‹ Histoire de l'église. Tome douzièmeChapitre 30 sur 64 · Tome FIL · texte numérisé non relu

Tome FIL

Histoire lions des scliismaliques de tout état qui venaient 90 joindre à lui , seigneurs et prtjlats , clercs et religieux , entre lesquels se signalaient sur-tout les faux rigoristes de I ordre de saint François : d'où Tient que le principal article des hérésies prétendues qu'on reprocha au pape , ce fut d'être Èii- , nemi de la pauvreté apostolique. I

L'empereur ayant traversé les montagnes , et'' fait son entrée à Milan , sa proximité mit en mouvement toute ritalie, et sur-tout la ville de Home. Le roi Robert , en sa qualité de sénateur, y avait remis son autorité entre les mains du comte d'Anguillar et d'Anihaldi. Les Romains, de leur côté, craignant la puissance de ce prince , ôtèrent le gouvernement aux nohies , et donnèrent le titre de leur capitaine à Sciarra Colonne , avec un conseil de cinquante-deux citoyens pour les gouverner. Alors on put voir clairement les inconvéniens et tous les périls de l'absence dessouverains pontifes,' et du ruineux système de leur séjour au delà des moiits. Les lieulenans de Robert écrivirent^upape Jean des lettres pressantes , pour l'engager à venir par sa présence dissiper les factions que son éloignement augmentait de jour en jour. Le peuple romain lui envoya lui-même des ambassadeurs. U lui représenta que ce qu'on lui demandai t était uno chose de devoir ; que jamais ce grand motif n'avait dû avoir plus d'activité que dans les conjonctures présentes , et qu'ils ne pourraient sans cela se dis-

Iienser de recevoir Louis de Bavière en qualité de eur roi. Le ponlife soupçonna sans doute , et noQ pas sans raison , la bonne fui des Romains. Il dissimula cependant, et feignit de vouloir revenir; mais il s'excusa pour le moment sur les affaires pendantes qui le retenaient , disait-il (i) , même pour procurer la tranquillilé de I Italie.

Cependant le roi des Romains poursuivit sa route , et s'élant assuré à Viterbe d'être bien reçu

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à Rome , îl s'y rendit le Jeudi 7 Janvier i528* Le lundi suivant, il monta au Capitole , et tint ua grand parlement ou une diète , a laquelle accourut tout le peuple avec un empressement qui répondait au roi des dispositions générales à son égard. Pour s'en assurer encore davantage , il leur promit non-seulement sa protection , mais de relever a un point inconnu depuis long-temps le bonheur et la gloire du peuple romain. On lui répondit par de vives acclamations , et par tous les témoignages les moins équivoques d'un dévouement absolu. Aussitôt il prit jour pour son couronnement, et le fixa au 17 du mois courant de Janvier. Il y fut en effet sacré et couronné empereur ,' nonobstant Tabsence et la volonté très-contraire du pape (i). La cérémonie se fît par Jacques Albertin , évêque déposé de Castello ou de Venise , assisté de Gérar.d Orlandin , évêque d'Aleria en Corse , excommuniés l'un et l'autre comme schismatiques. Afin de s'attacher de plus en plus .lesB Romains, Louis, après son couronnement , fit lire trois décrets impériaux , par lesquels il promettait de maintenir la foi catholique , d'honorer 1*^ clergé , de protéger les veuves et les orphelins.' Toutes ces manœuvres se tramaient depuis trois semaines , que le pape n'en était pas encore instruit dans sa résidence d'Avignon, comme on le voit par sa bulle du 21 Janvier , adressée au cardinal Jean des Ursins , son légat en Toscane. Il lui écrivait, pour retarder l'arrivée de Louis à Rome, de publier Tindulgence de la Terre-Sainte, qu'il accordait à tous ceux qui porteraient les armes contre ce prince.,

Lotiis, au sein de la ville dont le pape se flattait encore de lui interdire les approches, continuait d'agir en souverain , et tipt un nouveau parlement dans la place Saint- Pierre , le; jeudi 14.® jour d'Avril. A son entrée dans Rome , une multitude

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