‹ Histoire de l'éloquence (volume 2)Chapitre 17 sur 89 · ÉLOQUENCE DES POETES · texte numérisé non relu

ÉLOQUENCE DES POETES

Homère 'ix'= ou x« siècle).

Homère n'est pas seulement le père des poêles, il est aussi le prince des orateurs. Ils se sont iiiit gloire de le reconnaître pour leur chef. Cicéron le regarde comme son premier maître. Quinlilien le propose comme le plus parfait modèle que puissent imiter ceux qui aspirent h l'éloquence : < Ainsi que l'Océan, dit-il, est la source de tous les fleuves et de toutes les fontaines ; de même Homère est la source de tous les genres d'éloquence. Personne ne le surpassera jamais en suhlimilé dans les grands sujets, en justesse dans les petits. 11 est tout à la fois étendu et concis, plein de force et de douceur, également admirable par son abondance et sa brièveté ; il possède évidemment toutes les qualités non-seulement du poclc , mais de l'orateur. Si on le considère dans les pensées , dans l'expression , dans les figures , dans la disposition de tout l'ouvrage , ne trouvera-t-on pas qu'il a franchi les bornes de l'esprit humain ? Il faut être un grand homme , je ne dis pas pour atteindre à ses perfections , cela est impossible, mais pour les comprendre. Il a laisse, sans contredit , tous les autres bien loin derrière lui , dans tous les genres. » ( histilulions oratoires j liv. x.)

Longin, llermogène , et tous les critiques éclairés, regardent aussi Homère conmie le plus éloquent des écrivains, comme la source à hupiclle ont puisé tous ceux (jui ont aspiré à l'immortalité par le lah'nt de la parole ou par la sublimité du style. Quel est, en effet, l'orateur qui a traité les passions avec plus d'art et de vérité ? Quels discours sont comparables à ceux que renferme l'Iliade? Peut-on exprimer avec plus de noblesse et de chaleur, la colère, l'orgueil outragé, et tous les mouvements qui accompagnent ces passions? Peut-on les rendre avec plus d'énergie; que le poêle ne l'a fait dans la dispute d'Achille et d'Agamemnon? Quoi de plus tendre que les aiheux d'Hector et d'Andromaque , lorsque le héros, apprenant la «lérontc des Troyens et l'atlnepie furieuse des Grecs, sort de la ville pour se rendre au combat?

La poiilicpie la plus profonde règne dans le discours d Tlysse aux Grecs, prêts à s'embarquer et à renoncer au siège de Troie. Rien encore de plus élocpuMit ipie les discoui-s d'I'Iysse, de Phénix cl d'Ajax, ainsi (pic la belle réponse que le héros leur adresse. V^euton mi iiiodric accnnipli de pathétique ? le dlscour-; de Priaui a\i\

pieds d'Achille , lui redemandant le corps d'Hector , est fait pour attendrir les cœurs les plus insensibles ; et ils sont déchirés en entendant éclater les douleurs d'Hécube, à la vue de son fds traîné autour des murs de Troie par l'impitoyable Achille.

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