras (1).

En ouvrage de Verne, on en voit plusieurs ayant cinq aunes et demie de longueur sur une demf*aune de largeur ; d'autres ayant huit aunes et demie de langueur sur une demi-aune un quart de largeur.

En ouvrage ^Arras^ les unes ont sept aunes trois quarts de longueur sur une demi-aune de largeur» d'autres ont onze aunes , huit aunes et demie , huit aunes ud quart , sept aunes trois quarts» cinq aunes de longueur, sur une demi-aune de largeur.

De ces éBoncialions résulte la preuve que dans l'églisa StrOermain, la beauté et la richesse du liage m le cédaient en rien h la richesse de tous les autres objets qui servaient à rexereice du culte et à la décoration de l'église.

(i) Dans les statuts des tisserands , homologués par récbevinagQ d* Amiens le 13 novembre 1502 , on voit que les tisserands ne fabriquaient plus seulfiment, comme dans les temps aadens; des toiles et du linge uni, mais des étoffes en laine et soie, façon de Venise et de Damas, et de la mulquinerie, ou linge ornée. — Archives de Thôtel-deville, reg. N.

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§ 27. OaiifiMEHTs*

Les ornemeiite se divisaient de même que le linge en ornements des jours solennels , et en ornements ordinaires.. En parcourant les registres aux comptes du xvi^ siècle , nous sommes frappés d'une chose, c'est que les ornements les plus riches sont constamment achetés à des marchands vienus d'Angleterre, et que dans les siècles suivants ils $ont achetés à des Français. Il est en outre une autre remarque à faire, c'est que les plus beaux comme les plus riches ne sont jamais achetés par la fabrique, mais que ce sont les curés, les paroissiens, les personnes invitées à porter ledais le jour du Saint-Sacrement, les corporations enfin qui en font présent à l'église.

En ouvrant les inventaires du xv* et du xvi"* siècle , on trouve beaucoup de. ces ornements en drap ^'or , en damas , en velours de soie^ en satin blanc et rouge , tous relevés en or, et sur quelques-uns même nous apercevons les.armes.des donateurs.

Il en est de même des inventaires du xvii* siècle. Ainsi nous voyons dans l'année 163SS , le curé Hublée donner à son église une chasuble avecétole , fanon , deux coussins, et un corporal , le tout en drap d'or, un voile en taffetas brodé d'or, une botte à corporaux en damas blanc avec le mllet, et deux corporaux de même étoffe , le tout brodé en or fin ; une tunique en damas blanc à fleurs de diverses couleurs , avec l'étole et le fanon de même étoffe. Ainsi encore les registres de 1639 nous apprennent que Firmin Caron a donné cette année un ornement complet en damas blanc avec franges en or. Enfin, et pour borner ici

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nos citations , les comptes de 1608 à 1666 nous montrent les porteurs de daiS'donnant chaque année à l*églis& soit des objets en argent , soit des ornements de diverse nature.

L'état le plus complet que nous ayons des ornements de réglise St-6ermain est celui qui a été dressé en 1689. Les ornements y sont classés et divisés en couleurs , le blanc, le rouge, le violel, le vert et le noir.

Les ornements verts, violets et noir sont assez nom* breux , mais n*ont rien qui mérite d'être signalé. Dans chacune de ces couleurs on en voit plusieurs complets, et les étoffes employées- sont le damas , le camelot , ras-< tade et le velours.

La seule remarque à faire, c'est que dansjes ornements verts on en voyait un en damas enrichi de broderies antkiues. On y voyait aussi une chappe en camelot brodée en or faux , sur laquelle étaient brodées les images de Ste-Ânne , de St.-Marcoul , de St.-Fiacre ; une chasuble pour la fête de St.-Nicoias avec limage du saint, et une devanture d'autel en camelot avec l'image de St.-Glaude.

Dans les ornements violets on remarque une chape avec l'image de sainte Magdeleine.

Les ornements noirs étaient en velours , passement et franges en argent , parsemés de larmes en argent. Une chasuble de velours noir était enrichie de broderies aurtiques , une autre en camelot portait les armes d'Augustin de Louveneourt, archidiacre d'Amiens, et sur une de-* vanture d'autel parsemée de larmes en argent on voyait dans le milieu l'effigie de la mort.

Dans les ornementsblancs on en voyait un en damas avec passements , molettes et franges en or , qui avaitété

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dMié par les porteura de dais. U se composait d^oneeliasttble avec sa dalmalique , sa tunique » son étole , et son fanoû , d'uae devaature d'autel , et de deux crédeuces « de deux coussins , de deux pentes simples , deux pentes doubles , deux rideaux et quatre chappes.

U en existait un autre plus complet encore qie le précédent , en satin blanc brodé en or ; Je dis plus complet» parce que , outre les pièces mentionnées ci-dessus, il y avait en plus un petit pavillon pour exposer le Saint- Sacrement » un estaplier, une bourse» deux voiles; sur la chasuble étaient brodées les armes d'Augustin de Louvencourt ; sur la dalmatique, celles de Guillaume Hublée» et sur la tunique Timage de saint Germain.

On remarque encore dans Tinventaire un autre ornement moins complet que les précédents , en satin blanc avec orfrois de satin rouge et passements de soie, pour les jours ordinaires, et un grand nombre de chasubles avec leurs étoles en satin, en droguet, en camelot et en taffetas ; des devantures d'autel , des doubles prîtes , des coussins desUnés à l'autel de la sainte Vierge , une bannière en damas blanc brodé en or avec franges de môme, un drap en taffetas blanc avec croix en argent pour le banc des morts; une robe en damas blanc pour la Vierge, avec un voile en toile d'argent et passements en or , donné par la corporation des vinaigriers, enfin un petit dais ou palme en toile d'argent avec dentelle et franges en or , pour faire la procession dans l'église , donné par Christophe Gosson et sa femme.

Dans les ornements rouges , on en remarquait un complet comme dessus, en velours cramoisi , brodé en or.

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avec passemenls , franges el molettes en or. Un autre composé de même , en damas rouge avec passements, franges et molettes en or. Un autre de même étoffe y et composé de même , avec franges et passements en soie et galons en or, trois ohappes en velours rouge brodées en or , sur lesquelles étaient trois chérubins ; une chasuble avec étole , fanon , bourse et voile en velours rouge relevé en or , avec les orfrois en toile d'argent , le tout doublé en taffetas vert. Sur la chasuble étaient brodées les armes de Guillaume Hublée^ puis venaient une grande quantité de chasubles en damas, en satin ^ en camelot, avec passements de soie et orfrois blancs.

Outre tous ces ornements on voyait encore deux bannières en damas rouge , un voile en taffetas de même couleur avec croix el flammes en or , une petite custode de satin rouge avec passement et franges en argent, pour le ciboire des malades. Une devanture d*autel, deux coussins en camelot rouge , le tout garni de passements de joie, pour Tautel des Cinq plaies. Une devanture de la chaire et une autre pour les fonts baptismaux , en même .^oflè. Une devanture d*autel , deux pentes simples , deux rideaux^ deux coussins^ le tout en camelot rouge avec passement en soie^ données par la veuve Deoourt en 1 644 , pour Faulel de Notre-Dame des sept douleurs. Un pavillon en velours rouge et passements en or, pour lés confrères du Saint-Sacrement.

§ 28. Dais.

Enfin il y avait plusieurs dais qui servaient soit dans les processions , soit lorsqu'on portait le bon INen an

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malades. Outre celui qui- avait été donné par Christophe Gnsson » et dont il a été parlé plus haut , pour porter le viatique , il y en avait encore un autre en damas rouge avec passements et franges en soie, destiné au même usage. Pour les processions, il y en avait aussi plusieurs: l"" un vieux dais en velours rouge gauffré en quatre pièces, garni de soie et franges en or ; 2"" un autre , composé de quatre pièces en velours rouge , doublé de taffetas avec passements et franges en or, ce dais avait été donné jadi& par le curé Boucher ; 3"" un autre en velours rouge doublé de taffetas avec dentelles, franges et molettes en or, donné en 1644 par la veuve de Michel Decourt. A la fin du xviii'' siècle tous ces dais étaient à renouveler , aussi nous voyons la fabrique , en 1778 , commencer par en acheter un petit pour porter le bon Dieu aux malades , et, en 1789, en acheter un plus beau pour les processions. Ce dais fut fait par un brodeur d*Amiens nommé Henri Dumoulin^ demeurant rue des Jacobins. Le traité nous en indique la grandeur et la richesse. On y voiti]tte Dumoulin s'engage à fournir à la fabrique un dais tout monté, de la longueur de sept pieds sur cinq et demi de largeur, garni de six panachés en plumes blanches avec la carcasse simple et solide , et six bâtons tout ferrés.

Ce dais devait être brodé en relief et bas-relief d*or double de Paris; le dessin accepté par le curé et les marguilliers dans rassemblée tenue le i mars 1787, rjeprésentait des épis de blé et des grappes, de raisin , emblèmes du sacrement de Teucharistie. Les épis devaient être brodés d'or filé en couchure, les raisins en relief guipés en argent , les feuilles de vigne en bas-

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relief d*or filé en coucbure. Danâ le milieu de chaque peûte , il devait y avoir un médaillon dç haut et basrelief duquel sortirait par le haut à gauche et à droite un cornet d'abondance répandant du blé et des raisins , le tout noué par un ruban qui serait placé au milieu de rarchivolte. Les corniches devaient être en bois de chêne doré, de la hauteur de dix pouces, sculptées conformément au médaillon , dans le genre moderne, et la dorure faite à Thuile. Dans le bas^côté de chaque pente devaient être placées des cassolettes de relief brodées en or filé , et les fumées en argent et soie grise ; sous chaque cassolette, un cul-de-lampe composé de blé et de raisin. Au milieu de chaque médaillon devait être aussi placé un sujet différent. Sur Tune des petites pentes; Tagneau sur le livre des sept sceaux posé sur un autel, et le pélican qui nourrit ses enfants sur Tautre petite pente. Sur Tune des pentes de côté on devait voir l'arche d'alliance , et sur l'autre, la table des pains de proposition, le tout brodé en haut et bas-relief et liseré en milanaise d'or de Paris. Les petites pentes devaient avoir cinq pieds six pouces de long sur dix-huit pouces de large , brodées de même que les grandes et le tout écaillé. Le velours de couleur cramoisi devait être choisi de la valeur de 30 livres l'aune , doublé en taffetas de même couleur , de la valeur de huit livres l'aune, avec une garniture d'une forte frange en or double de Paris , de la hauteur de cinq pouces y compris la tête. La garniture pour les côtés, au bout d'un malet haut de neuf lignes, en or , de la valeur de 84 livres le marc. Les six panaches formés de même que ceux livrés à la paroisse St-Mîchel.

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Le dais entier devait être fourni pour le jour de la pro^ cession da Saint-Sacrement de l*année 1787; faute par Tentreprenear dece faire, il devait lui être diminué 200 liv. Le prix en était fixé à la somme de 3,000 livres payables en quatre termes, savoir : 1,000 liv. en commençant^ 1,000 liv. lors de la livraison , 500 liv. au mois de mars 1788 , et 500 liv. au mois de mars 1789. Tous les fils d*or employés pour la broderie devaient être de la même qualité que les franges. Enfin il fut stipulé que ce dais, avant â*êlre reçu, serait visité par des experts choisis par les marguilliers, et dans le cas oà il n'aurait pas été conforme au traité , il devait rester à la charge de Dumoulin , qui flit obligé de donner une caution de 1 ,000 liv. et présenta à la fabrique M* Delambre , notaire à Amiens.

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