CHAPITRE TREIZIÈME
KoaTeile l«vëe de boacliert en Pologne. — La Pologne est mise en ëCal de sië<je.
— Bignenrs de la répression. — Politique plos conciliatrice. ~ Congrès des sonicrains da \ord. — Disette et famine. — Leçon donnée par Nicolas à nn accapareur. — Belle réparation. ~ L'acteur Vemet. — - Un commis voyageur en roDtratention. — IJne nièce improvisée. — Pian de vie de l'Empereur. — Sage économie. — Un cocher de drosky désintéressé. ~ Nombres falals. — Le cabinet de l'empereur de toutes les Rossiei. — Parallèles. — Un fumeur malencontreux.
— Portrait de l'empereur Nicolas à la plus belle époque de son règne. — Majorité (io grand-duc héritier. — Mort du gouverneur du grand-duc héritier. — Angroeotation du traitement des fonctionnaires publics. — Étrennes du propriétaire da palais d'hiver. — Politique nationale. — Entraves apportées aui voyages. — Sitoatlon politique de la Pologne. -— Abus de pouvoir. — La statue de Sobieski.
— Fameuse allocution de l'Empereur. — Impression produite en Europe par ce docament. — Parades militaires de Kaliscb. — Voyage de l'empereur Nicolas à l'étranger. — Question du Danube.
Tandis que Tatlention de l'Europe se concentrait tout entière en Orient, la Pologne vaincue, mais non moralement pacifiée, favorisait en secret les imprudentes impatiences d'un certain nombre d'officiers revenus dans leur pays pour rêver de folles entreprises et se jeter de nouveau dans de funestes aventures.
Malgré les sanglantes leçons du passé, croyant que raudace suffisait seule à la fortune des combats, ces
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jeunes officiers s'élancèrent tout à coup des forêts oîi ils s'étaient organisés en bandes; ils soulevèrent quelques districts y surprirent et taillèrent en pièces quelques détachements isolés y et se proclamèrent les libérateurs de leur patrie. Ces premiers succès n'eurent pas une longue durée. Les Russes arrivèrent en force, et les insurgés furent tous ou dispersés ou faits prisonniers. Ce dénoùment était prévu, les conséquences en furent désastreuses. Les rigueurs dont le gouvernement impérial commençait à se relâcher reprirent une nouvelle intensité. Les mesures impitoyables remplacèrent celles de la clémence, et se façonnant à l'esprit révolutionnaire de la nation effervescente, elles devinrent, comme lui, systématiques.
A cette nouvelle et déplorable levée de boucliers l'empereur Nicolas répondit par une ordonnance impériale du 23 avril-5 mai, qui mettait la Pologne tout entière en état de siège, et renvoyait devant un conseil de guerre tous les insurgés pris les armes a la main. Ces conseils ne se contentèrent pas de sévir contre ceux qui avaient figuré dans les derniers mouvements, mais, dépassant comme toujours la pensée du maître , ils recherchèrent avec la plus grande sévérité les parents et les amis des individus compromis pour leur faire subir, en attendant un jugement, les rigueurs d'une détention préventive.
Cependant, au milieu de la consternation oo ces folles entreprisas avaient encore une fois jeté la malheureuse Pologne , Nicolas , adoptant un système que les exigences d'une politique inflexible avaient jusqu'à ce jour éloigné de son cœur, rendit à la liberté les généraux, les officiers et employés militaires de l'ancienne armée polonaise, retenus en Russie comme prisonniers de guerre. Quinze individus seulement furent exclus des bénéfices de cette