ARISTOTE
philosophes semblent s'être placés aux deux extrémités opposées de la science. Platon spécule avec imagination, s'exprime avec éloquence ; Arislote observe avec froideur, expose avec sécheresse. L'un s'élance dans l'idéal ; l'autre ne sort jamais de la réalité. L'un dédaigne, comme basses et fugitives, les notions du monde extérieur; l'autre repousse, comme téméraires, toutes les hypothèses rationnelles. L'un est poëte dans la dialectique ; l'autre est dialecticien quand il parle poésie. Enfin les erreurs du premier agrandissent et élèvent l'âme; les dogmes de l'autre, quoique souvent plus vrais, rétrécissent, abaissent et enchaînent l'esprit, et cette différence se fait encore sentir aujourd'hui dans les écoles qui ont pris de l'Académie et du Lycée.