Reprise de la Corse sur les Anglais
5 novetiÊbre. TraHé de paix de Paris, entre la République française et le duc de Parme.
Pari*. —Dp l'Iioprinm ic dr Rianova rt O*, riw des ftanM-BourgroU^Satal-Michcl , 8.
ITALIE. — CAilPAGNE COHTRE ALVIHZI.
Wunnsa* et une partie de ses troupes él^nt rejetés daiu Mantoue, TAuirtche n'avait plus, sur la frontière de lltalie, ai armée ni général ; mais le cabinet de Vienne , pareil â l'Antée de la fabuleuse mythologie, paraissait reprendre de l'audace et de la vigueur dès que ses soldats touchaient le sol de la patrie. Trois armées avaient été successivement dispersées et anéanties, une quatrième se forma aussîtftL Quasdanowich , retiré dans le Tyrol , avait rassemblé les débris des régimens battus à Gastiglione et â Bassano; il reçDt des renfbrts qui élevèrent la force de son corps à 35,000 hommes. Celui de Davidowich, dont les troupes avaient témoins souffert dans la campagne précédente, fut porté i 20,000 combattans. Ces renforts se composaient, il est vrai, de milices nouvellement levées et de réf^mens de Croates; mais cm y comptait ausn des bataillons venas des années allennades du Rhin , bataillons composés d'andens soldats ,
dont la fierté et le courage étaient relevés par de récentes victoires sur les troupes républicaines. Deux mois suffirent à la réorganisation de cette année, qui fat mise sous les ordres du maréchal Âlvinzi , général renommé par ses talens et ses succès militaires.
Pendant qoe les Autriehiens fiusaient des pr^[>aritift pour reprendre TofiRensive, Tarmée française, restée en observation autour de Mantoiie, sur la Brenta et sur TAdige, s'était affaiblie au lieu de s'augmenter. Des fièvres épidémiques avaient encombré les bàpitaox et diminné considérablement le nombi% des combattans. Les renforts que le général en chef avait demandés au Directoire n'arrivaient pas, ou n'arrivaient que lentement.
Dès le commencement de novembre, le général Alvinzi, qui s'était placé à la tète du corps de Quasdanowich, commença les hostilités. Il marcha par Bassano sur Vérone , où Davidowich avait reçu Tordre de venir le joindre en dâ)ouchant par Trente et Roveredo.
Bonaparte avait son quartier général à Vérone. Il ne pouvait s'éloigner de cette ville pour aller appuyer le général Vaubois , qui couvrait Trente et les gorges du Tyrol , sans laisser libreà Alvinzi le chemin de Mantoue; et en s'avançant à la rencontre du maréchal , il avait à craindre que Davidowich, culbutait Vaubois , ne devint ainsi maître de joindre Vurmser et de débloquer Mantoue. Cette jonction aurait établi , sur les derrières de l'armée française, une armée ennemie supérieure en nombre à toutes les troupes dont le général Bonaparte pouvait disposer. D'un autre c6té, rester à Vérone et y masser ses divisions, était un parti qui ne présentait pas moins d'inconvéniens, parce qu'il laissait aux généraux Alvin2i et Davidowich la faculté de se mettre en communication par la vallée 4e la Brenta. Avec le petit nombre de soldats qui composaient l'armée républicaine, Bonaparte pouvait espérer de tenir tète à un seul des corps de l'armée autrichienne, mais il lui était impossible de résister sans désavantage à leurs forces réunies. Lajonctiond'Alvinziavec Davidowich, ou celle de l'un d'eux seulement avec les troupes de Wurmser, aurait été également funeste aux Français.
DE L'EMPËREUtt NAPOLÉON. 07
^ mm * I un I 11
La divbioa du général Vaubois était trop peu nombreuse pour défendh; efflcacemtot les abords de Trente. Le général en chef, en lui donnant Tordre d'attaquer les Autrichiens, espéra qu^èlfe i^éussirait à fanimidér Davidovnch et à arrêter sa marche. Il est des circonstances oû Taudace supplée heureusement au nombre. Vaubois obtint d'abord quelques succès à Saini-lMlchel et à Segonzano, dans lâ vallée de l*Âdi^e^ mais débordé sur sa droite par la vallée du Lavis , il se vit obligé d'évacuer Trente, oh DavidOMich entra aussitôt, et de se retirer sur Galliàno.
Cependant le général en chef, voulant profiter du mouvement offensif qu'il avait ordonné à Vaubois , s^avança , . avec les divisions Augereau et Masséna, vtH la Brenta que le corp» d'Âlvinzi venait de passer. Masséna attaqua à (^'^ mignano la gauche de Tennemi , commandée par Provera, et la força de repasser ta rivière , tandis que la droite, aux ordres de Quasdanowich, était attaquée à Lenove par Augereau. Nous n'obtînmes qu'un demi-succès: Quasdanowich se replia sur Bassano sans avoir été entamé. En marchant sur la Brenta, le général Bonaparte avait eu le projet de remonter la vallée pour tomber sur les derrières de Davidowich, et le détruire ainsi qu'il avait fait de Quasdanowich à Lonato ; ensuite il comptait répéter contre Alvinzi celte même manœuvre d'attaques séparées qui lui avait valu la victoire de Castiglione. Le succès incomplet de l'affaire de te Brenta, la résistance obstinée des Autrichiens , le nombre des troupes qu'ils pouvaient lui opposer, le firent renoncer à ce dessein. Il revint à Vérone, où il apprit avec. douleur que la (fivision Vaubois, attaquée vigoureusement à Galliàno, avait faibli devant l'ennemi, et s'était retirée de position en position jusqu'à la Gorona. Cette retraite inattendue menaçait la sûreté de Véronà Bonaparte remonta à cheval et courut à toute bride aui soldats qui venaient de tromper ses espérances. Il les rencontra sur le plateau de RivoU , que devait bientôt illustrer une de nos plus décisives victoires, et là, faisant rassembler la division, il témoigna énergiquement son mécontentement.
tt Soldats, dit-il , je ne suis pas content de vous; vous Ji'a- « vez montré ni discipline , ni constance, idlràvoure : aucune
«position n'a pu tou^ rallier; you8 vous èles abandonnés à «une terreur panique; vous vous êtes laissé chasser de posi- «tionsoùune poignée de braves devait arrêter une armée. «Soldats de la 39® et de la 85% vous n'êtes pas des soldats « français.— Général, chef d'état-n^jor, faitesécrire sur leurs « drapeaux : Ils ne sont plus de l'armée d'Italie, i»
Ces paroles poignantes , ces reproches amers et mérités vont au cœiir des soldats. La voix de leur général les rappelle à des sentimens dignes d'eux. Ils demandent tous d'une voix à être placés à l'avant-garde , et pour réparer leur conduite, jurent de vaincre ou de mourir. Bonaparte s'attendait à cet honorable élan. Assuré désormais que la route de Vérone, sera défendue de ce côté aussi vigoureusement qu'il était possible qu'elle le fût, il revint à son quartier gâoiéral.
En l'absence de Bonaparte , Alvinzi avait continué son mouvement et traversé de nouveau la Brenta. Le général en chef ne voulant pas le laisser approcher davantage, se résolut à l'attaquer dans la position qu'il avait prise à Caldiero. Les hauteurs] où est situé ce village, d'une pente raide, couvertes de vignobles , flanquées d'un côté par TÂdige et de l'autre par les hautes montagnes de Sette-Gommuni, contre-forts des Alpes tyroliennes, forment un des postes militaires les plus remarquables de l'Italie. Les soldats républicains s'avancèrent courageusement ; mais la difficulté de l'accès , l'opini&treté de la défense, et par-dessus tout une pluie congelée qu'un vent violent de nord-est leur chassait dans la figure, et qui les aveuglait, rendirent leurs efforts inutiles. Ils furent repoussés. .
Dans la position critique où les Français se trouvaient placés à Vérone , repasser le Mincio c'eût été la perte de l'Italie. Bonaparte ne pouvait songer à prendre ce parti. Il se détermina à passer l'Âdige au-dessous de la gauche d'Âlvinzi, pour agir derrière l'armée autrichienne. Cette résolution, qui paraissait hasardeuse au premier abord , était la seule qui o^ frtt encore quelque chance de succès. C'était un coup de génie.
;Le général Alvinzi, en se présentant devant Vérone, par la route de Caldiero , avait à sa droite des montagnes im-
praticables ; à sa gauche rÀdige; ea face unaplace (Vérone) dont renceinte était à Fabri d'un coup de main. Le terrain qu'il occupait, fermé ainsi de trois côtés, ne lui offrait dPautre issue que le défilé de Villanova. Par la manofuvre qu'il allait commencer, Bonaparte s'approchait de cette issue, forçait l'ennemi à combattre face en arrière, et plaçait l'armée républicaine dans un terrain marécageux, où il n'était possible de combattre que sur des digues , et où la supériorité individuelle du soldat et l'avantage de la défensive devaient racheter l'infériorité du nombre.
La garde de Vérone fut confiée au général Kilmaine, qui , avec 2,000 hommes, avait été rappelé du blocus de Mantoue, où était resté, avec un petit nombre de soldats; le général Miollis. Les troupes réunies au camp de Vérone, et à là tète desquelles Bonaparte allait agir j s'élevaientà environ dix-huit mille hommes. C'étaient les divisions Augereau et Masséna, et la réserve de la cavalerie. Le 14 novembre au soir elles prirent les armes, traversèrent silencieusement la ville , et sortirent par la porte de Milan , pour aller se former sur la rive droite de l'Adige. Les desseins du général en chef étaient ignorés de tous ; ce mouvement s'effectua avec le silence , l'anxiété et la douleur qui caractérisent une retraite. On T07ait déjà le siège de Mantoue levé, l'Italie perdue ! Quelques habitans, dévoués de cœur aux principes de notre révolution, regardaient, le cœur serré, la marche rétrograde de ces soldats qui emportaient avec eux toutes leurs espérances d'avenir et de liberté. La nuit ajoutait encore à la tristesse de ce départ , qu'on croyait commandé par Téchec de Galâiero.
Tout à coup , au lieu de suivre la route de Milan , l'armée reçoit Tordre de tourner à'gauche et de se diriger, en longeant l'Adige, sur le village de Ronco, où un pont venait d'être jeté, d'après les instructions du génâ^al en chef. La joie rentre dans tous les cœurs. Les soldats comprennent que le génie de leur général a trouvé un moyen de vaincre l'ennemi ; ils devinent ses intentions, et leur marehe, si tristement commencée, s'achève avec confiance et gatté. Le IS au matin, toute l'armée a traversé l'Ad^e , et se retrouve sur la rive gauche de la rivière.
Is Ufprm iatre ri4ig« et VÀlpoa ftt mitofXBwi ipoodé. P^iif fil fQitir Ua^A^ii^troU diga€i:uiie>i]die«ût leberd ^ TAdifl^i et rwuHite vers Pordl ; me autre au eautre al)QQtit au popt di*ArcoIe aur TAIpon (ç'eat la routç de VillaDoya) ; la trottiftoit, à droitei descend, vera le confluent d^ TAdige et de r Alpfm , i Alb^ffedo, Masaéna se porta aur Porcil ; le général Guyeux, avec aa brigade, dut passer Tibiige i Albar^o pour remonter la rive gauche de TAlpon; et le généra) en cbef avec ladiv|aionAngereaumarchaaurAro[rie.Une brigade de Croates dâ^ndait ce point. Ces troupes profitèrant des avantagea di} tanaîi» pour repousser Tattaque d'Augereau. Leur résistance donna i Alvinzî le temps d'wvoyer h leur secours, et de dîr rigerRroveia» avec six bataillons, ft la rencontre deMaaséna; enaoîte le maréchal autrichien, inquiet pour sa coonnusica* tion, et craignant d'être coupé, rétrograda avfw le gros de son armée jusqu'à San-Bonifiscio et Villanova.
Malgré Tobstacle imprévu que présentait la éHmsA d'Ar^ eole , le général Bonaparte persista dans sim premit r prcjîet 11 ne pouvait plus atteindre Villanova par la rive gau<te de TAIpon ; mais il était à portée, par Porcil, d-agir phis diree^ tement snr hi ligne de retraite d'AlvinsL Seulement , pour assurer sa droite, et ne pas être compromia lui-même, il fUlait être mattre du village et du défilé d' Arcole. Il donna donc Tordre de tenter de nouveaux efforts pour enqxurter le pont. Ce Ait ep vain que les généraux, sentant tpiite Tim^ portanea du temps , se mirent i la tête des colonnes, Trop de courage nuisit au succès : ils furent presque tous blessés. Verdier, Bon, Verne, Lannes, furent qpis tors de combat. Auga*eau » saisiùant un drapeau, le porta sur le pont , et y resta ploûeurs minutes, sans être suivi, ni soutenu par les soldats découragés. Cependant il Allait passer là ^ pu faire un détour de plu^knifs lieues , ce qui aurait ftut manquf r lV)pératien. BaaapartesY porte luinnême avec son AatHEnijor. Les soldatas'âaient arrêtée indêois devant lefeu de la mitraille: « &!«nadiers, s^éeriort-il, u'êtes-^vous plus les braves de liodi? » La pi>é s on ce du gteéral en chef ranime leur courage, et excite leur enthousiasme. U veut ^ profiter , saute A bas de aon cheval , et , saisissant un drapeau , s'élance vers le pont çn
DE L'EMPRafiUP NAPOLÉON.
eri^ttaStilvef yp|:Ff} gén^p^l. p ]L^ qptpime 8Ml)r^ç ; nais, aGCiieillia pur ^n fm terrible, elle ^'arrètp de QQuyedu, et recule m mQV^mt peut-^tre eà ce demier ^vi pliait d^oiâ^ ]% 'mt<Hti^f U» fsin^Hm YigBplle et Imn^^, «ont Ue^ aiipr^ du fpéoiira) m fibef ; le colcmel Miiirop, 9Qn 4ide 49 cpnp, pst tu< ea le couvrant de ^pQ eprpe; BoAapafl§ )uh iil^pe 9a( rei|¥^Ffié dai^s un parais. L'^nnisipi ve^i ipfoà\$^ 4e I^ cp^iisipQ q^i pègpe parmi les Fpapsaiis, {1 s'éja^e mi^ delà 4a po^t , f^ ^^it qos soldats sur \^ eh^u^^ée. M^i^ 6^11i^4 a Yi| le pénl qpi menace je général ep chef; il rsillie imjB eipT qu^Uine de grenadiers , et charge à leup tète (Sfi criant ; ft^ilYons notre général.» Les Giro^te^ sont repqussés d^f leiirs retrançheiii^s. BoiiJip^tp reiponte à ebev^. S^ vue ^f sesparples r#s8Hiren|; 1^ soldats , mi reprepamit leur§ raggii et se forment sup )a diffus*
p feUnt , pppp prendre Areple, attendre le géo^nil Cfuyeux dpi^ rsirrivée par |a rive gayebe de T Alpqn pbligea l- ennemi I évapii^ le village qui venait d-^tre témpiq éfm». lutt^ 4 acliani^. Le but dn géqéral en chef n^^tait pas eneor^ atr teînl; mm le résultat de cette terrible journée; pouvait bien s'ailler une victoire, puisqu-pn avait fi^tepu, par la r^tpaite d^ remenai, Vabaudiuai de )a position inexpugnable de Cak dîf^ ^ 1^ dfgliyraoee de Y^rone.
Le niéHie soir, l^rmée française reprit les positions qu'Ole oeeupait le matin i Ronco , de Tau&e e6té de TAdige. Bopar parte ne devait pas se hasarder à passer la nuit di»is des ma? rais aveo des troupes entassées sur des chaussées étroites, m présraee d-une armée autrichienne déployée entre jSan-BiHik fopio et San-StephaoQ. Il pouvait se faire que le gépéral Vau? bois e<kt m fbreé dans ses positions, et qu'il devùif néees? saire w gâiéral eu chef de se pcH'ter de nuit sur le Mineio, peur le rejoindre sous Mantoue à marche forcée, mûUveoifBt d'Une exéeution impraticable si Tarmée n^eût pas été en po-^ sidûn sur la riye droite de TAdige.
Four tirer tout le parti possible du premier avantage obtenu spr Âlvinzi, il fallait le r^eta^ détoitivement sur la Brenta. Bonaparte, certain que Vanbois n'avait pas été atta? qié le i6 par Davidovirich , repassa , le 16 au matin , sur la
gauche de TAdige. Les Aatrichiens, pendant la nuit , avaient occupé Albaredo , Aréole et Porcil. Ils s^avancèrent sur le pont de Ronco; mais ils furent culbutés et repousses. Masséna rentra à Porcil ; puis , rabattant une de ses brigade vers lé centre, coupa, sur la digue, une colonne de quinze çmts hommes quHl fit prisonnière. Augereau se dirigea de nouveaa sur Arcole ; mais les scènes de la veille recommencèrent; et après avoir perdu du monde , il fallut encore renoncer à emporter le pont. Le général en chef essap vainement aussi de faire jeter, à Tembouchure de TAlpon, un pont de fascines. La force du courant s^y opposa ; Veau avait trop de profondeur pour que les soldats pussent traverser à gué. En reconnaissant le lit de TAlpon , Bonaparte courut des dangers ; son aide de camp , le jeune Elliot , fut tué. La nuit survint : Tarmée vint reprendre ses positions du matin.
Le mauvais succès de ces tentatives ne décourageait pas le général en chef. Il apprit que Davidoveich avait attaqué , le 16, Vaubôis, qui s'était retiré en bon ordre sur Bussolingo. Il devenait important d'obliger Alvinzi à se retirer au - ddà de Villanova, afin de se remettre en communication directe avec Vérone , et de marcher contre Davidovnch. Bonaparte se résolut à une troisième attaque. L'armée repassa TAdige. Mais cette fois, ce n'était pas contre Arcole que le plus grand effort devait être dirigé. Le général en chef se contenta d'y envoyer le général Robert avec une demi-brigade de la division Masséna. Masséna lui-même , avec une autre demi-brigade , se dirigea sur Porcil. Le reste de sa division resta en réserve auprès du pont de Ronco , tandis que la division Augereau devait jeter un pont à l'embouchure de l'Alponpout* passer sur la rive gauche de ce ruisseau, et yenir prendre Arcole àrevers.
Les Autrichiens étaient en force à Arcole ; ils ramenèrent le général Robert qui reculait à dessein , et s'élancèrent à sa poursuite jusqu'au pont de Ronco. Leur colonne profonde , fière d'un premier succès , vint donner sur le g^ros de la division Masséna, et tomba dans une embuscade. Des troupes cachées dans les roseaux fondirent sur s<hi flanc, en coupèrent trois mille hommes, et refoulèrent le reste en désordre vers Arcole. Pendant cette attaque, la division Augereau avait
traversé FÂlpon; elle se trouvait en face de Taile gauche autrichienne dont Textrémité était appuyée à un marais. Bonaparte avait donné des ordres pour que huit cents hommes, sortis de la garnison de Legnago, tournassent cet obstacle. Gomme ils ne paraissaient pas encore, le général en chef ordonna à un officier de ses guides de choisir vingt-cinq hommes de sa compagnie , de longer TAdige d'une demilieue, de tourner tous les marais qui appuyaient la gauche de Tennemi, et de le charger par derrière en faisant sonner plusieurs trompettes; Cette ruse eut un succès complet. L'infanterie autrichienne perdit l'aplomb qu'elle avait conservé jusque-là. Augereau en profita pour attaquer. L'apparition de h petite garnison de Legnago , avec quatre pièces de canon , sur les derrières de l'ennemi , acheva la défaite. Les Autrichiens se retirèrent précipitamment sur San-Bomfacio. La division Masséna déboucha alors par Arcole et San-Gregorio. Alvinzi, battu sur le terrain te plus favorable à la défensive , n'osa pas risquer une nouvelle bataille dans une campagne ouverte , et se retira sur Montébello avec son armée réduite à moins de dix -huit mille combattans. Quatre drapeaux , dix-huit canons, six mille prisonniers, furent les trophées des trois sanglantes journées d'Arcole. Les Autrichiens eurent en outre douze mille hommes hors de combat. Les attaques acharnées et opiniâtres , les luttes corps à corps qui distinguèrent cette bataille en font comme un chant de riliade. Combien nos guerres à coups de protocoles paraissent peu de chose auprès de ces combats de géans ! ; '
L'armée rentra triomphante à Vérone par la porte de Venise, trois jours après en être sortie mystérieusement du côté opposé, par la porte de Milan. Les habitans et les soldats manifestaient , pour le général en chef, une même admiràtirni et un égal enthousiasme.
Boiiaparte avait fait suivre Alvinzi par sa cavalerie seù^ lement. Les divisions Masséna et Augereau ne firent que traverser Vérone. Après avoir mis en fuite le général en chef de l'armée autrichienne, il feUait obliger son lieutenant à la retraite. Davidowich, menacé à Dolce, n'échappa à une rame certaine ipi'en se hAtant de regagner Roveredo. Son
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^mira-garde ; serrée de pri» , fot fortement oitam^e. U retraite de EMtvidowicb décida Alvioâ à se repUer derfitre h Brenta} et Tarmée française reprit les positions qi^^eUe occupait Kvaat le mouvement de rarmée impériale.
l^ géi^éral en chef, aprè^ avoir dQnné des oardres pour rç^rrer plus rigoureusement le blocus de MaQtqoe , retourna i Milan , où les soins de la politique devai^t remplir les instans de vqfos que lui lais^ient les opératious militaires, Mais cette çontiouelle activité était nécessaire i son génie, yadmiuistnition le délassait de la guerre i et Vltalie , divisa par les partis nationaux et étrangers, émue, agitée, impatiente , n'avait p^s moins besoin des institutions dont Bonaparte dotait sa j^une liberté , que des victoire <p| lui rendaient spu indépepd^nce.
Nous fiYons dit que deux aides de camp du géiiéral ^ chef, Muiron et EUiot , avaient été tués i Arcole ; Bonayparte regretta vivement ces deux officiers que leur^ talwi et leur l^vpure auraient sans doute appelés k de hautes deftîpées. Sa lettre ^ madame Mniron , celle qu'il écrivit au Directoire pour lui recommander cette honorsÂ>le et intéressante veuve, sopt empreiptes d'une vive sen«ibilité.Ges lettres fîu^ écrites du champ de bataille d'Arcole, ftinsi que la lettre suivante qi^Hl adr^ au général Glarke , pour lui tranmettre aussi una douloureuse nouvelle :
«Votre neveu EHîot a été tué sur le champ de bataille « d'Arcple. Ce jeune homme s'était familiarisé av^ lips anne^ : «il a plusieurs fois maKhé à la tète des colonnes ; il aurs^t «été un jour un officier estimaMe. Il est mqrt avec gl^r^ et «^n face de Vennemi ; U n'a pas souffert un instant. Quel est «rhamm^ raisonnable qui n'envierait pas une tellç mort? <(Qpel e^t celui qui 9 dans les vicissitudes de la vie, pe s'a- «bonnerait pas pour sortir de cette manière d'un monde si «pouvent méprisable? Qud est celui d'entre nous qui n'a pas «r«gr?M# cent ^is de ne pas être msi soustrait aux effiets « puisjBans de la calomnié , de l'fpvie , et de toutes les paiakins «haineps^ qui semblent j^esque pi^plu^vement diriger la «opndulM des bommw ? p
Pn lisant pp billet, pn sent fpe la £^re de Bonaparte a
DE L'EMPSRGUR NAPOLÉON.
déjà ^Yeillé Tenvie , et que Ie$ attaques de Y^tvne p*ont]^ laissé leg^and homme sans quelques atteintes, (ies piqûres du moucberpii irritent et déaespërent le roi dea animaux.. En se reportant , par le souvenir , à cette époque de la vie de Napoléon, on se demande quels étaient donc en France ces hommes qui ne se montraient pas alors glorieux et en** thousiastes des victoire du général de Tannée d'Italie ; quels étaioit ceux qui refusaient au héros par qui la nation française était replacée à aonrangparmi les peuples, leur tribut d'amour et d'admiration? Ah ! ce ne pouvaient être de$ Français, On a raconté qu'après la bataille d'ArcoIe, Bonaparte, re-? vêtu d'un uniforme de simple officier , allant lui-même yi-r siter les avant*postes , trouva une sentinelle endormie ; que le général, sans réveiller le soldat, prit son fusil, et, se mettant en faction , attendit patiemment qu'on vint le{re^ lever; qu'i son réveil , le soldat étonné et reconnaissant Yotfider qui vivait pris sa place s'était écrié: a Bonaparte, je sui^ perdii; » et que le général lui avait répondu : «Rature-toi , «camarade ; aprls tant de fatigues, il est bien permis à m «bravf comme toi de s'endormir. Mais une autre fois dioisis «mieux ton temps. » Cette anecdote, répétée sans examen par la plupart des auteurs qui ont écrit la vie de l'Empereur, a acquis wi^ eertaine popularité. Elle n'est pas vraie. {Napoléon Fa loi-méma déclaré h Sainte-Hélène : et quand il ne l'aurait pas foit, 9ç4eva}t-op pas en reconnaître la fousseté, en apngeant que le général de l'armée d'Italie , après la victoire d'Ar^^ eole, ayaH de trop grands intérêts i surveiller pQup perdre dew heures h remplacer u^ soldat en faction ; et , Ji supposer même que, par pitié pour les fatigues de cep trois journée^ de combats, il eàt bien voulu oublier un instant la cpupable uégUgeqe^ de la sentinelle et ne pas punir ^ faute grave eootr» le i^ce militaire ^ ne pouvait -il pas la faire relever sur-lorçhamp , aans se charger Im-méme du soin d'occupé^ un poaite qu'elle iie remplissait point? I^yons dono cette biatoriette de la grande histoire de Napoléon. Ces anecdotes contr«mvf^, loin d'y ajouter aucun lustre, afFaibli^nt l'éclat de $cm pom* là aeule vérité sufi^t h sa gloire.
L'habileté de la diplomatie autrichieiine a été connue de tout temps. Elle regagne par les traités ce qui a été perdu par les batailles. Après la défaite d'Ârcole elle proposa un armistice auquel le général Bonaparte s'opposa. Il fitcomprendre au négociateur français Glarke, qui avait été chargé^par le Directoire, de s'aboucher àVicenceavec le baron de Saint- Vincent, envoyé autrichien, que la suspension d'armes proposée serait toute à l'avantage des armées qui venaient d'être vaincues, si , comme cela était demandé , on leur permettait la moindre communication avec Manloue , dont la famine , toujours croissante , assurait la prompte reddition. L'armistice fut refusé.
Le Directoire,éclairé enfin sur la position difficile où, même après ses victoires , se trouvait l'armée dltalie , que tant de batailles avaient considérablement diminuée, se décida à y envoyer des troupes. Les .divisions Bemadotte et Delmas, de l'armée du Rhin , reçurent l'ordre , malgré l'hiver , de franchir les Alpes pour aller se placer sous le commandement de Bonaparte; mais elles ne devaient pas arriver à temps pour prendre part à la nouvelle lutte qui allait s'engager avec Alvinzi.
La cour d'Autriche, tout en demandant une suspension d'armes, n'avait pas cessé d'envoyer des renforts à son armée du Tyrol , à laquelle il fut bientôt ordonné de reprendre l'offensive pour délivrer Mantoue qu'on savait être aux abois.
L'ennemi s'avança à la fois par Roveredo , par Yicence et par Padoue , sur le centre et sur tes deux ailes de l'armée française que Bonaparte , incertain du point où lé gros des forces autrichiennes devait se porter , avait laissée dans ses positions : Serrurier devant Mantoue , Âugereau sur l'Adige, Masséna à Vérone , Joubert à la Gorona et à Rivoli. Chacune de ces quatre divisions était d'environ dix mille hommes. Le général Rey , avec une réserve de quatre mille hommes , se trouvait à Desenzano.
L'armée autrichienne , sans compter la garnison de Mantoue, présentait plus de cinquante mille combattans.
Quelques engagemens de peu d'importance convainquirent
le général en chef que le projet d'Âlvinzi était de déboucher par la vallée de l'Âdige avec la ms^eure partie de son armée. Bonaparte choisit aussitôt son champ de bataille. 11 avait appris que, suivant une habitude que des revers multipliés auraient dd pourtant leur faire perdre , les colonnes autrichiennes marchaient par des routes différentes. Il résolut d'aller les attendre sur le plateau de Rivoli, où tous les chemins qui sillonnent la contrée montagneuse que Tennemi avait à traverser viennent aboutir. Cette position lui donnait la £aiculté d'agir avec la masse de ses forces contre des colonnes séparées entre elles par des obstacles insurmontables, tels que le Monte-Baldo , les crêtes de San-Marco et les eaux profondes de FAdige. Il pouvait en outre se servir de son artillerie, tandis que les Autrichiens, à cause de la nature des chemins , avaient dû laisser leurs canons en arrière.
Le général Al viozi avait dirigé sur Mantoue par Legnago une colonne forte de 15,000 hommes 2^ux ordres des généraux Provera et Bajalich. Bonaparte ne s'inquiéta pas de ce détachement, certain de pouvoir l'écraser aussitôt qu'il aurait battu l'armée principale d'Alvinzi.
Cette armée s'avançait divisée en six colonnes. Trois d'entre elles, fortes ensemble de 12,000 hommes, devaient attaquer de front la division Joubert qui occupait le plateau de Rivoli. Le général Lusignan , avec 4,000 hommes , devait tourner notre gauche en passant par le revers occidental de Monte-Baldo; Quasdanowich, avec 10,000 hommes, était chargé, en longeant la droite de l'Adige, d'assaillir notre droite; enfin la sixième colonne, commandée par Wukassovdch , et forte de 6,000 hommes , se dirigeait par la rive gauche de l'Adige sur la CMusa, pour couper notre communication avec Vérone.
Bonaparte rejoignit à minuit Joubert que Masséna et Rey venaient appuyer à marche forcée. Il faisait un beau clair de lune , et sur les cimes blanchies des montagnes on distinguait facilement les feux des bivouacs ennemis. On y comptait cinq camps difFérens. La division Masséna arriva avant le jour, et eut deux ou trois heures pour se reposer. Le 14 janvier au matm , l'action s'engagea avec vigueur. Tout se passa
âlSTOIRÉ
. oomme Bonaparte ravah prévu; et malgré la valeur opiniâtre que montrèrent les colonnes autrichiennes , elles furent suc-^ tessivement accablées et détruites. L^armée autrichienne éprouva des pertes immenses en tués et blessés. (Siacun de ses générant fit sa retraite avec la plus grande précipitation et presque isolé : 12 canons, 13,000 prisonniers restèrent en uotre pouvoir.
Bonaparte avait quitté le champ de bataille avant la fin de la journée. Laissant à Joubert le som d'achever la victoire, et certain du triomphe , il était parti en hâte avec la moitié de la division Masséna pour atteindre Provera dans sa marche sur Mantoue.
Ce général arriva lé 15 devant cette ^le. Son avant-garde était composée de hussards dont Funiforme ressemblait à celui des hussards français de Berchiny. 11 faillit surprendre le poste de Saint - George qui couvrait la ligne de blocus , défendue seulement du côté de TAdige par un fossé. Le tact â*un vieux sergent sauva les Français ; il examina les hussards, et remarqua que leurs manteaux étaient neufe, tandis que ceux des cavaliers de Berchiny étaient lavés par les pluies et usés par les bivouacs. Cette observation n*eùt peut - être pas été faite par un officier général. Le sergent abaissa la barrière, et aidé d^un tambour, donna Téveil. La brigade du général MioUis prit aussitôt les armes et obligea Tennemi à s^arrêter.
Peiudant la nuit , Provera, au moyen d'une barque, comtnunlqua avec ' Wurmiser , et convint d'une attaque simultanée pour le lendemain. Provera attaqua le poste de la Favorite , Wurmser , celui de Saint-Antoine ; les deux généraux espéradént écraser facilement les troupes peu nombreuses qui formaient le blocus ; Tairivée . de Bonaparte détruisit leurs espérances : Wurmser fut repoussé dans la place, et Provera se vit réduit à poser les armes avec les soldats qui lui restaient.
La capitulation de Provera , la retraite définitive d^Alvinzi laissaient Mantoue sans espoir de secours. La garnison était aux abois , décimée par la famine et par les maladies. Il h'y ^restait plus que pour trois jours de vivres, lorsque Wurmser
consentit à en ouvrir les portes. Sa 4éfense opiniâtre étaittirop honorable pour cpie Bonaparte ne lui donnât pas des marques de son estime. Il accorda au yieux maréchal toutes les conditions quHl demanda et ne voulut pas qu'Q fût prisonnier de guerre. Ensuite , la capitulation signée , il partit pour Bologne afin de lui épargner le chagrin de remettre son épée aux mains d'un aussi jeune général.
L'âme de Wurmser était digne de la magnaninnté de Napoléon. Il lui donna quelque temps après la preuve de sa reconnaissance.cn l'avertissant d'un complot d'empoisonnement ourdi contre lui dans la Romagne. Cet avis sauva peutêtre les jours du vainqueur de l'Italie.
Pendant que Bonaj^rte était aux prises avec Âlvinzi, la cour de Rome avait rompu l'armistice conclu au mois de juin et fait des armemens dont elle avait confié le commandement au général autrichien Golli. La division Vict<Mrfut retirée de l'investissement de Mantoue et chargée de mettre à la raison ce nouvel ennemi. La campagne ne fut ni longue ni sanglante. Les troupes papales furent battues sur le Senio et à Âncône. Les soldats républicains occupèrent Lorette, et notre avant-garde s'avança jusqu'à Tolentino. La terreur était au comble dans Rome. Le pape demanda la paix ; la négodation ne dura pas long-temps. Bonaparte éiait maître de ses états/ il pouvait le rayer de la liste des princes temporels; il cour sentit à le laisser sur le trône de Saint-Pierre , moyennant une contribution de guerre de trente millions, la confirmation de la cession d'Avignon, du Ciomtat, des Légations de Ferrare et de Bologne, et l'abandon de la Romagne, qui fut réimie à la république Transpadane.
Le général en chef revînt ensuite à Mantoue. Le même sentiment de délicatesse qui lui avait fait refuser d'humilier Wurmser, l'empêcha d'aller à Rome où il aurait paru vouloir triompher du pape. Il respecta le caractère religieux de Pie YI comme il avait respecté les cheveux blancs du vieux maréchal.
RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE
GAMBAGRE d'iTAUE. — COBpiE ALYUIZI.
3 novembre. CombaiùeUiai'l Combat de Segonaiio ( perte de
renneini, 1,200 hommet tués oa
blesaét, 4fi0 prisoDOiert}.
6 — Combat de la Brenta (500 prisonniers, 1 canon).
7 — Combat de Calliano.
12 — Combat de Caldiero (400 prisonniers, 5 canons).
15, 16 et 17 — Bataille d*Arcole (les Autridiiens7Per<)a>< 10,000 hommes , tués , blessés ou prisonniers , 4 drapeaux, 18 canons. L'année fjrançaise ' ne s'élerait qu*à 13,000 hommes).
16 — Combat de La Corona.
17 — Combat de Campana.
— ~ Mort de Catherine II, impératrice de Russie.
21 — Combat de Dolœ (1100 prisonniers, 4 canons).
22 — Retraite d'Ahinzi , derrière la Brenta.
Alyinzi reprend Toffensi^.
10 jamfier. Combat de Saint-Michel.
Combat de Monte-Baldo.
18 — Combat d'Anguiari (2,300 prisonniers, 16 canons).
14 — Bataille de Rivoli (13,000 prisonniers, 12 canons).
15 — Combat de Safnt-George devant Mantoue.
MJoiw. Bataille de La Fatorite (10,000 prisonniers, 20 drapeaux, 20 ca- ' nons). Le général autrichien Pro- Tera est fait prisonnier pour bi seconde fois.
26 — Combat de Garpenedolo (900 prisonniers , 1 canon).
27 ^ Combat d'ATio (500 prisooniertV
28 — Combat de Tortx>le (450 prisonniers).
Combat et prise de Trente (2,900
prisonniers).
20 — Combat de Laris (900 priaonniers).
2 février. Reddition deMantooe(13,060
prisonniers , 350 canons).
Une division fhmçaisemarchesur
Rome.
3 ~ Prise de Faenia (1,000 prisonniers,
8 drapeaux , 14 canons).
Prise dlmola.
Prise deForli.
7 — Prise de Demnbano.
9 — Entrée à Loretto (inise du trésor, évalué à un million de francs).
Prise tfAno^ne (120 canons, 5,000
tasils , munitions de i^uerre de toute espèce; 1,200 prisonniers).
12 — Alliance avec la république de Saint-Marin.
19 — Paix de Tolentino , entre la République française et le pape. —Cession d'Avignon et du Comtat» du Ferrarais et de la Romagne.
Paria. ••!>• l'iMpriamie de RieaoVa et C^. nie dn fra»ca->aMrf>oia-Saipt-Michfl , >.
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