‹ Histoire de l'Empereur Charles-QuintChapitre 39 sur 56 · livre h · texte numérisé non relu

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il lendemain » an matin , les Suisses étaient les premiers sur le champ

i de bataille, et marchèrent avec la plus grande intrépidité au camp

R d'un ennemi qui était retranché de toutes parts, environné d'artillerie

i et bien disposé à les recevoir. Dans leur marche, ils soutinrent , avec

s la plus grande fermeté, une canonnade furieuse, et sans attendre l'ar->

il rivée de leur propre artillerie, ils se précipitèrent avec impétuosité

» sur les retranchements ; mais, après avoir fait des efforts incroyables

i de valeur, vigoureusement secondés par les Français , ils perdirent

h leurs plus braves officiers et leurs meilleures troupes. Voyant qu'ils

s ne pouvaient entamer le camp des ennemis , ils battirent la retraite ;

t mais ils quittèrent le champ de bataille repoussés et non pas vaincus, et se retirèrent dans le plus bel ordre sans être inquiétés par l'ennemi*

I, Dès le jour suivant, ceux des Suisses qui avaient survécu à cette

i journée partirent pour leur pays ; et Lautrec , hors d'état de tenir * plus longtemps la campagne , revint en France après avoir jeté des garnisons dans Crémone et dans quelques autres places qui toutes furent bientôt obligées de se rendre à Colonne, à l'exception de la citadelle de Crémone.

Cependant Gènes et son territoire, qui restaient soumis à la France, donnaient encore à François un établissement considérable en Italie, et le mettaient à portée d'exécuter facilement les plans qu'il pourrait former pour reconquérir le Milanais ; mais Colonne , enhardi par cette suite de succès , excité d'ailleurs par les sollicitations de la faction des Adornes, les ennemis héréditaires des Frégoses, qui, sous la protection de la France , avaient la principale autorité dans Gènes , se détermina à tenter la réduction de cet État , et il en vint à bout avec une facilité surprenante. Un événement aussi inespéré que celui qui l'avait mis en possession de Milan , le rendit maître de Gènes , et le pouvoir des Adornes, ainsi que l'autorité de l'empereur, s'établit dans Gènes presque sans opposition et sans effusion de sang1.

Cet enchaînement d'événements malheureux ne pouvait manquer de porter dans l'âme de François un sentiment douloureux , qu'aigrit encore l'arrivée imprévue d'un héraut anglais, qui vint au nom de son souverain déclarer en forme la guerre à la France. Cette déclaration de guerre était l'effet du traité que Wobey avait conclu à

1 Jovius, Vila Ferdin. Davali, page 344. Guicciard., lib» xnr, p. 833.

Bruges am l'eMpereur, et «tta niait tenu aurai yupM&n Quoique Ftancois eAt U#u d'être surpris 4» cette démarche, «pè teuton ta peina* fitil a'étaifc donnée* peur conserver r*mitifcdeHwi A pour gagner son miniatoet il reçut le héraut avee. taanflHp* «tdératMBL H de dignité * ; et sana renoncer à aucun 4» nâjfk f*1t armi/L foraeé* centra l'CMpereur» il fil de çpands pvépnstifc |w •o défendre eontoe e* neuve! ennemi* Gaamo ce» trésor était époné par lu* offerte fu'il «mit déjà faite, et pur Imujowm «efwdésaNii «rïtt sataifieiUaai plaisirs, U eut recours 4 de* o»pérti«ftK art**» dintieoi» peur y suppléer. H créa de nouveau* eflteâa» eftiaaaNta vente : le» domainra royaux furent aliéné»; on enleva an tartan de saint Martin unfrfcaUistsade d'argent massif dm* Leui&XL* ta» un de set accès, de», ééretion, L'avait fait euNirannar * A* nef an de ces rtmoumee, le nâ fut en état de lever un* armée eoniidénhfo»st<fc mettre te» viHes frotteras en boa état de défanae.

L'empereur, de sme6t&» ne négligea riea peur tirer avantage * Injonction d'u* ai puissant allié ; et l'heureuse situation de sasajnw lui permettant alors de partir pour l'Espagne f où sa présenta élatt néccauiiet il voûta* dan* sa route Mm «ne visite 4 la conr d'Aaa1* terre. H aeeeprepeaaK peeanulament, dei*Gette entrevue* dewaw» tes tiens, de l'amitié «vi l'unissait k Henri , et de l'engager àpwiM vigoureusement la guerre «enta* le Fiance t tt espérait enfioit Un oublier è Wobey In dégoût et le rcmonHinnnt qu'wnit pu lai Mm le mortifieatieu <pi'tt a*eit essujé* an damier conclave* San «* pas* touiaasae cspémnoet ; Henri, dent lu vanité fiât lattie tm pareille tint» et du. m^eet étudié (pi* l'empereur ku awfia» tante aoeasinay entra avec «fréteur dans tentes se* vans» te caidant» pséaeyant que L'âge amaoé et les.mfiraitéfcd' Jrfhiw ne UidmaHrf I» à produire un» neuve)!* vacance* du saint aiégn , oubli* eu tiasimé son ressentiment.; Charité d'aiileuM» wapnenla les pension» #** faisait, et lui promit de nouveau d'appuyer ses prétentions à hpr panée? Wobey chercha à mentor ses hfonfaite par ék nouveau* » vfcaa, et assurer d'avance le sueeèa de ses we&vnbit*»*** la asti* anglaise, fui partageait la gloire de son» nmnaaqufr et qui M nah dm la confiance que l'empereur lui aNurfu* en cheiswwnt b*"* de Suarey pour son preafer amical, ne montra pes motos**"

1 Journal daX<mimrfrfrit»M, p. m*

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deur que Henri fuf-même pour commencer les hostilités contre la PYance.

Afin de donner à Charles , avant son départ d'Angleterre , une preuve de ce zèle universel, Surrey se mit en mer arec ce qu'il avait de vaisseaux en état et ravagea les côtes de Normandie. Il fit ensuite une descente en Bretagne où H pffli et brèla Morfaix et quelques autres places moins considérables. Âpfèa ces petites excursions plus hmniffantes que ruineuses pour lu France, Surrey revint & Calais prendre le commandement de la pfhnJpalo armée, qui consistait en sehe mille hommes, et sflfttant joint aux troupes flamandes, que cornmandait le comte de Buren, il entra en Picardie. L'armée que François avait assemblée était Ken inférieure en nombre à tons ces corps rétro» ; mais les longues guerres que les deux nations s'étaient faites avaient enfin enseigné aux Français la meilleure méthode de défendre leur pays contre les Anglais. Ils avaient appris par leurs malheurs i éviter avec le plus grand soin les batailles rangées, à traîner la guerre en longueur, et à ruiner en détail les années anglaises, soit en Jetant des garnisons dans toutes les places qui pouvaient résister, soit en observant les mouvements des ennemis > soit en interceptant leurs convois, soit en attaquant leurs postes urancés, et en les harcelant continuellement avee une nomhreme cavalerie» Tel Ait le pian que leducdeYendénae, général de l'armée française en Picardie, suivit avec autant de prudence que de succès. Surrey, sans avoir pu prendre aucune ville importante, fut obKgé de se retirer avee son armée» considérablement diminuée par la fatigue, parle défaut de vivres et par les pertes qu'elle avait essuyées daa» plusieurs escarmouches malheureuses.

Ainsi finit la seconde campagne de la guerre la ph» générale qui eftt encore été allumée dans l'Europe. Quoique François, par le ressentiment déplacé de sa mère, par Fineoteoee révoltante de son général et par le caprice des troupes étrangères qu'il soudoyait, eût perdu toutes ses conquêtes ditalte, toutes les puissances combinées contre lui n'avalent cependant pu entamer ses États héréditaires ; et, de quelque cété qu'ils portassent leurs vues ou leurs attaques, ils le trouvaient toujours disposé à les recevoir.

Tandis que les princes chrétiens consumaient leurs forces les uns contre les autres, Soliman le Magnifique entra en Hongrie avec une nombreuse armée, investit Belgrade, qui avait toujours passé pour le

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plus fort boulevard de ce royaume contre les armes ottomanes, ci força bientôt les assiégés de se rendre. Encouragé par ce succès, il tourna ses armes victorieuses contre l'tle de Rhodes, ou étaient alors établis les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Il attaqua cette tle avec une de ces armées nombreuses qu'on a vu de tout temps les despotes de l'Asie rassembler pour leurs expéditions. Deux cent mille hommes et une flotte de quatre cents voiles vinrent se présenter devant une ville où il n'y avait que cinq mille soldats et six cents chevaliers commandés par Yilliers de l'Ile- Adam , alors grand mattre, qui était digne , par sa prudence et par sa valeur, d'occuper ce poste dans une circonstance si périlleuse. Dès qu'il soupçonna la destination de l'armement formidable de Soliman, il dépécha des courrien à toutes les puissances chrétiennes pour leur demander du secoure contre l'ennemi commun. Mais quoique dans ce temps-là tous te princes de l'Europe reconnussent Rhodes pour le boulevard de b chrétienté dans l'Orient, et la bravoure de ses chevaliers pour le rempart le plus puissant qu'on pût opposer aux progrès des armes ottomanes; quoique Adrien, avec tout le zèle qui convenait au chef et au père de l'Église, exhortât vivement les puissances belligérantes! oublier leurs querelles particulières et à réunir leurs armes pour empêcher les infidèles de détruire un ordre qui faisait la gloire do nom chrétien ; l'animosité des deux partis était si grande et si imphcable , que , sans faire attention au danger où l'Europe allait être exposée , sans être touchés des prières du grand mattre et des avtf du pape, ils laissèrent Soliman continuer sans trouble ses opération* contre l'Ile de Rhodes. Après des prodiges incroyables de valeur, de patience et de conduite, pendant six mois de siège; après avoir soateoo plusieurs assauts , disputé chaque poste l'un après l'autre avec une obstination extraordinaire, le grand mattre fut enfin obligé de céder au nombre, et, après avoir obtenu du sultan, qui admira et respecte sou courage, une capitulation honorable, il rendit la ville, qui n'était plus qu'un amas de ruines, dépourvue de toute espèce de ressource • Charles et François , honteux d'avoir causé une si grande perte à » chrétienté par les querelles de leur ambition , s'efforçaient d'en rejeter le blâme l'un sur l'autre ; mais l'Europe, plus juste, le leur p

1 FonUnuê, de Btllo Rhodio, apud Scardium, $crip(or. m. girma*" p. 88, etc. Le P. Barre, HUt. d'Allm., tome VIII , p. OT«

Toi.n»

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