CHAPITRE PREMIER. M
son profil superbe; «on front élevé, légèrement dénudé sur les tempes; son regard olympien, mais plein de bienveillance quand ses lèvres souriaient ; son coup d'œil scrutateur cherchant à plonger jusqu'au fond des cœurs pour y lire les plus secrètes pensées , intimidait parfois ceux qui l'approchaient; m^is par un mot, par «n geste, il provoquait bien vile la eonfiance retenue par un sentiment de crainte sur la réserve.
Lorsque son service ou le séjour de la famille impériale à Tsarskoé-Sélo n'exigeaient point sa présence en celte charmante résidence, il habitait à Saint-Péters* bourg le palais d' Anitschkoff , transformé , par ses soins , en un vrai sanctuaire d'éiégance , d'ordre et de bonne tenue. C'est là qu'en dehors des affaires politiques, il charmait les loisirs que lui laissaient ses études niili* taires, par les joies de la famille et la culture de la mu« sjque qu'il affectionnait, la musique militaire surtout* Dans ce palais, il avait fait construire un petit théâtre sur lequel , tout frais encore des impressions dramatiques qu'il avait rapportées de Paris, il se chargeait d'interpréter parfois lui-même le répertoire à la mode de la scène française. Il jouait à ravir dans l'Hôtel garni, une de ses pièces de prédilection. Les artistes français engagés à Saint-Pétersbourg étaient souvent appelés à prêter leur concours aux fêtes qu'il donnait à sa faaÉlUe^ et ils l'accordaient avec d'autant plus d'empresseflEient , que dans la bienveillance pour eux du grandduc ils avaient trouvé un patronage intelligent et sûr.
Pour, bien connaître un homme, qu'il soit né dans une condition infime, sur le seuil d'une chaumière, ou dans une posilion suprême; sur les marches d'un trône, il faut le juger par son esprit et surtout par son cœur.
Nous retrouverons le cœur et l'esprit du grand-duc