‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 164 sur 331 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

amnistie. Le trésor impérial pourvut aux frais du retour des autres dans leur patrie. €e premier acte de clémence produisit une heureuse impression en Pologne, qui put dès lors entrevoir de la part de Nicolas l'intention de se coneilier les affeetîoos dn peuple polonais psff une politique plus conciliatrice.

Sur ces entrefaites, un congrès des somrerains du Nord, réunis mystérieusement en Autriche, réveilla de nouveau les susceptibilités de l'Europe occidentale en attirant son attention dans le domaine sans horizon des conjectures. Le roi de Prusse , qnitlaot tout à coup sa capitale y se rendit à Tœplitz en Bohême, et se rencontra, le 14 août, avec l'empereur d'Autriche au château de Thérésienstadt. La présence du prince de Meftemich, celle de M. Ancillon et de plusieurs diplomates étrangers, donnèrent à cette réunion de têtes couronnées la valeur d'un événement politique.

Quelques jours après, l'emperenr Nicolas s'embarqua à Cronstadt dans le dessein d'aborder à Stettin ; mais , surpris par une de ces affreuses tempêtes si fréquentes dans la Baltique, le vaisseau qu'il montait fut jeté dans un port voisin de Revel. Telle fut la violence de ce cataclysme maritime, dont les effets se firent ressentir jusqu'à Saint-Pétersbourg, que la capitale conçut les plus rives inquiétudes pour la vie de son empereur. Informé de ces bruits qui pouvaient avoir de graves résultats, Nicolas, retournant sur ses pas, revint immédiatement rassurer son peuple et sa faniille plongés effectivement dans de cruelles appréhensions. Après avoir ainsi fait acte d'eiistence , il monta en voilure et franchit avec une surprenante rapidité le» deux cent vingt Keues d'Allemagne qui le séparaient de Schxredt sur l'Oder, où il était attendu par le roi de Prusse. Il y resta quatre jours

en conférence; de là, précédé par le comte de Nesselrode, il repartit pour Munchen-Graetz, où Fempereur d'Autriche lui avait donné rende2-voua. Celte entrevue, à laquelle assista le prince royal de Prusse , dura huit jours ; il en fallait moins pour donner matière aux suppositions les plus contradictoires.

Il était évident que ce mouvement extraordinaire de princes, de ministres, de diplomates, avait un but plus important que celui de simples visites d'étiquette. Les nuages qui, depuis le ciel de l'Orient, projetaient leurs ombres sur les affaires de la Belgique, de la Suisse, de l'Espagne, de la Pologne, de la Confédération germanique, travaillées par les tendances extra-libérales, ouvraient un vaste champ aux hypothèses. Les actes les plus importants qui transpirèrent hors du cercle des têtes couronnées et de leurs premiers ministres furent : premièrement, la résolution d'assembler à Vienne en 1834 un congrès de tous les ministres des divers Étals de la Confédération germanique , dans le but de délibérer sur les réformes et les modifications que l'expérience des dernières années avait fait juger indispensables aux cabinets de Vienne et de Berlin; secondement, la signature d'un traité par lequel les empereurs de Russie, d'Autriche et le roi de Prusse, prenant en considération leur intérêt égal au maintien de la tranquillité et de Tordre existant dans les provinces polonaises soumises à leur souveraineté , s'engageaient réciproquement à se livrer les habitants de ces provinces qui seraient accusés de haute trahison, de lèse-majesté, de complot et de révolte à main armée contre la sûreté du trône et du gouvernement. Les stipulations de ce traité furent publiées simultanément dans les trois États.

Le choléra avait disparu du territoire de l'empire;

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