‹ Histoire de l'Empereur Charles-QuintChapitre 36 sur 56 · II. A · texte numérisé non relu

II. A

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Cependant la ligue formée entre le pape et l'empereur prodrâit de grands événements en Italie, et avait fait de la Lombardie le principal théêtre de la guerre* Il y avait alors tant d'opposition eotre le caractère des Français et celui des Italiens, qu'il n'est point de domination étrangère pour laquelle les Italiens aient marqué tant de répugnance et d'aversion que pour la domination française, Le flegme allemand et la gravité espagnole s'alliaient beaucoup mien avec le caractère jaloux et les manières cérémonieuses des Italîeoa, que la gaieté française, trop portée à la galanterie et trop peu atte» tive aux bienséances* Louis XII, cependant, par la douceur et l'équité de son gouvernement, et par les privilèges qu'il avait accordés au Milanais, privilèges beaucoup plus étendus que ceux dont il jouissait sous ses princes naturels, était venu à bout d'affaiblir sensiblement leurs préventions et de les réconcilier avec le gouvernement français; mais François, en recouvrant ce duché, ne suivit point l'exemple de son prédécesseur ; ce n'était pas qu'il ne fût lui-même trop généreux pour opprimer son peuple ; mais l'extrême confiance qu'il avait dtv ses favoris , et son peu d'attention à la conduite de ceux à qui il remettait l'exercice de son autorité , les enhardirent à risquer plusieurs actes d'oppression.

Il avait donné le gouvernement de Milan à Odet de Foii, marécW de Lautrec, frère de madame de Chateaubriand, officier d'une grande expérience et d'une réputation distinguée, mais hautain, impérieu* avide, incapable d'écouter un conseil et de souffrir la contradiction. Son insolence et ses exactions aliénèrent entièrement le cœur <b Milanais : il avait banni plusieurs des principaux citoyens, et forcé les autres à s'exiler eux-mêmes pour leur propre sûreté. Du neffib* de ces derniers était Jérôme Moron, vice-chancelier de Milan, célèbre par son génie pour l'intrigue et les projets, dans un siècle et dans m pays où les factions et les révolutions fréquentes faisaient naître on fécondaient les talents de ce genre, par les occasions multipliées d'es faire usage. Moron s'était retiré chez François Sforce, dont il avait trahi le frère, Maximilien ; et, devinant que le pape avait intention d'attaquer le Milanais, quoique le traité fait à cette occasioa aï* l'empereur n'eût pas encore été rendu public, il lui proposa, au son de Sforce, un plan pour surprendre plusieurs places de ce duché aiec le secours des bannis, qui, par leur haine contre les Français et leur attachement à leurs premiers maîtres, étaient prêts à se porter afl

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