DE I,' E G L I S E
Tant il se désista de ses prëlenlions à l'empirp, et conclut sa réconcilialion avec l'empeieiir Gliarles, par la médiation du marquis de Brandebourg , qui refusa lui-même l'olFre qu'on lui fit de l'empire, et reçut de Charles l'investiture de son marquisat. Il lui rendit en même temps cerlaines reliques estimées très- précieuses , et nommées reliques de l'empire, qu'on avait coutume de passer de l'empereur défunt à son successeur , mais que les troubles de Germanie avaient fait garder au marquis de Brandebourg , comme fils aîné de l'empereur Louis de Bavière. Elles consistaient en «ne lance , que les uns donnaient pour celle de la passion , et les autres pour celle- de Gharlemagne , en une partie considérable de la vraie croix, nn des clous du crucifiement , et la nappe qu'on disait avoir servi à la cène de Notre-Seigneur.
Les villes et les peuples , à l'exemple des princes, se soumirent sans peine. Il n'y eut pas jusqu'à ces frères mineurs si opiniâtrement attachés au scbisme de Louis de Bavière, qui ne voulussent rendre leurs hommages à Charles de Luxembourg , et préparer ainsi leur retour au centre de l'unité. Le peu qui » en restaitàMunich, s'adressèrent au chapitre général de leur ordre qui se tenait à Vérone , et qui présenta requête au pape en faveur de ces frères repentans. Le pontife touché adressa au général upe bulle qui lui donnait pouvoir de les absoudçe, après qu'ils auraient fait leur abjuration et renoncé spécialement aux erreurs de Miche! de Césène , quoique mort pénitent suivant la commune renommée. Ainsi fut éteint, avec le schisme d'Allemagne, le feu de la discorde, qui, depuis l'an i'i:i'i où Jean XXII élendi-t le pouvoir des clefs sur les dioits les plus inaliénables du sceptre impérial , dévasta l'empire et l'église, sous trois pontificats , durant vingt-six ans. Leçon terrible, et néanmoins salutaire, qui parut tarir enfin celle source de schisme si longlemp féconde ; mais il s'en creusait une autre sous
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la chaire même de Pierre, toujours éloignée desî lieux consacrés par sa sépulture , et presque ûxée sous un climat étranger par l'acquisition que venait d'y faire son dernier successeur. Le mal croissait lentement ; ses progrès à peine sensibles entretinrent encore près de trente ans une sécurité trompeuse : on n'y fit qulune attention superficielle ou Ï>assagère , et quand oh y voulut appliquer enfin e remède eiBcace , le mal se déclara a une manière q-ui fit connaître alors toute la profondeur de la plaie. Mais voyons ce qui devait encore préparer et lùener, pour ainsi dire, à sa maturité, cette funeste production dé l'esprit d'engourdissement et de l'oubli des anciennes maximes.