‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 137 sur 331 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

en disant : a Maintenant, mes enfants, rentrez dans vo^ familles, reprenez vos travaux; acceptez avec résigna* lion Féprenve que le Seigneur vous envoie pour l'expiation de vos fautes, et par voire conduite future montrez-vous dignes de ses miséricordes infinies. « L'apparition de l'Empereur sur tous les points où les émeo-» liers avaient établi leur quartier général produisit le même effet magique.

Le lendemain Nicolas , parcourant une seconde fois le théâtre de ces désordres, reconnut avec satisfaction que la ville avait repris sa physionomie habituelle. De retour aa palais d'hiver, il fit appeler le doyen des marchanda de la capitale , et lui donna l'ordre d'établir dans chaque quartier de la ville un lazaret de cent lits pour les cho« lériqoes. A cet effet, il assigna une somme d'environ 140,000 £ancs. Quelques jours après le choléra enin dans sa période de décroissance, et quoiqu'il ne disparut entièrement que dans les derniers jours du mois d'octobre, il ne fit plus qu'un petit nombre de victimes. «Nous savions bien, disait le peuple, que l'Empereur, notre père, nous sauverait. »

Ce fléau mystérieux, impitoyable, qui a défié jusqu'à ce jour l'orgueil de la science humaine, et qui, à des épo-» ques indéterminées, impose un fatal tribut à toutes les régions de la terre, cette maladie dont les premiers symptômes sont les dernières convulsions de l'agonie, le choléra se répandit dans plusieurs gouvernements de l'intérieur, principalement sur la route qui relie les deux capitales de l'empire. Devancé par les bruits d'empoisonnement qui couraient à Saint-Pétersbourg, il signala sa marche par des révoltes et des désordres de la nature la plus grave.

Une formidable insurrection éclata tout à coup dans

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les coloiiies militaifcs de Novgorod et dans la ville de Staroja-Russa. Les excès auxquels les rebelles se livre* FODl furent d'aotant pins déplorables, qu'ils n'eurent pas eousme ceux de Saint-'Pétersbdorg l'excuse de la colère et les circonstances atténuantes des passions aveugles. Ils eMMBirent les crimes les plus inouïs en pleine connaissance de cause, de s<uig-finMd, avec un raffinement de cruauté dont la pensée seule Inspire l'horreur et Vefiroi. Deux généraux, deux cent vingt officiers de tous grades, des médecins, des femmes, des enfants, succombèrent dans des supplices affreux. Le fer impatient des assassins dkt chercher des victimes jusque dans les entrailles des mères, a Nous vous aimons, nous vous respectons; vous avez toujours été bons pour nous , disaient les soldats à leurs chefs , et cependant nous devons vous tuer : il faut que vous périssiez... Achevez votre pipe, ajoufaient-ils à ceux qui fumaient, nous reviendrons. » Et un instant après, ils revenaient faire de nouveaux cadavres.

Les officiers n'essayèrent pas même une défense qui n'aurait servi qu'à prolonger leurs souffrances. QueU ques-uns furent pendus à des arbres et hachés à coups de sabres, d'autres, attachés par les bras à des poteaux, eor^it les jambes séparées du corps à coups de bafon* nette.

L'empereur Nicolas, informé de ces événements, se rendit aussitôt dans les colonies insurgées; mais quand, accompagné^ de quelques généraux, il arriva sur le théâtre du drame, il était trop tard; les sanglants sacrifices étaient consommés* Il ne trouva plus devant lui que des coupables à punir. Sans calculer le danger auquel il s'exposait , il se présenta seul devant les rebelles assassins, et d'une voix menaçante il leur dit : « Malheureux, qu'aveK«>vDas fait des chefs que je vous avais

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