‹ Histoire de l'église. Tome douzièmeChapitre 56 sur 64 · Tome FIL Pp · texte numérisé non relu

Tome FIL Pp

Aujourd'hui qu'il est plus (le calme dans le» tétesetârabl mœurs , qu'une vie et une culture tout difrércnlcs donuent plus d'aptitude à penser ei à méditer ; qu'on reprenne, »U bonne heure , sur In lougueur et la multiplicité de ces offices , pour donner h la lecture et à la niéditalion des liirei eaints. Aussi Toyous-nous , entre les premiers pasteurs, Au hommes pleins de vues également saines et saintes , prérérer le chaul posrf etréfli'chi de l'oflice d'obligation , à ces longueurs de surérogntion , trop eouTent acquittées stcc nae précipitation indécente.

£t long-temps auparavant , le corps même de l'église, par l'organe de ses chefs , n'avail-il pas frayé la route à une administration si sensée 7 Ne lui vit-OD pas approuTcr , dêi le seizième siècle , un ordre céUbre , où la méditation el le» antres exercices de la vie intérieure tenaLent lîeu dft chœur et du chant ? Et sur ce modèle , combien de coi^é-

Salifins et d'associations ecclésiastiques instituées depuis ce !mps-là , libres de ces longueurs d'offices , de clianta , dç S rière vocale ! L'usage de la méditation , du recneillement, e la mortîKcatioD intérieure ne les a rendues , ni moins édifiantes , ni moins Utiles à l'église , que les ordi'es les phis .assidus au chœur , et les plus austères.

Ainsi , dans tous les déhordemeus du vice ou du relâchement ,'le remède ou le correctif naquit presque aussitôt que le mal. C'est pour vous rendre plus sensible celte conduite de la Providence en faveur de l'église , que nous en avons tiré les preuves et les exemples , des siècles même où la. pénitence ancienne éprouva les plus rudes attaques , c'està-dire ) des Vemps si excessivement décriés sous le nom des> siècles d'igaorance. Toutefois l'usage de la pénitence caoont^ae s'est maintenu durant tout ce deuxième âge , et bieu ava,nt encore dans le troisième. Donc elle n'a pus trouvé sa. ruîoe dans les rachats et les commutations , accrédités surtout depuis le milieu (lu huitième siècle jusqu'à la tin du onzième. Vouloir que la seule indulgence des croisades ait j)roduit le relâchement que tant d'altérations ou de dispeTVses précédentes n'avaient point introduit , c'est une préteatiou trop manifestement suspecte , pour qu'il soit nécessaire de la combattre de front. Laissons sans crainle les âmes droites se décider elles-mêmes , et pressons-nous d'indiquer les secours infinis dont l'église fut prémunie contre ce genre particulier de relâchement.

Noh, jamaisiln'y eut plus d'asilesouverts à lu pénitence , qu'il l'épcque donnée par de faux zélateurs pour celle de son dépérissement. Que de péuitenset de pénitences de toute espèce établis publiquement et sous l' autorité de l'égli^ , dans la multitude et bi viiriété presque intinie des ortft'es religieux qui furent iastliués duraat ie tloaiAme , le i#û>

frièmis et le quatorzième siècle ! C'est alors que partirent cet solità-ires , aussi mortifiés et plus dëpendatis que ceux de la -Tbébaïde , sous l'étendard de Bruno ) ces anges terrestres qui firent un entier divorce avec le monde , et ne récurent plus que pour le ciel , sous les livrées ou là règle d' Augus*

»'f ces nouveaux enfans des prophètes y ces jpieux habitans Carmel , dont la conVersatton j comme celle de leur père Elie , était toute entière dans les cieux ; ces anachorètes plus extraordinaires encore , inconnus à l'antiquité la plus lumineuse , et si justement renommés sous lé nom de re* cliis, dans les temps les plus déplorables de la décadenca des mœurs ; ices émulateurs de la sainte pauvreté des ap6« très et de JcsusrChrist même y à la suite de François ; cei prédicateurs et ces modèles de la pénitence , disciples soiV de François y soit de Dominique ; ces chanoines réguliers , dignes de leur état et du nom de Norbert, leur chef ^ ces sauveurs des corps et des âmes tout ensemble y suscités par Jean de Matha et Raimond de Pegnafort y pour la coiisola* tion de la chrétienté y dans ses jours les plus malheureux j enfin , ces chevaliers religieux y ms héros pénitens y toujours prêts À s'immoler pour le salut Ve leurs frères y et comme une digue inébranlable, opposés à l'impiété barbare , ea Palestine , en Espagne, et jusque dans les habitations lep

5 lus sauvages des nations teutoniqnes* Ajoutons que le régime e tous ces grands corps , au moyen de leurs agrégations respectives et de la célébration régulière des chapitres gén^ raux y acquit un degré de vigueur et de consistance y où ce cenre de vie n'avait pas atteint dans les plus beaux jours de l'antiquité. Or , pouvait-pn fournir des moyens de pénitence plus emcaces que ceux-*ci y plus abondans y mieux assortis k la diversité des goûts et des forces , plus propres à détacher le cœur du péché , à désarmer la divine justice y à prévenir la rechute , à acquérir la charité , l'humilité , la mortification des sens et d!es passions y toutes les vertus en un mod dont la pénitence doit être le germe.

Dans les temps où la pénitence publique était le plus ei^ vigueur , il y eut y nous le savons , et nous ne vous Tavoni pas laissé ignorer , quantité de solitaires y et des ordres enn tiers de cénobites : mais la prière et le travail des mains faisaient leur seule occupation ; et cette uniformité paisible ^

f»our des hommes aussi différenciés par leurs goûts que p^r eurs visages , offrait peu d'attraits à bien des penchans , qui ne sont pas néanmoins incompatibles avec la sincère conversion du cœur. Cette réflexion plaira peu sans doute à ces critiques chagrins des études et de tous les travaux monàsti^ ques , h l'exception de ceux où le corps seul agit. Mais qvtt ti' ont-ils pas censuré en ce genre ? L'approbation solenueill^ des papes et des conciles ^'a pu so|istraire à leur témérité 9

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■nions si

SgiS Dtscouns.

li rÏDslitulioUtlesreligieux militaires, ni l'inslitutïon mente "'s parle

is, qui 1 TagiiEï

âes ordres inmdii

ciel en faveur de l'ëj^llsn mill tiinte , qu'ils ont a ment serrie dans tous les siècles siiffranit. Pour non; craignons de nous perdre dans ces vnpB profondes on qui vont plus loin que celles de l'église , el qui uoui me&fait un principe d'éviter cette sagesse intempérar rëproHTC l'spôtre , noDS ne pouvons que bénir le Seicneur d' avoir présenté , dans les institutions religieuses de cncTalerîe , des moyens de; pénitence et de salut à la partie même des fidèles qui était la plus éloignée du rojaiinie île Diea. Après tout , le Dieu des .innées n'esL~il pas aussi le Dieu et le Sauveur des guerriers? el les exercices de la gitcrre , pour être unis & ceux de la religion , en deviennenl-i U jilus illégitimes '! £□ général , parmi les imititutions diverses du, troisième àgp. , dans ces difl'éreutes demeures de la luaisea de Dieu , corahien de facilités nouvelles pour la conrersioii et la sanctification des fidèles de tous les rnngs , de tous lu goAts, de tous les caraelèrcs ! Tiers-ordres, filles chrëtiennes nommées béeuinc^ fi'ères couvers . oblats , donnés; tous ces grudss aussi mulo^liés que les dispositions naturelles et les attraits de la grâce , ouvraient , et une lice k la Ïéniteuce , et un refuge à l'innocence , pour les ssvans et ;s ignorans , polir les nobles et les serfs , pour les vierges et les personnes engagées dans les liens du mui-iage , pour tout ce qui n'avait pas fait du crime son élément fji.e. Or ceué vie pénitente du cloître , loin de pouvoir être accusée de relAchement, en compiiraison même de l'ancienne rigncur des canons , fnl quelquefois portée à des eïcès que les deux puissances crurent devoir l'une el l'autre concourir à modérer- Toujourselle fut réputée si rigoureuse, qu'on ne rim[>osa jamais , môme pour les plus gi'ands crinaes. - Combien de ressources encore ne trouva point l'élise , quand la pénitence canonique commen^-a iv se relâcher afin d'y suppléer autant uu il était possible ? Vous savss J<

it précis que fil, a

zièm

tous les tidèles k se confesser E'acquitter de la pénitence qui leuv décret authentique qui ait fait une confession annuelle , et cela sous privation de La sépulture chrétienu aux pécbés d'une certaine grtéveté

tère , le concubinage , une flétrissure légale qui a élé perpétuée fiisqu'k nos jours. On diirouapareillcriicnl à l'anathème et k la diffumatiou ,:les bi«triuns , les juiigl'ïnrs , tout les fauteurs d£s passions d'ignomlHie , tous Iiï.ï corrupteurs (les moeiukicUrf^ticwieB. Pour des. i^nreuiuus el tle& «bus-

siècle , le quatrième concile de Latran , pour obliger . ljm.. . __ L' .oins une fois l'an, et à

' serait imposée : premier obligation générale de la.

peine d'anathéme et de e. Alorsaussioiiimpriinx :1s que l'usuro , I adul-

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moins griefs , ob eut encore soin de pourvoir à F expiation' et à la réparation convenable , en réservant le pouvoir d'en absoudre à dès ministres choisis. Quedirai-je de l'homicide et des autres délits ^ dits ensuite privilégiés, pour lesquels la puissance temporelle^i'infligea long-temps que des amen-*' des pécuniaires ^ aussi insuffisantes que les peines canoniques ? Pour arrêter ces désordres , quand cette insuffisance' eut été reconnue , les pasteurs se bornèrent à sauver les anies ^ et abandonnèrent les corps au bra^ séculier : £h qui. niera que ce genre de crimes n'ait été réprimé par-là beaucoup plus efficacement que par l'observance la'plus littérale des anciens canons ? Je pourrais encore alléguer ici les jubilés , les missions , les retraites , les saints refuges ouverts en particulier aux pécheresses publiques , et bien d'autres jnoyens <ie suppléei* aux observances anciennes ^ mais nous en avons dit assez pour«iles fidèles sincères , à qui les idées outrées de réforme ne peuvent qu'être suspectes. Il suffit de leur rappeler ce qu'ils ont lu des vaudois ,- des pauvres de Lyon ^ des fratricelles , et des précipices où conduisit tous ces faux' pénitens la folle envie de renchérir sur l'église. Passons aà troisième chef des relàchemens, qu'on reproche encore aii troisiènie âge.

La lecture du septième volume de cette histoire a dd voutf convaincre de notre sincérité , de notre sévérité même à relever tout ce qu'il y eut d' irrégulier dans la- marche des papes qui transportèrent ou affermirent le siège apostolique hors des lieux conSbcrés par les sueurs et le sang des saints ap6tres.40ious n'avons rien à ajouter au tableau que nous '^iM>usavons présenté des maux et des abus sans nombre qu'en* traîna cette transmigration à jamais déplorable. Elle porta une atteinte mortelle à la résidence , le premier devoir de l'état pastoral et la base de tous les autres. Les prèti>ets et les prélats , comme le reste des- fidèles , entreprenaient auparavant le voyage de Rome , sous prétexte de pèlerinage : on fit aussi souvent celui d'Avignon , quoiqu'on n'eût plus à- se couvrir de ces couleurs de piété ^ on allait souvent , et l'-on séjournait long-temps à Eome^ en conséquence des appellations , des citations et des procédures , déjà multipliées à l'excès: la faiblesse du gouvernement d'Avignon , gêné de tonte part , contrarié sans fin , dépouillé chaque jour de quelqu'un de ses meilleurs domaines , destitué des ressources les plus ordinaires , fut réduit à prodiguer encore davantage ces actes de rigueur , dont la multiplication est l^ preuve la plus sûre du déclin de l'autorité. Aussi jamais les interdits , les excommunication^, tous les foudres du Vatican ne grondèrent avec plus de bruit qu'alors , ni peut-; lêtre avec moins d'e^eX.

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Discours.' mulLipligreiit h l'égal des ceosiiN Comme celles-ci lombaicnl souvent Bur des personnes pu! ^ sanleg, et quelquefois surdesprinclpimtésct ilesrëpubliqum entières qui sVa inquiétuieut peu , il t'iillail en Tenir aui coiiféreuces et hux oéj^oeïatîoiis , poar saureraa iuoîd» quelque clios» de l'auturité compromise , ou plutàt pour es sauver lu forme , au défaut de la r<5alilé. Or , autant il j avait de pareils truites k conclure , autant il fallait expédier de lé^jats, depuis les colonnes d'Hercule jusqu'à la KÔne glacée de l'Ourse. U est vrai que dans la plupart des régions il y tivaîi des légais-ués , c'est-à-dire , des évèques revêtus de la légation par la prérogative de leur siège -- mais 'e pape prenait moins de confiance en eui , et dans les pcé- 'il commettait spécialement sur les licu!t , que ieux qu'il y envoyait d'auprès de sa personne , et qi» oa laitpour cela légats à lalere. Ce qui aliéna souvent les prélats nationaux 1rs plus qualifiés , dont on anéantissait ainsi les droits locaux et la suréminence naturelle. Lesl^ eats à lalere assemblaient des conciles ; ils y présidaient , ilsy décidaient presque souverainement , etlesévêques n'y donnaient le plus souvent qu'une approbation de céi-énionie. Ainsi tombèrent insensiblement les conciles provinciaux et l'autorité des niélropolitntns , qui n'en conservèrent qne te titre, avec le privilège stérile de porter le pallium, et de se faire précéder d'une croix, De lu vint aussi !» préséance d«9 cariliiiattx , non-seulement sur les évoques dont ils avaient communément le caractère, mais sur les arclievéques et sur les primats , contre l'usage constant de l'antiquité.

Ce fut sur-tout la résidence qui soufl'rit de cette Vmini»tration arbitraire. Ces légata^vjques , perpétuellement en courses et en commissions , ne se montraient qu'en pauant dans leurs. diocèses ; plusieurs d'entr'eux finissaient leur vie avant )é«rs ambassades , sans que le pasteur edt été tu de Sesouailles , ni qu'elles en eussent entendu la voix. AvaientlU rempli une commission ? [1 fallai t en référer au sonveraia pontife , qui les faisait aussitôt repartir pour une antre , ou qui les retenait pour le conseil , quelquefois pour le seul Ils se souvenaient a peine des oblii^ationa nata— li les demandaient dans leur propre église. Evèques et cardinaux tout ensemble, malgré l'énorme prépondé' rance de l'une de ces cburgessur l'autre j ce qui n'était que de l'institution des bommes, parut babîtuellemcnt l'emporter sur le droit divin , durant la I un gue détention de l'i^glise romaine hors de Rome. L'usage avait tellement prévalu pour les cardinaux , évèqnes ou libres , de résidera la cour d'Avignon , que le bienlieureux Pierre de Luxembourg , modèle d'innocence et de piété, alla s'y étnhlir " •

que de Metr. , dès que le chapeau de cardinal

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quoiqu'évi lui i:ut é

Discours. S99

éonfôré. CTest de Tëpoque indubitable dg clît ëublîssement , que les critiques concluent à celle de &a promotion eiTectiye au . cardinalat , pour lequel il avait été désigné deux ans plutôt : tant Tusage était constant , au moins pour les cardinaux de Clément VII j de résider à la cour pontificale. Mais est-il encore besoin de preuves à ce sujet , après les manœuvres que vous avez vu pratiquer aux cardinaux français d'Avir gnon , pour empêcher le pape de retourner à Rome ? Leur grand motif était la crainte de s'expatrier , à quoi les réduisait la nécessité d'accon^pagner le souverain pontife , et de u*avoîr d'autre demeure que la sienne.

L'Italie seule , par la multitude dés légats et des nonces ^ nécessaires pour administrer et défendre les domaines qu^y conservait le saint siège , tenait une foule d'évéques éloignés de leurs peuples. Et jamais fut-il nonciatures ou légations plus orageuses 7 Quels désordres et quels scandales n'occa* sionna point la légation du cardinal-évè^que d'Ostie à liologne , où il se fit soupçonner de vouloir asservir les citoyens soùs la puissance temporelle du saint siège ? l^a seulô entreprise des Vénitiens sur cette ville contre les prétentions politiques des papes et des légats , leur attira une bulle des plus foudroyantes qui fût encore partie du Vatican. Pour tout dire en un mot , on les traita comme les ennemis les plus o^lieux du nom clirétien : le pape fit prêcher la croisade contre eux , et mit en campagne un cardinal-légat, revêtu de la commission , non plus de négociateur, mais de général, et suivi d'une armée qui enfla le Pô du sang des fidèles. On vit les Florentins et la plupart des républiques ou villes libres d'Italie , poussés avec la même violence , quoiqu'avec Un succès bien différent , par le cardinal Robert de Genève , depuis pape sous le nom de Clément VII. Les Viscouti se rendant souversins à Milan , et ayant peu d'égards aux prétentions de r<$glise romaine ou des légats , le pape accorda toutes les indulgences de la Terre-Sainte à c^ux qui mar»-. chaient en armes contre ces princes. Enfin , dans les dé-mêlés interminables des maisons d'Aragon et d'Anjou , aa sujet du royaume de Sicile , ce furent encore de nouvelles croisades , suscitées tout à la fois contre l'une et l'autre de ces races augustes , par les papes équivoques , qui , pendant le grand schisme ^, partagèrent les cours ainsi que les églises.

S'il y eut de Tabus dans les croisades , ce que tout notre zèle ne nous empêche pas de reconnaître , il consista principalement k les multiplier ainsi. C!est l'observation qu'un esprit d'équité et un godt de raison demandent qu'on fasse du moins en passant. D'abord il fut abusif de les étendre aux païens du Nord , ainsi qu'aux hérétiques 5 puisque la. conversion doit être Touvrage de la persuasion , et non pas

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DlSCOlTK*.

de la conlT-aiate , on ne pouviiit légitimement qne se tpoïr sur la tliSfensive, ifrec ces ToisînB înd<5pendans ; et landi) qu'ils ilemeuraient tranqiiilli'S , il était injuste d'entrer de Tire forte dans leurs domaines , el beaucoup plus encore , de les leur ravir sous préteste de religiou. Que penser donc, nonoLslant la doiiatiou pontificale et tout l'appareil imjposaut dti la croisade , que penser des conquêtes de l'onlre teutonique sut' les Prassiens , les LiTooiens et les Cnrlandais ? M.-iison n'avait pas mSine ce vain prétexte de l'inSdclité , ni celui de l'hérdsie , pour coinl>altre en Italie, pur exemple, les princes et les répuldiques contre lesquels cependant on marcliaitsousr^lendard de la croix, comme on aurait pu faire contre les ennemis déclarés du cliristianisme.

Ite^irenons notre objet ; le seul exemple des papes fiife hors fle Rome , portait uu coup mortel à la résidence pastorale. Souvent ils renvoyèrent len dvèques el les autres faè-

néficierg à leurs églises ; ils le pathétiques, ils portaient de dblignr a y demeurer ; mais ( leur.con<litite ned^mentU, 4eus-inême9?Leurs adula teu de leur pouvoir avaient bea

fai décrets

etles

■ frti

t des exhortations rigoureux , poUr les -ils à leur dire , que e pfll leur répliquer agérateurs intéressé»

re entendre , que .

l'église, en quelt

1 quelque

leur juridiction s'étendai endroit qu'ils fissent leur séjour, dre la loi sacrée de la résidence ; les primats au moins et les archevêques , tout en gardsTit un silence politique , se flattaient, k proportion du premier pasteur , qu'en quelque partie de l'élat qu'ils babitasseut , ils ne sortaient pas des termes de leur juridiction. Ainsi les arcUevAques de Ljon et de Sens cédèrent quelquefois sans scrupule anx attraits que le Kéjiiur de la capitule offrit de tont temps à l'ambition ou à la dissipation de certains préluts. Mai^ pou ces passions, est-îl besoin d'analogies s' ' si ConsiSquentes 7 L'esemple seul, bie suffisait pour entraîner le torrent des i

Les pii[e3 d'Avignon , pour prolonger leur srfjoor'sur ce» btrds clieris, prétexianl la commodité plus grande oA Us y étaient de iravaillcr à la pacification des princes chrétiens, particulièrement des rois de France el d Angleterre, pen* dant le règne orageux de Charles VI; les évêques ini^tnèrent fi leur tour que les soins politiques, et quelquefoia les exploits militaires pouviiient leur tenir lieu des saint» tvtivuux du sacerdoce , ou du mi de se p.irtager entre des fonclii linlauce ne uiHnqi le plus estimable

■ nourrir justes , d'inductions n ou mal appliqué , lasteurs ainsi ijue des

qu'il leur étiiit permis I inconciliables ; et la point de pencher du cAié qui paraissait X yem de lu chair et du sang. Que sont

«n effet pour un politique la, lecture et la mëditatlon des livres saints , l'exercice de la prédication , si propre néan-. moins dei^ premiers pasteurs, la cëlébratiou des divins offices, et tout ce qui concerne le culte sacré ? Ce ne sont là pour lui que des amusemcns puérîlâ, ou des occupations plus dignes du cloître que de la prélature : d'où il arriva , au tenips dont nous pai^ons, que les frères mineurs et prêcheurs, prirent un ascendant si extraordinaire dans l'administration des choses saintes. Du reste les premiers prélats commettaient leur pouvoir spirituel à quelques vicaires , ou h quelques suffragans , choisis entre des sujets obscurs ; et ils se réservaient le gouvernement temporel auquel ils associaient encore les talens distingués entre leurs subalternes , qu'ils n'imaginaient pas pouvoir exercer plus dignementetAinsi la résidence même de ces coopérateurs , occupés , aCTOblés des affairés du siècle , n'était plus qu'une résidence indifférente et nulle par rapport aux devoirs ecclésiastiques. • Telle fut une partie des scandales qu'entraîna l'étrange déplacement * du siège apostolique. .

Observons cependant que tous les papes d'Avignon ne sont

»as, du moins au même degré , comptables de ces désordres.

]e déplacement une fois exécuté et quelque temps soutenu , imposa une sorte de nécessité aux papes suivans. Les grands et les peuples se brouillèrent en Italie ^ les Gibelins se relevèrent 3 les revenus de l'église furent distraits , ses officiers chassés ou maltraités, ses domaines usurpés 5 les Romains se mutinèrent , ils multiplièrent les partis , les cabales , les périls , et leur pontife enfin ne put plus se promettre de tranquillité ni de sûreté parmi eux. D'un autre côté , des princes puissans, h. qui la proximité du père commun des hdèles paraissait un titre efficace^fe prédilection à leur égard j firent jouer toutes sortes de machines , pour le fixer dans l'enceinte de leurs états. Souvenez-vous des difticultés qu'ils firent , par l'organe du docteur Orême , au pape Urbain V, qui se disposait à rétablir le siège romain dans Rome. On alla jusqu à lui faire scrupule de son détachement pour le^ .lieux qui l'avaient vu naître : on osa mettre sa conduite en opposition avec celle du fils de Dieu , qui avait toujours ré- «(îdé dans sa patrie. Quaud Grégoire XI , a jamais véuérablé pour l'exécution de cette grande oeuvre-, fut au moment de la consommer , le roi Charles V employa des moyc^ns plus puissans encore pour la faire échouer. Le propre frère du monarque , Louis , duc d'Anjou , se rendit à Avignon j et tant par lui que par les cardihaux , il ourdit une cabale si terrible, que la célérité seule put la déconcerter. Avant cette heureuse exécution, au départ d'Urbain V, déjà l'amour aveugle de la patrie avait excité parmi ces prélats, des mur- Iburés çui firent appréHeu^er une révolte lormelle.

Discotms.

sainte magna nimitt! de ce pontife , et de ceax qni la] it, ne témoigna que du m^prie pour ces tramée out ce qu'où vit des papes distingués par leur i le séjour d' ATÎgnon , Benoit XII , Innocent VI, Urbain V , Grégoire XI, soupirèrent constaainient après lu vraie patrie des successeurs de Pierre. Tous Teillérenf Uniformément àpe que 1b prolongation forcée d'un scandale, presque irréparable , ne fù.t pas contagieux à la rt^idence épiscopale ; tous renïoyèrent avec fermeté les évêques et le» autres Léndticiers à leurs bénéfices^ tous firent des lois sévères , pour les obliger à y résider. Jean XXU et Clément VI cus-Dièmes convinrent de l'obligation où. ils étaient de retonmer à Rome , feignirent toujours d'entrer dans les vues des Ron^pns qui les invitèrent au retour par dilTdreates ambassades , et ue s'en dispensèrent qu'au moyen des termes donnés et toujours manques des nppréhensions afTeciées, et BOUS raille autres prétextesdont ils prenaient soin de couvrir leur faible pitoyable pour le lieu de leur naissance.

Cependant les vrais principes demeuraient profondément gravés jusque dans l'esprit des fidèles de l'ordre le plus «ïommun. De simples religieux , des femmes et des vierges timides surtirent de leurs retraites, entreprirent de longs voyages , et vinrent courageusement avertir de leur devoir 1rs cliefs de l'église. Qu'il vous souvienne de l'infant Pierre d'Aragon, cet nomme â révélations et ft miracles , qui avait tté toutes les g andcurs de la cour pour embrasser vreté de saint François , et qui fil exprès le non , pour presser le pape Urbain Y de re-

rbnmble voyage d' porter li

3 pontifical

Voyi ne en France , i remontrances sages, 2 trop reconnaître pi

prêt à repasser de Kc sur le danger du scliisme, cf suite des événemens ne fit qt pliéliques.

Animée d'un zèle égal, sainte Brigite venue du fond de

la Suède a Rome , avertit le n

fape du sort qui le me- ^ , ^ ne laissa point de Par*

tir : il arriva dans ce lieu fatal le vi net-quatrième de Septembre , et y mourut le dis-neuvième (te Décembre suivant} ce qui fit sur le cardinal de Beaufort cette \ive impression

Ïû eut tout son effet quaud il devint pape sous le nom da régoire XI- On sait qu'il était entré dans la confidence particulière de la sainte ; qu'elle lui avait donné sa prédiction par écrit pour la passer à Urbain , et que , si le respect humain l'empècba de remplir sa commission , il ne lui àbt rien de sa persuasion. Aussi ne lit-il aucune difficulté de bb rendre aux conseils de sainte Catherine de Sienne , qui ta pressa lui-^mème , quand il fut élevé sur la chaire de saia( Pierre , de ne plus urder & essuyer les lailDe» de l'église

l^Maàine. La'ktàbtlîtë du soatfc*aiii potitife âaHB «a propre église , et la loi de la résidence en général dans le temps luéniie où elles furent enfreintes avec le moins de réserve , ne souffrirent donc aucune éclipse : au moins les saiueci maximes préyalurent conistanuBent sur le scandale de l'exemple.

Enfin l'auteur et le consenrateur étemel de Véglise voulut donnei^ à ce sujet une de ces leçons formidables , qui sont réservée» aux scandales de premier ordre. Par le scbisma affreux qu'il permit pour venger l'église romaine de son long veuvage , on put reconnaître le crime de cet abandon ^ et l'on ^en conçut en effet une borreur éternelle. Après ces abnset ces relâcbemens du troisi^ine âge , tous les vœux et toute l'activité des fidèles se portèrent vers la réforme, avec un concert et une persévérance , qu'il fut désormais moins nécessaire d'aiguillonner , que de diriger et de modérer. L'bistoire de l'âge suivant , dès sa première période , en fournira d'amples preuve^.

L'ignorance , le relâcbement , les abus et les désordres de tout genre , tous les obstacles apparens ne sauraient arrêter, que dis-je , ne peuvent qu'avancer les desseins du seigneur sur le corps de l'église et sur cbacun de ses membres. La toute-puissance du Dieu trois fois saint se manifesté surtout , en sauvant l'borame malgré sa corruptiofi. Les difficultés plus grandes servent à former les plus grands saints. Des circonstances plus calmes , et en apparence plus favorables à la vertu , n'eussent pas offert les mêmes combats , ni par conséquent les mêmes victoires , à cette troupe comptée d'élus , pour le salut desquels tout arrive sous le soleil. Yoilk , ne l'oublions jamais , les vues de ciel , dans tous les événemens et dans toutes les révolutions» Tout ce qui mène à ce terme relevé , est ordonné sagement : tout ce qui ne procure qu'un calme passager , est pour le moins frivole.

Que nous importent donc Je flux et/ le reflux continuel des biens et des maux terrestres , des acteurs et dés œuvres qui varient sans fin la scène du monde? Demeurons avec l'église f fermes et immuables , sur la pierse où elle est fon-< dée. L'ordre suprême et sûr , c'est que *ous établissions notre foi sur ses vraisprincipes. Il n'en est que deux -, l'écri-» ture et la tradition. Loin de nous donner l'exemple pour règle de conduite dans le discernement de la vérité , les fastes de l'église , aussi-bien que l'évangile , nous font apprécier les exemples sur la foi et la vérité. Comme les vertus réelles ou apparentes des bérétiques ne prouvent rien en faveur de leur doctiûne ; les vices justement ou malignement imputés à nos pasteurs , ne prouvent pas davantage contre leur enseignement. Il nous est enjoint tout à la fois , et de Ub ^cou^er , et de. i^e pas toujours lei^ imiter* Leui"^

6o4 DiscoTJiisî

Tices mêmes entrent dans l^Tues de ce Soleil Se justice f dontles rayons rejaillissent aussi purs , d'une boue infecte/ que de l'or et du saphir. Dieu le permet amsi , pour nous attacher à lui sans partage , et nous conduire h ses fins par lat voie qu'il, nous a tracée. Il est nécessaire qu'il arrive des scandales ; et ceux que nous venons de parcourir , sont dans l'ordre tout particulier de l'Etemel sur son église. Jamais il n'en fit mieux connaître la vertu divine , qu'en la soutejukut par des ministres vicieux.

Fin du DiscoHn^

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