Tome FIL , C^O
5^8 DisconnS.
■yec vos Ris, de chaînes indignes, tous sent témAÎns it l'ini'aiaie de personnes si chères , si vous no la partage! pe> ionnellemenl ayec elles, d'nne manière encore plus infâme.* Les Orîentau'i , de leur c6lé , ne cessaient de reprdsentrf
fox i-atias , que le sirl dnnt gëinîssaît l'Asie , mcnaçsil Europe j el <]u'à travers li-s ruines de la Grèce , ïes lél»teurs eflJ'énés de l'alcomn se frayaient la roule à Tasservisseinent de loutftja clirétientë- Cette manie en elTet fui toujours celle de l'islamisme. Quand les Turcs préparent une guerre contre les clirdlipiiSj ils ne iuauque»t jainaii d'en r.iire uu point de religion. Des hérauts^ en annoaçant dans toutes les villes la leïée des ti-oupes, y peignent le massacre et Ife pillage , dès que les cliréLîeus en sont rol)]^! , comme des actions agréables à Dieu el au prophète de h Slecque- Telle fut eu parliculier la proctamation-dti sulltn Mahomet II, pour la guerre qui le rendit niaUre de U jMorëe (i). Il lit mime géndrnlement vceu d'exterminer tous les clir<fLÎens, et Faccomplit, antam qu'il fui eu son
Avouons nëanmoins que diff^rens proniotears des croin* Ses mirent en avant Lien des principes sans solidité , et firentliiep des raisonnemens saiis justesse. A s'en tenir k ce bu'ils exultaient avec les expressions les plus empliaiinuei, oii eit dît que le salut de la religion , el la gloire de Jcsu*t^hrist même , consista ieni dans^a pOSGCssion des lieux codkacr^s par sou sang. On semblait oublier que ce Dieu fait homme tient â plus grande injure la vie corrompue des chré' tiens qui sont ses memhres , que laprofanaliou de quelque» monumens tnsensililes ,' et que sa religion est si peu aitacn^e h la lerrp de prumissicin des Hébreux charnels , qu'il nous a prédit lui'iuëme , que , de l'aurore au couchant , il seruit fidore en toiitlieu , et non plus seulement à Jérusalem. Mois ésl-il étonnant qu'un peuple échauffe par desprt^dicaleuri tels que ^Pierre fîlennite , témoin oculaire el aJJaleur thuusiasle des tjrannies sacrilèges du mahoméifsrae , ai jjorté le ïéle jusqu'àla fureur contre les mahomélans , ,. aient regardés coinme une race maudite , qu'il était delà religion et du devoir d'exterminer 7 Ces conséquences pratiques , n'en douions point , éi.-iicnt outrées et rïcieoses ; mais les mauvais raisonne luens n'ôtaient rien aux l>onne« raisons. Ou applit^uail mal les idées de religion et de devoir; jnais les a.pplicaiious défectueuses de la religion et de se» maximes laissaient auxprincipes d'équité, sur quoi portaient "/oncièreiiient les confédérations chrétiennes contre le» înlidèles, toute leur solidité et leur énergie. Que lu relî(;iu& même ait eu la principale influence dans 1» résolution de ceux qui prenaient la croix; que leurs chefs, tant ccctésias-
P«ul. Luc. l. 1 , p. 574
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tiques qvte politiques , aient sur-tout feit tonner oe moti^ aux oreilles du Tuigaîre> comme le mieux assorti àsa çapa<* pité , ou comme le seul nécessaire à sa simplicité , qui n« formait pas le premier doute sur la justice de la guerre sainte , nous ne voyons pas , ni que ce motif secondaire ^ ajouté ifU motif capital et direct, in ricie dans sa substance^ ni qu'on puisse faire un crime aux conducteurs despeuples^ de leur avoir proposé le plus souvent les raisons les pluft efficaces pour le temps ^ quoique les moins concluantes en elles-méiiies.
On les animait sur*tout pax* la vive peinture de ce qu'a* Taienta souffrir leurs frères d'Orient, sous des maîtres durs, fantasques , impies , qui les vexaient dans leurs biens et leurs personnes ; qui k chaque instant mettaient dans lé .dernier péril leurs propriétés , leur vie , le sort de leur famille ; qui insultaient' à. leur foi , s'appropriaient , profa-* naient , incendiaient leurs églises } qui rendaient en un mo^ leur état semblable à celui des anciens confesseurs y sous le» ersécuteurs idolâtres. Nous n'avons pas oublié quelle fut a patience invincible de ces premiers héros du cbristialiisma , quelle fut leur invariable soumission aux empereurs romains , durant trois cents ans de persécution : âiais quel-* que . opposition que l'on ait prétendu trouver entre cette conduite et celle des chrétiens de Syrie à l'égard de leurs tyrans turcs et sarrasins , il est certainement échappé une disparité essentielle aux sombres penseurs qui, dans la témérité de leur censure , source de tant d'autres écarts j ont osé comprendre saint Jean Damascène , et tous les plus sainte prélats du Levant. Que cet illustre père de l'église , aveo tant d'autres qui brillaient encore de son temps dans pes contrées , ait regardé les Césars comme les souverains légitimes de provinces usurpées sur eux par les brigands de rÀrabîe environ cent ans auparavant ; est*ce là le cas de crier «'i l'oubli de l'aifcien esprit du christianisme, ou de la soumission paisible des premiers fidèles à l'égard des em<* pereurs , maîtres de Rome avant l'établissement même de l'église ? £h qui a donc marqué le terme fixe et précis , où des oppresseurs barbares ont acquis le droit de prescription^ d'une manière incontestable 7 Qui oserait encore juger j dans cette grande querellé , entre différens princes de iaotie .Europe , possesseurs^' o^ dépossédés de la même oouronne < JVous nous gardei^qns bien de pénétrer plus avsnt dans unf inatière si délicaj^ ; ce que noiis en avons touché , suffit pouf inspirer la reserve convenable , tant sur la conduite def chrétiens du Levant au temps des croisades , que sur cell^ de saint Euloge de Cprdbuç , çt dé tant d'au très. martyrs immolés avec lui par les mabométans dXspagoe f dans 1% neuvième siècle.
Quoi qu'ilcn soit des particuliers soiuQui^ au^ lois des^u<n
Dt SCO tins;
sulmans , aa moins les souverains divers des états chr^tîeni l'étuient pas oblig(!s aux. mf-mes ri^gles. Ils traitaient au d'é(^al H égui ayec ces princes infidèles i et »rl<in Baint riiuiiias (i) , qui écrivait dans le ti'tupïi des croisades, îlspouTaient leurdëclflitrla guerre, non pour les contraindre à embrasaT la fol , qu'on ne doit que persuader , oiMis pour
e à la relig
, Et , dés te premrer ii de réélise , les princes chrétiens se sont crus en droit de défendre les chrétiens étrangers opprimés h raison de leur foi par leui'9 souverains. Ainsi avons-nous vu TItéodose le Jeune refuser derendre au roi de Perse les chrétiens persuns réfugiés sur les terres de l'empire , et lui déclarer la guerre pour faire cesser la persécution (a).
Ne tentons pas cependant de justifier tout ce qui s'est fiil dans ces ligues animées de l'Occident contre l'Orient. SI l'on doit éviter celte censure impie qui bUnie tout ce qui intéresse la religion , il ne faut pas donner dans cette prévention superstitieuse qui approuve tout ce qui a la religion pour fin. Eli qui pourrait applaudira cesutiroupeniens confus d'hommes, de femmes et d'enfans, de prêtres et de moines fueiriers , gui firent le fléau , et bientàt après , le scandale es régions qu'ils prétendaient affranchir ; qui luarqaëreol leur pHSsuge , dans leur propre patrie , par le pillage et let désordres de toute espèce ; qui se firent abhorrer par let Grecs même , dont ils se disaient les libérateurs ; qui scunâalisèrriit jusqu'aux maliométanâ , par la dissolution de leurs mœurs , par l'infraction de leurs traités et de ieurt sermens , par les violences et les cruautés exercées sur ceux qu'ils devaient édifier et convertir ? Le plus souvent , à ta vérité, ils ne faisaient en crci qu'user de représailles; maû toujours inexcusables d'oublier que la rigueur mâme des droits , et le succès des armes , ne les dispensaient pas des règles de la douceur évangélique. Au reste , les papes et
Î[uuntité de prélats, par leurs plu in tes et leurs remontraoces rëquentes , ne cessèrent point de les rappeler au ve'rfiable esprit de l'église.
Urbain 11 en particulier, dès la publication de la première croisade , donna des ordres précis pour prévenir laconfu- «ion rt les désordres que pouvaient occasionner de si grands mouvemens. La voie sacrée ,Jit-îl en termes espi es (3) , ou la route de la Terre-Sainte , n'est ouverte qu'i ceu» que leur sese on leur âge ne rend point iuhabiks k cette espédî» tion. Vieillards , infirmes , femmes et enfnns , tous peuvent contribuer à biu succès , par leurs prières et pur leurs aumônes : niais ils ne s'engageront point en personne dans ce voyage dangercns. Les femmes sur-tout n'y seront point admises, à moins qu'elles ne soient accompagnées de leurs
' (i) a. a. y. lo. a. 8. (a) Socr. vij , i8. (3) fioà. monmc\.
maris , de leurs frères , ou d'autres paren§ qui en répondent : il Taudraît incomparablement mieux encore qu elles n'y parussent point du tout. Nous enjoignons la ji^ême réserve y continue le pape , aux moines , aux prêtres, à tous les clercs^ et nous leur défendons au moins de partir sans la permission de leurs prélats. Les talques même doirent être munis de la
il^nédiction et de l'approbation de leurs évêques. Si ces ordres eussent été suivis de l'exécution, le succès edtyraisemblablcment répondu à l'entreprise : on eût au moins écarté la plupart des abu$.
Nous n'entreprendrons pas non plus de pallier les suites malheureuses qu'eurent ces guerres étrangères. L'Europe s'épuîsa de combattans et de finances , l'absence des princes donna lieu aux factions et auxsoulèvemens'; le schisme des Grecs , animés tout de nouTcau contre les Latins , sur-tout parla prise de Constantinople , devint sans remède \ la conversion des mahométans passa dans la classe , oii elle est encore , des choses impossibles , ou du moins de ces entreprises téméraires que l'intérêt même du christianisme défend de tenter. Mais les promoteurs de la guerre sainte n'ayant pu prévoir ces effets , il serait inique de les leur imputer.' £n procédait ainsi dans la censure des croisades, on raisonnerait aussi mal qu'en établissant leur justification sur les avantages imprévus qui en ont résulté : eh que n'aurionsnous point à dire sur cet article , s-'il avait un rapport moins indirect à notre cause ? Contentons-nous de faire entrevoir en passant une surabondance de droits et d' avantageai, qui prouve plus que nous n'avons, promis.
En premier lieu , le commerce et la 'navigation dArent leurs principaux progrès , ou pour mieux dire , leur création, et leur 'véritable existence , à ces transmigrations perpé-* tuelles des Occidentaux vers l'Orient. Les croisés ne furent pas long-temps à se dégoûter des incommodités et des périls» sans nombre, qui se rencontraient dans leurs longs voyages par terre. Après le récita tout ce qu'avaient eu à souffrir eu Allemagne et en Hongrie ceux qui avaient suivi Pierre l'Hermite etGodefroi de Bouillon , les armées qui se croisèrent ensuite prirent le parti de faire le trajet par mer. H fallut dès-lors se procurer des flottes proportionnées à ces' troupes innombrables , se mettre au fait des approvisionne-^ mens , des armemens ^ de l'attaque ainsi que de la défense , des descentes , de toutes les manœuvres ; et l'on y apporta d'autajit plus d'application , que les navires devenaient le seul refuge en cas d'échec , avec un ennemi maître de presque tout le continenC d'Asie , c'est-à-dire , du théâtre ordinaire de la guerre. Ce fut par-là^ que les Vénitiens , les ■ Génois , les Pisans , les Florentins , choisis pour le trans-
Krt comme les moins inhabiles 4e l'Occident , prirent de xpérience en ce genre ^ et des ^connaissances tontes nôu*
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iiï resta de l'fenrope.
quirent dfls rîchpMef , que par lu fuumituuLe espèce , fur kl r BL'coi'iJait dans 1»
u leur t'aisuit il'aae artiera , ptf eilleuref
WïïcôvïlU
♦elIes.qn'ilieomBmniqtièrent enguile Avec la gcience de la niurine , ils ai immeDges , tant par le l'rt't d<'s tinvire! tare ilespro\isIoiis etdpB inuDiiions de privilèges et les îtnniunitéB (^u'on lei places conquises i par la cession qa'c qnantUë de maisons , de rocs entières 1« drpit de propriété qu'ils acquireo Ue>de la MédilelWanée. Jusque-là Conslanlinople avait^té l'unique entrepôt de l'Occideiil , pour les rares production* ici indes OrientaUs , d'où cette ville , quoique si reftserree pat- les infidèles, qui cependant ne l'avaient juuiais prise, se trouvait encore la plus riche et la plus florissante de l'Europe. Mais depuis , et sur-iout après la conquête da fempire de Grèce par les Latins , ce précieux commerce fut transporli! en Italie , où il amena l'opulence , et afl'ermit Pindiipendance que l'affaiblissempnt de l'empire g^rniani-
Îue y avait ébaucliç'e. La liberté des Itutiens devint aussitôt uLjet des vœui et de l'émulation des peuples divers de tEurope , sans en eïcepler les Français , qui se tirèrrulde la aervilude par l'achat des at'francliissemeus , et par l'eta- Itlissement di!s communes.
Les arts , les mœurs , la civilisation repassèrent aussi en Europe , par le moyen des courses fréquentes et du long séjour des Eunipcens en Grèce et en Asie. Quoîtjuc la plu-
I)Brt des Ocoidentnux n'eussent ni le goûl, ni le taleotde 'observation, il était impossible que , durant deux siècle» entiers, ils y eussent des rapports continuels, sans en remarquer les lois , les. coutumes , les découvertes , Us chcWoenvresdans tous les arts, et les écrits même ; sans que leurs
Sropres vues s'étendissent, que de nouvelles idées germassent ans leurs tètes , qap. leurs préventions s'atïaiulissent ,-et Î[u'ilB conçussent quelque lionte de leur grossièreté et de eur imperi'ectîon. C'est pailla qu'à ce l te épi >qu^ précise > Icm
différentes nations drt rOccîdent*iortirenl ■'exprimer ainsi , de l'élat d'enfance où elli iusqu'alors. Biles prirent vif et si général vers les tellementleur forme et k prétentions qu'on fait
peut
douzième siècle , un essor si
et les sciences , elles prirent
tre social , que la plupart des
plus baut , ont toujours été
mises depuis au rang des chimères. Souvenons-nous cependant de ne pas trnp nous prévaloir de ces effets des croisa* des , très-avuntageux il est vrai , mais très-fortuits ou trèsimprëvus : ils ne doivent servir qu'à fermer la bouche aux censeurs injustes qui établiraient leur' attaque sur les effets malheureux qui s'en sont pareillement suivis contre toute
Pouf les effets même qui avaient été prévus par les chefs de ces expéditions , comme ils sont également élrsngcrs à
li^ fin principale de ce discours , ut d'nillcurs en trop BraQ.4t nombre , nous nous bornerons à les indiquer. Telu) lui l'abolilion des guerres parliculières et d<:s iiostilitcfs intestines qui diîcliiruient le sein d'un niâinodlat,et qui iaisuieÂt le niiillieur de tous les peuoles. Dès la preniièro cxUortatio.^ que (It le pape Urbain 11 , dans le eoncile de Cleriuont j^ pour exciter les fidèles k marcher contre les musulmans, c^ motifesl exprimé en Icrmes formels. «Tournez, leur dit-^^ * contre Tcnnemi du nom clirtUien , les aruies que vous eiu«f . pjo^ez injustement les uns contre les autres : rachetez pa^ cette guerre , aussi sainte que juste, lv.% pillages, l^s ii^ cendies^ les liomicides dont vous vous fi^isiez mutuellement les victimes. » Mais, sans incidcnter sur les termes, les vuet de ce jpoutife et de toute l'église ne se montrent-elles poipt avec éclat dans l'acte solennel de protection accordée ix toui ceux ((ui prenaient la croix 7 Leurs personnes et leurs biens 00 trouvaient par-là dans une entière sûreté. Aussi vit-oa cesser alors les violences fue n'avaient pu arrêter, ni la pai\|| ni la trêve de Dieu , établies pour cela bien des années aur pnravant. Or des effets si naturels étaient-ils bien dii'licilcâ a prévoir 7 Fallait-il lu finesse et toute la pénétratitm qu^ la nrésomption de notre siècle s'attribue d'une manière exclusive, pour juger que, la cause (l(>s troubles et dep factions cessant pur l'absence des seigueurs et de tous Icp hommes inquiets, pour qui les aventures du Levant ne manqueraient pas d'avoir le plus d'attrait , cù$ factions et ces troubles cesseraient de même 7 Ces llers et formidables val-* faux , ayant besoin d'ailleurs de sommes si considérables pour les frais de ces expéditions lointaines , pour y figurer avec un appareil assorti à leur hauteur -, qiuelle ressource plus naturelle avaient-ils , rjue lu vente deleurs terres ?
Autre avantage qu'offriront les croisades , tant au corpji de l'état qu'à ses chefs légitimes^. et qui n'échappa, ni à la prévf»yance . ni à l'activité de leur politique. Aucun des souverains de l'Europe no s*étant engagé dans la première croisade , tous saisirent avec empressement une occasion si favorable , pour acquérir à peu de frais , et réunir à leurs couronnesles grands domaines qui en avaient été démembrés. C'est ainsi que le roi Philippe i dpnna l'exemple à tou$ les autres, en achetant d'Eudes Ai^in , pour soixante mille écus , la vicomte de Uourges (i). Comme ensuite il périi dans la cuerrc sainte un uraud nombre de seigneurs^ saas laisser (vhériticrs , leurs nefs retournèrent do plein droit à leurs suzerains. Ainsi la puissance monarchique s'accrut de tout ce que perdait une aristocratie destructive , sans compter la prépondérance que lui doniU lieu de repr<^ndrc, dans l'administration générale, l'éloignement de ces vassaux
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Discours.
et Eéflitieux , qui faisaient bien aoavent irenitili|
leurs propres souverains. Sur celte seule indicallon , tout ce que la sûreté et la tranquillilé publiqui gagner dans les croisades. Or que ccl avnntage , facile prévoir, ait ^id réellement prévu, c'est ce tjui parut claùj ment , quand le goût des voyages d'outre-mer s à leur tour , et qu'ils prirent tant de soin d'emineiier av^ ' 1 . . . ^ l'humeur inqni
eux les vassaux ,' dont la leur donnait quelque ombrÈ partir eus^mêmes, après lesi
ge.
Qiis les armes h la utKft|
>us ta condition
u le roi saint Louis lui-
mie sédiliecs de la
ils ne les recevaient en grâce , que si faire la guerre au^i inlidèles. On u v même en user de la sorte avec le c Marche.
Mais que tous ces avantages éloignés aient échappé à la prévoyance des Iioinines , et ne leur Liissent que le btàni des dangers présens qui les Lalan^ienti au niulns les vue» du ciel ne nous sont plus cachées depuis t' événement , et telle est peut-être la meilleure apologie des tliauit dont les promesses ne parurent pas d'à l>ord suivies tie l'el L'esprit de l'Iionime put se tromper , et se trompa réellement sur le genre particulier d'avantages qui flattait s espoir ; mais l'esprit de foi , pour un bienfait refusé , tint beaucoup plus qu'il ne demandait.
Au lieu des succès attendus en vain de la seconde r sade , et de chacune des autresen particulier, la contintiîd de tant d'attaques successives procura Insensiblement la décadence , puis la ruine entière de la puissance aral>e. Il est -vrai que celle des Turcs lui a succédé ; mais le califat , %n sortant de la race de Mahomet, perdit beaucoup de cette autorité que le fanatisme durinait pour divine j etlefamatisme lui-Hiéme , par une révolution si propre à ralentir sa première chaleur , se trouva bientàt en butte aus assaut* du temps , que soutiennent si mal toutes ces violentes effervesceilces. Aussi la puissance ottomane ,moins inquiète que celle des Sarrasins , beaucoup plus traitable â I égard des Occidentaux , et sur-tout des Francs qui lui ont h jamais imprimé la terreur de leur nom , est devenue peu k peu un état réglé , reconnut des limites Kxes , et les ouvrùLuéme , pour te commerce, au\ ennemis de sa religion. Si depuis elle alarma par intervalles les nations chrétiennes, c'est que le Seigneur eut ses desseins sur son peuple en déchaînant de loin en loin ces Philistins de la loi nouvelle. Mais qui sait si k leur tour ils ne rendront pas leurs hommages h l'arche sainte ? Qui dira même , si ces mahomélang abliorrés, et cependant ennemis irréconciliables de l'idolStPÏe , amis de la prière et des bonnes ceuvres , persuadés de l'iinniortalitë de nos âmes , des récompenses et des peines éier* netles, panégyristes de la loi mosaïque et de l'évaDgilai^
DiscoTTRs; 585
prëi^nus d'un respect religieux pour Jesus-GhrSst même j qui <ïir<i s'ils ne sont point les instrumetis destines à le faire adorer un jour dans r immense étendue de rAfrique et de l'Asie , où , arec leur domination , ils ont déjà établi la connaissance du yrai Dieu ?. De là concluons que s'il est juste et même expédient de réprimer les ennemis du nom chrétien , on ne doit pas les exterminer ; qu'il faut détruire l'infidélité -, et pour les infidèles , qu'on ne doit que les convertir , sans même les contraindre^ "Mais que 1 oa consulte bien les monumens de l'histoirg et de la doctrine de l'église , et l'on y verra que , dans les temps même des croisades , tels furent les seuls enseigncmens et les seuls pro* cédés qu'elle ait véritablement avoués.
L'examen des croisades nous conduit naturellement à celui de la pénitence canonique , qui se relâcha considé^ rablement depuis ces expiations militaires , et qui tomba insensiblement dans une entière désuétude. Le puissantres-* aprt qui mit les peuples en, mouvement pour des expéditions 6i pénibles et si périlleuses , ce fut l'indulgence que leur accordèrent encore le pape Urbain et le concile de Clermont. N'en doutez point , mes très-chers frères , leur dit ce pontife en plein concile ; ceu3b. d'entre vous qui mourront à la guerre sainte ^ recevront le pardon de leurs péchés et la couronne éternelle ; nou5 leur remettons les pénitences qu'ils méritent , quelque rigoureuses qu'elles puissent être. Après*cette indulgence plénière, la première qui ait été accordée , on se montra tout prêt à affronter les périls , à prendre sur soi les frais de ces campagnes dispendieuses , et à fournir encore la subsistance à ceux qui n'avaient point d'autre fonds. La première et la secondé croisade- se firent au moins de la sorte ; puisqu'avant la troisième , qui donna lieu à l'établissement d^ la dime saladine , il n'y eut pointM' imposition pour l'entretien de ces armées innombrables. On sacrifiait tout pour une œuvre qui seule déchargeait le pécheur de toutes les peines canoniques dont il se connaissait redevable ; il était bien difficile que les lois pénitentielles n'en souffrissent pas.
Il n'en serait pas moins téméraire de traiter de prévarication l'ouvrage d'un concile des plus nombreux ^ préside parle pape en personne. On était fondé en droit , et l'on se crut autorisé par de justes causes. Jamais orthodoxe n*a contesté à l'église le pouvoir d'accorder l'indulgence dans toute sa plénitude , compris dans la promesse divine et illimitée de délier dans le ciel ce qui aurait été délié sur la terre. Qu'importe donc le temps où l'on a commencé à donner des indulgences plénières, puisque l'église eat ce poa« voir dans tous lès temps ? .
£Ue a'a point acquis d'aàtorité nourelle à ce sujet , de«
Pl&GOURff^
Îuis truc nous la voyons ouvrir si souvf^nt , clans ce derniei ^e , les trésors tnêpuisuliW des uiist'actions du Christ. AjouLons queles truvaus iuiiueDsesilesvoyageset.de» gverrcf d'o«tre-mi!r vulaleuL bit'ulesgtHtiuuaeLles prières impoe^ef de nos jours , à l'eiTtit de rtSdiuier Ifs peioes caDuniqueSt Si ee nouveau geure de pénitence u'tS^ii pas pn^scrvalif, il avait certainement tout ce qui pouvait le rendre expiar Mire. Juatjue-lii cependant ou n'avait pas encore vu sépanr ces deui qualités dans la pratique de la udniteace. Titujoun on avait employé l'eloignciucnt du monde, le recueillement) tout ce qui peut inapirerde sérieuses réflexionsaur la risuenr de la divine justice et les autres vérités terrihles de la re- 1 d'écarter les occasions du ptiché, et depiévenif
la recl.u
■ont ^ati cables
ires quand elleB à des guerriien 1 de merl? Nf qu'il tsl ijuelr
1, pouvaient -elle s s'appliqui qui se trouvaient dans un danger co ' finira ient-ilï pas dans la classe des pé< tjuefoÎB il propos de dispenser des lois
Quoi qu'il en soit , celte sorte de dispeitsatioo facilitai* pénitence jt une iiilinité df pécheurs qui ne l'eus&eut jamais jaite sans cela, etqni se préparèrent à la guerre sainte, ea |iByant leurs dettes , en restituant les. biens mal acquis , en gatisiaisant â tous ceui qu'ils avaient lésés. C'est ce qu'ol> servirent saint Bernard et le pape Innocent III (i) , qui Ji^nirent le Seigneur d'avoir présenté aux liomines cette occasion de se convertir, et de satisfaire à sa Justine : moyen Tisiblenicut analogue aus mi^rs d'un âge pu l'on ne respirait que la guerre et Icsh^sards, que le tumulte et les incursions. En l'ournisEant un aliment légitime à ce gotil général pour les arœes , eu le dirigeant coutrç IVnueuii commun , on eu délivrait le sein de la patrie ; et le uiuuvais sans dont elle était purgée, se vendait encore bien clier aux infidèles qui le répandaient. Mais pour sanc.tîfier 1>'S services rendus ainsi ù la république, il fui déclaré espr^-sstfment par le concile même de Clermont (i) , qu'ils ne ttcudraicnt lieu de pénitence qu'à ceux qui seraient guidés par la dévotion, et non par aucun désir de gloire ou de lucre temporel.
Cependant on n'établissait aucun titre de prescription contre les pénitences canoniques. Soit dans ce temps-lii , soit en tout autre temps , il n'y eut contre elles ni constitution d'aucun pape , ni décret d'aucun concile , ni atèmt aucune délibération sérieuse. Si elles n'ont pas laissé de recevoir une atteinte mortelle par l'indnlgencedescrQi&ades; dans le temps même que l'abus commença , le douzième concile général eut soin de le réprimer , et d'arrêter la profusion de ces sortes de grâces , comme énervant ta péuiteijce,
(!) Pern. ep. 365. Inn. II, ep- iQ, aS. ifl) Çfi/t. jiÇ.
C€ sontstà expressions (i) , et rendant mëprîiable le pou* woi» des clefs. Les ëTéqties.du douzième et du treizième ffiècle ff-étaoLl mis dans l'usage d'accorder des indulgences , Si^firSeulement pour des œurres pies , telles que la construortioM d'une église , ou l'entretien d'un hôpital , mais pour la réparation des ponta , des grands chemins y et pour tous l»$ ouvrages publics , comptés avec raison au nombre des ])onnes «fiyres ; le compile ordonna qu'à la dédicace d'une église par exemple , l'indulgence ne fût pas de plus d'un M f quand même il s'y trouverait plusieurs évèques , dont Dhapun Tpttdrait accorder la sienne. Le tœu cfe l'église v «nanifesté en bien d'autres occasions y fut toujours que les Joifi J^nciennes de la pénitence reprissent toute leur vigueur -Après les croisades , et que , durant les croisades même , gi\\ea n'en perdissent rien , hors des cas d^unf^s^ge dipense. Xla fut \:ontre son gré et ses réclamations continuelles , que ^ar une longue interruption, parla négligence qui la suivit, par la mollesse de quelques évèques , et .surrtout par la duip^ié des pécheurs , elleS tombèrent insensiblement , sans ATpir jamais été abrogées. ' ^
Oi| nous dira peut-être que cette déead|iice future devait ^tre envisagée comme une suite inévitable du nouveau genre 4e satisfaction qu'on introduisait , et que là prudence exilait dans tous les cas , qu'on ne dérogeât point aux règles constantes de la sainte antiquité. Mais qui sont ces censeurs^
Îilus habiles cpie l'église à juger de ce qi^i convient , . selon es temps , les lieux et les mœurs , au sage gouvernement du peuple chrétien ? Oot-ils«oublié que , dirigée par le Saint-JBsprit dans son régime comme dans ses décisions , elle doit avoir la sagesse en partage , aussi-bien que Fin-» faiUibilité ? Assurée de cette assistance divine jusqu'à la l^onsommation de^ siècles , n'a-t-elle pas dans tous Içs âges réglé diversement selon les rencontres diverses , cette dis-r cipline relative , qui ne tient pas au fond immuable de l'évangile ?
Dans le premier et le plus beau siècle de l'église , il est l^eftain que les règles de la satisfaction n'étaient pas telles
J[u' elles ont été depuis; que l'imposition des œuvres satis-» actoiresjr .dépendait absolument des évèques , et que la f^^nitence , au moins pour l'ordinaire , n'y^durait pas aussi ongrtemps que dans la période suivante. Vers le temps de saint Cjprien , on n'admettait pas à la pénitend^ canonique f comme il le témoigne de ses prédécesseurs , les pér . cheiirs coupables d'idolâtrie > d'bomicjde , ou d'adultère ; l^on que ces crimes fussent estimés irrémissibles , puisque. }e pOHVQir des clefs est sans bornés ; mais pour en donner plus d*horre^r aux fidèles, fiievtèt néanmoins on erut voir
JiscovBs:
de grands inconv^niens à cette rigueur, et quelques pr^< laLs (l'Espagne qui l'adoptèrent et l'étendîrent encore , don* nèrent lieu ù des plainteB que l'on, crut devoir écouter. On BC relâcha de celte sévérité : à l'eseinple de saint Paul, qui crDi^nit que l'amertume de la compiinclioQ ne précipitât l'inuestiieux de Corintlie dans le désespoir , on abrégea la peaiteuce , en considération des maruiies extraordinaires du reppntir. Le saint'évétjae de Cartilage en particulier
I'ugea à propos de réconcilier les likellatiques , comme on 'a vu dans les commencemens de cette irigtoirc , sans lei faire passer par toutes les épreuves anciennes , de peur qu'elles ne fussent pour eus une occHsion d'apostasie- Nouvel inconvénient , qui s'ensuivit attssilôt : cette indulgence fut étendue sans disci^riienieut et sans réserve , par les martyrs même , ^ut prétendirent , sur l>?urs propres suffrages et sans le concours dis oeuvres de pénitence , les faire admettre & la communion. L'abus fut réprimé , et l'indulgence maintenue.
Ofpuis les hérésies de NovBt et de Montan, qui refusaient la pénitence à c^Uains péctieurs , et leur ôlaient toute espérance de rentrer jamais en grâce avei. Dieu , l'églt.te , luut en réprouvant cette impitoyable doctrine, usa d'une sévérité qui pAt mettre quelque proportion entre l'énorinité de l'offense et la grâce du pardon. On institua les quatre degré» de pénitence ; on dressa de toutes parts des cunons péniténtiaut, et l'on rangea sous différentes classes les pécliés plni DU moins griefs , alin d'en proportionner l'espiaiion à li griévelé. Cette sainte nié tliode eut encore ses incimTéniens: de peur d'énerver et d'avilir lu pénitence canonique, oa ne l'accordait qu'une fois dans la vie. Un la refusait absolument aux clercs, soit qu'un les crût assez punis par la déosition , soit que l'on crai^^nit, du moins pendant plusieurs siècles , de déshonorer leur état , en les confondant Avec le» pécheurs publics.
Il y eut beaucoup d'autres variations dans la pratique de (a pénitence. Tantôt elle se faisait dmis les munagtèif^, ou en des retraites encore plus ignorées, assigniicspnrrévéqae ou le confesseur , au lieu de s'acquitter en pleine église , 60US les jeui du clergé et du peuple. Tantôt elle s'étendit il des péchés occultes ; de telle manière cependant, qu'encore que les œuvres satisfactoîress'accomplîssenten public, la confession se iaisait en secret , et l'absolution se aonnait de mânie. Taniàt encore on n'était absous qu'ù la (in de la pénitence; tentât après en avoir acquitté une partie , fjnelquefois même en la commençant ; et par une consëquencs naturelle, on était admis â la participation de l'euckartstie , lanliit dans le cours , tantôt à ta fin des satisfactions.
Cependant l'église, guidée par une sagesse invariable tout en variant dans ces usages , se contentait du droit rigoar«as
H Cèpe
Discours: 589
<Itiancl Ta pet*fectSoii lui paraissait impossible , et que toulant soustraire ses enfans à un long purgatoire , elle risquait de les précipiter dans le désespoir et Tabyme étemel. Elle fit , selon les rencontres et les situations , tout le bien qu'elle put faire ; et quant à l'ayenir, quant aux incouTéniens iné<^ TÎtables en des choses qui ofïrent tant de faces différentes y elle se reposa sur cette Providence inépuisable en ressour"" ces y qui ne lui a manqué dans aucun temps. Mais toujours elle tint en vigueur les règles essentiellf'S , et autant qu'il lui fut possible, la sévérité même des règles anciennes. Ainsi la verrons-nous encore à Trente anathématiser les contempteurs impies des satisfactions canoniques , et présentée pour le sacrement que les pères nomment un baptême laborieux , des observances qui respirent toute la sévérité des temps les plus saints. Nous l'y verrons enjoindre que les pécheurs scandaleux soient soumis k la pénitence publique , et que les évêques seuls les en puissent dispenser pour de fortes faisons (i) ; ce qui est encore observé par ceux de ces minis* ires qui sont vf'aiment animés de son esprit. Saint Charles Borromée , qui avait pris tant de part à l'heureuse célébratîon de ce concile, dans les instructions qu'il publia aussitôt après, tant sur l'injonction de la pénitence, que sur les délais et le refus de l'alM^lution , ordonna aux confesseurs d'apprendre les canons pénifcntiaux, afin de se conformer à l'ancienne pratique , autant qu'il se pourrait.
Mais ne prévenons pas le cours des temps. Dans le troisième âge dont nous avons à traiter , la pénitence reçut son irincipal échec, des longs et nombreux voyages de religion , e la profusioil des> indulgences, des relaxations, des rachats, des commutations de toute espèce. Long-temps auparavant, à la vérité , et dès le huitième siècle , les pèlerinages avaient commencé à être reçus en compensation des peines canoniques. On fut d'abord épris du mérite de ces longs voyages, où il j avait ^ant de peines et de périls à essujer, de la Sainteté de leur terme , si propre à réveiller la foi , à inspirer l'horreur du péché , à ranimer tous les sentimens de la religion. Ce ne fut qu'avec le temps et par l'expérience , ^'on se convainquit que ces pèlerinages militaires condui-» Sa-ient encore moins que les autres à la pureté de la conscience et à la sanctification des mœurs. Dès lors la vigilance pastorale s'empressa de retranchfr au moins le* sources principales de distraction et les occasions de rechute. Ainsi rit-on Raban de Mayence abroger en concile les pénitences vagabondes des prêtres, qui déposés pour certains crimes , allaient sans cesse de pèlerinage en pèlerinage , afin de les expier , et celles des parricides qu'on réduisait à passer W
(i) Sess. li, c. I*
5gô Diicooni. ^*H
reste de leur vie , .érrans jpar le monde , ii l'exemplf ât C«îb. Le coircile ordonnn qu'ifs demeureruienl dans Un lieu G\e, pour y satisfaire pat* des œuvrea plus conformes aux ancirnl «auous. Dès le temps de Charte m ugne , les ^véqueft , es différeos cuncilei , cnnTÎnreut d'implM'Gr le secours di^l'em* ereur , niiu de réforiner les abus qui fl'dtait^iit glïs^s didt !S p^leriiiHges de Rome et de Tours, Ips plus renouimâ ■lors , el d'oliliger les pécheurs publics à fuil-« 1» péuiteuM publique, s^lnii' la qiéthode «ilcienne.
Les prël>«ts de l'empire frauçaïs poussèrent Ids chowe pIiU loin , pour te péleriniige de Ruine eu particulier, toHt mcevédite qu'il éluU. Grawl nombre de pécheurs ne IVutre» prenant que pour se soustraire à la sévérité de leurs propr<4 pas teurs, un régU dans le concile de Selingstudt prés Ma j'ence, que l'absulutioD qu'ils pourraient obtenir k Kojua , n»t leu^ servira il de'i'ien , s'ils n avaient accompli préalablement U
Eénilence imposée par l'ordinaire i après quot , s'il» rotlient aller aux tomlieubi des sainlHapôlret), on les «Itligetit encore k prendre des lettres de leur évoque. Oa dtil'endil méiUe généralemcai de faire , sans la permission de i'iiè' que , ces voyages devenus trup iréquens> Les papes eiii-> Bièfues secondèrent ces viies sages des paSteum divers. Mous TOUS en avons présenté un exe mpl^tn dm arable datls la dl** pense accordée au saint roi Edouard , qui toucha des liJeafails écltiCans de la Providence envers lui , avait en reconiinissnn4;e voué le pèlerinage de Rome. Dans li craiule ^ve l'absence du roi n' oc eus tonnât des troubles dans l«^p^aum«;, le souverain pontife , en le dispensant de l'obligHtîon qu'il s'était imposée , lui écrivit d'exçreer sa piété itarnii les ptw pies qu'il avait à régir. £t ne doutes point , lui ajouta-i-tl* que Diiiu ne soh proebe de tous «eut qui l'invoquent iiticÀ^ Fcment, en quelque lieu qu'ils ee trouvent.
L'usage s'introduisit cepeudant de racheter on eamraucw les pénitences canoniques. Le pénitent qui , suivant let canuns , devait jeiUier tant de jours , s'en rédimail par laut de prières vocales , par tout de messes qu'il faisait cëléWet ■ psr telle ou tcUe anniûue , par t«Ue somme d'«r{;eBl.qd't| cousignait pour bitir ou réparer une église, pour construire un pont ou un clieniin qui y conduisait. P'ttiiord c« rachat ne s'obtint qu'en partie , et non pas sans peina . «pr6« des années entières de sa tisl'a étions canoniques. Pour de* causes très-particulières et rares. En.iuite on ne tit fdu» cette distiiictian de temps et. de cas : les pénitens s'arrt-^reni l« droit dp racheter 1m pénitence entière; el les évèques. pvur éviter de plus grands iibiis , n'eurent plus rien de aiieul k fiiirc, que de dresser dans leurs péniteniiau-ii les règlM d^ çoinpeusntlon que nous avoiw retrouvées d'iti» tescruvres «o Souchard de Worois , d'ives de Chartres , du vëuifriikle
DiscètJilfî Soi
BëAé , fei SeTaUë Rëgînon. En plusieurs ëiiclroît^, on ajouta àdi satîsfBCtiond canoniques , des amendes pécuniaires ^u*on* exigeait avant de donner l'absolution^ et poumt Qu'elles fussent payées , quelques pasteurs , tels qu il s'en rencôtitte toujours, passaient facilement sur le reste de la satisfaction. Il fut moins question , pour ces mercenaires , âé S' assurer de la conversion que dtl payement \ et comme le pénitent , de son côté, n'avait guère à cœur que de se Soustraire aux effets temporels des censures, il commençait, ^uand il était puissant , par se faire absoudre , en jurant de^ âatisfaii*e poUr Un terme donné ; après quoi , il ne s'occu-
{»ait que aés ^xpédiens qui pourraient le tirer de gêne à 'expiration du terme.
M aie sMl y eut des éyéques négligens , ou bornés dans leurs vues aux intérêts temporels , il s'en trouva- au)ssi à qui les inotîf& les plus spécieux ne purent jamais faire prendre le change. Tel fut, entre beaucoup d'autres , saint Hugues 3e Lincoln , qui défendit expressément à ses archîdiaferes 3'exieer des pécheurs aucune amende pécuniaire. Gomme bn lui représenta que les méchans craignaient plus la dimi-» hution d'une fortune terrestre que la perte des biens éter-hels; ne m'alléguez pas pour excuse , leur répondit-il , fce
Ïui aggrave notre faute : la dureté du pénitent fait la conamnatioti du ministre. L'église brîta-nnique s'éleva mérisé en corps contre c;e genre a abus , au concile national de Clive. Dès qu'elle vit commencer l'usage de rëdimer les satisfactions enjointes par le prêtre , elle proscrivit dans les termes les plus forts cette corruption de. la discipline , et inarquà toute son indignation contre ces lâches pécheurs qui , poûi* acquitter leur propre pénitence , chargeaient des gens gagés de prier et de jeûner à leur place. Rien ne lui
Sarut plus injurieux à l'évangile , que" de donner ainsi lîéii 'imaginer que la porte du ciel S ouvrait plus facilement ïitix riches qu^niix pauvres.
On retrouve le même esprit dans Ifes canons pénîtentîaui qui furent cônfii'més par les lois du roi Edgar. Des sept années de pénitente qu'on imposait encore à l'hômicide et à l'adultère , et dont trois de jeune au priin et à l'eau , on }>èrmit, il eàt vrai , d'en racheter Une partie 5* ibàîs seule* Ifil^t aux rtialades el aux ptéWonhes de complexion faible ^ dont l^s afumônes devaient enconé suppléer à ces macérations iD(ipossiblê's Les quatre dernières années de cette pénitence demeurant d'ailleurs à la discrétion du ministre sacré , il pouvait selon l'usage ou l'esprit constant de l'église , allé- |;er le fardeau , en considératiob de la ferveur avec laquelle bh le pointait. Si les personnes de rang distingué et de santé faible purent aussi abréger l'épreuve , en faisant remplir J>ar d^autres jusqu'à 'ûue intég^té littérale le noiobre detr
*■ si'.
DLSconnsi
jeAncs imposés , ce ne fui qu'à condition de joindre ^ l'i
différentes oeurres péiiililcsqui leurélHÎe&t spécialel et indispenSHhlemeiit prescrites. Le concile tenu il Trtbur, en présence da rt>i Arnoul , nous montre dans l'église d'Allemagne le même esprit que daoB celle d'Angle terre. En permtutunt nux pénitens de racUeter certuin nombre de jeûnes par des aumônea , il a Boin de spécifier que ce ne seru qu'en eas de nialadie ou de voyage, et seuleiuenl pour li's dernières années de Iji pénitence. Cette miitièreesC encore mieux éclaircie par Bouebard de Worius , très-versé dans ce gecve d'éniditiuu, comme ayant donné une suile d'instructioas sur la manière d'imposer , d'accomplir et même de racheter ou couimuer les pénitences. D'abord il pose pi)ur principe, qu'on n'use d'indulgence , qu'ztfîn de ne pas mettre au désespoir ceux k qui les austérités sont impraticables. Ainsi doue celui qui ne pouvait jeûner, devait, pour un jour de jeAne au pu In et à l'eau, clianter ciuquuute pseaitoies à genoux dans 1 e'glise , et donner nu denier d'aumône ; ce qui suffisait alors pour la nourriture d'un pauvre >f>endaut un j^our. A cette condition, le péuiient preuaitles alioieiis qu'il jugeait lui convenir, u l'exception nëanmuius du vin et de la viande. Les ciuquante pseauiues pouvaient encore se raclictcr par des aumônes ou par un grand nombre de génudexions; mais toujours ces facilités ne sont que puur ceux qui ne peuvent accomplir ti la lettre 1h pénitence canonique ; il est (lit eu termes exprès , que le piicheur ^ dans tons les cas , doit se punir en la manière et. autant qu'il lui est possible.
En Italie, quand Varclicvéque de Mikn , Guide Vdiate, coupable de simonie et de mille autres désordres , ee soumit entin à lu pénitence qu'il méritait , on luî en imposa «ent , ill'ciUulbien lui ; ermettre de racbeler la meilleure
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charjfé de cette commis iltitensuile une apglogi nécessité ab^lue en nii
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Il talluil de toute néces-
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xie , l'abu«
site , ou en rnebeler une boum ^ar d'antres, Tel était , dès In fiii du onzième si 4e l'esprit de système , et du g-ull dfs analogies pas du péché couime d'une tk-lte pdcuoiaire , qu'on peut jp«/«r.dÂ.tpKle swiii,}' et eaq^uelque monnaie que ce soit.
Aussi
DiscotjRS. $9^
Aussi les làées Ae Pierre Damien , quelque rëputatîon méritée qu'il eût de vertu et de doctrine , ne furent pas à beaucoup près adoptées de tout le monde. De son temps même ,
Tait pas moins se mesurer sur celle de la vie des hommes } qii'on n'obligeait même à la prolonger jusqii'à la mort , que pour certains crimes des plus énormes j et dans tous les cas , qu'elle demeurait soumise à la discrétion des pasteurs. Mais dé ce principe il suivait aussi que l'église faisait bien de commuer des pénitences impraticables à ses enfans , en des pratiques dont ils pussent mieux, s'acquitter. Une s'agissait plus que d'examiner si ces commutations et ces compensations étaient judicieuses 5 si ces dispenses portaient sur des justes causes , telles qu'on les a toujours exigées pour» toutes sortes d'indulgences ; et dès-lors on rentrait dans les saines maximes et la sage économie de tous les temps.
On parut néanmoins encore s'éloigner de là perfection et de la pureté du culte chrétien -, on sembla préférer le corps^ à l'esprit de la religion , ramener le règne des observances pharisaîques ^ et reculer le temps dé cette adoration sanctifiante , qui doit se faire en esprit et en vérité. En attachant la pénitence , et en quelque sorte le recouvrement de la' grâce , à certain nombre de génuflexions et de flagellations j^ à la récitation de tant de pseautiers , de tant d'offices nouveaux, comiae de la croix , du Saint-Esprit, de la Vierge / des Anges , dévotions ajoutées à l'office canonial dès le temps de Pierre Damien 5 bien souvent sans doute le coeur ^taît loin de Dieu , tandis qu'on l'honorait des lèvres. Mais sur quel âge de l'église ce reproche ne pourrait-il pas tomber pareillement ? Faut-il supprimer les observances éx térieures , parce qu'il est des hj'^pocrites ? Faut-il interdire aux chrétiens la prière vocale , parce qu'il en est qui la font en phai'isiens ? Il faut simplement ne pas donneï» à penser qu'elle peut tenir lieu de la conversion du cœur , et de l'amour de Dieu , dont elle n'est que l'expression. Or fut-il un temps où l'église aif négligé d'instruire et de préveiiir les fidèles à ce sujet ?
Rendons, rendons hx>mmage à sa sagesse, sur l'objet même qui anime ici la maligne témérité de la censure. Remettons-nous en esprit dans les temps et les lieux où les prières vocales , les récitations du pseautier , les offices de' tant de formes différentes , et toutes les dévotions extérieures furent si fort multipliés. Etaient-elles bien propres " k la mé^tation et à la contemplation , pes peuplades grossières et vagabondes , sans cesse en course , en. guerre et en tumulte , à peine capablesderéflexioas^et dépensées suivies ?