CHAPITRE DOUZIÈME. 4M
««fiés?... Où soDi-ils?... Vooft les avei lâdieneDt, Initrensanent assassinés.... Le sang réclame du sang^ le crime exige l'expiation. » S'approchant alors d'un soldat qo'on lui avait dénoncé comme l'un des principaux faaleors dn mouvement ^ il l'arrêta de ses propres mains et le sonmia de révéler le nom de ses complices. Parmi ces hommes en armes qui pouvaient se soustraire par un nouveau crime aux sanglantes représailles du ekàtiment, il ne s'en trouva pas un qui osât braver le regard de l'EnD^ereur. Tous, pliant le genou devant la majesté suprême , se dénoncèrent eux-mêmes, et se soumirent avec la résignation du repentir à la volonté qui devait statuer sur leur sotU La loi suivit son cours. Comme le crime, le châtiment fut terrible. L'humanité devait être vengée.
A^icolas apaisa complètement les désordres et calma Veflervesc«Bce des esprits par une de ces illuminations de cœur dont il possédait si bien le secret. Un médecin, arrêté par le peuple au moment où il portait dans une mabon infestée une bouteille de chlore, allait être mis en pièces, lorsque le €zar, se -dirigeant vers les groupes et peraint la foule , arriva près de lui.
« Quel est cet homme? idemanda-t-il.
— C'est un empoisonneur, répondit le peuple.
— Je suis médecin , Sire , ajouta le docteur.
— Voyez, père, répliqua le peuple, la preuve do foison est dans ses mains.
— Que renferme cette bouteille? demanda Nicolas, -r- Du chlore désinfecteur. Sire.
— Qu'on m'apporte un verre, » s'écria le Czar. Puis, versant dans ce verre une partie de la préparation pharmaceutique , il dit : a Ce que vous prenez pour du poi- Mk est au contraire un préservatif énergique contre
456 HISTOIRE DE L'EUPEREUR XIGOLAS.
PinflueDce cholériqae , et je vais vous le prouver en le buvant. » An moment où il portait le verre à ses lèvres , son médecin y le docteur Arendt, arrêta son bras en disant :
tt Prenez garde, Sire , vous allez perdre vos dents.
— Dans ce cas, répondit l'Empereur à haute voix, tu me mettras un râtelier. »
Cette croyance aveugle aux empoisonnements tomba bientôt d'elle-même devant les enquêtes ordonnées par Taotorité ; mais l'histoire doit constater qu'en Russie les hautes castes partagèrent avec le peuple cette erreur, qui accompagnait partout plus ou moins l'invasion du choléra. C'est ainsi que le général comte Oppermann j frappé par le fléau une heure après avoir bu à une fon* taine de Strella y est mort emportant dans la tombe la conviction intime d'avoir bu l'eau d'une fontaine empoisonnée. Cet exemple ne justifie pas le peuple de ses excès, mais il l'excuse d'avoir subi une prévention commune aux seigneurs.
Quoi qu'il en soit , les classes éclairées de la natioa russe opposèrent dans cette crise fatale aux scènes de barbarie que nous venons de décrire des actes sublimes de dévouement et d'humanité. Ce fut au milieu des épreuves de la guerre et du choléra que l'empereur Nicolas obtint une nouvelle marque des bénédictions de Dieu j se plaisant à le consoler par les joies de la famille des agitations de ses peuples. L'impératrice Alexandra loi donna un nouveau fils (le 27 juilIet-8 août) qui reçut le nom de Nicolas
Nous sommes en 1832. La Russie, heureuse et prospère y se répare sous le sceptre de son empereur, qui poursuit avec persévérance l'œuvre de Pierre le Grand.