‹ Histoire de l'église. Tome douzièmeChapitre 39 sur 64 · DE I.' E G T. I 8 E · texte numérisé non relu

DE I.' E G T. I 8 E

ricide que mille indices faisaient imputftK à la reine, Leuis , roi de Hongrie et frère du mallieureux André , accourul pour en venger la mort , suivi d'une arme'e formidable. La justice Je sa cause lui ouvril les portesde tontes les villes,' jet les plus grands seigneurs s'empressèrent à lui venir rendre hommage. Jeanne scnfuit consternée dans ses états de Provence , d'où elle se rendit à Avignon , pour se jnstiQer comme elle pourrait; auprès du pape , tenu de punir la mort du roi de Peuples son vassal. Cependant la peste qui peu après ravagea toute 1 Europe, se mit dans l'armée du roi de Hongi'ie , et l'obligea d'abandonner le royaume de Naples quatre mois après son arrivée. La reine Jeanne prit aussitôt le parti d'y retourner avec le prince Louis de Tarente , à qui elle s'était déjà mai'iée , mais qui ue put alors obtc?nir du pape le titre de roi de Sicile. Jeanne, qui avait besoin d'argent pour relonrner à ^Naples avec des forces cafiables de soumettre les mécontens, vendit au pape, e g Juin de cette année i347 . la ville et la seigneurie d'Avignon pour quatre-vingt mille florins,' ou 6^2 mille livres de noire monnaie, malgré le serment qu'elle avait fait quelques mois auparavant de n'aliéner aucune partie de ses domaines en Provence (i). C'était néanmoins à elle qu'ils appartenaient en propre , commepetite-fiUe du roi Robert.' Avignon étant encore fief de l'empire, on en fît contirmer la vente par l'empereur Cliarles VI , qui ordonna que les papes tiendraient ce domaine ea fjanc-aleu , et comme entièreroenl libre. Ils possédaient le comtat Vénaissin , dont Carpentras est la capitale , depuis la cession que le roi Philippe le Hardi leur en avait faite en l'aya.

Dans le cours de l'année i348, la peste fît en Iialie des ravages effroyables (2). A Florence en

particu

uepui

s le mois d'Avril jusqu'au mois

(0 Gall. Cîirisl. éd. 1715, t, 1 , p. 821. (a) Mal. VlU.c. 4.

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basi , run des principaux sectateurs de Palaxnas ; qui était trop décrié pour y être mis lui-même; mais en dédommagement , on le fît archevêque de Thessalonique , où les citoyens refusèrent de Ip recevoir. Isidore même avait été déposé du siège de Monembasie , et excommunié comme palamîte. C'est pourquoi grand nombre d'évêques se rassemr blèrent y et Tanathématisèreat de nouveau avec tous ceux qui étaient dans ses sentlmcns ; ce qui fut confirmé de toutes parts, par des lettres d'évêques et de prêtres , d'Alexandrie sur-toiit , d'Antiocbe, de Trébizonde , de Chypre et de Rhodes.' Cantacuzène crut néanmoins se rendre plus respectable , en faisant réitérer la cérémonie de SOQ couronnement par ce patriarche méprisé , qui ea même temps révoqua l'excommunication portée durant les derniers troubles contre quiconque reconnaîtrait le nouvel empereur. Tandis qu'Isidore projionçdit monté sur l'aïubon , ses nombreux adversaires lui insultaient hautement, et Toil disait de tous côtés qu'il était ridicule qu'un homme condamné pour dllFérens crimes prétendît absoudre les autres. Ce patriarche ne réussit pas mieuX| 3uand, pour fortifier son parti, il ordonna un tas 'ignorans, à la place des prêtres et des évêqucs • qui s'étaient séparés de sa communion. Tel était le régime et la dignité de la hiérarchie dans la Grèce schismali(jue. Les palarailes se soutinrent plusieurs années, par la protection de Canlacuzène. Il n'est plus question d'eux , depuis que cet empereur fut réduit à renoncer au gouvernement.

En Italie , le royaume de Naples se trouvait dans un état aussi déplorable , par la mort funeste du roi André , qui fut étranglé en sortant le soir de Tappartement de la reine Jeanne sa femme , avec larjuelie il avait toujours fort mal vécu (i). A la nouvelle de cet exécrable pai^

(i) J. Vill. XII , c. m.

ricide que mille indices nii«i;iif'tit, ifii[iiffrr' h tu reine 9 Louis , roi df; llonf^rif? ri iim* ilu malheureui^ André , sivr.oiiiui poni i-ri vriif'i-r lu mort , suivi d'iinr; 'druu'w i'niuiK\n\>\r, léti \u^Ur§} de sa cause lui ouvril les |#oilcs(ic loiiN'«i N'^fillit;^ et les plus grands viiffri^rurH <; rrrijiM'nnfrtrnf. « lui "venir rendre liommri:.";. .h-.uwuii s ' /ifiii», r /;rr-;l/'rfM:#i dans ses états do l'iff\f:n'f: ^ d r;ij rii'î fr.f; r'-n/lif A Avignon, j^our s*: jîisiifi^'f r/,ffinir t\l*'. tfOutfiif. auj»re> du j-'^*»*: . *-•:.•« d/- f/iT.ir U /ri^r^ /fii f/» do ?ijples son fi-T-^!. ^^-:,^:u'Ihu\ i-i j*'s»^; ^jm j^mj ;i[/i';i rava^fra to«i!.e 1 K.. '"*•; v': rr» • d;f.'j% I ;»rrr'»é<: du f'#i de Honi'i i^; . f:i t '^:.. .^-^ ';">î;,î«r;d''/r.r*^r i^ ffrti^uthp'. de ZVap.r^ '; ji-Lf-: r.':', - ^or ; ^-',.'» ;»rr» »'' (/» r^r.r,*; Jeanne r.r,:< >, .: *-; vi;'. n *^ tf^^^^écu^: ^z'-^. 1^

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II I s T O I n E de Septembre qu'elle y dura , elle emporta les trois cinquièmes dts hahitans , et entr'autfes citoyens romarquîibles , Jean Villani , qui a écrit l'bistoire de cette répulilique depuis son origine jusqu'à cette année, avec une véiité et une caudeur dont il seiait à souhaiter qu'il ne se fût pas départi dans les événemensétrai^ers qu'il }' mêle. Son ouvrage futcontinuéparMatthieu Villani son frère. La contagion passa aussi tôt d'Italie en France et en Espagne, et les deux annéessuivanlesen Angleterre , en Allemagne et au fond du Nord. A Paris, la mortalils fut si grande , qu'on porta long-temps plus de cinq cents cofps par jour , de l'Hôlel-Dieu au cimetière des Saints-Innocens , nombre prodigieux relalivenienl au peu d'étendue qu'avait alors la ville. Cependant les malades ne manquaient point de secours ; les religieuses consacrées à leur service , loin de se relâcher par la crainte si naturelle à leur sexe , redoublaient, à proportion du péril, leurs -assiduités et toutes les attentions de leur charité héroïque. Plusieurs d'eiitr'elles moururent; mais elles étaient aussitôt remplacées par d'autres , que le sort des premières ne taisait qu'animer.

Pour la consolation des malades et de ceux qui les soulageaient , le pape donna pouvoir à tout prêtre d'absoudre les uioribonds de toutes sortes de péchés , et de leur accorder une indulgence pl^nière ; et aux fidèles qui leur rendaient quelques bons offices dans leurs soiiffiances , ou qui les ensevelissaient après leur mort , aussi - bien qu'aux prêtres qui leur administraient les secours Bpiri'Liiels , il accorda des indulgences proportionnées à leurs travaux. Ces idispcnsations libe- , raie» des trésors de l'église excitèrent merveilleusement les malades à bien mourir, et les ministres de U charité à les servir avec constance. S'il se lencontra de lâches pasteurs qui abandonnèrent leurs troupeaux , une foule de religieux intré]iides les suppléaient avec avantage , sans que le grao<j

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nombre d'entr'eux qui périssaient journellement , pût amortir l'ardeur des autres. Ce terrible fléau emporta un très-grand nombre d'excellens sujets sur-tout , lesquels soutenaient autant leurs communautés par leurs bons exemples que par leur doctrine : ce qui causa par la suite une diminution notable de régularité : tant il importe , jusque dans les meilleurres œuvres et dans les épreuves les plus salutaires de leur nature , de parer avec une sage prévoyance aux inconvénieris qui en peuvent résulter. La maladie fit relâcher*la rigueur de l'observance dans la nourriture et dans mille autres choses , et l'on n'y put revenir quand la maladie fut passée. Entre les illustres victimes de la charité, on compte Bernard de Sienne , instituteur de l'ordre du Mont-Olivet , qui fut atteint de la contagion en servant ses confrères.

A Florence , la mortalité donna lieu à l'établissement de l'université , que les magistrats sollicitèrent et obtinrent du pape, afin d'attirer de nouveaux habitans et de rendre à leur ville quelque partie de la splendeur qu'elle avait perdue. La désolation publique prouuisit en Allemagne des effets tout contraires. Les peuples commencèrent à se flageller publiquement , d'abord sans concert entr'eux et sans association , mais par une impression simultanée de terreur, et sans autre dessein Sue d'appaiser la colère de Dieu. Ce fut bientôt es confraternités séditieuses efrune secte hérétique de flagellans , non \noins superstitieux ni moins téméraires que ceux qu'on avait proscrits. Ils disaient que le sang répandu dans ces flagellations, se mêlait avec celui de Jesus-Chrîst pour la rémission des péchés ; ils prétendaient s'absoudre les uns les autres , se vantaient de faire des miracles , et sur-tout de chasser les démons; ils menaient avec eux des femmes qui s'en disaient délivrées , qui se dépouillaient jusqu'au sein pour se flageller comme les hommes , et qui firent justement ap-

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préheiKÎcr pour la pudeur des dangers beaucoup plus grands (i).

Le pape , informé de ces superstitions par des députes de l'université de Paris qui les avait déjà condamnées, lit' publier, en confirmation, une }}uUe qu'il adressa à rarchevèqiie de Mayencô "et à ses sutn-agans. On devait d'jtbord avertir tous les fidèles , clercs et laïques , de quitter ces associations; et s'iIs.n'obéissaienl , les y contraindre par les censures ecclésiastiques et par les voies ]iirjdiqûes les plus expédilives. Comme les (lagellans se trouvaient en très-grand nombre à Strasbourg, à Spire et dans toute cette frontière de France , le roi Philippe leur défendit , sons peine de mort , de mettre le pied dans son royaume , qui parait en avoir étç totalement préservé par celte sévère prévoyance. Ils se dissipèrent insensiblement en. Allemagne, par la vigilance des prélats; mais la superstition ne disparut que pOur faire place à la plus a.engle et à -la plus féroce vengeance.

Le peuple imagina que les juifs étaient les auteurs de la peste , et cette idée bizarre prenant dans toutes les têtes faibles , se répandit dans les diverses contrées de l'Europe, mais sur-tout dans la Germanie (i): On s'éteva tumuttuairement confire les malheureux eùfans de Jacob , qu'on proscrivit sans autre examen , qu'on massacra , qu'on brûla, sans distinction d'âge , de sexe, de rang ou d'emploi : ce qui leur causi^ un désespoir et un dépit si aiiieux, que lesmèi-es craignant qu'après leur mort on jie baptisât leurs enfans, mettaient le feu à leurs maisons, puis y jetaient ces innocens et s'y précipitaient elles -mènïes avec leurs maris. Pour arrêter une barbarie si capable de tendre le christianisme odieux, le pape publia deux huiles dans l'espace de trois mois. Par la pre- Jnjére , ii défendît a tous les fidèles, et défaire

[() Alb.Arg.p.143. (3}Conl. Nang.p.Sog. Alb.Arg.p. i^J.

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Irîolence aux juifs dans leurs corps ou dans leurs biens, et de les contraindre à recevoir le baptême. Mais ce décret n'ayant pu calmer la fureur d'une populace aigrie par la continuité du mal épidémique , il enjoignit aux ordinaires de publier dans les églises défense , à peine d'anathème , non-seuleinent de tuer ou de frapper les juifs, mais dé poursuivre autrement qu'en justice réglée les difFét*ens qu'on pourrait avoir avec eux. Et joighant la persuasion à l'autorité , il les justifie du crime qu'on leur imputait , en faisant observer que la peste n'avait pas épargné lés juifs plus que leà (chrétiens , et que dans les pays où il n'y avait point de juifs pourien infecter l'air et les âlîmefis, comme ôii le préterîdait , elle n'avait pas moins fait de ravages qu'ailleurs. Cette sage attention empêcha toutes les violences à Avignon et dans le voisinage; înais elles continuèrent presque par-tout ailleurs ^ prin(fi paiement au pays du Rhin pendant le cours de l'année i349. On fait état de plus de douze mille juifs qui périrent dans le seul district dô Mayence.

Les calamités publiques n'éteignirent point les dismentions, les factions politiques, ni les troubles. Les seigneurs opposés à l'empereur Charles de Luxembourg , résolurent de déferez l'empire à Gunthier , comte de Schuartzbourg en Thuringe , connu pour iin dè^ plus grands guerriers de son temps (i). Il refusa d'abord; mais il consentit ensuite, suppose que les princes assemblés à Francfort déclarassent le trône vacant , et qu'il fût choisi par le plus grand nombre des électeurs. Il le fut en effet , le 2 Février de cette année i349 y P^^ quatre de ces princes , qui n'étaient que sept de droit : maïs lè suffrage que lui donna Henri de Busman, devenait équivoque par le schisiûe du diocèse de Mayence, dont une partie tenait toujours pour l'archevêque

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(i) Alb. Arg. p. i5o.

Gerlac de Nassau. Les trois autres éleclewra qni Joiinèrcnt. leurs voîx à Gunlliier , furent Louis , marquis de Eratidebourg , fils de Louis de Bavière , Hhodolfe, coaile palatin du Rhiff , et Henri <Iac (le Suxe , qui s'était toutefois déclaré en premier lieu pour Charles de Luxembourg. Sis semaines après celle élection , Gunlliier fut reçu comme empereur à Francfort.

Le dixième jour de Mars, il y fit un édit conça en ces termes (i) : Notre prédécesseur, l'empereur Louis d'beureuse mémoire, ayant ordonne que celui qui est élu roi des Romains eût la pleine administration de l'eropireavantla confirmation du pape ; de l'avis de nos princes ecclésiastiques et laïques, nous ratifions et renouvelons cette loi par ledit présent. Ainsi nous déclarons nuls tous actes faits au contraire , notamment les décrets des papes en ce genre, comme répugnant à la doctrine apostolique et cbrélienne , puisque , selon toutes l«s lois Jivines et humaines, le pape lui-même doit être soumis à Tempereur, et que l'empereur, quant au temporel , n'est soumis , ni au pape , ni à aucune autre personne sur la terre.

En conséquence d'une déclaration si contraire aux préjugés du temps, on s'attendait à des révolutions ou à des agitations nouvelles , quand , par une mort qui ne donna pas moins à penser que celle de Louis de Bavière, les desseins de la provi- . dencepour la pacification de l'Allemagne se trouvèrent tout à coup consommés. Au commencement du mois de Mai , Gunthier de Schuarlzbourg , qui était toujours à Francfort, y tomba malade, et prit «ne médecine qu'on eut tout lieu de croire empoi- Bonne'e. Le médecin qui l'avait goûtée, mourut dans les Irois jours. Gunthier enfla sur le champ, éprouva une contraction de nerfs qui lui ôta l'usage des mains , et mourut dans le mois. Mais aupara- .

(a) Gold- Const- 1. 3,p.4i4.

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