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la funeste bataille de Mohacz, où le roi, la fleur de la noblesse, et plus de vingt mille hommes périrent victime» de la sottise et de l'imprudence d'un moine. Soliman, après sa victoire, se rendit maître et resta en possession des plus fortes places des provinces méridionales de la Hongrie ; et» ravageant tout le reste du pays, il emmena plus de vingt mille prisonniers en esclavage. Gomme Louis était le dernier mâle de la famille royale des Jagellons , l'archiduc Ferdinand prétendit avoir droit aux deux couronnes. Il faisait valoir deux titres : l'un appuyé sur les anciennes prétentions de la maison d'Autriche à ces deux royaumes ; l'autre était fondé sur les droits de sa femme , sœur unique du roi qui venait de mourir. Cependant les lois féodales régnaient avec tant de vigueur dans la Hongrie et dans la Bohême, et la noblesse y jouissait d'un pouvoir si étendu, que les deux couronnes étaient encore électives, et qu'on n'aurait eu aucun égard aux prétentions de Ferdinand, si elles n'avaient pas été soutenues de forces puissantes. Mais son mérite personnel , le respect dû au frère du plus grand monarque de la chrétienté, la nécessité de choisir un prince qui pût par lui-même ajouter de nouvelles forces à celles de ses sujets pour les faire protéger contre les armes ottomanes que leurs derniers succès avaient rendus redoutables à la Hongrie; enfin les intrigues de sa sœur , veuve du feu roi, l'emportèrent sur la prévention que les Hongrois avaient conçue contre l'archiduc , comme étranger ; et , malgré un parti considérable qui avait donné sa voix au vaivode de Transylvanie , Ferdinand demeura paisible possesseur de cette couronne. Les États de Bohême suivirent l'exemple de la Hongrie ; mais, pour maintenir et assurer leurs privilèges, ils obligèrent Ferdinand de signer avant son couronnement un acte qu'ils appelèrent reverse , et par lequel il déclarait qu'il tenait cette couronne non par aucun droit antérieur, mais par l'élection gratuite et volontaire de la nation. La réunion de tous ces États divers , dont les princes de la maison d'Autriche s'assurèrent dans la suite la possession héréditaire, fut l'origine -et le principe de cette supériorité de pouvoir qui les rendit depuis si formidables au reste de l'Allemagne * .
Les dissensions qui divisaient le pape et l'empereur furent extrêmement favorables aux progrès du luthéranisme. Charles , irrité des
1 Steph. Broderick, Procanc$llarii Hungar. clades fei eampo Mohacx, ap. Scar* éium, II, 218. P. Barre, JGTtif. d'Allemagne, tome YIII, part, i, p. 198.
HISTOUB DE CHABLBS-QUHflr. — UVWE IV (1527).
procédés de Clément, et mifcmeaicnt occupé à se défendre contre te ligne que ce pape avait fermée, n'avait m la votante « le le» de prendre des mesures pour éionffer les nouvelles opinions qti «'accréditaient en Allemagne» Dans nue diète de l'empire tenue à Spire, on examina l'état actuel de la religion; tout eeque l'empereur y exigea des princes Ait d'attendre avec patience, et sans encourager les leurs, k convocation dn coneHe général qu'il avait demandé au Les membres de la diète convinrent que la convocation d'un concie était le parti le plus convenable et le ph» régulier qu'eu pftt prendre pour parvenir à la réforme des abus de l'Église : mais ih soutenaient qu'an ooncDe national , terni en Allemagne , fêtait plu* d'étiqueté concile général proposé par l'empereur. Quant k l'avis qu'il leur don* nait de ne point favoriser les novateurs , ils en firent si peu de cas que, même pendant la durée de la diète de Spire , les théologiens qui avaient suivi rélecteur de Saxe et le landgrave de Hesse-Caasel , prêchaient publiquement et administraient les sacrements suivant les rlts de la religion réformée * . L'exemple même de l'empereur enhardit les Allemands à traiter arvec peu de respect l'autorité des papes. Dans la chaleur de son ressentiment contre Clément, il publia une longue réponse au bief plein de fie! que le pape avait composé pour faire l'apologie de sa conduite. L'empereur commençait son manifeste par une énmnération détaillée de différents traits d'ingnttHude , <TamW- Uon et de mauvaise foi de ce pontife; R les peignait des couleurs les plus fortes et les plus chargées, et il finissait par appeler de son autorité à un concile général. Il écrivit en même temps au eoRége ém cardinaux pour se plaindre de l'injustice et de la partialité de Gênent, et pour les exhorter, au cas que le pape refasftt ou dNtrtt la convocation d'un candie, k montrer lintéfét qu'ils prenaient à la paix * l'église chrétienne, si honteusement abandonnée da son piomiu pa»» leur, en convoquant eux-mêmes le concile en leur nom*. On répandu avec soin dans toute l'Allemagne la manifeste de l'empereur, qv, pour la violence et l'amertume du style , ne le cédait pas aux écrie de Luther même ; il fut avidement lu par les personnes de tout sang, et l'impression qu'il fit détruisit aiséuKut l'effet des protestations que Charles avait faites auparavant contre la nouroBe doctrine.
1 Sleid, p. 103.
* firidm , PoUU immir..n. tel.
m ne second volume.