Histoire de l'Empereur Charles-Quint
Vka winêliUeriê mors est : telle fut la devise que prit dès l'âge de quinzeans, au sortir des premières écoles, le jeune William Robertson, et h culture des lettres, dans leur sens le plus noble, continua h être l'affection de toute sa vie. La profession de ministre presbytérien, qull trait embrassée après avoir terminé ses études à l'université de Glasgow, lui faisait un devoir de continuer, dans le silence du cabinet, ces graves études qui pouvaient donner plus d'autorité à renseignement moral dû à ce petit cercle religieux confié à ses conseils. Robertson fut toujours dévoué au sentiment du devoir, et ici ses goûte Tenaient plus activement féconder ses travaux. On le voit occupé tantôt d'une traduction de Marc-Aurèle, dont les principes «toiques furent toujours si conformes à ceux sur lesquels il régla sa propre conduite, tantôt cherchant à se perfectionner, dans des réunions d'hommes choisis, à l'exercice d'une improvisation élégante et solide. Ce ne fut toutefois qu'assez tard, à l'âge de trente-huit ans, qull compta assez sur ses propres forces pour se présenter sur un phis vaste théètre que celui sur lequel s'était déjà fait sentir son influence éclairée. Ce n'était plus une congrégation religieuse assez ^fettreurie, ce n'était plus un petit cercle d'amis lettrés qu'il allait admettre dans la confidence de ses travaux, et le public européen tout entier était appelé à en recueillir les fruits et à les apprécier. Le 1~ février 1759, il publia à Londres sa première édition de l'Histoire d'Ecosse, dont il avait conçu le plan quinze ans auparavant, dès son établissement dans le presbytère de Gtadsmuir, en 1743 ; et un mois s'était à peine écoulé que son libraire lui en demanda une seconde édition.
Dès ce moment, Sa réputation fût assurée, et avec sa réputation, i. i
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sa fortune et l'avenir d'une famille qui s'était plus rapidement augmentée que son revenu. Avec une ambition vulgaire il eût pu aspirer aux honneurs du monde. On lui offrait en perspective l'épisçopat anglais s'il eût voulu passer du presbytérianisme dans l'anglicanisme ; mais Robertson était un homme de conscience, et il resta fidèle à ses principes religieux comme à ses goûts littéraires, qui n'étaient pas pour lui un marchepied, mais un but. De son obscure retraite de Gladsmuir il passa à une des églises d'Edimbourg , et fut successivement nommé principal de l'université de cette ville et historiographe du roi pour l'Ecosse.
Il me suffira, pour faire connaître l'opinion du public éclairé sur la première production de Robertson, de citer celle de deux des hommes les plus distingués de l'Angleterre , Walpole , connu en France par sa spirituelle correspondance avec madame du Deffand, et le célèbre historien Hume, qui venait de publier le volume de son Histoire relatif au règne de la reine Marie et du roi Jacques son fils.
Fragment d'une lettre de Walpole à W. Robertson.
« J'ai terminé le premier volume de votre Histoire d'Ecosse et je suis assez avancé dans la lecture du second ; mais je ne veux pas attendre plus longtemps pour vous dire combien j'admire votre ouvrage. Votre modestie vous fera probablement supposer que c'est là un compliment de forme ; mais comme je puis yous donner de bonnes raisons pour justifier mon approbation, vous devez croire que je ne veux pas plus vous flatter que je n'ai voulu vous lire superficiellement, à la hâte ou sans soin. Votre style est pur, convenable, égal; il est toujours naturel et facile, excepté çà et là, dans les morceaux où vous vous trouvez comme forcé de traduire de mauvais écrivains. Vous conviendrez sans doute avec moi qu'un historien qui compose d'après des témoignages écrits ne saurait jamais avoir un style aussi coulant que celui dont le récit s appuie sur ses informations personnelles. Vous êtes aussi clair qu'ingénieux, et votre narration intéresse vivement sans jamais languir. Vous avez réuni , selon moi , deux mérites bien difficiles à faire marcher d'accord : je veux dire que, bien que vous ayez composé votre Histoire de morceaux dont chacun pourrait faire un mémoire séparé, vous avez su cependant les fondre si habilement qu'ils forment un corps d'histoire assez compacte. . . Vous avez su être